Février 2018

Les réformes de votre épargne en 2018

De par sa nature, une réforme apporte toujours son lot de changements. La nouvelle réforme fiscale concernant l’épargne, les livrets, les assurances vie et les PEL ne dérogeront pas à la règle.

L’épargne en 2018 : qu’apportera la nouvelle réforme ?

Une nouvelle réforme fiscale vient d’être adoptée par le Gouvernement pour cette année 2018. Elle concerne presque toutes les finances personnelles des ménages, en particulier l’épargne, l’assurance vie ou encore les livrets. Quels sont ces bouleversements ? Quelles en seront les conséquences sur les revenus des ménages ? Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Eléments de réponses.

Même le livret A est concerné

C’est de notoriété publique, le livret A n’est sujet à aucun impôt, ce qui veut dire qu’il ne devrait pas, à priori, être concerné par la réforme fiscale. Mais le Gouvernement a bien pris une disposition le concernant. Ainsi, il a été décidé que le taux d’intérêt, qui est aujourd’hui de 0,75%, restera tel quel pour cette année et pour toute l’année prochaine. Le mode de calcul officiel des rémunérations devait entraîner la revue à la hausse de ce taux, mais les pouvoirs publics s’y sont opposés.

Qu’est-ce qui change pour les autres livrets ?

Il a également été décidé que moins de taxes seront appliquées sur les autres livrets imposables, comme les livrets bancaires par exemple. Ces derniers ne feront l’objet que d’un prélèvement unique de 30%. Il revient à leur « propriétaire » de déclarer ou non au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Si oui, il faut savoir que la première tranche démarre à 14%. Cette déclaration ne trouve son intérêt que si le bénéficiaire du livret n’est pas assujetti à l’impôt. En plus, ces livrets là ne génèrent que très peu de revenus, sauf lorsque les établissements (bancaires) mettent en place des campagnes de promotion (mais qui ne durent jamais très longtemps).

Il faudra payer une taxe plus élevée pour l’assurance vie

La hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) entraîne inexorablement une augmentation de la taxe sur les assurances vie. Désormais, à titre de prélèvements sociaux, elle passe de 15,5% à 17,2%. Et il ne faut pas oublier la taxe forfaitaire qui est de 12,8%. En tout donc, les prélèvements se montent à 30% et cette valeur-là est appelée « flat tax ». Le prélèvement de celle-ci se fait en une seule fois. Mais ceci profite tout de même au souscripteur puisqu’auparavant, les prélèvements forfaitaires étaient beaucoup plus conséquents, à savoir 50,5% si le retrait est fait avant 4 ans et 35% si c’est au-delà, sans dépasser 8 ans. La flat tax, elle, est en vigueur sur les intérêts déjà retirés et relatifs à un contrat de 8 ans. A noter que, comme pour les livrets bancaires fiscalisés, le souscripteur a toute liberté de soumettre ou non les intérêts retirés au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Concernant les contrats à plus de 8 ans, le taux de prélèvement appliqué sur les intérêts retirés avant le 27 septembre 2017 est de 24,7% (7,5 % en prélèvement forfaitaire + 17,2 % de CSG). Pour rappel, le souscripteur se voit accorder un abattement de 4 600 euros s’il est célibataire et 9 200 euros s’il est marié ou pacsé. Quant aux intérêts retirés après ladite date, le taux de 24,7% ne prévaut plus que sur les assurances vie ne dépassant pas 150 000 euros (le double si l’épargnant est marié ou pacsé). Si ce montant est dépassé, le prélèvement passe à 30% (12,8% + 17,2%).

Et qu’en est-il du plan d’épargne logement (PEL)?

Les plans d’épargne logement déjà contractés vont garder leur taux d’intérêt d’origine et ne souffriront d’aucun impôt lors des 12 premières années de souscription. Il est important aussi de signaler que le plan d’épargne ne pourra être alimenté que lors des 10 premières années. Le plafond pour un PEL est de 61 200 euros.


Le changement apporté par la nouvelle réforme concerne les PEL souscrits à partir de maintenant. Non seulement ils seront assujettis à la flat tax de 30%, mais leur taux d’intérêt se limiteront désormais à 1% par an.

Année blanche et prélèvement à la source

Entériné par le Parlement, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu entrera en vigueur en 2019. Cette année 2018 est donc une année de transition entre le dispositif actuel et le nouveau système. Qu’est ce que cela implique ?

Effet du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu pour l’année 2018

En vigueur à partir du 1er janvier 2019, la réforme fiscale dit « prélèvement à la source » fait de 2018 une « année blanche » pour une transition réussie. Cette année blanche ne signifie cependant pas une absence totale d’impôt pour l’année concernée. En effet, une partie des revenus pour 2018 seront tout de même imposés. Ainsi, ce changement peut être bénéfique pour certains et peu profitable pour d’autres.

Qu’est ce que le prélèvement à la source ?

Le prélèvement à la source est une réforme fiscale dont l’entrée en vigueur est fixée par le Parlement au 1er janvier 2019. Cette réforme ne modifie en rien les règles de calcul de l’impôt sur le revenu, elle est adoptée uniquement pour que les contribuables puissent s’acquitter chaque année de l’impôt correspondant à leurs revenus de cette même année. En effet, le système en vigueur jusqu’alors décale d’une année le recouvrement de l’impôt.

Pour être plus clair, les contribuables paient en 2018 la somme due sur leurs revenus perçus en 2017. Dans cette optique, tout changement de situation, tant personnel que professionnel, d’un contribuable peut mettre ce dernier dans une situation financière difficile. Il convient de préciser en effet qu’une personne subissant une baisse de revenu durant l’année « n » (perte d’emploi, création d’entreprise, retraite, etc.) doit tout de même payer (au cours de cette même année) l’impôt correspondant à l’année « n-1 ».

explication annee blanche

Le prélèvement à la source aligne sur une même année la perception des revenus et le recouvrement de l’impôt y afférant. Le décalage d’un an de l’ancien système n’existera donc plus à compter de 2019. Ainsi, si par exemple un contribuable vient à décéder au cours de l’année « n », ses proches ne seront plus obligés de payer son impôt sur le revenu durant l’année « n+1 ».

Quelle conséquence pour l’année 2018 ?

Avec cette réforme en vigueur en 2019, les contribuables doivent en principe s’acquitter en cette année 2018 leur impôt de 2017 et 2018, une double charge fiscale inconcevable pour le ministère de l'Économie et pour les français. Ainsi, cette année est considérée comme « année blanche » par l’administration fiscale. En théorie, cette disposition signifie que les contribuables sont exonérés d’impôt pour leurs revenus perçus en 2018. Mais en pratique, l’exonération ne touche que les revenus récurrents, les revenus exceptionnels restent imposables.

Sont considérés comme revenus exceptionnels entre autres :


  • les indemnités de licenciement
  • les allocations de réinsertion
  • les allocations de conversion
  • les allocations de reprise d'activité
  • les primes non inscrites dans le contrat de travail
  • les indemnités de clientèle
  • les indemnités de changement de résidence ou de lieu de travail
  • les plans d'épargne salariale
  • la participation et l’intéressement
  • etc.
Concrètement, l’année blanche est la mise en place par l’administration fiscale d’un « crédit d'impôt modernisation recouvrement » (CIMR). C'est-à-dire que les contribuables profiteront en 2019 d'un crédit d'impôt qui correspond à l'impôt calculé sur les revenus 2018.

Des lésés et des avantagés

Une année blanche n’est pas forcément avantageux pour tout le monde. En effet, les personnes connaissant une année 2018 un peu creuse ne profitent finalement pas du crédit d’impôt. Il y a entre autres les contribuables qui connaissent des périodes d’inactivité telles que le chômage, un congé parental ou encore un congé sabbatique.

Pour tirer bénéfice de cette année de transition, les contribuables peuvent travailler plus. Les heures supplémentaires ou encore les primes de performance ne sont pas imposées pour l’année 2018. Par ailleurs, les nouveaux contribuables, ceux qui débutent une carrière professionnelle cette année, sont gagnants en termes de trésorerie puisque leurs revenus de 2018 sont exonérés d’impôt. Par contre, les jeunes entrant dans la vie active en 2019 seront pénalisés puisqu’ils devront payer leur impôt dès leur premier mois de travail. En outre, les personnes qui vont partir à la retraite en 2019 seront également avantagées puisqu’elles ne paieront pas d’impôt sur leur dernière année d’activité.

Il faut cependant savoir que toute optimisation des revenus est régie par des règles très strictes et des mesures spécifiques seront prises pour que la transition vers le prélèvement à la source ne soit pas à l’origine de rupture d'égalité devant l'impôt. Il est donc impossible (en principe) de gonfler artificiellement les revenus 2018 en usant de certaines astuces comme d’avancer pour cette année des revenus qui relèvent de l’année prochaine.

Compte avenir : La nouvelle solution retraite de Bercy ?

Bruno Lemaire, Ministre de l’économie envisage via la La loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises), de fusionner les solutions d’épargne retraite collective tels que le PERE et PERCO ainsi que les solutions d’épargne retraite individuelle telles qie le PERP et Madelin. Un véritable tremblement de terre de l’épargne retraite est en phase de réflexion à Bercy

Qu'est ce que le "compte Avenir"

Les réformes économiques et fiscales du gouvernement Macron se suivent et sont en phase de bousculer en profondeur l’épargne retraite des français. Le dernier bouleversement en date concerne la loi PACTE, poussée par le rapport Barrot-Zagury, qui propose de réduire l’offre de produits d’épargne retraite à un seul produit : le « Compte avenir », décliné pour l’épargne individuelle et l’épargne collective.

Ces nouveau placements porteraient alors les noms de « Compte avenir individuel » pour l’épargne retraite des particuliers et « compte avenir collectif » l’épargne retraite proposée par les entreprises.

L’idée principale est la création d’un nouveau produit d’épargne qui remplacerait tous les produits liés à l’épargne retraite. Ce « compte avenir » serait construit sur la base des principales caractéristiques des produits retraite existants :

  • Le « compte avenir individuel » : Regrouperait des solutions de PERP et Madelin pour l’épargne individuelle
  • Le « compte avenir collectif » : regrouperait des solutions de PERCO, Article 83 ou PERE pour l’épargne collective.

Source : L'opinion

Pourquoi le gouvernement lance t-il une telle réforme sur la retraite 

L’objectif du gouvernement est d’une part simplifier l’épargne retraite mais également de pousser les français à économiser sur une épargne long terme pour la constitution d’une épargne retraite. En effet, les études le montrent, les pensions de retraite baisseront inexorablement lors des 30 prochaines années pour les futurs retraités. Seule une épargne individuelle personnalisée permettra de compenser une perte de revenu lors du passage en retraite.

Selon les premières pistes, les possibilités de déblocage seraient très limitée. De plus, les épargnants qui le souhaiteraient, pourraient transférer une partie de leur encours vers leur « compte avenir » sans être imposé.

Les professionnels de l’épargne retraite s’inquiètent

Le projet est encore en phase de réflexion, mais déjà les professionnels s’interrogent sur l’intérêt d’une telle réforme.
Si l’objectif de simplification et d’unification des produits d’épargne retraite est très positive, elle n’en est pas moins risquée car elle risque de perturber une dynamique qui a été longue à se mettre en place. Pour Patrick André, Directeur commercial Chez CIC Epargne Salariale, « Le remplacement du PERCO et du PERE par un « compte avenir collectif » viendra au moins à court terme enrayer une dynamique d’épargne qui fonctionne au sein des PME avec plus de 2,2 millions d’épargnants. Pour de nombreux salariés, souscrire à un PERCO est souvent le premier acte de préparation pour sa retraite ».

Du côté de l’épargne individuelle, Jean Noel Barrot, initiateur de ce « compte avenir » est convaincu qu’il faut pousser les épargnants vers une épargne longue sans que la motivation d’investissement soit uniquement un moteur d’optimisation fiscal. « En regroupant et en simplifiant l'épargne retraite, notre idée est de s’inscrire dans un placement à long terme, favorisant l’investissement en actions. Nous avons réalisé une simulation : un épargnant ayant placé un euro en actions en 1976 aurait pu accumuler 100 euros en 2016, alors que ce même euro placé sur un fonds euros d’assurance-vie lui aurait permis d’accumuler 9 euros en 2016... Bien sûr, l’investissement en actions est plus risqué mais, sur le long terme, c’est un placement rentable et, surtout, qui participe à la prospérité du pays. » argumente M. Barrot

Bruno Lemaire a désormais les cartes en main pour orienter sa politique d’épargne retraite. La mise en place du prélèvement à la source et de l’année blanche fiscale en 2018 ne permettra pas aux détenteurs de PERP d’optimiser fiscalement leur PERP... une occasion peut être pour le gouvernement de montrer les intérêts de sa réflexion pour les années à venir en orientant ses objectifs d’épargne retraite vers l’épargne pure et non par l’optimisation fiscale.

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