Le système de retraite en Espagne repose principalement sur un régime public de Sécurité sociale financé par les cotisations des travailleurs et des employeurs. La pension contributive dépend notamment de l’âge de départ, de la durée de cotisation et des bases sur lesquelles les cotisations ont été versées au cours de la carrière.
Le système distingue un Régime général, qui couvre notamment la majorité des salariés, et plusieurs régimes ou systèmes spécifiques. Les travailleurs indépendants relèvent par exemple du RETA, tandis que des règles particulières s’appliquent aux travailleurs de la mer, aux mineurs ou encore à certaines catégories de fonctionnaires.
Le montant de la pension est calculé à partir d’une base régulatrice (base reguladora), à laquelle est appliqué un pourcentage déterminé notamment par la durée de cotisation. En 2026, les règles de calcul commencent par ailleurs à évoluer dans le cadre de la réforme progressive du système espagnol.
Le calcul de la pension espagnole : base régulatrice et taux
Le montant de la pension de retraite espagnole dépend principalement de deux éléments : la base régulatrice (base reguladora) et le pourcentage appliqué à cette base en fonction de la durée de cotisation.
La base régulatrice
Jusqu’en 2025, la base régulatrice était calculée à partir des bases de cotisation des 300 mois précédant le départ à la retraite, soit 25 années, divisées par 350.
À partir de 2026, une réforme progressive du mode de calcul entre en vigueur. Pendant la période transitoire, la Sécurité sociale compare l’ancienne méthode avec la nouvelle formule prévue par la réforme et retient le calcul le plus favorable à l’assuré.
Les bases de cotisation les plus anciennes prises en compte dans le calcul sont actualisées selon les règles prévues par la législation afin de tenir compte de l’évolution des prix.
En 2026, la base maximale de cotisation est fixée à 5 101,20 € par mois.
Le pourcentage appliqué à la base régulatrice
La pension ne correspond pas automatiquement à 100 % de la base régulatrice. Le pourcentage dépend de la durée totale de cotisation.
Avec 15 années de cotisation, durée minimale requise dans le cas général, l’assuré obtient 50 % de sa base régulatrice.
Ce pourcentage augmente ensuite progressivement en fonction des mois supplémentaires cotisés.
Lorsque la durée de cotisation requise par la réglementation est atteinte, le pourcentage peut parvenir à 100 % de la base régulatrice.
Il ne faut pas confondre cette durée avec celle permettant de partir à 65 ans. En 2026, l’âge ordinaire de la retraite est fixé à 65 ans pour les personnes justifiant d’au moins 38 ans et 3 mois de cotisations. Avec une durée inférieure, l’âge ordinaire est de 66 ans et 10 mois.
Le montant obtenu après application du pourcentage à la base régulatrice reste soumis au plafond légal des pensions publiques. En 2026, la pension initiale ne peut en principe dépasser 3 359,60 € par mois, soit 47 034,40 € par an, versements extraordinaires compris.
| Paramètre | Valeur ou règle applicable en 2026 |
|---|---|
| Base maximale de cotisation mensuelle | 5 101,20 € |
| Pension maximale mensuelle | 3 359,60 € |
| Pension maximale annuelle | 47 034,40 € |
| Calcul de la base régulatrice | Transition entre l’ancienne et la nouvelle méthode, avec application de la plus favorable |
| Durée minimale de cotisation | 15 ans |
| Pourcentage avec 15 ans cotisés | 50 % de la base régulatrice |
| Pourcentage maximal | 100 % de la base régulatrice, lorsque la durée requise est atteinte |
Fiscalité pour un retraité français en Espagne : quels impôts payer ?
S’installer en Espagne à la retraite entraîne également des conséquences fiscales. Dès lors que vous devenez résident fiscal espagnol, vous êtes en principe soumis à l’impôt espagnol sur vos revenus, y compris ceux provenant de l’étranger.
Pour les pensions françaises, la fiscalité applicable dépend toutefois des règles prévues par la convention fiscale entre la France et l’Espagne. Selon la nature de la pension perçue, notamment privée ou publique, le droit d’imposer peut revenir à l’Espagne ou rester à la France.
Il est donc nécessaire d’identifier la nature de ses pensions et son statut de résident fiscal avant de déterminer précisément les impôts dus.
Résidence fiscale en Espagne : ce que cela change pour votre pension française
La résidence fiscale détermine notamment dans quel pays vos revenus doivent être déclarés et imposés. En Espagne, vous êtes considéré comme résident fiscal lorsque vous remplissez notamment l’une des conditions suivantes :
vous séjournez plus de 183 jours au cours de l’année civile sur le territoire espagnol. Les absences sporadiques sont en principe prises en compte dans ce calcul, sauf si vous pouvez justifier votre résidence fiscale dans un autre pays ;
le centre principal de vos activités ou de vos intérêts économiques se situe, directement ou indirectement, en Espagne.
Il existe également une présomption de résidence fiscale, sauf preuve contraire, lorsque votre conjoint non séparé légalement et vos enfants mineurs à charge résident habituellement en Espagne.
Une personne considérée comme résidente fiscale espagnole est en principe soumise à l’IRPF espagnol sur l’ensemble de ses revenus mondiaux, sous réserve des règles prévues par les conventions fiscales internationales.
La convention fiscale franco-espagnole, signée le 10 octobre 1995, détermine notamment le traitement des pensions françaises :
les pensions liées à un emploi antérieur dans le secteur privé sont en principe imposables uniquement dans l’État de résidence. Un résident fiscal espagnol percevant une pension privée française est donc imposé sur cette pension en Espagne ;
les pensions publiques françaises sont, en principe, imposables uniquement en France. Toutefois, lorsqu’un bénéficiaire est résident et ressortissant espagnol sans posséder également la nationalité française, la pension est imposable uniquement en Espagne.
Il est donc important d’identifier précisément la nature de chaque pension avant le départ. Les démarches à effectuer auprès des caisses de retraite et des administrations fiscales dépendent ensuite de la situation de l’assuré et des règles prévues par la convention.
Le barème de l'impôt sur le revenu espagnol (IRPF) en 2026
En Espagne, l’impôt sur le revenu des personnes physiques est appelé IRPF (Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas). Les pensions de retraite imposables sont considérées comme des revenus du travail et entrent dans le calcul de cet impôt.
L’IRPF repose sur un barème progressif composé de deux parts : une part étatique, commune à l’ensemble du territoire relevant du régime général, et une part autonome, dont les taux sont fixés par chaque communauté autonome.
La part étatique du barème général comprend notamment les tranches suivantes :
| Tranche de base liquidable générale | Taux étatique |
|---|---|
| Jusqu’à 12 450 € | 9,5 % |
| De 12 450 € à 20 200 € | 12 % |
| De 20 200 € à 35 200 € | 15 % |
| De 35 200 € à 60 000 € | 18,5 % |
| De 60 000 € à 300 000 € | 22,5 % |
| Au-delà de 300 000 € | 24,5 % |
À cette composante s’ajoute le barème propre à la communauté autonome de résidence. Le taux global d’IRPF peut donc différer d’une région espagnole à l’autre.
La situation personnelle du contribuable intervient également dans le calcul. Le système prévoit notamment un minimum personnel et familial, dont le montant augmente avec l’âge. Dans le barème étatique de référence, le minimum du contribuable est de 5 550 €, avec une majoration de 1 150 € à partir de 65 ans et une majoration supplémentaire de 1 400 € à partir de 75 ans.
D’autres règles peuvent également intervenir selon la situation familiale, le handicap ou les dispositions fiscales propres à la communauté autonome concernée.
Le montant effectivement dû par un retraité dépend donc de sa pension imposable, de sa situation personnelle et de sa région de résidence en Espagne.
Quelles démarches pour s'installer en Espagne à la retraite ?
S’installer en Espagne à la retraite implique plusieurs démarches administratives, à la fois en France et en Espagne.
Pour un ressortissant français qui souhaite résider durablement en Espagne, il faut notamment accomplir les formalités liées à la résidence, puis organiser sa couverture maladie et mettre à jour sa situation auprès des organismes français qui versent ses pensions.
Ces démarches permettent notamment de continuer à percevoir sa retraite française, d’accéder à la prise en charge des soins selon les règles européennes et de régulariser sa situation administrative en Espagne.
Les démarches administratives côté espagnol
En tant que citoyen français, vous bénéficiez de la libre circulation au sein de l’Union européenne et n’avez pas besoin de visa pour vous installer en Espagne. En revanche, un séjour de plus de trois mois implique plusieurs démarches administratives.
Le NIE (Número de Identidad de Extranjero) : ce numéro personnel permet d’identifier les étrangers dans leurs démarches administratives, économiques, professionnelles ou fiscales en Espagne. Il peut être demandé auprès des services compétents de la Police nationale ou, depuis l’étranger, auprès des autorités consulaires espagnoles.
Le certificat d’enregistrement de citoyen de l’Union européenne : si vous vous installez en Espagne pour plus de trois mois, vous devez demander votre inscription au Registro Central de Extranjeros dans un délai de trois mois suivant votre entrée sur le territoire. La démarche s’effectue auprès de l’Oficina de Extranjería compétente ou du commissariat de police concerné. Le certificat délivré comporte notamment votre NIE.
Les ressources et la couverture maladie : un retraité qui n’exerce pas d’activité professionnelle doit notamment disposer de ressources suffisantes et d’une couverture maladie conforme aux conditions prévues par la réglementation espagnole.
L’inscription au Padrón Municipal : l’empadronamiento consiste à s’inscrire au registre des habitants de la commune dans laquelle vous résidez habituellement. Cette démarche s’effectue auprès de l’Ayuntamiento et permet notamment de justifier votre résidence dans la commune.
Ces formalités sont distinctes : le NIE est un numéro d’identification, l’inscription au registre des étrangers atteste votre résidence en tant que citoyen européen et le Padrón enregistre votre résidence habituelle auprès de la commune.
Les démarches côté français à ne pas négliger
Quitter la France pour s’installer en Espagne nécessite également de mettre à jour sa situation auprès de plusieurs organismes français afin de continuer à percevoir ses pensions et d’organiser sa couverture maladie.
Informer ses caisses de retraite : votre nouvelle adresse à l’étranger doit être communiquée aux organismes qui versent vos pensions. Lorsque vous résidez à l’étranger, vos caisses de retraite peuvent également vous demander de transmettre chaque année un certificat de vie afin de poursuivre le versement de votre retraite.
Demander le formulaire S1 : un retraité relevant de l’Assurance Maladie française peut demander le formulaire E121/S1 à sa caisse de retraite avant son départ. Une fois installé en Espagne, ce document doit être enregistré auprès de l’organisme espagnol compétent. Il permet de bénéficier de la prise en charge des soins en Espagne selon les règles locales, dans le cadre de la coordination européenne des systèmes de Sécurité sociale.
S’inscrire au registre des Français établis hors de France : cette inscription consulaire est facultative, mais recommandée pour les personnes qui s’installent durablement à l’étranger. Elle est gratuite et facilite notamment certaines démarches consulaires et l’information des ressortissants français établis en Espagne.
Signaler son changement de situation fiscale : une installation durable en Espagne peut entraîner un changement de résidence fiscale. La détermination de cette résidence ne dépend pas uniquement du nombre de jours passés dans le pays : d’autres critères peuvent intervenir. La convention fiscale franco-espagnole détermine ensuite les règles d’imposition applicables aux pensions françaises selon leur nature.
Ces démarches doivent être adaptées à la situation de chaque retraité, notamment selon les pensions perçues et les droits ouverts en matière d’assurance maladie.
Quel est le montant de la retraite en Espagne ?
Le montant de la pension de retraite en Espagne dépend notamment de la base régulatrice, de la durée de cotisation et du pourcentage de pension auquel l’assuré a droit.
Le système prévoit également un plafond maximal de pension ainsi que des montants minimaux pour certaines pensions contributives, dont le niveau varie notamment selon l’âge du bénéficiaire et sa situation familiale.
En 2026, les pensions contributives ont été revalorisées de 2,7 %. Le montant maximal des pensions publiques est fixé à 3 359,60 € par mois, soit 47 034,40 € par an. Les pensions minimales obéissent quant à elles à des montants différents selon la situation du retraité.
Voici les principaux montants applicables en 2026.
Le plafond de la pension publique espagnole en 2026
En 2026, le montant maximal des pensions publiques espagnoles est fixé à 3 359,60 € par mois, soit 47 034,40 € par an, gratifications extraordinaires comprises.
Dans le cas général, ce plafond limite le montant initial de la pension, même lorsque le calcul effectué à partir de la base régulatrice et de la durée de cotisation aboutit à un résultat supérieur.
Le plafond des pensions est fixé chaque année par la réglementation espagnole. En 2026, les pensions contributives ont par ailleurs bénéficié d’une revalorisation générale de 2,7 %.
Certaines pensions particulières peuvent toutefois échapper au plafond général prévu pour les pensions publiques.
Les pensions minimales garanties en 2026
Lorsque le montant d’une pension contributive est inférieur au minimum prévu par la réglementation, un complément pour minimum (complemento por mínimos) peut, sous conditions, venir compléter la pension.
Le montant minimal dépend notamment de l’âge du retraité et de sa situation familiale. En 2026, les principaux montants applicables à la pension de retraite sont les suivants :
| Situation | Moins de 65 ans | 65 ans et plus |
|---|---|---|
| Avec conjoint à charge | 1 256,60 € / mois | 1 256,60 € / mois |
| Sans conjoint | 875,90 € / mois | 936,20 € / mois |
| Avec conjoint non à charge | 827,90 € / mois | 888,70 € / mois |
Ces montants sont exprimés sur la base de 14 versements annuels.
L’attribution du complément est soumise à des conditions de ressources. En 2026, le plafond de revenus pris en compte, hors pension, est fixé à 9 442 € par an pour une personne sans conjoint à charge et à 11 013 € par an lorsqu’un conjoint est à charge.
Pour les pensions ouvertes depuis le 1er janvier 2013, le bénéfice du complément suppose également, dans le cas général, de résider en Espagne.
La pension non contributive, destinée aux personnes ne remplissant pas les conditions nécessaires pour bénéficier d’une pension contributive suffisante, obéit à des règles distinctes. Son montant annuel de référence est fixé à 8 803,20 € en 2026.
Organisation du système de retraite espagnol
Le système public espagnol de Sécurité sociale est organisé autour d’un Régime général et de plusieurs régimes spéciaux, selon la situation professionnelle de l’assuré.
Le Régime général couvre notamment la majorité des salariés. À côté de celui-ci existent plusieurs régimes spéciaux, parmi lesquels :
le Régime spécial des travailleurs indépendants (RETA) ;
le Régime spécial des travailleurs de la mer ;
le Régime spécial de la mine de charbon.
Certaines professions relèvent par ailleurs de systèmes spéciaux intégrés au Régime général, comme les employés de maison ou certains travailleurs agricoles.
Les règles de cotisation et certaines conditions de départ peuvent varier selon le régime auquel l’assuré est affilié.
Le principe
Le système espagnol de retraite repose principalement sur un régime contributif. Les salariés et les travailleurs indépendants cotisent à la Sécurité sociale au cours de leur carrière afin d’acquérir des droits à pension.
Dans le cas général, l’accès à une pension contributive de retraite suppose notamment de justifier d’au moins 15 années de cotisation, dont au moins deux au cours des 15 années précédant le départ à la retraite.
L’Espagne prévoit également une pension de retraite non contributive pour les personnes âgées qui ne remplissent pas les conditions nécessaires pour bénéficier d’une pension contributive suffisante et dont les ressources sont inférieures aux plafonds prévus par la réglementation.
Cette pension constitue ainsi un dispositif distinct du régime contributif et reste soumise à des conditions d’âge, de résidence et de ressources.
Âge de départ à la retraite et durée de cotisation
En Espagne, l’âge ordinaire de départ à la retraite dépend de la durée de cotisation.
En 2026, il est fixé à :
65 ans pour les personnes justifiant d’au moins 38 ans et 3 mois de cotisations ;
66 ans et 10 mois lorsque la durée de cotisation est inférieure à 38 ans et 3 mois.
À partir de 2027, l’âge ordinaire sera de 65 ans pour les assurés ayant cotisé au moins 38 ans et 6 mois et de 67 ans pour les autres.
Pour ouvrir droit à une pension contributive de retraite, il faut avoir cotisé au moins 15 ans, dont au moins 2 années au cours des 15 années précédant le départ.
Avec 15 années cotisées, le montant de la pension correspond à 50 % de la base régulatrice. En 2026, ce pourcentage augmente ensuite progressivement pour chaque mois supplémentaire de cotisation, jusqu’à atteindre 100 % lorsque la durée requise est remplie.
Calcul de la pension en 2026
La pension est calculée à partir de la base régulatrice, à laquelle est appliqué le pourcentage correspondant à la durée de cotisation.
Depuis 2026, une nouvelle méthode de calcul de la base régulatrice entre progressivement en vigueur. La Sécurité sociale compare l’ancienne formule, fondée sur les 300 mois de cotisation précédents, avec la nouvelle méthode applicable pour l’année concernée et retient la formule la plus favorable à l’assuré.
En 2026, cette nouvelle méthode prend en compte les 302 bases de cotisation les plus élevées parmi les 304 mois précédant le départ, puis les divise par 352,33.
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