Un versement PER désigne toute somme d’argent déposée sur un plan d’épargne retraite, que ce soit par le titulaire lui-même, son employeur ou un proche. Il n’existe pas un montant unique à respecter : selon le contrat choisi, l’origine des fonds et votre situation professionnelle, les règles de versement, les plafonds fiscaux et les options de sortie varient sensiblement. Beaucoup d’épargnants hésitent entre verser une somme fixe chaque mois, faire un versement ponctuel en fin d’année ou attendre d’avoir identifié le bon montant à déduire de leurs impôts.
Cet article répond concrètement à ces interrogations : comment fonctionne un versement sur un PER, quels montants minimums et plafonds s’appliquent en 2026, comment tirer parti de la fiscalité à l’entrée, que faire après 70 ans ou une fois à la retraite, et comment récupérer son capital le moment venu. Chaque recommandation est reliée à une action concrète, à commencer par le bilan retraite en 3 minutes de retraite.com, qui permet de simuler rapidement le montant de versement adapté à votre profil.
Qu'est-ce qu'un versement PER et comment fonctionne-t-il ?
Le versement PER correspond à toute somme déposée sur un plan d’épargne retraite, qu’il s’agisse d’un versement unique à l’ouverture du contrat ou d’alimentations régulières tout au long de la vie active. Ces sommes sont investies sur des supports financiers (fonds en euros, unités de compte) choisis selon le mode de gestion retenu, puis capitalisées jusqu’au départ à la retraite. Le PER a été conçu pour remplacer les anciens produits d’épargne retraite tout en harmonisant les règles de versement, de déduction fiscale et de sortie entre les différents types de plans.
Chaque versement alimente un compartiment spécifique du plan, en fonction de son origine : versement volontaire du titulaire, versement issu de l’épargne salariale ou versement obligatoire lié à un dispositif d’entreprise. Cette distinction compte, car elle détermine le traitement fiscal applicable aussi bien à l’entrée qu’à la sortie du plan.
Les trois types de PER concernés par vos versements
Le PER individuel est ouvert à l’initiative de l’épargnant, salarié, indépendant ou sans activité professionnelle, et reçoit principalement des versements volontaires. Le PER collectif est proposé par l’entreprise à l’ensemble des salariés et accueille notamment l’intéressement, la participation et l’abondement de l’employeur. Le PER obligatoire (ou PER catégoriel) concerne une catégorie de salariés définie par accord d’entreprise et reçoit des cotisations obligatoires, à la charge du salarié, de l’employeur ou des deux.
Chacun de ces plans peut, selon les cas, recevoir plusieurs types de versements simultanément, ce qui justifie une analyse précise de l’origine des fonds avant tout arbitrage fiscal.
Qui peut effectuer un versement sur un PER ?
Le titulaire du plan reste le principal contributeur, via des versements volontaires libres ou programmés. L’employeur peut également alimenter le plan dans le cadre d’un PER d’entreprise, par le biais de l’abondement, de l’intéressement, de la participation ou de cotisations obligatoires. Enfin, un tiers (conjoint, parent, proche) peut, selon les conditions prévues par le contrat, faire un versement au bénéfice du titulaire, notamment pour un PER individuel ouvert au nom d’un enfant majeur ou d’un proche.
Les différents types de versements sur un PER
La terminologie des versements sur un plan d’épargne retraite (PER) est souvent source de confusion, car elle mêle des logiques différentes : initiative personnelle, dispositifs d’épargne salariale et cotisations imposées par accord collectif. Comprendre cette classification aide à anticiper correctement la fiscalité applicable à chaque compartiment.
| Type de versement | Origine | Caractère |
|---|---|---|
| Versement volontaire | Titulaire du plan | Facultatif, montant libre |
| Versement d’épargne salariale | Intéressement, participation, abondement employeur | Facultatif ou automatique selon le dispositif |
| Versement obligatoire | Accord d’entreprise (PER obligatoire) | Imposé à une catégorie de salariés |
Versements volontaires : libres, programmés ou ponctuels
Le versement volontaire est la forme la plus courante d’alimentation d’un PER individuel. Il peut prendre trois formes : le versement libre, versé quand l’épargnant le souhaite et pour le montant de son choix ; le versement programmé, mis en place automatiquement selon une périodicité et un montant fixés à l’avance ; et le versement ponctuel, réalisé une seule fois pour une opportunité précise (prime, rentrée d’argent, optimisation fiscale de fin d’année).
Versements issus de l'épargne salariale
Dans le cadre d’un PER collectif, les sommes issues de l’intéressement et de la participation peuvent être directement affectées au plan plutôt que perçues immédiatement. L’employeur peut également compléter ces versements par un abondement, c’est-à-dire une somme additionnelle versée en fonction des sommes déjà placées par le salarié. Ces versements bénéficient d’un régime social et fiscal distinct des versements volontaires classiques.
Versements obligatoires du PER entreprise obligatoire
Le compartiment du PER obligatoire reçoit des cotisations dont le versement s’impose, en vertu d’un accord collectif, à une catégorie objective de salariés. Ces cotisations, qu’elles soient prises en charge par le salarié, l’employeur ou les deux, ne relèvent pas d’un choix individuel : elles sont prélevées automatiquement et suivent des règles de déductibilité qui leur sont propres, distinctes de celles des versements volontaires.
Quel montant verser sur son PER chaque mois ou en une fois ?
Il n’existe pas de montant universel à verser sur un PER : la bonne réponse dépend de votre capacité d’épargne, de votre horizon de départ à la retraite et de l’objectif de capital visé. En revanche, certains repères pratiques, comme le versement minimum exigé ou l’intérêt d’un versement ponctuel, permettent de structurer une stratégie de versement cohérente.
Versement minimum exigé selon les contrats
Chaque établissement fixe librement son propre seuil d’entrée et, le cas échéant, le montant minimum de chaque versement ultérieur. Les banques en ligne, à l’image des offres de type Boursorama, proposent généralement des seuils d’accès volontairement bas afin de faciliter l’ouverture d’un premier PER, tandis que certains contrats distribués par des réseaux traditionnels peuvent exiger des montants d’entrée plus élevés. Il est donc important de vérifier les conditions générales du contrat avant toute souscription, car ces seuils varient fortement d’un acteur à l’autre.
Calculer son versement mensuel idéal
La méthode la plus fiable, confirmée par toute simulation de versement PER, consiste à partir de l’objectif de capital ou de complément de revenu souhaité à la retraite, puis à le ramener à un effort d’épargne mensuel compatible avec le budget courant. Ce calcul doit tenir compte du nombre d’années restant avant le départ à la retraite, du rendement attendu des supports choisis et de la capacité à maintenir l’effort d’épargne dans la durée. Un versement programmé, même modeste, présente l’avantage de lisser l’effort financier et d’éviter les arbitrages de dernière minute.
Versement ponctuel : quand le privilégier
Le versement ponctuel trouve particulièrement son intérêt lors de la perception d’une prime exceptionnelle, d’un héritage ou d’une rentrée d’argent imprévue. Il est également fréquemment utilisé en fin d’année, lorsque l’épargnant souhaite ajuster son revenu imposable avant la clôture de l’exercice fiscal, en complétant ses versements volontaires jusqu’au plafond de déduction disponible.
Plafond de versement PER et plafond de déduction fiscale en 2026
Contrairement à une idée reçue, les versements volontaires en numéraire sur un PER individuel ne sont pas plafonnés : vous pouvez verser le montant que vous souhaitez. C’est la déduction fiscale de ces versements qui, elle, est encadrée par un plafond individuel de déductibilité calculé chaque année, notamment pour 2026.
| Profil | Base de calcul | Plancher 2026 | Plafond 2026 |
|---|---|---|---|
| Salarié, retraité, sans activité | 10 % des revenus d’activité nets de 2025 | 4 710 € | 37 680 € |
| Travailleur non salarié (TNS) | 10 % du bénéfice imposable 2026 (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS | 4 806 € | 88 911 € |
Repères utiles : PASS 2025 = 47 100 € · PASS 2026 = 48 060 € (arrêté du 22 décembre 2025).
Calcul du plafond pour un salarié
Pour les versements réalisés en 2026, votre plafond correspond à 10 % de vos revenus d’activité nets de 2025, encadré par un plancher et un plafond assis sur le PASS 2025 :
- plancher de 4 710 €, soit 10 % du PASS 2025. Vous en bénéficiez même en l’absence de revenus professionnels : un retraité, un étudiant ou une personne sans activité peut donc déduire jusqu’à 4 710 € ;
- plafond de 37 680 €, soit 10 % de 8 fois le PASS 2025. Ce maximum est atteint dès 376 800 € de revenus nets déclarés.
Ce plafond théorique est ensuite minoré de l’abondement employeur exonéré et des cotisations versées sur un PER obligatoire. Le seul montant qui fait foi est celui inscrit sur votre avis d’imposition, à la rubrique « Plafond épargne retraite ».
Plafond spécifique pour les travailleurs non salariés (TNS)
Les travailleurs non salariés disposent d’un plafond nettement plus large, hérité du régime Madelin. Il combine deux étages : 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. En 2026, le maximum atteint ainsi 88 911 €, contre 37 680 € pour un salarié, avec un plancher de 4 806 €.
Deuxième différence, souvent source d’erreur : ce plafond se calcule sur le bénéfice de l’année en cours et le PASS de l’année en cours (2026), là où le plafond du salarié repose sur les revenus et le PASS de l’année précédente (2025). Pour un indépendant dont les résultats varient, cela signifie que le montant déductible n’est connu avec certitude qu’en fin d’exercice : d’où l’intérêt d’un versement libre ajusté en décembre plutôt que d’un programmé figé en janvier.
Reporter ou mutualiser les plafonds non utilisés
Exemple concret d’un couple marié : Madame dispose d’un plafond 2026 de 30 000 €, Monsieur d’un plafond de 4 710 € qu’il n’utilise pas. En cochant la case de mutualisation dans leur déclaration, le foyer peut déduire jusqu’à 34 710 € sur le seul PER de Madame. En y ajoutant les reliquats des trois années précédentes, le montant déductible sur une seule année peut dépasser 100 000 € ; un levier particulièrement efficace l’année d’une prime exceptionnelle ou d’une cession.
Versement PER et fiscalité : comment défiscaliser efficacement
La fiscalité du versement PER à l’entrée est l’un des principaux leviers d’optimisation du produit, mais elle repose sur un choix qui n’est pas automatique : déduire ou non ses versements volontaires du revenu imposable.
Déduire ou non ses versements volontaires
Les cotisations versées sur un PER peuvent être déduites du revenu imposable, dans la limite du plafond de déduction applicable. Cette déduction est particulièrement avantageuse pour les contribuables soumis à une tranche marginale d’imposition élevée, car l’économie d’impôt réalisée à l’entrée est proportionnelle à ce taux. À l’inverse, pour un foyer faiblement imposé, le gain fiscal immédiat peut être limité.
Un point de calendrier décisif : ce choix se fait au moment du versement, pas au moment de la déclaration. La renonciation à la déduction doit être exercée de manière expresse auprès du gestionnaire, au plus tard lors du versement, et elle est irrévocable. Vous ne pourrez pas revenir en arrière au printemps suivant en découvrant votre taux d’imposition réel. Pour un foyer dont la tranche marginale est susceptible de varier, mieux vaut donc estimer sa situation fiscale avant de verser, et non après.
Abondement employeur et versements obligatoires
L’abondement de l’employeur, l’intéressement et la participation affectés au plan ne sont pas des versements volontaires : ils ne consomment donc pas votre plafond de déduction, et relèvent d’un régime social et fiscal propre à l’épargne salariale.
L’abondement est exonéré d’impôt sur le revenu dans la double limite de 300 % des sommes versées par le salarié et de 16 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 7 690 € en 2026. L’intéressement affecté au plan est exonéré dans la limite de 75 % du PASS, soit 36 045 € en 2026.
Attention à l’effet différé, trop souvent ignoré. Si ces sommes n’entament pas votre plafond l’année du versement, elles viennent en revanche réduire le plafond épargne retraite calculé l’année suivante (article 163 quatervicies du CGI). Sont ainsi déduits de votre plafond :
- l’abondement de l’employeur sur votre PERECO ou votre PERO, dans la limite du montant exonéré d’impôt ;
- les cotisations obligatoires versées sur un PERO, part salariale et part patronale confondues ;
- les jours de congé ou de CET monétisés et affectés au plan.
Pour un salarié bénéficiant d’un dispositif d’entreprise généreux, le plafond réellement disponible pour les versements volontaires peut donc être très inférieur aux 10 % théoriques, voire proche de zéro. Une raison de plus de se fier au montant figurant sur votre avis d’imposition plutôt qu’à un calcul théorique.
Déclarer ses versements PER aux impôts
Chaque année, le gestionnaire de votre plan vous adresse une attestation fiscale de versements récapitulant les sommes versées sur l’exercice écoulé. Contrairement à une idée reçue, ces montants ne sont pas pré-remplis dans votre déclaration de revenus : seul votre plafond de déduction y figure, en bas de la déclaration, à la rubrique « Plafond épargne retraite ».
C’est donc à vous de reporter vos versements déductibles dans les cases dédiées (6NS, 6NT ou 6NU selon le membre du foyer fiscal). Un oubli est fréquent et sans rattrapage automatique : pas de saisie, pas de déduction. Pensez également à cocher la case prévue si vous souhaitez mutualiser votre plafond avec celui de votre conjoint ou partenaire de Pacs.
Versement PER après 70 ans et après le départ à la retraite
Deux questions reviennent fréquemment chez les épargnants proches de la retraite ou déjà retraités : que deviennent les versements faits après 70 ans, et est-il encore pertinent de continuer à alimenter son plan une fois les revenus d’activité arrêtés ?
Décès après 70 ans : la règle du PER n'est pas celle de l'assurance-vie
C’est la confusion la plus répandue, et elle coûte cher. En assurance-vie, la fiscalité du décès dépend de l’âge auquel les primes ont été versées. Pour un PER assurance, elle dépend de l’âge du titulaire au jour de son décès, quelle que soit la date des versements.
Concrètement, deux situations :
- Décès avant 70 ans : les capitaux transmis relèvent de l’article 990 I du Code général des impôts. Chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €, puis un prélèvement de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont totalement exonérés.
- Décès après 70 ans : l’intégralité des sommes transmises bascule dans le champ de l’article 757 B du CGI, soumise aux droits de succession selon le lien de parenté, après un abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires et commun à l’ensemble des contrats d’assurance-vie et de PER du défunt.
La conséquence est importante : verser avant 70 ans ne protège en rien la transmission si le décès intervient après cet âge. L’épargne constituée à 45 ans subira le même régime que celle versée à 72 ans. Si la transmission constitue votre objectif principal, le bon arbitrage ne porte donc pas sur le calendrier des versements, mais sur le choix de l’enveloppe (PER assurance, assurance-vie classique, ou combinaison des deux) et sur la rédaction de la clause bénéficiaire.
À noter : le PER bancaire (compte-titres) ne relève d’aucun de ces deux régimes. Au décès, l’épargne réintègre purement et simplement la succession.
Continuer à verser à la retraite : est-ce utile ?
Rien n’empêche de continuer à verser sur un PER une fois à la retraite, tant que le plan reste ouvert. L’intérêt de cette démarche dépend toutefois largement du niveau d’imposition du foyer retraité : si les pensions perçues restent soumises à une tranche marginale d’imposition significative, la déduction des versements volontaires conserve un intérêt fiscal réel. En revanche, pour un retraité faiblement imposé, l’avantage fiscal immédiat s’amenuise, et d’autres supports d’épargne peuvent s’avérer plus pertinents selon l’objectif poursuivi (disponibilité des fonds, transmission, complément de revenu).
Ouvrir un PER et choisir où effectuer ses versements
Avant même de déterminer le montant à verser, il convient d’ouvrir un PER auprès d’un contrat adapté à son profil d’épargnant, à son horizon de placement et à ses attentes en matière de gestion.
Banques en ligne, assureurs, conseillers indépendants : où ouvrir son PER ?
Les acteurs en ligne ont largement démocratisé l’accès au PER : frais d’entrée supprimés, frais de gestion réduits, seuils de premier versement souvent fixés à quelques dizaines d’euros, souscription entièrement digitale. Ils conviennent aux épargnants autonomes, à l’aise avec la gestion de leurs supports. Les réseaux traditionnels et les assureurs appliquent des seuils d’entrée plus élevés et des frais généralement supérieurs, mais proposent un accompagnement personnalisé et, parfois, des supports non accessibles en ligne (immobilier, private equity).
Le bon critère n’est pas le nom de l’établissement, mais l’écart de frais cumulé sur vingt ans : un point de frais de gestion annuel supplémentaire ampute d’environ 20 % le capital final. Comparez systématiquement les frais sur versement, les frais de gestion du contrat et ceux des supports, avant même de regarder la performance passée.
Critères pour bien choisir son contrat
| Critère | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| Frais sur versements et de gestion | Impactent directement le rendement net du capital accumulé |
| Choix et qualité des supports | Détermine le potentiel de performance et le niveau de risque accessible |
| Conditions de versement | Souplesse du versement libre, programmé ou ponctuel selon le contrat |
| Modalités de sortie | Options en capital, en rente ou mixtes proposées par le gestionnaire |
| Qualité du mode de gestion pilotée | Adapte automatiquement le risque à l’approche de la retraite |
Récupérer l'argent versé sur son PER : capital, rente et déblocage anticipé
Au terme de la phase d’épargne, trois grandes modalités permettent de récupérer les sommes versées sur un PER, chacune avec un traitement fiscal qui lui est propre.
| Mode de sortie | Principe |
|---|---|
| Sortie en capital | Versement en une ou plusieurs fois du capital accumulé |
| Sortie en rente viagère | Versement d’un revenu régulier jusqu’au décès du rentier |
| Déblocage anticipé | Sortie avant la retraite, réservée à des situations prévues par la loi |
Sortie en capital : fiscalité des versements et plus-values
Le traitement fiscal de la sortie en capital dépend de l’origine des sommes. La fraction correspondant à des versements volontaires déduits à l’entrée est soumise à l’impôt sur le revenu lors de la sortie, tandis que la fraction correspondant à des versements non déduits en est exonérée. Les plus-values générées pendant la phase d’épargne sont, quant à elles, soumises à un régime d’imposition spécifique ainsi qu’aux prélèvements sociaux. Cette distinction impose de bien connaître l’historique de ses versements (déduits ou non) avant de demander une sortie en capital.
Sortie en rente viagère : imposition selon l'âge
En cas de sortie en rente viagère, la part de la rente correspondant à des versements déduits est imposée selon les règles applicables aux pensions, tandis que la part correspondant à des versements non déduits suit un régime d’imposition dont la fraction taxable diminue progressivement avec l’âge du rentier au moment de l’entrée en jouissance de la rente. Plus la rente est mise en place tardivement, plus la part de revenu exonérée est importante.
Déblocage anticipé : les six cas prévus par la loi
La loi prévoit six situations permettant de débloquer tout ou partie de son PER avant le départ à la retraite :
- le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs du titulaire ;
- l’invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs ;
- le surendettement du titulaire, sur demande adressée à la commission compétente ;
- l’expiration des droits à l’assurance chômage du titulaire. Ce cas vise également le mandataire social qui n’est titulaire ni d’un contrat de travail ni d’un mandat social depuis au moins deux ans, situation fréquente chez les dirigeants non couverts par l’assurance chômage ;
- la cessation d’activité non salariée du titulaire à la suite d’une liquidation judiciaire ;
- l’acquisition de la résidence principale, pour les versements volontaires et ceux issus de l’épargne salariale (ce cas ne s’applique pas au compartiment des versements obligatoires).
Simuler et optimiser ses versements PER avec retraite.com
Entre plafonds de déduction, choix du type de versement et objectifs de capital, déterminer, à l’aide d’une simulation de versement PER, la stratégie la plus adaptée à sa situation peut rapidement devenir complexe. C’est précisément l’objectif du bilan retraite en 3 minutes proposé par retraite.com : transformer ces repères chiffrés en une recommandation personnalisée et actionnable.
Utiliser le bilan retraite en 3 minutes
En quelques questions sur votre situation professionnelle, vos revenus et votre horizon de départ à la retraite, le bilan retraite en 3 minutes de retraite.com permet de simuler rapidement un montant de versement cohérent avec votre plafond de déduction disponible et votre objectif de capital. Cet outil est un point de départ concret pour passer d’un repère théorique (plafond, montant minimum) à une décision de versement adaptée à votre budget réel.
Stratégies d'optimisation selon votre profil
Un salarié dont le plafond de déduction est largement sous-utilisé aura intérêt à privilégier des versements programmés réguliers, complétés le cas échéant par un versement ponctuel en fin d’année. Un travailleur non salarié, soumis à des revenus plus irréguliers, pourra au contraire privilégier le versement libre ou ponctuel, ajusté selon les résultats de son activité. Quant au micro-entrepreneur, dont les revenus professionnels servent de base de calcul au plafond Madelin, il devra vérifier attentivement son plafond personnalisé avant de fixer le montant de ses versements, afin d’éviter tout versement excédant sa capacité de déduction.
Questions fréquentes sur le versement PER
Comment défiscaliser avec le PER ?
La défiscalisation via le PER repose sur la déduction des versements volontaires du revenu imposable, dans la limite du plafond de déduction individuel applicable. Plus le versement est élevé (dans cette limite) et plus la tranche marginale d’imposition du foyer est haute, plus l’économie d’impôt obtenue à l’entrée est importante.
Quel est le plafond de déductibilité fiscale du PER en 2026 ?
Pour un salarié, le plafond applicable aux versements 2026 correspond à 10 % des revenus professionnels nets déclarés au titre de 2025, soit entre 4 710 € et 37 680 €. Pour un travailleur non salarié, il grimpe jusqu’à 88 911 € grâce à la majoration de 15 % propre au régime Madelin.
À ces montants s’ajoutent les plafonds non utilisés des trois années précédentes, et, sur option, celui de votre conjoint ou partenaire de Pacs. Le montant exact dont vous disposez figure sur votre avis d’imposition, rubrique « Plafond épargne retraite ».
Quelle est la fiscalité en cas de sortie en capital du PER ?
La fraction du capital correspondant à des versements déduits à l’entrée est imposée au titre de l’impôt sur le revenu au moment de la sortie, tandis que la fraction correspondant à des versements non déduits en est exonérée. Les plus-values réalisées pendant la phase d’épargne suivent un régime d’imposition distinct, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux.
Quelle est la fiscalité globale sur un PER ?
À l’entrée, les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable dans la limite du plafond applicable. Pendant la phase d’épargne, les gains capitalisés ne sont pas imposés tant qu’ils ne sont pas retirés. À la sortie, le traitement fiscal dépend de l’origine des sommes (déduites ou non) et du mode de sortie choisi (capital ou rente). En cas de décès, la fiscalité successorale applicable dépend notamment de l’âge auquel les versements ont été faits.
Les cotisations obligatoires du PER réduisent-elles l'impôt sur le revenu ?
Oui. Les cotisations versées sur un PER obligatoire sont déduites du salaire imposable, selon des règles qui leur sont propres (article 83 du CGI) et distinctes du plafond applicable aux versements volontaires. En revanche, elles ne sont pas sans conséquence sur ce plafond : les cotisations déductibles de l’année, part salariale et part employeur comprises, viennent en diminution de votre plafond épargne retraite de l’année suivante. Vérifiez donc toujours le montant indiqué sur votre avis d’imposition avant d’arrêter le montant de vos versements volontaires.
L'abondement de l'employeur entre-t-il dans le plafond de déduction ?
Peut-on déduire seulement une partie de ses versements volontaires ?
Oui, la déduction des versements volontaires n’est pas une obligation globale : l’épargnant peut choisir de déduire tout ou partie de ses versements, dans la limite de son plafond disponible. Cette possibilité permet d’ajuster chaque année la stratégie de déduction selon le niveau de revenu imposable et l’objectif poursuivi.
Faut-il toujours déduire ses versements de ses impôts ?
Non, ce choix doit être nuancé selon la tranche marginale d’imposition du foyer. Pour un contribuable fortement imposé, la déduction procure généralement un avantage fiscal significatif à l’entrée. Pour un foyer faiblement imposé, l’intérêt de la déduction est plus limité, et renoncer à déduire certains versements peut permettre de bénéficier, à la sortie, d’un traitement fiscal plus favorable sur la part correspondante.