Comment retirer de l’argent d’une assurance vie à La Banque Postale ?

Ludovic Herschlikovitz
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Oui, vous pouvez retirer votre argent d’une assurance-vie à La Banque Postale à tout moment, quelle que soit l’ancienneté de votre contrat. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre 8 ans pour récupérer tout ou partie de son épargne. Cette durée joue surtout sur la fiscalité applicable aux gains en cas de rachat.

Pour retirer de l’argent, deux opérations sont possibles :

  • Le rachat partiel : vous retirez une partie de l’épargne disponible, tandis que le contrat reste ouvert. Le rachat peut être ponctuel ou, lorsque le contrat le prévoit, programmé.
  • Le rachat total : vous récupérez l’intégralité de l’épargne disponible. Cette opération entraîne la clôture définitive du contrat d’assurance-vie.

Le choix entre ces deux options dépend notamment du montant dont vous avez besoin et de l’ancienneté de votre contrat, qui influence la fiscalité applicable aux gains retirés. Les sections suivantes expliquent comment effectuer un rachat auprès de La Banque Postale et quelles conséquences fiscales anticiper.

Rachat partiel ou rachat total : quelles différences ?

Lorsque vous souhaitez retirer de l’argent de votre assurance-vie à La Banque Postale, deux options s’offrent à vous : le rachat partiel et le rachat total. Ces deux opérations obéissent à des logiques très différentes, tant sur le plan financier que fiscal. Bien les distinguer est indispensable avant toute décision.

Le rachat partiel : retirer une partie de son épargne sans clore le contrat

Le rachat partiel permet de récupérer une partie de l’épargne disponible sur le contrat tout en le maintenant ouvert. Il peut prendre deux formes :

  • Le rachat partiel ponctuel : vous retirez un montant déterminé à une date donnée, en fonction d’un besoin de liquidités.
  • Le rachat partiel programmé : lorsque le contrat le permet, des retraits sont effectués régulièrement selon une périodicité définie à l’avance, par exemple chaque mois ou chaque trimestre.

Après un rachat partiel, les sommes qui restent sur le contrat demeurent investies selon la répartition choisie entre les différents supports. Elles peuvent donc continuer à évoluer en fonction de leur rendement et, pour les unités de compte, des fluctuations des marchés.

La clause bénéficiaire reste également en vigueur. En cas de décès de l’assuré, le capital restant sur le contrat est transmis aux bénéficiaires désignés selon les règles applicables à l’assurance-vie.

Enfin, le rachat partiel ne remet pas en cause l’ancienneté fiscale du contrat. Celle-ci continue donc à être prise en compte pour les rachats ultérieurs, notamment pour l’application de l’abattement annuel sur les gains après 8 ans.

Le rachat total : récupérer l’intégralité du capital et clôturer le contrat

Le rachat total consiste à récupérer l’ensemble de l’épargne disponible sur votre contrat d’assurance-vie. Cette opération entraîne sa clôture définitive. Le contrat prend fin et son ancienneté fiscale ne peut donc plus être conservée.

Ce point mérite une attention particulière lorsque le contrat a plus de huit ans. À partir de cette durée, les gains retirés bénéficient notamment d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. La fiscalité exacte dépend toutefois de la date à laquelle les primes ont été versées et de leur montant.

Après un rachat total, si vous ouvrez une nouvelle assurance-vie, le nouveau contrat repart avec sa propre ancienneté fiscale. Avant de clôturer un contrat ancien, il peut donc être utile de vérifier si un rachat partiel suffit à couvrir votre besoin de liquidités.

Le choix dépend notamment :

  • du montant dont vous avez besoin ;
  • de l’ancienneté du contrat ;
  • de la part de gains comprise dans le rachat ;
  • de votre volonté ou non de conserver le contrat et sa clause bénéficiaire.

CritèreRachat partielRachat total
Contrat maintenuOuiNon, le contrat est clôturé
Épargne restante investieOuiNon applicable
Clause bénéficiaireMaintenue pour le capital restantPrend fin avec le contrat
Ancienneté fiscaleConservéeLe contrat prend fin
FiscalitéSeule la part de gains comprise dans le retrait est susceptible d’être imposéeLa part de gains comprise dans le rachat total est susceptible d’être imposée
Besoin de liquiditésPermet de retirer seulement la somme nécessairePermet de récupérer l’intégralité de l’épargne

Faut-il retirer son argent ou garder son assurance vie La Banque Postale ?

Avant d’effectuer un rachat, il est utile d’évaluer si le retrait est réellement nécessaire et s’il doit être partiel ou total. L’assurance-vie est généralement envisagée comme un placement de long terme, notamment en raison de sa fiscalité après huit ans et de son rôle possible dans la constitution d’une épargne pour différents projets.

Un retrait réduit le montant qui reste investi sur le contrat. En cas de rachat total, le contrat est en outre clôturé et son ancienneté fiscale disparaît. Avant de retirer son épargne, il peut donc être pertinent de s’interroger sur le montant réellement nécessaire et sur les autres solutions prévues par le contrat.

Les situations où le rachat est pertinent

Certaines situations peuvent conduire à envisager un rachat partiel ou total de son assurance-vie La Banque Postale. Le choix dépend surtout du montant nécessaire, de l’ancienneté du contrat et de l’objectif poursuivi.

  • Un besoin de liquidités important : une dépense imprévue, des travaux, des frais de santé ou encore une aide à un proche peuvent nécessiter de mobiliser une partie de l’épargne disponible.
  • Un projet à financer : l’assurance-vie peut aussi servir à financer un achat immobilier, une création d’entreprise ou les études d’un enfant. Un rachat partiel permet alors de retirer uniquement le montant nécessaire tout en conservant le contrat.
  • Un contrat devenu moins adapté à ses besoins : évolution des objectifs, niveau de frais, choix de supports ou profil de risque peuvent conduire à réévaluer l’intérêt de conserver le contrat. Un rachat total doit toutefois tenir compte de la perte de son ancienneté fiscale.
  • Un contrat de plus de 8 ans : après huit ans, les gains compris dans les rachats bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. La fiscalité exacte dépend néanmoins de la date et du montant des versements.
  • À la retraite : des rachats partiels, notamment programmés lorsque le contrat le permet, peuvent être utilisés pour compléter régulièrement ses revenus tout en laissant le solde du contrat investi. La Banque Postale prévoit bien la possibilité de rachats partiels ou totaux à tout moment.

Dans tous les cas, un rachat total entraîne la clôture du contrat, tandis qu’un rachat partiel permet de conserver son ancienneté et de maintenir le capital restant investi. Le choix doit donc être apprécié en fonction du besoin de liquidités et des caractéristiques du contrat. 

Les alternatives à explorer avant de retirer

Avant d’opter pour un rachat total, plusieurs solutions peuvent permettre de disposer de liquidités tout en conservant le contrat et son ancienneté fiscale.

OptionPrincipeAvantage principalÀ considérer
Rachat partiel ponctuelRetrait d’une partie de l’épargne, le contrat restant ouvertPermet d’accéder à des liquidités sans clôturer le contratSeule la part de gains comprise dans le rachat est susceptible d’être imposée
Rachat partiel programméRetraits réguliers selon les modalités prévues par le contratPeut permettre de percevoir progressivement un complément de revenusLes retraits diminuent progressivement l’épargne restant investie
Avance sur contratPrêt accordé par l’assureur et adossé au contratPermet d’obtenir des liquidités sans effectuer de rachatL’avance doit être remboursée et génère des intérêts

Le rachat partiel programmé, lorsqu’il est prévu par le contrat, peut notamment être utilisé pour percevoir des sommes régulières tout en maintenant l’assurance-vie ouverte. Les retraits doivent toutefois être adaptés au capital disponible afin d’éviter d’épuiser trop rapidement l’épargne.

L’avance sur contrat fonctionne différemment. Il s’agit d’un prêt accordé par l’assureur : aucune somme n’est retirée du contrat et le capital continue à être valorisé. L’avance n’entraîne pas d’imposition au moment où elle est accordée, mais elle doit être remboursée avec intérêts.

Attention toutefois : une avance qui n’est pas remboursée peut, dans certaines situations, être considérée comme un rachat partiel et devenir imposable.

Avant de prendre une décision, utilisez les outils de simulation disponibles sur Retraite.com pour mesurer l’impact d’un retrait sur votre épargne et comparer différents scénarios.

Comment faire une demande de rachat à La Banque Postale ?

Que vous souhaitiez effectuer un rachat partiel ou total sur votre assurance-vie La Banque Postale, plusieurs démarches peuvent être possibles selon votre contrat. La demande peut notamment être effectuée auprès de La Banque Postale ou, dans certains cas, directement en ligne depuis votre espace client.

Avant d’effectuer votre demande, il est utile de connaître les modalités disponibles, les justificatifs à fournir et les délais de traitement. Ces éléments peuvent varier selon le contrat et la situation du souscripteur

Les canaux disponibles : en ligne, en agence ou par courrier

La démarche dépend du contrat détenu et des modalités prévues par La Banque Postale. Selon votre situation, la demande peut notamment être initiée auprès de votre conseiller ou, lorsque cette fonctionnalité est disponible, depuis votre espace client.

  • En ligne : certains contrats permettent d’effectuer des opérations directement depuis l’espace client. Il convient de vérifier les fonctionnalités disponibles pour votre assurance-vie.
  • Auprès d’un conseiller La Banque Postale : vous pouvez vous rapprocher de votre conseiller pour effectuer votre demande et vérifier les pièces nécessaires. CNP Assurances invite d’ailleurs les titulaires d’un contrat souscrit auprès de La Banque Postale à contacter leur conseiller ou le 3639 pour leurs demandes.
  • Par formulaire ou courrier : selon les modalités de votre contrat, une demande écrite accompagnée des justificatifs requis peut être nécessaire.

Pour traiter un rachat sur un contrat La Banque Postale, CNP Assurances peut notamment demander un justificatif d’identité en cours de validité, un justificatif de domicile de moins d’un an et un document bancaire attestant des coordonnées du compte sur lequel les fonds doivent être versés.

La demande doit également permettre d’identifier le contrat et de préciser s’il s’agit d’un rachat partiel ou total ainsi que, pour un rachat partiel, le montant souhaité.

Les pièces justificatives généralement demandées

Pour traiter une demande de rachat sur un contrat d’assurance-vie La Banque Postale, plusieurs justificatifs peuvent être nécessaires. CNP Assurances indique notamment demander :

  • un justificatif d’identité en cours de validité : carte nationale d’identité, passeport, titre de séjour ou permis de conduire sécurisé ;
  • un justificatif de domicile de moins d’un an : facture d’électricité, de gaz, d’eau ou de téléphone, ou dernier avis d’imposition ;
  • un document officiel de votre banque attestant de vos coordonnées bancaires, afin de permettre le versement des fonds.

D’autres informations ou documents peuvent être nécessaires selon le contrat, le type de rachat demandé et votre situation. Il est donc conseillé de vérifier les pièces demandées au moment de l’opération.

Un dossier complet et conforme est important pour éviter de retarder le traitement de la demande. CNP Assurances précise d’ailleurs que son délai de traitement court à compter de la réception de l’ensemble des éléments nécessaires.

Quel délai pour recevoir les fonds ?

Pour un contrat d’assurance-vie La Banque Postale, CNP Assurances indique actuellement un délai de traitement maximal de 10 jours calendaires à compter de la réception d’un dossier complet et conforme. À ce délai peuvent s’ajouter les délais interbancaires ainsi que, pour certains supports en unités de compte, leur fréquence de cotation.

La loi prévoit toutefois un délai maximal plus large. Selon le Code des assurances, l’assureur doit verser la valeur de rachat du contrat dans un délai qui ne peut pas dépasser deux mois. Si ce délai est dépassé, les sommes dues produisent de plein droit des intérêts de retard.

Pour éviter de retarder le versement, il est donc important de transmettre dès le départ un dossier complet et conforme, notamment si vous avez besoin des fonds pour une échéance précise.

Fiscalité lors d’un rachat d'un contrat d'assurance-vie

Tant qu’aucun rachat n’est effectué, les gains générés sur le contrat d’assurance-vie ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. En cas de retrait, seule la part correspondant aux gains comprise dans la somme retirée est imposable. Le capital correspondant aux versements effectués par le souscripteur n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu.

La fiscalité dépend notamment de l’ancienneté du contrat et de la date à laquelle les primes ont été versées.

Pour les gains correspondant à des versements effectués depuis le 27 septembre 2017 :

  • avant 8 ans, le taux forfaitaire d’impôt sur le revenu est de 12,8 %, auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux ;
  • après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune s’applique aux gains retirés ;
  • au-delà de cet abattement, le taux d’imposition peut être de 7,5 % ou 12,8 % selon notamment le montant des primes versées, avec un seuil de 150 000 €.

Les gains correspondant à des versements réalisés avant le 27 septembre 2017 restent soumis au régime fiscal antérieur.

Dans certaines situations exceptionnelles, les gains retirés peuvent être exonérés d’impôt sur le revenu, notamment en cas de licenciement, de mise à la retraite anticipée, d’invalidité de 2e ou 3e catégorie ou de cessation d’une activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire. Sous certaines conditions, ces événements peuvent également concerner le conjoint ou le partenaire de Pacs. Le rachat doit intervenir avant la fin de l’année suivant celle de l’événement.

Cette exonération concerne l’impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent en principe applicables aux gains concernés.

Enfin, le délai légal de versement de la valeur de rachat ne peut pas dépasser deux mois. Au-delà, les sommes non versées produisent automatiquement des intérêts au double du taux légal pendant deux mois, puis au triple du taux légal

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