Comparatif PERP ou PER : ce qui a changé et comment choisir son dispositif

Ludovic Herschlikovitz
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 Le Plan d’Épargne Retraite Populaire (PERP) a été remplacé par le Plan d’Épargne Retraite (PER) depuis le 1er octobre 2020. Ce changement a modifié les conditions de souscription, la fiscalité et les modalités de sortie. Cette page présente les différences entre l’ancien PERP et le PER actuel, puis compare les deux formes principales du PER ouvertes aux particuliers : le PER individuel (PERIN) et le PER d’entreprise collectif (PERCOL).

 

À retenir : le PERP n’est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020. Il a été remplacé par le PER individuel (PERIN). Les encours constitués sur un PERP peuvent être transférés vers un PERIN sur demande du titulaire.

 

PERP ou PER : ce qui a changé

Le PERP, un dispositif supprimé

Le Plan d’Épargne Retraite Populaire (PERP) était un contrat d’épargne retraite individuel régi par la loi n° 2003-775 du 21 août 2003. Il permettait de déduire les cotisations du revenu imposable dans certaines limites, et prévoyait une sortie en rente viagère obligatoire, sauf exceptions limitées.

Depuis le 1er octobre 2020, il n’est plus possible de souscrire un nouveau PERP. Les contrats existants restent actifs et continuent de produire leurs effets, mais ne peuvent plus accueillir de nouvelles souscriptions.

Le PER individuel, successeur du PERP

Le PERIN reprend les grandes caractéristiques du PERP, déductibilité des versements, épargne indisponible jusqu’à la retraite, sortie en rente ou en capital, en y apportant des modifications substantielles.

 

CritèrePERPPER individuel (PERIN)
StatutPlus commercialisé depuis octobre 2020Disponible depuis octobre 2019
AccèsTout particulier majeurTout particulier de 18 ans et plus
Déduction fiscale des versementsOui, dans la limite du plafond légalOui, sur option, dans la limite du plafond légal (37 680 € en 2026 pour les salariés)
Sortie en capitalLimitée à 20 % maximumPossible à 100 % en capital
Sortie pour résidence principaleNon prévuOui (cas de déblocage anticipé)
TransfertPossible sous conditionsÀ tout moment vers tout autre PER
Frais de transfertVariablesNuls au-delà de 5 ans de détention
Gestion pilotéeSelon le contratObligatoire en option par défaut

Le PERIN offre ainsi une plus grande souplesse à la sortie, notamment par la possibilité de récupérer l’intégralité de son épargne sous forme de capital, et par l’accès au déblocage anticipé pour l’acquisition de la résidence principale, qui n’était pas prévu dans le PERP.

Faut-il transférer son PERP vers un PERIN ?

Le transfert d’un PERP vers un PERIN est possible sur demande du titulaire. Il permet de bénéficier des conditions du PERIN, notamment la sortie en capital à 100 % et le cas de déblocage pour la résidence principale.

Toutefois, chaque situation est différente selon l’antériorité du contrat, les frais applicables, et les conditions particulières du PERP d’origine. Un transfert ne convient pas systématiquement. Il est recommandé de consulter un conseiller avant toute démarche.

 

PER individuel (PERIN) ou PER collectif (PERCOL) : comparatif

Une fois la distinction PERP / PER établie, la question du choix entre les deux formes actuelles du PER s’applique aux épargnants qui ont accès aux deux dispositifs.

Qu'est-ce que le PER d'entreprise collectif (PERCOL) ?

Le PERCOL est mis en place par l’employeur. Il succède au PERCO (Plan d’Épargne pour la Retraite Collectif). Il est ouvert à l’ensemble des salariés de l’entreprise qui le propose, sous réserve d’une ancienneté maximale de trois mois. Il peut être alimenté par l’épargne salariale (participation, intéressement, abondement), le Compte Épargne Temps (CET), des jours de repos non pris (dans la limite de 10 par an) et des versements volontaires du salarié.

Conditions d'accès

PERIN : accessible à toute personne physique de 18 ans et plus, sans condition de statut professionnel. Il est souscrit à l’initiative de l’épargnant.

PERCOL : accessible uniquement aux salariés de l’entreprise qui le propose. Il est mis en place à l’initiative de l’employeur. Il n’est pas possible d’y souscrire à titre individuel.

Alimentation du plan

PERIN : versements volontaires uniquement (ponctuels ou programmés) et transferts entrants d’autres PER ou d’anciens produits d’épargne retraite.

PERCOL : participation, intéressement, abondement employeur, droits CET, jours de repos non pris, et versements volontaires du salarié.

Fiscalité à l'entrée

Versements volontaires (PERIN et PERCOL) : déductibles du revenu imposable sur option, dans la limite d’un plafond annuel commun aux deux plans. Pour 2026, ce plafond s’élève à 37 680 € pour les salariés. La part non utilisée des plafonds des trois années précédentes est reportable.

Épargne salariale versée sur le PERCOL (participation, intéressement, abondement) : exonérée d’impôt sur le revenu dans les limites légales. Ce traitement est propre au PERCOL et ne s’applique pas au PERIN.

 

Le traitement fiscal dépend de la situation personnelle de chaque contribuable et est susceptible d’évoluer. Il est recommandé de se référer aux textes officiels ou de consulter un conseiller fiscal avant toute décision.

Fiscalité à la sortie

Capital issu de versements volontaires déductibles (PERIN et PERCOL) :

  • Capital soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
  • Plus-values soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux).

Capital issu de l’épargne salariale (PERCOL uniquement) :

  • Capital exonéré d’impôt sur le revenu.
  • Plus-values soumises aux prélèvements sociaux à 17,2 % uniquement.

Sortie en rente (PERIN et PERCOL) : la rente est soumise à l’impôt sur le revenu selon le régime des rentes viagères à titre onéreux pour les versements volontaires déductibles. Seule une fraction de la rente est imposable, déterminée en fonction de l’âge du rentier au premier versement.

Déblocages anticipés

Les cas de déblocage anticipé sont identiques pour les deux plans : invalidité, décès du conjoint ou du partenaire de PACS, fin de droits au chômage, surendettement, liquidation judiciaire, et acquisition de la résidence principale (pour les versements volontaires uniquement).

Modalités de transfert

PERIN : transférable à tout moment vers tout autre PER. Frais nuls au-delà de cinq ans de détention.

PERCOL : transférable en cas de départ de l’entreprise, ou tous les trois ans en dehors de ce cas.

 

Tableau de synthèse

 

CritèrePERPPERINPERCOL
StatutSupprimé (oct. 2020)En vigueurEn vigueur
AccèsN/ATout particulier ≥ 18 ansSalariés de l’entreprise
AlimentationVersements volontairesVersements volontairesÉpargne salariale + versements volontaires
Déduction fiscaleOuiOui, sur optionOui (versements volontaires), exonération IR (épargne salariale)
Sortie en capital20 % max.100 % possible100 % possible
Résidence principaleNonOuiOui (versements volontaires)
TransfertVers un PERÀ tout momentAu départ ou tous les 3 ans
CumulN/AAvec un PERCOLAvec un PERIN

 

Quel dispositif selon votre situation ?

Vous détenez un PERP

Votre contrat reste actif. Un transfert vers un PERIN est possible sur demande. Il permet d’accéder aux conditions du PERIN, notamment la sortie en capital à 100 % et le déblocage pour la résidence principale. Chaque situation étant particulière, il est recommandé de comparer les conditions de votre contrat actuel avec celles d’un PERIN avant toute démarche.

Vous êtes salarié avec accès à un PERCOL

Le PERCOL présente une spécificité fiscale liée à la nature de ses versements : les sommes issues de la participation, de l’intéressement et de l’abondement bénéficient d’une exonération d’IR à l’entrée et d’une exonération d’IR sur le capital à la sortie. Cette caractéristique est propre à ces versements, pas au plan lui-même. Un PERIN peut être ouvert en parallèle pour compléter l’épargne par des versements volontaires déductibles.

Vous n'avez pas accès à un PERCOL

Le PERIN est le dispositif accessible sans condition de statut professionnel : travailleurs non salariés, professions libérales, demandeurs d’emploi, personnes sans activité. Il n’est pas possible de souscrire un PERCOL à titre individuel.

En cas de cumul des deux dispositifs

Le cumul PERIN + PERCOL est autorisé. Le plafond de déduction fiscale des versements volontaires est commun aux deux plans : il s’applique globalement à l’ensemble des versements volontaires, quel que soit le dispositif sur lequel ils sont effectués.

Le PERP existe-t-il encore en 2026 ?

Non. Le PERP n’est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020. Les contrats existants restent actifs mais ne peuvent plus accueillir de nouvelles souscriptions. Le PERP a été remplacé par le PER individuel (PERIN), vers lequel les encours peuvent être transférés sur demande.

Les deux dispositifs permettent de déduire les versements du revenu imposable. Le PERIN apporte plusieurs évolutions par rapport au PERP : la sortie en capital à 100 % est possible (contre 20 % maximum dans le PERP), le déblocage anticipé pour l’acquisition de la résidence principale est prévu, et le transfert vers un autre PER est possible à tout moment.
Oui. Le transfert d’un PERP vers un PERIN est possible sur demande du titulaire. Les frais de transfert sont nuls si le PERP a plus de dix ans. Cette démarche permet de bénéficier des conditions du PERIN, notamment la sortie en capital. Chaque situation étant différente, il est recommandé de vérifier les conditions spécifiques de son contrat avant tout transfert.
Le PERIN est souscrit à titre personnel et alimenté uniquement par des versements volontaires. Le PERCOL est mis en place par l’employeur et peut être alimenté par l’épargne salariale (participation, intéressement, abondement) en plus des versements volontaires du salarié. L’accès au PERCOL est conditionné à la qualité de salarié dans l’entreprise qui le propose.
Oui. Le cumul est autorisé. Un salarié peut détenir un PERCOL dans le cadre de son entreprise et un PERIN ouvert à titre personnel. Les plafonds de déduction fiscale applicables aux versements volontaires sont partagés entre les deux plans.
Pour les salariés, le plafond de déduction des versements volontaires s’élève à 37 680 € pour l’année 2026 (10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale de l’année précédente, dans la limite de 10 % des revenus professionnels de N-1). Pour les travailleurs non salariés, le calcul obéit à des règles spécifiques. La part non utilisée des plafonds des trois années précédentes est reportable.
Oui, dans les cas prévus par la loi : invalidité, décès du conjoint ou du partenaire de PACS, fin de droits au chômage, surendettement, liquidation judiciaire, et acquisition de la résidence principale (pour les versements volontaires). En dehors de ces cas, l’épargne est bloquée jusqu’à la liquidation des droits à la retraite.
Non, de manière générale. Seuls les fonds en euros, disponibles dans les PER d’assurance, offrent une garantie du capital net de frais de gestion. Les supports en unités de compte comportent un risque de perte en capital. Les performances passées ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures.
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