Passer sa retraite à l’étranger séduit de nombreux retraités, mais ce projet nécessite plusieurs vérifications avant le départ.
Fiscalité, couverture santé, versement des pensions, certificat de vie ou encore démarches administratives : voici les principaux points à contrôler avant de vivre à l’étranger une fois à la retraite.
Les vérifications qui s’imposent avant de s’expatrier pour mieux vivre sa retraite
Vivre sa retraite à l’étranger peut permettre de changer de cadre de vie, de se rapprocher de sa famille ou encore de profiter d’un coût de la vie différent. De nombreux retraités français résident déjà hors de France, notamment dans des pays européens ou liés à la France par des accords de sécurité sociale.
Le choix de la destination ne doit toutefois pas reposer uniquement sur le climat ou le coût de la vie. Plusieurs critères doivent être examinés avant le départ :
les formalités de séjour et de résidence ;
le coût de la vie et du logement ;
la couverture santé ;
la fiscalité applicable aux pensions de retraite ;
les modalités de versement de la pension ;
la stabilité du pays et l’accès aux services essentiels ;
les obligations administratives, notamment la transmission éventuelle d’un certificat de vie.
La fiscalité mérite une attention particulière. Les règles varient selon le pays de résidence, la nature de la pension perçue et la convention fiscale conclue avec la France. Il est donc indispensable de vérifier précisément dans quel État la pension sera imposable avant de s’installer à l’étranger.
Avant d’organiser votre départ, prenez le temps de vérifier chacun de ces points afin d’éviter les mauvaises surprises une fois installé.
Les différents organismes qu’il faut contacter
Un départ à l’étranger nécessite plusieurs démarches administratives. Il faut notamment informer ses caisses de retraite de son changement d’adresse afin de continuer à percevoir ses pensions dans de bonnes conditions.
Il est également recommandé de prévenir sa banque de son changement de résidence et de vérifier que le compte utilisé pour recevoir les pensions reste adapté à sa nouvelle situation. L’ouverture d’un compte bancaire à l’étranger n’est pas systématiquement obligatoire.
Les retraités vivant à l’étranger peuvent être amenés à fournir chaque année un certificat de vie afin de continuer à percevoir leur pension. Cette démarche peut être réalisée via le service « Ma retraite à l’étranger » sur Info-Retraite. L’application Mon certificat de vie permet également, lorsque les conditions techniques sont remplies, de valider son existence grâce à la reconnaissance biométrique. À défaut, le certificat peut être complété par une autorité locale compétente puis transmis en ligne. En l’absence de certificat dans les délais demandés, le versement de la pension peut être suspendu.
Avant le départ, il est également utile de vérifier les conséquences sur sa protection sociale, sa fiscalité, ses contrats bancaires et d’assurance ainsi que, le cas échéant, sur sa succession.
Pour continuer à percevoir l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), le bénéficiaire doit résider en France au moins 9 mois par an.
Certains produits d’épargne réglementée sont aussi liés à la résidence fiscale. L’ouverture d’un LEP est réservée aux foyers fiscaux résidant en France. Le LDDS est, lui aussi, réservé à l’ouverture aux personnes ayant leur domicile fiscal en France.
Enfin, pensez à vérifier les règles applicables dans le pays d’accueil concernant notamment le permis de conduire, l’entrée et le séjour des animaux de compagnie, la couverture santé et les formalités de résidence.
Une meilleure qualité de vie
Le coût de la vie est souvent l’un des critères pris en compte par les retraités qui envisagent de s’installer à l’étranger. Selon la destination choisie, certaines dépenses comme le logement, l’alimentation ou les services peuvent être moins élevées qu’en France, ce qui peut permettre de préserver davantage de pouvoir d’achat.
Cet avantage doit toutefois être apprécié au cas par cas. Le niveau des prix varie fortement d’un pays à l’autre, mais aussi entre les grandes villes, les zones touristiques et les régions moins fréquentées.
Avant de choisir une destination, il est donc préférable d’établir un budget réaliste incluant notamment le logement, les dépenses courantes, les transports, la santé, les assurances, les impôts et les éventuels frais liés aux transferts bancaires ou au taux de change.
Qu’en est-il du système de santé ?
La couverture santé est un point essentiel à vérifier avant de prendre sa retraite à l’étranger, car les règles varient selon le pays de résidence.
Lorsqu’un retraité relevant d’un régime français s’installe dans un pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen, en Suisse ou au Royaume-Uni, il peut, selon sa situation, demander le formulaire S1 à sa caisse de retraite. Ce document lui permet de s’inscrire auprès de l’organisme d’assurance maladie de son pays de résidence et d’y bénéficier d’une prise en charge selon les règles locales.
La prise en charge des soins lors de séjours temporaires en France dépend également de la situation du retraité et du régime dont il relève.
En dehors de l’Union européenne, de l’Espace économique européen, de la Suisse et du Royaume-Uni, les frais de santé ne sont en principe plus pris en charge par l’Assurance Maladie française dans le pays de résidence. Certains États ont toutefois conclu avec la France une convention de sécurité sociale permettant une prise en charge dans certaines conditions.
Lorsqu’aucun dispositif conventionnel ne s’applique, il est possible d’adhérer à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) ou de souscrire une assurance santé privée. Une couverture complémentaire peut également être utile afin de limiter le reste à charge, notamment dans les pays où les frais médicaux et hospitaliers sont élevés.
Une fiscalité à vérifier avant le départ
S’installer à l’étranger peut modifier la fiscalité applicable à vos pensions de retraite, mais les conséquences varient fortement selon le pays de résidence et la convention fiscale conclue avec la France.
Lorsque votre résidence fiscale n’est plus située en France, vous n’êtes en principe plus redevable de la CSG, de la CRDS ni de la Casa sur vos pensions françaises. En revanche, une cotisation d’assurance maladie peut être prélevée si vous restez à la charge d’un régime français. Pour un ancien salarié du régime général, son taux est généralement de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la retraite complémentaire.
L’imposition de la pension elle-même dépend ensuite de la convention fiscale applicable entre la France et votre pays de résidence. Selon les cas, la pension peut être imposable en France, dans le pays de résidence ou selon des règles spécifiques. Il est donc indispensable de vérifier la convention correspondant au pays concerné avant de partir.
Si vous devenez non-résident fiscal de France, vous pouvez également rester redevable de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) sur vos biens et droits immobiliers situés en France, lorsque la valeur nette taxable de ce patrimoine dépasse 1,3 million d’euros, sous réserve des conventions fiscales applicables.
Le départ à l’étranger ne doit donc pas être envisagé uniquement sous l’angle d’un éventuel avantage fiscal : la situation dépend du pays choisi, de la nature de vos pensions, de votre patrimoine et de votre résidence fiscale effective.
Retraite au Portugal : quelle fiscalité en 2026 ?
Le Portugal a longtemps attiré les retraités étrangers grâce au régime fiscal des résidents non habituels (RNH). Ce dispositif a toutefois été supprimé pour les nouveaux résidents à compter du 1er janvier 2024, sous réserve de certaines mesures transitoires.
Les personnes déjà inscrites au régime RNH peuvent continuer à en bénéficier jusqu’au terme de leur période d’application, généralement limitée à 10 ans.
Pour les nouveaux arrivants en 2026, les pensions étrangères relèvent en principe des règles fiscales portugaises ordinaires, sous réserve de la convention fiscale applicable entre la France et le Portugal.
Le nouveau régime fiscal portugais consacré à la recherche scientifique et à l’innovation, appelé IFICI, concerne essentiellement certaines activités professionnelles et certains revenus d’activité. Il ne constitue donc pas un dispositif fiscal spécifiquement destiné aux retraités.
Pour être considéré comme résident fiscal au Portugal, il est notamment possible d’y séjourner plus de 183 jours au cours d’une période de 12 mois. Une personne peut toutefois aussi être considérée comme résidente avec une durée de séjour plus courte si elle dispose au Portugal d’un logement manifestant l’intention d’en faire sa résidence habituelle.
En matière de succession, le conjoint ou partenaire, les ascendants et les descendants bénéficient d’une exonération de l’impôt du timbre applicable à certaines transmissions gratuites, même si des obligations déclaratives subsistent.
Au-delà de la fiscalité, le Portugal conserve plusieurs atouts pour les retraités français : sa proximité avec la France, l’utilisation de l’euro et un climat généralement doux.
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Peut-on toucher sa retraite française en vivant à l'étranger ? Est-il possible de percevoir sa pension depuis l'étranger ?
C’est la première question que se posent les futurs expatriés : peut-on toucher sa retraite française en vivant à l’étranger ? La réponse est oui, sans restriction de pays. Votre pension française vous suit où que vous choisissiez de résider dans le monde. Le droit à la retraite est fondé sur les cotisations versées tout au long de votre vie active en France. Ce droit acquis ne disparaît pas lorsque vous franchissez la frontière. Votre décision de prendre votre retraite à l’étranger n’entraîne donc aucune suppression ni réduction automatique de vos pensions, qu’elles soient de base ou complémentaires.
(Sources : neoviaretraite.fr, agirc-arrco.fr)| Type de retraite | Organisme gestionnaire | Versement à l’étranger | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Retraite de base | Assurance retraite, MSA ou autre régime de base selon la carrière | Oui | Signaler son changement d’adresse et, si nécessaire, ses nouvelles coordonnées bancaires ; transmettre le certificat de vie lorsqu’il est demandé |
| Retraite complémentaire | Agirc-Arrco pour les salariés du privé ; Ircantec, RAFP ou autre régime complémentaire selon la carrière | Oui | Mettre à jour ses coordonnées auprès des organismes concernés ; le certificat de vie peut être transmis en une seule fois pour l’ensemble des caisses participantes |
Plusieurs idées reçues méritent d’être dissipées :
« Je perdrai ma retraite si je pars vivre hors de l’Union européenne. » Faux : les pensions françaises peuvent continuer à être versées à l’étranger, y compris hors de l’Union européenne.
« Ma pension sera automatiquement réduite si je vis à l’étranger. » Faux : le départ à l’étranger ne réduit pas, à lui seul, les droits à retraite acquis. En revanche, le montant net perçu peut varier en fonction de la fiscalité applicable et des prélèvements sociaux ou d’assurance maladie.
« Je n’aurai aucune démarche à faire. » Faux : il faut signaler son changement d’adresse et, le cas échéant, ses nouvelles coordonnées bancaires à ses caisses de retraite. Les retraités vivant à l’étranger doivent également transmettre un certificat de vie lorsqu’il leur est demandé. À défaut de transmission dans les délais, le versement de la pension peut être suspendu.
« Je ne peux pas rester plus de 6 mois à l’étranger. » Faux pour les pensions de retraite de base et complémentaires : elles peuvent continuer à être versées lorsque vous résidez durablement hors de France. En revanche, certaines prestations soumises à une condition de résidence en France, comme l’Aspa, obéissent à des règles spécifiques.
En résumé, prendre sa retraite à l’étranger ne remet pas en cause les droits à retraite acquis en France. Il faut surtout anticiper les démarches administratives, la fiscalité et les règles de protection sociale applicables dans le pays d’accueil.
