Le taux de remplacement ne cesse de reculer, et chacun sait désormais que la retraite issue des régimes de base et complémentaire ne suffira plus à maintenir le niveau de vie d’un actif. Le Plan d’Épargne Retraite Obligatoire (PEROB) peut justement aider à combler cet écart. Il permet à l’entreprise de financer une partie de la future retraite de ses salariés et de structurer une épargne qui se construit automatiquement, année après année. Explications.
Comprendre ce qu’est un PEROB (anciennement article 83)
Définition et origine du PEROB
Le PEROB (plan d’épargne retraite obligatoire) est un dispositif de retraite supplémentaire mis en place par l’entreprise, dans lequel certains salariés sont obligatoirement affiliés.
Il permet de compléter la retraite de base et la retraite complémentaire du salarié en lui offrant la possibilité de se constituer un capital ou une rente qui lui sera versé(e) au moment de son départ à la retraite.
Le PEROB est décidé au niveau de l’entreprise :
- soit par accord collectif ;
- soit par décision unilatérale de l’employeur ;
- soit via d’autres modalités prévues par le Code de la sécurité sociale.
Une fois mis en place, il s’applique à tous les salariés ou à certaines catégories « objectives » (cadres, agents de maîtrise, etc.).
Ce qui distingue le PEROB des autres PER
Le PEROB se distingue des autres PER sur trois points :
- Il est obligatoire : si vous faites partie de la catégorie définie par l’entreprise, vous êtes automatiquement affilié.
- Il y a des cotisations obligatoires : l’employeur verse, et parfois le salarié aussi.
- Il ne vise pas tous les salariés : seulement certaines catégories (ex : cadres).
Les deux autres PER (PERCOL et PER individuel) sont volontaires, ouverts à tous, et sans cotisations imposées.
| Point clé | PEROB | PERCOL | PER individuel |
| Adhésion | Obligatoire | Volontaire | Volontaire |
| Bénéficiaires | Catégories définies | Tous les salariés | Toute personne |
| Cotisations obligatoires | Oui | Non | Non |
| Décision de mise en place | Entreprise | Entreprise | Individu |
Mise en place et bénéficiaires du PEROB
Comment une entreprise peut-elle mettre en place un PEROB ?
Une entreprise peut mettre en place un PEROB de trois façons, toutes prévues par le Code de la sécurité sociale :
- Par accord collectif : L’entreprise signe un accord avec les représentants du personnel ou avec les syndicats ;
- Par référendum : Les salariés votent sur le projet. S’il est approuvé, le PEROB est validé ;
- Par décision unilatérale de l’employeur (DUE) : L’employeur décide seul, mais doit informer les salariés.
Ensuite, l’entreprise choisit :
- les catégories de salariés concernées ;
- le niveau des cotisations obligatoires ;
- l’organisme gestionnaire (assureur, mutuelle, institution de prévoyance…).
Une fois ces éléments en place, le PEROB devient obligatoire pour tous les salariés de la catégorie retenue. Peu importe la méthode choisie (accord, référendum ou décision unilatérale), l’employeur doit clairement communiquer :
- l’existence du PEROB ;
- les salariés concernés ;
- les cotisations obligatoires ;
- les règles du plan.
C’est une obligation légale, car le PEROB entraîne :
- une adhésion obligatoire ;
- des cotisations prélevées automatiquement ;
- un impact sur la rémunération différée.
À qui s’adresse le PEROB ?
Le PEROB s’adresse aux salariés, mais pas forcément à tous. L’entreprise peut choisir une ou plusieurs catégories de salariés, selon des critères stricts (appelés catégories objectives). Le PEROB de l’entreprise peut donc concerner :
- tous les salariés ;
- uniquement les cadres ;
- uniquement les non-cadres ;
- uniquement les agents de maîtrise ;
- uniquement les salariés d’un certain niveau de responsabilité.
Bon à savoir : Le PEROB peut viser n’importe quelle catégorie, tant qu’elle est objective.
Notez qu’une entreprise de toute taille peut créer un PEROB :
- TPE ;
- PME ;
- grande entreprise.
La loi ne prévoit aucune condition de taille.
Le seul prérequis est :
- de choisir une catégorie objective de salariés ;
- de mettre en place le PEROB via un accord, un référendum ou une décision unilatérale ;
- d’informer les salariés concernés.
Les mécanismes de versement dans un PEROB
Dans un PEROB, il peut y avoir trois types de versements :
- Les versements obligatoires : ce sont les cotisations prévues par l’entreprise. L’employeur verse une part. Le salarié peut aussi verser une part (sauf cas de dispense dans certains PEROB mis en place par décision unilatérale) ;
- Les versements volontaires : le salarié peut décider d’ajouter de l’argent de lui-même ;
- Les versements issus de l’épargne salariale : participation, intéressement, abondement, jours de CET.
Dans tous les cas, les versements vont dans différents compartiments.
Le compartiment 3 : versements obligatoires
C’est le compartiment principal du PEROB. Il reçoit :
- les cotisations obligatoires de l’employeur ;
- et parfois les cotisations obligatoires du salarié.
C’est ce compartiment qui distingue vraiment le PEROB des autres PER.
Dans un PEROB, l’entreprise doit définir un taux de cotisation obligatoire. Ce taux correspond à la part du salaire versée automatiquement dans le plan. Par exemple, si le règlement du PEROB prévoit une cotisation de 5 % du salaire brut annuel, cela signifie simplement que l’employeur verse chaque année l’équivalent de 5 % du salaire du salarié dans le PEROB. Éventuellement, le salarié verse lui aussi une part obligatoire, si cela a été prévu.
Par ailleurs, les cotisations obligatoires versées par l’employeur dans un PEROB sont soumises à un prélèvement spécifique : le forfait social.
Il s’agit d’une contribution due exclusivement par l’employeur, calculée sur le montant qu’il cotise. Le salarié, lui, n’est pas concerné par cette charge.
Compartiments 1 et 2 : versements volontaires et épargne salariale
Le salarié peut volontairement verser de l’argent sur son PEROB. Ces versements alimentent le compartiment 1 et peuvent être déduits du revenu imposable (s’il choisit l’option de déduction). Ils suivent les mêmes règles fiscales que sur un PER individuel.
Le salarié peut aussi alimenter son PEROB via l’épargne salariale, si le PEROB l’accepte. Cela inclut :
- la participation ;
- l’intéressement ;
- l’abondement potentiel de
- l’employeur ;
- les jours de repos transférés depuis un CET.
Ces flux alimentent le compartiment 2.
Enfin, le PEROB peut aussi recevoir des transferts depuis :
- un ancien PERP ;
- un ancien contrat Madelin ;
- un article 83 (dans le même compartiment obligatoire) ;
- un PER individuel ;
- un PERCOL, etc.
Gestion et fiscalité du PEROB
Modes de gestion : pilotée ou libre
Dans un PEROB, l’épargne du salarié peut être investie selon deux approches : la gestion pilotée ou la gestion libre.
La gestion pilotée (parfois appelée gestion à horizon) est le mode de gestion automatique et évolutif par défaut. Au début de la vie professionnelle, lorsque l’horizon de retraite est lointain, une part plus importante de l’épargne est investie dans des supports dynamiques (actions, fonds diversifiés…). À mesure que le salarié approche de l’âge de la retraite, l’algorithme de gestion réduit progressivement les risques en réorientant l’épargne vers des supports sécurisés (fonds obligataires, fonds prudentiels…). L’exposition au risque diminue automatiquement avec le temps, sans action du salarié.
Cette option est recommandée pour la majorité des salariés. En effet, elle est cohérente avec l’objectif long terme du PEROB : plus de dynamisme au début, plus de sécurité à l’approche de la retraite. Elle évite les erreurs classiques : trop de prudence quand on est jeune ou trop de risques trop tard. Elle ne demande aucune expertise financière. Cette option suit donc un cadre réglementé, avec des profils calibrés pour protéger l’épargne à long terme.
Le salarié peut renoncer à la gestion pilotée pour choisir la gestion libre. Dans ce cas, le salarié sélectionne lui-même les supports financiers proposés dans le PEROB : fonds actions, obligations, supports ISR, etc. Il assume seul la responsabilité de la stratégie d’investissement, des arbitrages et du niveau de risque.
Ce mode de gestion correspond davantage :
- aux salariés possédant une bonne culture financière ;
- à ceux suivis par un conseiller spécialisé ;
- ou encore à ceux souhaitant une stratégie très spécifique.
Fiscalité à l’entrée
Lorsqu’une entreprise verse des cotisations obligatoires dans un PEROB (compartiment 3), ces sommes bénéficient d’un régime fiscal attractif :
- Les cotisations versées par l’employeur sont déductibles du résultat imposable. Elles diminuent donc directement l’impôt sur les sociétés (IS) ;
- Exonération de charges sociales dans la limite de 5 % du salaire brut annuel (ou 5 % du PASS si plus favorable) ;
- Exonération de cotisations sociales patronales (hors CSG/CRDS) ;
- Éventuel forfait social, selon la taille de l’entreprise.
Les salariés bénéficient eux aussi de certains avantages, avec la déduction fiscale des versements volontaires. Les versements volontaires du salarié dans le PEROB sont déductibles du revenu imposable, dans les limites suivantes : 10 % du salaire brut annuel, avec un plafond global égal à 8 PASS. Cette déduction permet de réduire directement l’impôt sur le revenu, ce qui constitue l’un des principaux attraits du PER en général.
Bon à savoir : Comment repérer son plafond fiscal PER ?
Sur l’avis d’imposition, il suffit de vérifier la page dédiée aux plafonds PER.
Vous y trouverez deux informations.
- Plafond épargne retraite disponible pour l’année N. Il s’agit de votre plafond de versement déductible applicable à l’année en cours ;
- Plafonds non utilisés des trois années précédentes. Ils peuvent être reportés, ce qui augmente votre capacité de déduction.
L’ensemble de ces données vous permet de savoir immédiatement combien vous pouvez verser en bénéficiant de la déduction fiscale maximale.
Fiscalité à la sortie
La fiscalité du PEROB dépend toujours du compartiment dans lequel les sommes ont été versées. C’est pour cette raison qu’il faut distinguer trois situations : le compartiment 3, puis les compartiments 1 et 2.
La sortie du compartiment 3 : les cotisations obligatoires (PEROB “au sens strict”)
Le compartiment 3 est spécifique au PEROB et correspond aux cotisations obligatoires versées par l’employeur, et parfois par le salarié.
Ici, la règle est très simple : la sortie se fait exclusivement sous forme de rente viagère. Il n’est jamais possible de récupérer un capital.
Cette rente est traitée fiscalement comme une pension de retraite classique. Cela signifie :
- elle est soumise à l’impôt sur le revenu ;
- elle bénéficie d’un abattement de 10 %, qui réduit le montant effectivement imposable ;
- elle supporte également les prélèvements sociaux au taux de 18,6%.
En d’autres termes, le compartiment 3 fonctionne comme un complément de retraite imposé comme une retraite.
Bon à savoir : À noter que la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit une évolution des prélèvements sociaux sur certains revenus financiers.
Les sorties des compartiments 1 et 2 : capital, rente ou mixte
Les compartiments 1 (versements volontaires) et 2 (épargne salariale) offrent beaucoup plus de liberté. Le salarié peut choisir :
- une sortie en capital ;
- une sortie en rente ;
- ou une combinaison des deux.
La fiscalité dépend ensuite du choix fait.
Pour une sortie en capital des versements volontaires, le capital récupéré se décompose en deux éléments :
- les versements d’origine ;
- les gains générés par l’épargne.
On les taxe différemment. Si les versements ont été déduits fiscalement, ils deviennent imposables au barème de l’impôt sur le revenu lors de la sortie. Si les versements n’ont pas été déduits, alors cette partie du capital est totalement exonérée d’impôt. Les gains, eux, sont imposés selon les règles classiques des placements, soit la flat tax à 31,4% (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème.
Pour une sortie en capital du compartiment 2 (épargne salariale), la partie correspondant à la participation, à l’intéressement ou aux jours du CET est exonérée de l’impôt. Seuls les gains sont soumis aux prélèvements sociaux (18,6 %).
Pour une sortie en rente des compartiments 1 et 2, la fiscalité dépend de l’origine de l’argent :
- Lorsque les versements ont été déduits, la rente est traitée comme une pension de retraite : impôt + abattement de 10 %.
- Lorsque les versements n’ont pas été déduits, la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux, c’est-à-dire une taxation beaucoup plus faible, basée uniquement sur une fraction de la rente (selon l’âge du bénéficiaire).
| Compartiment | Mode de sortie | Fiscalité applicable |
| 3 – Obligatoire | Rente uniquement | Pension de retraite : IR après abattement de 10 % + PS 17,2 % |
| 1 – Versements volontaires | Capital / rente / mixte | Capital : versements imposés si déduits, gains = flat tax. Rente : pension si déduite ; rente viagère à titre onéreux sinon |
| 2 – Épargne salariale | Capital / rente / mixte | Capital exonéré (hors PS sur gains). Rente : régime des rentes viagères à titre onéreux |
Notez que lorsque le salarié quitte l’entreprise (démission, licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle, etc.), plusieurs règles importantes s’appliquent. D’abord, les droits sont définitivement acquis. Toutes les sommes déjà versées restent la propriété du salarié, sans exception. Personne ne peut les retirer ou les modifier, même en cas de départ volontaire ou de conflit.
Une fois que le salarié n’est plus dans l’entreprise, son PEROB n’est plus alimenté par l’employeur. Le contrat continue d’exister, mais sous une forme « figée » :
- le salarié garde la totalité de ses droits ;
- les frais éventuels deviennent à sa charge, selon le règlement du plan ;
- le plan suit sa vie normalement jusqu’à la retraite.
Transférabilité et portabilité du PEROB
L’un des atouts majeurs du PEROB est sa portabilité totale. Les droits acquis par le salarié restent définitivement acquis, quel que soit le motif de départ de l’entreprise : démission, licenciement, fin de CDD ou changement d’employeur. La sortie de l’entreprise n’a donc aucun impact sur la propriété de l’épargne déjà constituée, ni sur la continuité des droits.
À son départ, le salarié conserve automatiquement son PERO. Le contrat continue d’exister, même s’il n’est plus alimenté par l’employeur. Le salarié a alors deux possibilités : le garder tel quel, ou le transférer vers un autre plan d’épargne retraite. Le transfert peut se faire :
- vers un PER individuel (PERIN) ;
- vers le PEROB ou le PERCOL de son nouvel employeur.
Des règles strictes encadrent le transfert. Les frais sont plafonnés et deviennent nuls après cinq ans. Cette portabilité garantit une continuité d’épargne, sans rupture dans la stratégie d’investissement, et sans incidence sur les avantages fiscaux déjà obtenus. Le salarié peut donc changer d’entreprise autant de fois qu’il le souhaite sans perdre le bénéfice de sa préparation à la retraite.
Cas de déblocage anticipé
Même si le PEROB est conçu pour être débloqué à la retraite, la loi prévoit plusieurs situations qui permettent d’utiliser l’épargne avant l’âge légal :
- Invalidité grave : si le salarié, son conjoint ou son enfant est frappé d’une invalidité lourde reconnue par la Sécurité sociale, l’épargne peut être débloquée immédiatement ;
- Décès du conjoint ou du partenaire de PACS : le décès d’un conjoint crée une situation financière sensible : la loi permet donc d’accéder au PEROB pour faire face aux difficultés ;
- Expiration des droits au chômage : lorsqu’un salarié arrive en fin de droits Pôle emploi, il peut débloquer son PERO ;
- Surendettement : si la Commission de surendettement intervient, le PEROB peut être débloqué. La demande peut même être faite par la Commission elle-même ;
- Liquidation judiciaire pour les indépendants : un travailleur non salarié (ou ex-TNS devenu salarié) peut débloquer son PEROB en cas de liquidation judiciaire ou procédure de conciliation validée par le tribunal ;
- Achat de la résidence principale : le salarié peut débloquer son PER (PEROB inclus) pour acheter sa résidence principale. Dans ce cas, les sommes du compartiment 3 (cotisations obligatoires) ne sont pas concernées.
Les avantages du PEROB pour les entreprises
Un outil RH puissant
Le PEROB peut permettre à l’entreprise :
- d’offrir un avantage social structurant, comparable à ce que proposent les grands groupes ;
- de renforcer sa marque employeur ;
- de se différencier dans un marché de l’emploi tendu ;
- et de montrer une politique RH engagée en matière de préparation à la retraite.
C’est un dispositif apprécié des cadres, mais pas seulement. Il rassure l’ensemble des salariés sur leur avenir financier et contribue à la stabilité des équipes.
Simplicité et avantages fiscaux
Même si le mécanisme peut sembler technique, sa mise en place reste simple pour l’entreprise : un accord, un règlement, et le gestionnaire s’occupe du reste.
Les avantages fiscaux sont, eux, très concrets :
- les cotisations obligatoires sont déductibles du bénéfice imposable ;
- elles sont exonérées de charges sociales dans les limites prévues ;
- le coût pour l’entreprise est maîtrisé et souvent inférieur à une augmentation de salaire « classique ».
Les bénéfices du PEROB pour les salariés
Une retraite complémentaire financée par l’employeur
Le premier bénéfice, et sans doute le plus concret pour les salariés, est la constitution d’une retraite complémentaire financée par l’employeur.
Les cotisations obligatoires versées dans le PEROB viennent s’ajouter à la retraite de base et à la retraite complémentaire, sans effort financier supplémentaire du salarié, sauf si l’entreprise prévoit aussi une part salariale, ce qui reste rare.
C’est donc un avantage direct. Le salarié améliore sa future pension grâce à un dispositif pris en charge par son entreprise, et il bénéficie d’un rendement « automatique » bien supérieur à un simple versement volontaire.
Un produit flexible adapté à tous
Contrairement aux anciens dispositifs fermés comme l’Article 83, le PEROB est beaucoup plus flexible pour le salarié. Il peut :
- y ajouter des versements volontaires (déductibles fiscalement) ;
- y transférer son épargne retraite existante ;
- en sortir en capital ou en rente pour les compartiments 1 et 2 ;
- et débloquer son épargne dans les cas légaux de déblocage anticipé (achat de résidence principale, invalidité, etc.).
Cette souplesse en fait un produit adapté autant aux jeunes actifs qu’aux salariés en fin de carrière, aux hauts revenus comme aux revenus modestes. De plus, grâce à sa portabilité, le salarié conserve tous ses droits même s’il change plusieurs fois d’entreprise.
Le PEROB au service de l’accession à la propriété
Utiliser son PEROB pour acheter un bien immobilier
Il est possible d’utiliser son PEROB pour acheter une résidence principale, mais uniquement pour les sommes placées dans les compartiments 1 et 2 (versements volontaires + épargne salariale). Le compartiment 3 (cotisations obligatoires) n’est jamais débloquable pour l’achat immobilier.
Le salarié peut ainsi débloquer tout ou partie des compartiments 1 et 2 pour financer :
- l’apport personnel ;
- les frais de notaire ;
- ou une partie du prix du bien.
Cette possibilité est très utile pour les jeunes actifs et les primo-accédants qui ont encore peu d’épargne disponible.
Imaginons un salarié avec un salaire brut annuel de 35 000 €, des versements volontaires cumulés dans le PEROB de 4 000 € et un intéressement et une participation placés de 3 000 €. Il a donc un total disponible en compartiments 1 et 2 de 7 000 €.
Son projet immobilier est le suivant :
- Prix du bien : 220 000 €.
- Apport recommandé : environ 10 %, soit 22 000 €.
Le salarié n’a que 15 000 € d’épargne classique. Il utilise son PER et débloque 7 000 € pour compléter son apport, ce qui lui fait 15 000 € d’épargne + 7 000 € du PER = 22 000 € d’apport. Conséquence, il peut acheter tout de suite, alors qu’il lui aurait encore fallu 2 ou 3 ans d’épargne pour atteindre 22 000 €.
Le PEROB, un levier d’inclusion financière pour les jeunes
Même avec des moyens limités, un jeune salarié a tout intérêt à disposer d’un PEROB, pour trois raisons très simples.
D’abord, il bénéficie d’une retraite financée par l’employeur. Le PEROB crée une épargne retraite automatique, alimentée par l’employeur. Même si le salarié ne verse rien, son patrimoine augmente chaque année sans effort. Pour un jeune, c’est un avantage majeur, car l’épargne a le temps de se valoriser sur le long terme.
Il peut l’utiliser pour un achat immobilier. Les compartiments 1 et 2 peuvent être débloqués pour acheter une résidence principale. Un jeune actif, souvent dépourvu d’apport, peut ainsi accéder plus vite à la propriété, ce qui change totalement son parcours financier.
Le contrat reste totalement portable. En cas de changement d’entreprise, le PEROB suit le salarié. Les droits déjà constitués restent acquis et peuvent être transférés vers un PERIN ou un autre PER d’entreprise. C’est idéal pour une carrière mobile.
PEROB : réponses aux interrogations les plus courantes
Le PEROB est-il obligatoire pour les salariés ?
Oui. Lorsque l’entreprise met en place un PEROB pour une catégorie de salariés, l’adhésion devient obligatoire pour tous les membres de cette catégorie. Par exemple, si le PEROB est réservé aux cadres, tous les cadres doivent y être affiliés. Les salariés ne peuvent pas s’y opposer, mais ils restent libres de réaliser ou non des versements volontaires en plus des cotisations obligatoires.
Qui peut bénéficier du PEROB ?
Le PEROB peut être ouvert à l’ensemble des salariés ou à un groupe précis défini selon des critères objectifs : statut (cadres, non-cadres), ancienneté, niveau de responsabilité, etc. Un dirigeant salarié peut également en bénéficier s’il appartient à la catégorie ciblée. Cette flexibilité permet à l’entreprise d’ajuster le dispositif tout en respectant les règles sociales.
Comment le PEROB est-il alimenté ?
Le PEROB repose sur trois compartiments : le compartiment 1 regroupe les versements volontaires du salarié, le compartiment 2 reçoit l’épargne salariale (participation, intéressement, CET), et le compartiment 3 contient les cotisations obligatoires. Chacun a ses propres sources et règles. Le salarié peut aussi transférer son ancienne épargne retraite (PERCO, article 83, Madelin…) pour centraliser tout son patrimoine retraite.
Quels sont les avantages fiscaux du PEROB ?
Les cotisations obligatoires profitent d’exonérations sociales dans la limite de 5 % du salaire brut, et sont fiscalement déductibles dans la limite de 8 %. Les versements volontaires ouvrent également droit à une déduction, dans le cadre du plafond global d’épargne retraite. La fiscalité à la sortie varie ensuite selon le compartiment et le choix entre rente et capital, chaque option ayant ses propres règles.
Peut-on débloquer un PEROB avant la retraite ?
Oui, mais uniquement dans des situations exceptionnelles : invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin des droits au chômage ou cessation d’activité non salariée. L’achat de la résidence principale est aussi possible, mais seulement pour les compartiments 1 et 2. Ces cas permettent de mobiliser l’épargne en cas de besoin important tout en préservant la logique long terme du dispositif.
Comment se passe la sortie du PEROB à la retraite ?
À la retraite, les cotisations obligatoires du compartiment 3 doivent être converties en rente viagère. Les compartiments 1 et 2 offrent davantage de flexibilité : le salarié peut percevoir un capital, une rente ou un mix des deux. Ce choix doit être anticipé, car il entraîne des conséquences fiscales différentes selon l’origine des fonds et le mode de sortie retenu.
Comment mettre en place un PEROB dans une entreprise ?
Le PEROB peut être instauré de trois manières : par décision unilatérale de l’employeur, par accord validé par les salariés, ou via un accord collectif. Dans tous les cas, les salariés concernés doivent être informés avant son entrée en vigueur. Le PEROB peut également être intégré dans un dispositif global d’épargne retraite d’entreprise.
Un salarié peut-il refuser le PEROB ?
Non. Lorsqu’un PEROB vise une catégorie de salariés, l’affiliation est automatique et obligatoire. Le salarié ne peut pas refuser d’y participer. En revanche, seuls les versements volontaires sont facultatifs. Il est donc important de lire attentivement les documents fournis au moment de la mise en place du plan.
Quel rendement peut-on attendre d’un PEROB ?
Le rendement dépend des supports choisis et du mode de gestion (pilotée ou libre). En 2023, les fonds euros ont affiché un rendement moyen d’environ 2,5 %, supérieur à celui de l’année précédente. Les performances ne sont toutefois pas garanties et peuvent varier. Il est recommandé de consulter les documents financiers transmis par l’organisme gestionnaire.
Quelle est la différence entre PeroB et Percol ?
Le PEROB contient des cotisations obligatoires versées par l’employeur, avec une sortie exclusivement en rente pour ce compartiment. Le PERCOL, lui, repose sur l’épargne salariale et ne comporte aucune obligation de versement. Il est plus souple et permet plus facilement une sortie en capital. Les deux plans se complètent mais n’ont pas la même vocation.
Conclusion : le PEROB, un pilier moderne de la retraite
Le PEROB trouve naturellement sa place dans l’entreprise. Les salariés y gagnent une épargne durable, qui les suit d’un poste à l’autre. L’employeur, de son côté, profite d’un outil pour renforcer ses engagements sociaux.
Pour mieux comprendre son fonctionnement ou évaluer votre propre situation, vous pouvez consulter les outils dédiés ou réaliser une simulation sur Retraite.com.