Retraite monégasque : système, droits et pension

Ludovic Herschlikovitz
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monaco retraite

La retraite monégasque repose sur un système propre à la Principauté, distinct du régime français. Depuis le 1er janvier 2024, la retraite complémentaire des salariés de Monaco est gérée par la Caisse Monégasque de Retraite Complémentaire (CMRC). Les droits Agirc-Arrco acquis au titre des périodes travaillées à Monaco avant cette date ont été transférés vers la CMRC. Pour les personnes ayant travaillé à Monaco en 2023, le transfert définitif des points est intervenu fin 2024 et leur intégration dans les relevés de carrière s’est poursuivie en 2025. 

Depuis 2025, le relevé de carrière monégasque regroupe les droits acquis auprès de la CAR, pour la retraite de base, et de la CMRC, pour la retraite complémentaire.

Retraite Monegasque : ce qui a changé avec la création de la CMRC

La création de la Caisse Monégasque de Retraite Complémentaire (CMRC) a modifié la gestion de la retraite complémentaire des salariés ayant travaillé à Monaco. Depuis le 1er janvier 2024, les nouveaux droits sont acquis auprès de la CMRC et non plus auprès de l’Agirc-Arrco.

Les points Agirc-Arrco acquis au titre des périodes travaillées à Monaco avant cette date ont été transférés à la CMRC. Le transfert a été réalisé selon un principe d’équivalence : 1 ancien point Agirc-Arrco transféré correspond à 1 point CMRC. Les périodes travaillées en France restent, quant à elles, gérées par l’Agirc-Arrco.

Depuis 2024, les cotisations de retraite complémentaire versées au titre d’une activité salariée à Monaco sont donc affectées au nouveau régime monégasque. Les taux et plafonds sont fixés par la réglementation monégasque et peuvent être révisés. À compter du 1er octobre 2025, les cotisations CMRC sont réparties à 60 % à la charge de l’employeur et 40 % à la charge du salarié.

Retraite à Monaco et en France : quelles différences de pension et de régime ?

Le système de retraite monégasque se distingue du système français par ses caisses et ses règles de calcul. Pour les salariés ayant travaillé à Monaco, la retraite de base est gérée par la Caisse Autonome des Retraites (CAR) et la retraite complémentaire par la Caisse Monégasque de Retraite Complémentaire (CMRC).

Depuis le 1er octobre 2025, la valeur annuelle du point CMRC est fixée à 1,5783 €. En France, la valeur de service du point Agirc-Arrco est de 1,4386 € en 2026. La valeur du point CMRC est donc supérieure d’environ 9,7 % à celle du point Agirc-Arrco.

Cette comparaison porte uniquement sur la valeur de service du point. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’une pension monégasque est systématiquement supérieure à une pension française. Le montant de la retraite dépend également du nombre de points acquis, des périodes cotisées et des règles propres à chaque régime.

Monaco dispose par ailleurs d’un régime spécifique pour les travailleurs indépendants, géré par la Caisse Autonome des Retraites des Travailleurs Indépendants (CARTI).

Calcul de la pension de retraite monégasque : formule

La retraite de base des salariés à Monaco est gérée par la Caisse Autonome des Retraites (CAR) et fonctionne selon un système de points. Le montant de la pension dépend du nombre de points acquis au cours de la carrière et de la valeur annuelle du point au moment de la liquidation.

Pour la période ouverte depuis le 1er octobre 2025, la valeur mensuelle du salaire de base est fixée à 1 528 €. Les droits acquis au titre de l’activité salariée sont convertis en points selon les règles prévues par la CAR.

Le montant de la pension mensuelle est ensuite calculé selon la formule suivante :

Pension mensuelle = nombre de points acquis × valeur annuelle du point ÷ 12

Depuis le 1er octobre 2025, la valeur annuelle du point CAR est fixée à 21,9200 €. Par exemple, un assuré disposant de 500 points obtient une pension annuelle théorique de 10 960 €, soit environ 913,33 € par mois, avant prise en compte d’une éventuelle majoration ou d’autres règles applicables à sa situation.

Certaines périodes d’interruption indemnisées peuvent également être assimilées à des périodes de travail. C’est notamment le cas de la maladie, de la maternité, de la paternité, de l’adoption, de l’invalidité, des accidents du travail et du chômage indemnisé, selon les conditions prévues par la CAR.

Avant 2024 : comment fonctionnait la retraite complémentaire à Monaco ?

Avant le 1er janvier 2024, les salariés du secteur privé travaillant à Monaco acquéraient leurs droits à retraite complémentaire auprès du régime français Agirc-Arrco. Les salariés de la Principauté étaient rattachés aux régimes français de retraite complémentaire depuis les années 1960. 

La création de la Caisse Monégasque de Retraite Complémentaire (CMRC) par la loi monégasque du 20 avril 2023 a organisé la sortie de Monaco du régime Agirc-Arrco. Depuis le 1er janvier 2024, les cotisations correspondant aux activités salariées exercées en Principauté permettent d’acquérir des points auprès de la CMRC. 

Les points Agirc-Arrco acquis au titre des périodes travaillées à Monaco avant cette date ont été transférés vers la CMRC selon le principe 1 point Agirc-Arrco = 1 point CMRC. En revanche, les points acquis au titre d’une activité exercée en France restent gérés par l’Agirc-Arrco. 

Âge de départ à la retraite monégasque : conditions et démarches

À Monaco, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 65 ans. Pour les salariés, une pension peut toutefois être liquidée par anticipation entre 60 et 65 ans, sous certaines conditions.

Le départ anticipé suppose notamment de remplir les conditions de durée d’activité requises. Des règles spécifiques s’appliquent également concernant la cessation d’activité professionnelle et certaines situations particulières. 

Les démarches et conditions diffèrent selon qu’il s’agit de la retraite de base CAR ou de la retraite complémentaire CMRC. Elles doivent donc être examinées séparément avant de déposer une demande.

Conditions de départ en retraite avant l’âge légal

À Monaco, une pension de retraite peut être liquidée avant l’âge légal de 65 ans, sous certaines conditions.

Entre 60 et 65 ans, le départ anticipé est possible pour les personnes qui remplissent les conditions de durée minimale d’activité. Pour en bénéficier, il faut avoir cessé toute activité professionnelle et ne plus percevoir d’indemnités au titre de la maladie, d’un accident du travail ou de la perte d’emploi. 

Une possibilité spécifique existe également à partir de 55 ans pour les mères ayant élevé au moins trois enfants pendant huit ans avant leur 16e anniversaire. Les mêmes conditions de cessation d’activité et d’absence de revenus de remplacement s’appliquent. 

Après la liquidation d’une pension anticipée, une reprise d’activité peut être autorisée dans certaines conditions. Elle doit notamment rester partielle ou présenter un caractère d’appoint.

À partir de 65 ans, la pension peut être attribuée même si l’assuré poursuit une activité professionnelle. Les règles applicables en cas de report de la liquidation doivent être vérifiées auprès de la CAR ou de la CMRC selon le régime concerné.

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Les conséquences concrètes du statut extérieur de Monaco à l'UE

Monaco ne fait pas partie de l’Union européenne. Les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale ne s’appliquent donc pas aux périodes travaillées dans la Principauté.

Pour les personnes ayant exercé une activité en France et à Monaco, la coordination des droits repose sur la Convention franco-monégasque de sécurité sociale du 28 février 1952, modifiée à plusieurs reprises. Cette convention permet de coordonner les périodes d’assurance accomplies dans les deux pays selon les règles qu’elle prévoit.

Les périodes travaillées en France et à Monaco ne sont donc pas traitées comme des périodes relevant d’un même régime. Chaque caisse calcule la pension qui lui incombe selon ses propres règles, tout en tenant compte des mécanismes de coordination prévus par la convention bilatérale.

Ce que prévoit concrètement la convention franco-monégasque de 1952

La France et Monaco sont liées par une convention bilatérale de sécurité sociale du 28 février 1952, modifiée à plusieurs reprises. Elle organise notamment la coordination des droits à la retraite des personnes ayant travaillé dans les deux pays.

Ses principales règles sont les suivantes :

  • Prise en compte des périodes d’assurance : lorsque cela est nécessaire pour ouvrir un droit à pension, les périodes accomplies en France et à Monaco peuvent être prises en compte selon les règles prévues par la convention.
  • Calcul par chaque régime : chaque État verse la pension correspondant aux périodes accomplies sous sa propre législation.
  • Coordination des démarches : lorsqu’une pension doit être calculée en tenant compte des périodes accomplies dans les deux pays, les organismes français et monégasques échangent les informations nécessaires à l’instruction du dossier.
  • Pensions de survivants : les règles de coordination applicables aux pensions personnelles s’appliquent également aux pensions de survivants.

Une carrière effectuée en France et à Monaco ne signifie donc pas que les droits sont regroupés dans une pension unique. Chaque régime calcule et verse la part de retraite qui lui revient, selon ses propres règles et les mécanismes de coordination prévus par la convention.

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