La retraite d’un chirurgien-dentiste libéral repose sur plusieurs régimes obligatoires, dont le régime de base des professions libérales, le régime complémentaire géré par la CARCDSF et, pour les praticiens conventionnés, le régime des prestations complémentaires de vieillesse (PCV).
Le montant de la pension dépend notamment du nombre de points acquis, de leur valeur au moment du départ, de l’âge de liquidation et de la durée d’assurance. À cela peuvent s’ajouter des majorations ou, à l’inverse, des minorations selon la situation de l’assuré.
Voici comment se calcule la retraite d’un dentiste libéral en 2026, quels montants peuvent être attendus et quels leviers permettent d’optimiser ses droits.
Les régimes supplémentaires pour compléter la retraite du dentiste libéral
Les régimes obligatoires ne permettent pas toujours de maintenir le niveau de revenus d’un chirurgien-dentiste à la retraite. Plusieurs solutions peuvent alors compléter les droits acquis, qu’il s’agisse de dispositifs professionnels, d’épargne retraite ou de placements patrimoniaux.
Leur fonctionnement, leur fiscalité et leur niveau de disponibilité diffèrent. Voici les principales options à connaître pour compléter sa future retraite.
Les prestations complémentaires de vieillesse (PCV) pour les dentistes conventionnés
Les Prestations complémentaires de vieillesse (PCV) constituent un troisième régime de retraite obligatoire pour les chirurgiens-dentistes conventionnés, en complément du régime de base des professions libérales et du régime complémentaire géré par la CARCDSF.
Ce régime présente une particularité importante : ses cotisations sont en grande partie financées par l’Assurance Maladie. La CARCDSF indique que cette prise en charge représente les deux tiers du financement des cotisations du PCV.
En 2026, la cotisation du chirurgien-dentiste comprend une part forfaitaire et une part proportionnelle aux revenus professionnels. Les cotisations versées permettent d’acquérir des points, qui sont ensuite pris en compte dans le calcul de la pension versée au titre du PCV.
Le bénéfice de ce régime est lié au conventionnement avec l’Assurance Maladie. Un chirurgien-dentiste exerçant hors convention ne bénéficie pas de ce dispositif.
À la retraite, la pension issue du PCV vient s’ajouter à la retraite de base et à la retraite complémentaire du chirurgien-dentiste.
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) : l'outil fiscal incontournable pour les dentistes
Le Plan d’Épargne Retraite (PER individuel), créé par la loi PACTE de 2019, est accessible aux travailleurs non salariés, dont les chirurgiens-dentistes exerçant en libéral. Il succède notamment au contrat Madelin, qui n’est plus commercialisé depuis 2020 mais peut toujours être conservé ou transféré vers un PER.
L’avantage fiscal : la déduction TNS
Pour un chirurgien-dentiste libéral, les versements volontaires sur un PER peuvent être déduits du bénéfice imposable dans la limite du plafond applicable aux travailleurs non salariés.
En 2026, ce plafond correspond notamment à :
- 10 % du bénéfice imposable, retenu dans la limite de 8 PASS ;
- auxquels peuvent s’ajouter 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS.
Avec un PASS fixé à 48 060 € en 2026, la déduction maximale peut ainsi atteindre 88 911 €. En cas de bénéfice faible ou nul, un minimum de 4 806 €, soit 10 % du PASS, peut s’appliquer.
L’intérêt fiscal est d’autant plus important que la tranche marginale d’imposition du praticien est élevée.
Fonctionnement et sortie du PER
Les sommes placées sur le PER sont en principe bloquées jusqu’à la retraite, sauf dans les cas de déblocage anticipé prévus par la loi, notamment en cas d’invalidité, de décès du conjoint ou partenaire de Pacs, de surendettement, de cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire ou encore pour l’acquisition de la résidence principale.
À la retraite, les sommes issues des versements volontaires peuvent être récupérées sous forme de capital, de rente viagère ou d’une combinaison des deux. La fiscalité dépend notamment du choix effectué et du fait que les versements aient ou non été déduits à l’entrée.
Un ancien contrat Madelin peut également être transféré vers un PER afin de bénéficier des modalités de gestion et de sortie offertes par ce dernier.
À quel âge commencer à alimenter son PER ?
Plus l’horizon de placement est long, plus l’épargne dispose de temps pour bénéficier de la capitalisation. Un chirurgien-dentiste peut donc commencer à alimenter son PER dès son installation, puis adapter ses versements à l’évolution de ses revenus, de sa fiscalité et de ses objectifs de retraite.
La retraite de base des dentistes libéraux : fonctionnement CNAVPL et cotisations
Les chirurgiens-dentistes libéraux relèvent du régime de base des professions libérales, piloté par la CNAVPL. La CARCDSF constitue leur section professionnelle et assure la gestion de leurs droits au titre de ce régime.
La retraite de base fonctionne selon un système de points. Les cotisations versées permettent d’acquérir des points tout au long de la carrière. Au moment du départ à la retraite, le montant annuel de la pension est calculé en multipliant le nombre total de points acquis par la valeur de service du point.
En 2026, la valeur du point du régime de base CNAVPL est fixée à 0,6599 €.
Les cotisations de retraite de base dépendent des revenus professionnels. En 2026, elles sont calculées selon deux tranches :
- 8,73 % sur les revenus allant jusqu’à 48 060 €, soit 1 PASS ;
- 1,87 % sur les revenus jusqu’à 240 300 €, soit 5 PASS.
Une cotisation minimale de 573 € s’applique en principe en 2026 lorsque les revenus sont faibles. Elle permet de valider trois trimestres de retraite, sauf situations particulières.
La durée d’assurance reste comptabilisée en trimestres. Leur validation dépend du revenu ayant servi d’assiette aux cotisations : depuis 2014, un trimestre correspond à l’équivalent de 150 fois le Smic horaire, dans la limite de quatre trimestres par année civile.
Quel est l'âge de la retraite pour un dentiste libéral ? Départ et liquidation
L’âge de départ à la retraite d’un chirurgien-dentiste libéral dépend de son année de naissance et de la durée d’assurance acquise au cours de sa carrière. En 2026, l’âge légal est progressivement relevé jusqu’à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969, tandis que le taux plein automatique reste fixé à 67 ans.
Les conditions de liquidation, de décote et de majoration varient ensuite selon le régime concerné. Les sections suivantes détaillent ces règles.
Cumul emploi-retraite pour le dentiste libéral : conditions et plafonds
Le cumul emploi-retraite permet à un chirurgien-dentiste libéral de poursuivre ou de reprendre une activité professionnelle après avoir liquidé sa retraite, tout en percevant tout ou partie de ses pensions.
En 2026, deux situations doivent être distinguées :
- le cumul emploi-retraite intégral, accessible lorsque les conditions de liquidation à taux plein et de liquidation des retraites requises sont remplies ;
- le cumul emploi-retraite partiel, applicable lorsque ces conditions ne sont pas réunies.
Dans le cadre du cumul intégral, les cotisations versées peuvent permettre d’acquérir de nouveaux droits à retraite, qui pourront donner lieu à une seconde liquidation. En cumul partiel, les cotisations versées n’ouvrent en revanche pas de nouveaux droits.
Pour les règles applicables en 2026, le cumul partiel est soumis à un plafond de revenus professionnels fixé à 48 060 €. En cas de dépassement, le montant de la pension peut être réduit.
Les règles du cumul emploi-retraite évolueront toutefois à compter du 1er janvier 2027. Il convient donc de vérifier les conditions applicables en fonction de la date de liquidation de la retraite.
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Quel est le montant moyen de la retraite d'un dentiste libéral ? (CNAVPL + CARCDSF)
Le montant de la retraite d’un chirurgien-dentiste libéral dépend de sa carrière, de ses revenus professionnels et du nombre de points acquis dans les différents régimes auxquels il a cotisé.
Selon les données de la CARCDSF, la retraite moyenne annuelle brute liquidée par les chirurgiens-dentistes s’est élevée à 36 101 € en 2025, soit environ 3 008 € brut par mois. Ce montant constitue toutefois une moyenne : la pension réelle peut varier sensiblement d’un praticien à l’autre.
La retraite repose notamment sur le régime de base des professions libérales et le régime complémentaire CARCDSF, auxquels s’ajoute le régime des prestations complémentaires de vieillesse (PCV) pour les chirurgiens-dentistes conventionnés.
Les sections suivantes détaillent la composition de cette pension et les principaux facteurs qui influencent son montant.
Retraite de base CNAVPL : un socle structurellement limité
La retraite de base des chirurgiens-dentistes libéraux fonctionne selon un système par points commun aux professions libérales relevant de la CNAVPL. Les cotisations sont calculées sur deux tranches de revenus, chacune permettant d’acquérir des points.
En 2026 :
- la première tranche porte sur les revenus jusqu’à 1 PASS, soit 48 060 €, et permet d’acquérir jusqu’à 557 points par an ;
- la seconde porte sur les revenus jusqu’à 5 PASS, soit 240 300 €, et permet d’acquérir jusqu’à 25 points supplémentaires par an.
Les revenus élevés continuent donc à générer des droits au-delà du PASS, mais de manière beaucoup plus limitée sur la seconde tranche.
Pour un chirurgien-dentiste disposant de revenus professionnels élevés, la retraite de base ne suffit ainsi généralement pas, à elle seule, à maintenir le niveau de revenus de la période d’activité. Les régimes complémentaires jouent dès lors un rôle important dans le montant total de la pension.
La durée de la carrière intervient également : plus le praticien cotise longtemps, plus il accumule de points, tandis que la durée d’assurance en trimestres sert notamment à déterminer les conditions de liquidation de la pension.
Retraite complémentaire CARCDSF : ce que ça représente réellement
La CARCDSF gère le régime complémentaire obligatoire des chirurgiens-dentistes libéraux. Comme le régime de base, il fonctionne par points : les cotisations versées permettent d’acquérir des points, ensuite convertis en pension lors de la liquidation.
En 2026, la cotisation au régime complémentaire comprend :
- une part forfaitaire de 3 210,60 € ;
- une part proportionnelle de 11,35 % appliquée aux revenus compris entre 31 239 € et 240 300 €.
La retraite complémentaire joue donc un rôle important dans la pension du chirurgien-dentiste, mais elle ne constitue pas à elle seule l’ensemble de ses droits. Pour les praticiens conventionnés, il faut également tenir compte du régime des prestations complémentaires de vieillesse (PCV).
Le montant de la pension complémentaire dépend notamment du nombre de points acquis au cours de la carrière. En 2026, la valeur de service du point du régime complémentaire est fixée à 31,82 €.
Pour les praticiens ayant perçu des revenus élevés pendant leur carrière, l’écart entre les derniers revenus d’activité et la pension de retraite peut rester important. Il convient donc d’estimer l’ensemble des droits acquis dans les différents régimes avant d’évaluer le besoin d’épargne complémentaire.