PERCO et PERCOL : quelle différence pour votre épargne retraite ?

Ludovic Herschlikovitz
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différence entre perco et percol

Beaucoup de salariés utilisent indifféremment les termes PERCO et PERCOL, opposant parfois « PERCO vs PERCOL » comme s’il existait deux dispositifs distincts.

Or il s’agit du même produit d’épargne salariale, renommé et surtout profondément modernisé par la loi PACTE : au-delà du changement de nom, le PERCOL apporte de vraies nouveautés que le PERCO ne connaissait pas.
 

Cette confusion se double d’une seconde interrogation, tout aussi légitime : quelle différence existe-t-il entre le PER individuel et le PERCOL, ces deux plans d’épargne retraite qui portent des noms proches mais répondent à des logiques différentes ?

Cet article reprend ces deux questions dans un seul parcours pédagogique : origine du changement de nom, points communs entre PERCO et PERCOL, différences réelles avec le PER individuel, puis versements, fiscalité et modalités de sortie de ce plan d’épargne retraite d’entreprise.

Qu'est-ce que le PERCO et le PERCOL ?

Le PERCO et le PERCOL désignent un seul et même type de dispositif d’épargne retraite d’entreprise, mais à deux moments différents de son histoire réglementaire. La loi PACTE, adoptée pour réformer en profondeur l’épargne retraite en France, a introduit une nouvelle génération de plans d’épargne retraite (PER) dont les modalités sont entrées en vigueur le 1er octobre 2019. Cette réforme a directement concerné le plan d’épargne retraite collectif d’entreprise, jusque-là appelé PERCO.

Le PERCO, ancien plan d'épargne retraite collectif

Le PERCO était le plan d’épargne retraite collectif proposé par certaines entreprises à leurs salariés avant la réforme. Il permettait d’y verser des sommes issues de l’épargne salariale (intéressement, participation) ou des versements volontaires, avec un objectif de constitution d’un complément de retraite disponible au moment du départ. Son fonctionnement reposait sur des règles fiscales et sociales propres, distinctes de celles applicables aujourd’hui aux nouveaux plans issus de la loi PACTE.

Le PERCOL, nouveau PER collectif issu de la loi PACTE

Le PERCOL, ou plan d’épargne retraite d’entreprise collectif, est la version modernisée du PERCO. Depuis le 1er octobre 2020, une entreprise ne peut plus créer de nouveau PERCO : seul le PERCOL peut désormais être proposé aux salariés. Les entreprises qui disposaient déjà d’un PERCO ont eu la possibilité de le transformer en PERCOL, tandis que les nouvelles entreprises ne peuvent ouvrir que ce dernier.

À noter : « PERCOL » est un nom d’usage. La dénomination officielle du dispositif est PER d’entreprise collectif, également désigné par les sigles PERECO ou PERECOL dans les textes réglementaires et sur les sites publics.

Différence entre PERCO et PERCOL : le même dispositif renommé par la loi PACTE

Le PERCO et le PERCOL partagent le même objet, les mêmes bénéficiaires et la même logique : un plan d’épargne retraite collectif mis en place par l’entreprise. Mais réduire le PERCOL à un simple changement de nom serait inexact. La loi PACTE a harmonisé les règles applicables à l’ensemble des PER (individuel, collectif, obligatoire) et apporté quatre évolutions concrètes :
 
  • la déductibilité fiscale des versements volontaires du revenu imposable, qui n’existait pas sur le PERCO : c’est l’apport majeur du PERCOL ;
  • la transférabilité de l’épargne entre tous les PER (individuel, collectif, obligatoire) ;
  • une organisation en compartiments (versements volontaires / épargne salariale / versements obligatoires), chacun ayant ses propres règles de sortie et de fiscalité ;
  • des modalités de sortie élargies, en capital, en rente ou en combinaison des deux.
Autrement dit : même famille de dispositif, mais un cadre fiscal et juridique sensiblement enrichi.

Les points communs entre le PERCO et le PERCOL

 PERCOPERCOL
ObjetÉpargne retraite collective d’entrepriseÉpargne retraite collective d’entreprise
BénéficiairesSalariés de l’entrepriseSalariés de l’entreprise
Mise en placeDécidée par l’employeurDécidée par l’employeur
Sources d’alimentationVersements volontaires, intéressement, participation, abondement, jours de CET ou de congés non prisVersements volontaires, intéressement, participation, abondement, jours de CET ou de congés non pris, versements unilatéraux de l’employeur
Cadre juridiqueAntérieur à la loi PACTEIssu de la loi PACTE
Déductibilité des versements volontairesNonOui (avant 70 ans, dans la limite des plafonds fiscaux)
Transférabilité vers un autre PERLimitéeOui, vers tout PER

Qui peut bénéficier du PERCO ou du PERCOL en entreprise ?

L’accès au PERCOL (comme, avant lui, au PERCO) peut être soumis par l’entreprise à une condition d’ancienneté. Cette condition ne peut toutefois pas excéder une durée maximale de 3 mois. Passé ce délai, tout salarié de l’entreprise peut demander à bénéficier du plan, quelle que soit la nature de son contrat de travail.

Comment le salarié est informé par son employeur

L’employeur a l’obligation d’informer chaque salarié de l’existence du PERCOL au moment de son embauche, notamment via le livret d’épargne salariale remis à cette occasion. Le salarié doit ainsi comprendre les modalités de versement, d’abondement et de gestion du plan. De la même manière, lorsque le salarié quitte l’entreprise, un état récapitulatif de ses droits doit lui être remis afin qu’il puisse suivre l’évolution de son épargne ou envisager un transfert vers un autre plan.

PER vs PERCOL : quelles différences entre épargne individuelle et collective ?

La loi PACTE n’a pas seulement renommé le PERCO : elle a créé une famille complète de plans d’épargne retraite, dont le PERCOL n’est qu’une des trois déclinaisons.

Les 3 types de PER : individuel, collectif et obligatoire

Type de PERSigleCaractéristiques
PER individuelPERINSouscription libre par toute personne majeure, auprès d’un établissement financier ou d’un assureur
PER d’entreprise collectifPERCOL (PERECO)Mis en place par l’employeur, ouvert à tous les salariés, adhésion facultative
PER d’entreprise obligatoirePEROMis en place par l’employeur pour tout ou partie des salariés (catégories objectives), adhésion obligatoire pour les salariés concernés

PER individuel ouvert à tous vs PERCOL réservé aux salariés

Le PER individuel peut être ouvert par toute personne, salariée, indépendante, sans emploi ou même sans activité professionnelle, directement auprès d’un établissement financier. le PERCOL, à l’inverse, n’existe que si l’entreprise a décidé de le créer : le salarié n’a pas d’initiative de création du plan, il ne peut qu’y adhérer si son employeur le propose.

Quels avantages spécifiques du PER par rapport au PERCOL ?

Le PER individuel offre une plus grande liberté de gestion : choix libre de l’établissement, des supports d’investissement, du rythme des versements, sans dépendre d’une décision d’entreprise. Il convient aussi bien aux salariés dont l’employeur ne propose pas de PERCOL qu’aux indépendants ou aux personnes souhaitant compléter leur épargne retraite en dehors de tout cadre collectif. En contrepartie, il ne bénéficie pas du principal atout du PERCOL : l’abondement versé par l’employeur.

Versements sur le PERCO et le PERCOL : volontaires, abondement et intéressement

Le PERCOL, comme le PERCO avant lui, dispositif d’épargne salariale à vocation retraite, peut être alimenté par plusieurs sources distinctes, chacune répondant à des règles fiscales et sociales propres.

Les versements volontaires et leur plafond de déduction

Le salarié peut verser des sommes volontairement sur son PERCOL, en complément des sommes issues de l’épargne salariale.  

Ces versements sont en principe déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond fiscal calculé en fonction des revenus professionnels. Ils restent possibles après le départ à la retraite.
Nouveauté 2026 : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans restent possibles mais ne sont plus déductibles du revenu imposable (loi de finances pour 2026). Cette règle s’applique à l’ensemble des PER : PERIN, PERCOL et PERO.

L'abondement de l'employeur

L’abondement correspond à la somme que l’employeur ajoute aux versements du salarié sur son PERCOL. Ce mécanisme incite à l’épargne, l’entreprise complétant l’effort du salarié. 

L’abondement est toutefois encadré par deux limites cumulatives : il ne peut pas dépasser trois fois le montant versé par le salarié, ni 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Pour 2026, avec un PASS fixé à 48 060 €, le plafond d’abondement s’élève à 7 689,60 € (contre 7 536 € en 2025).

Intéressement et participation versés sur le PERCOL

Les sommes issues de l’intéressement et de la participation peuvent être directement affectées au PERCOL plutôt que perçues immédiatement par le salarié. 

Lorsqu’elles sont versées sur ce plan, ces sommes bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu, ce qui constitue un levier fiscal intéressant par rapport à leur perception directe. L’exonération de la prime d’intéressement s’applique dans la limite de 75 % du PASS, soit 36 045 € en 2026 ; la participation affectée au plan est quant à elle exonérée d’impôt sur le revenu.

Fiscalité du PERCO et du PERCOL : déduction à l'entrée et imposition à la sortie

La fiscalité du PERCOL, comme celle du PERCO avant lui, fonctionne selon une logique de report d’imposition propre à la fiscalité retraite : les sommes versées bénéficient d’avantages à l’entrée, en contrepartie d’une imposition différée à la sortie.

Déduction des versements volontaires du revenu imposable

Chaque versement volontaire déduit du revenu imposable diminue directement la base sur laquelle l’impôt sur le revenu est calculé. Concrètement, l’économie d’impôt réalisée dépend du taux marginal d’imposition du salarié : plus ce taux est élevé, plus la déduction procure un avantage significatif l’année du versement. Ce mécanisme suppose toutefois d’accepter une indisponibilité des sommes jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Fiscalité réduite de l'abondement employeur (forfait social à 16 %)

Le traitement social de l’abondement dépend de la taille de l’entreprise.
 
  • Entreprises de moins de 50 salariés : l’abondement versé sur le PERCOL est totalement exonéré de forfait social depuis la loi PACTE. C’est un argument déterminant pour les TPE et PME.
  • Entreprises de 50 salariés et plus : le forfait social s’applique au taux de droit commun de 20 %. Ce taux peut être réduit à 16 % lorsque deux conditions cumulatives sont réunies : le plan est géré en gestion pilotée, et le portefeuille comporte au moins 10 % de titres éligibles au PEA-PME.

Imposition des sommes à la sortie, en rente ou en capital

À la sortie, l’imposition dépend de l’origine des sommes. Les versements volontaires ayant été déduits fiscalement sont imposés lors de leur récupération, tandis que la part correspondant à des versements non déduits reste exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Les gains générés par l’épargne restent soumis aux prélèvements sociaux. Depuis le 1er janvier 2026, la hausse de 1,4 point de la CSG prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale porte leur taux global de 17,2 % à 18,6 % (10,6 % de CSG + 0,5 % de CRDS + 7,5 % de prélèvement de solidarité).
 
Deux précisions s’imposent :
 
  • les plus-values afférentes aux versements réalisés avant le 1er janvier 2018 restent soumises aux taux historiques, plus favorables ;
  • pour la part issue des versements volontaires déduits, les gains sont soumis en sortie en capital au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), tandis que le capital correspondant aux versements est réintégré au revenu imposable.

Disponibilité des sommes, déblocage anticipé et sortie en capital du PERCOL

L’épargne placée sur un PERCOL est en principe bloquée jusqu’au départ à la retraite, mais la loi prévoit plusieurs situations permettant un déblocage anticipé.

Les cas de déblocage anticipé (résidence principale, accidents de vie)

L’article L. 224-4 du Code monétaire et financier prévoit sept cas de déblocage anticipé du PERCOL :
 
  • le décès du conjoint ou du partenaire de PACS (le décès du titulaire, lui, met fin au plan et déclenche le versement aux bénéficiaires) ;
  • l’invalidité du titulaire, de son conjoint ou partenaire de PACS, ou de ses enfants (2e ou 3e catégorie de la Sécurité sociale) ;
  • la situation de surendettement ;
  • l’expiration des droits à l’assurance chômage ;
  • la cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire ;
  • l’acquisition de la résidence principale ;
  • nouveau depuis le 14 juin 2026 : l’affection grave, le handicap ou l’accident d’une particulière gravité d’un enfant à charge (loi n° 2026-492 du 12 juin 2026). Jusqu’alors, seule l’invalidité reconnue de l’enfant ouvrait ce droit.
Le motif « acquisition de la résidence principale » comporte une exception : les droits issus de versements obligatoires restent bloqués et ne peuvent pas être mobilisés à ce titre. Il obéit par ailleurs à une fiscalité spécifique, contrairement aux autres cas de déblocage, où le capital correspondant aux versements est exonéré d’impôt sur le revenu (seuls les gains supportent les prélèvements sociaux).
 
Attention : la remise en état de la résidence principale après une catastrophe naturelle est un cas de déblocage du PEE, et non du PER.

Sortie en capital, en rente viagère ou en mix à la retraite

Au moment de la retraite, le titulaire d’un PERCOL peut choisir librement les modalités de sortie de son épargne : une sortie en capital, en une seule fois ou de façon fractionnée, une conversion en rente viagère, ou une combinaison des deux. Ce choix permet d’adapter la sortie à ses besoins financiers du moment, tout en tenant compte des règles fiscales différentes qui s’appliquent selon l’origine des sommes (versements volontaires, abondement, intéressement, participation) et selon la part correspondant aux gains réalisés.

PER ou PERCOL : comment choisir selon votre profil ?

Le choix entre PER individuel et PERCOL dépend avant tout de la situation professionnelle. Un salarié dont l’entreprise propose un PERCOL avec abondement a tout intérêt à privilégier ce plan pour les sommes qu’il souhaite y consacrer, afin de bénéficier de l’aide de l’employeur. Un indépendant, un salarié dont l’entreprise ne propose pas de plan collectif, ou une personne souhaitant compléter son épargne au-delà du cadre de l’entreprise, se tournera plutôt vers un PER individuel, plus souple dans sa gestion.

Cumuler PER individuel et PERCOL : est-ce possible ?

Rien n’empêche de détenir simultanément un PER individuel et un PERCOL. Ce cumul est même souvent pertinent : le PERCOL permet de profiter de l’abondement de l’employeur et des versements issus de l’épargne salariale, tandis que le PER individuel offre une liberté de gestion complémentaire pour les versements personnels, notamment lorsque l’entreprise ne propose pas de plan collectif ou lorsque le salarié souhaite diversifier ses supports d’investissement.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le PERCO et le PERCOL ?

Le PERCOL succède au PERCO : même objet, mêmes bénéficiaires, même logique de plan collectif mis en place par l’employeur. Mais ce n’est pas qu’un changement de nom : le PERCOL permet de déduire les versements volontaires du revenu imposable, ce que le PERCO n’autorisait pas, et il est transférable vers n’importe quel autre PER. Depuis le 1er octobre 2020, il n’est plus possible de créer un nouveau PERCO : seul le PERCOL peut être mis en place par les entreprises.

Oui, les versements volontaires réalisés sur un PERCOL sont en principe déductibles du revenu imposable, dans la limite des plafonds fiscaux applicables. Depuis le 1er janvier 2026, cette déduction n’est toutefois plus possible pour les versements effectués après 70 ans : ils restent autorisés, mais sans avantage fiscal à l’entrée.

La loi PACTE a créé trois types de plans d’épargne retraite : le PERIN (PER individuel), le PERCOL (PER collectif d’entreprise) et le PERO (PER obligatoire d’entreprise, pouvant concerner l’ensemble des salariés ou une ou plusieurs catégories objectives d’entre eux, avec adhésion obligatoire).

Oui, le principal intérêt du PERCOL reste l’abondement versé par l’employeur, un avantage totalement absent du PER individuel. Ce complément vient s’ajouter aux versements du salarié sans coût supplémentaire pour lui, ce qui en fait un levier d’épargne difficile à égaler avec un plan souscrit à titre individuel.

Oui, un transfert du PERCOL vers un PER individuel est possible, notamment lorsque le salarié change d’emploi et que sa nouvelle entreprise ne propose pas de plan collectif. Une règle encadre toutefois cette faculté : tant que le salarié est présent dans l’entreprise, le transfert ne peut intervenir qu’une fois tous les trois ans. Après son départ, le transfert est libre. Il permet de regrouper l’épargne retraite sur un support unique et d’en simplifier le suivi.

Lorsque les versements ou l’abondement sont calculés en pourcentage du salaire, une hausse de rémunération entraîne mécaniquement une augmentation des sommes versées sur le PERCOL. De la même manière, si l’accord d’entreprise prévoit des taux contractuels d’abondement progressifs selon l’ancienneté ou le niveau de versement du salarié, la cotisation globale peut évoluer d’une année à l’autre sans changement du taux lui-même.

Un PERCO ou un PERCOL peut être alimenté par plusieurs types de sommes : les versements volontaires du salarié, l’abondement de l’employeur, les sommes issues de l’intéressement et de la participation, ainsi que les jours de compte épargne-temps (CET) ou, à défaut de CET, les jours de congés non pris dans la limite de 10 par an. Le PERCOL peut également recevoir des versements unilatéraux de l’employeur.
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