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En France, 1,2 million de seniors souffrent de déficiences visuelles et ce chiffre devrait être multiplié par deux d’ici à 2050 du fait du vieillissement de la population. Mais bien que l’altération permanente de la vision soit handicapante, elle ne doit pas être synonyme de perte totale d’autonomie. Il existe des moyens pour améliorer le quotidien à domicile des personnes âgées malvoyantes.
 
 

L’autonomie reste possible malgré la déficience visuelle 

Avec l’âge, la vue décline chez la plupart des personnes, sans que la déficience puisse être compensée par une paire de lunettes, des lentilles de contact, voire une intervention chirurgicale. Il en résulte des difficultés pour les tâches courantes, même dans le cadre familier de son domicile.
 
Pour les seniors souffrant de troubles de la vue, l’aspect psychologique est souvent le plus invalidant : le sentiment d’impuissance, la dépendance aux proches ou à des tiers, la peur de l’isolement, voire la dépression.
 
Or, elles ont la capacité à vivre de façon autonome sous réserve d’un aménagement de leur logement, d’une bonne organisation, et grâce au soutien de la famille.

Quelques astuces pour limiter la dépendance et les dangers

Adapter le logement

Pour prévenir les chocs et les chutes, l’aménagement du logement est la priorité. Cela commence par faciliter la circulation en déplaçant ou en retirant des meubles. Il convient également de retirer toutes les sources de risques comme les tapis, les tables basses, les fils électriques qui traversent, etc.
 
L’éclairage doit également être augmenté dans toutes les pièces et les zones de passage, avec ajout de lampes d’appoint, de lampes de poche, de loupes avec une lumière intégrée sur recommandation de l’ophtalmologue. La lumière doit être uniforme sans éblouir, afin de ne pas entrainer de fatigue oculaire.
 

Améliorer le repérage au domicile 

Mettre en place un système de rangement destiné à faciliter le repérage des affaires est également judicieux, surtout quand les problèmes de vision se conjuguent aux troubles de la mémoire. Il faut convenir d’un endroit précis et s’y tenir pour les articles et produits courants et prévoir par exemple un panier pour le trousseau de clés, les lunettes, la télécommande, etc.
 
Un étiquetage en gros caractères et en jouant sur le contraste des couleurs est recommandé. La juxtaposition des couleurs claires et très vives ou foncées, notamment, permet de mieux distinguer les portes, le rebord de la baignoire, l’entrée de la cabine de douche, les escaliers, le mobilier… Sinon, le choix de textures différentes peut simplifier l’identification des objets.

Garder une vie active

Avoir une vision défaillante quand on vieillit n’empêche pas de profiter de la vie. Des milliers de livres sont aujourd’hui disponibles en version audio. De nombreux commerces proposent des cartes et autres jeux à gros caractères, sans oublier les grands écrans qui affichent des images en haute définition et à fort contraste.
Et bien sûr, il est essentiel de maintenir un lien social. Lorsque la conduite d’un véhicule n’est plus autorisée pour des raisons de sécurité, des services spécialisés avec ou sans accompagnateur se présentent comme alternative aux transports en commun. Les proches ont également un rôle à jouer, en encourageant la communication.

Recourir à une aide à domicile

Lorsque les actes simples du quotidien comme la toilette, l’habillement, les tâches ménagères, la prise de médicaments, etc., il est conseillé de s’offrir les services d’un tiers, d’autant qu’il existe des solutions pour payer une aide à domicile.
 
Une liste de numéros d’urgence (médecin, personnes à contacter), également rédigés en gros caractères, est à placer bien en vue.

Financer la préservation de l’autonomie des seniors malvoyants

Différentes aides financières sont accessibles sous conditions pour aider les personnes âgées malvoyantes à conserver leur autonomie :
  • la PCH (prestation de compensation du handicap) versée par le département,
  • l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) accordée par le département pour favoriser le maintien à domicile,
  • les subventions de l’ANAH (Agence nationale de l’habitat).
Ces dispositifs prennent en charge des dépenses diverses : l’acquisition de matériel spécialisé, à la réalisation de travaux d’adaptation de l’habitat, au paiement des services d’une aide à domicile… Selon la situation du senior, ils peuvent être complétés par les prestations des caisses de retraite et complémentaires santé auxquelles ce dernier est affilié.