Ouvrir un restaurant ou y travailler comme salarié, ce n’est pas le même régime de retraite. La caisse dont vous dépendez, la façon dont vos droits sont calculés, le montant que vous toucherez : tout varie selon votre situation.
Salarié d’un restaurant, votre caisse de base est la CNAV et votre complémentaire l’Agirc-Arrco. Restaurateur indépendant, vous relevez de la SSI pour la base et du RCI pour la complémentaire. Retraite.com vous aide à simuler votre pension gratuitement en 3 minutes.
La retraite de base des exploitants et indépendants de la restauration
Qui est concerné par le régime des indépendants ?
Gérant majoritaire de SARL, gérant d’EURL, restaurateur en entreprise individuelle ou auto-entrepreneur : si vous n’êtes pas salarié, vous relevez du régime des travailleurs non-salariés (TNS).
Depuis la disparition du RSI en 2018, c’est la Sécurité sociale des indépendants (SSI), intégrée au régime général, qui couvre ces professionnels. En pratique, c’est la CNAV ou la CARSAT de votre région qui gère votre dossier retraite de base.
Comment est calculée la pension de base ?
Le calcul de la pension de base des indépendants de la restauration suit la même formule que celle des salariés du régime général :
Pension = Revenu annuel moyen x Taux x (Trimestres validés / Trimestres requis)
Le revenu annuel moyen correspond à la moyenne des 25 meilleures années de revenus cotisés, revalorisés. Le taux est de 50 % au taux plein. Le nombre de trimestres requis varie selon l’année de naissance, de 167 à 172 trimestres.
Pour valider des trimestres, l’indépendant doit atteindre un seuil minimum de cotisations. Contrairement aux salariés, c’est le montant des cotisations versées qui compte, et non directement le revenu déclaré.
La retraite complémentaire des professionnels de la restauration
Agirc-Arrco pour les salariés de la restauration
Serveur, cuisinier, chef de rang : peu importe le poste, tout salarié de la restauration cotise obligatoirement à l’Agirc-Arrco pour sa retraite complémentaire.
Depuis le 1er janvier 2019, l’Agirc (qui couvrait les cadres) et l’Arrco (non-cadres) ont fusionné en un régime unique. Les droits s’accumulent en points tout au long de la carrière. Au départ, ces points sont multipliés par la valeur de service du point pour calculer la pension complémentaire.
La RCI pour les restaurateurs indépendants
Les restaurateurs indépendants (artisans, commerçants, gérants de SARL) cotisent au Régime Complémentaire des Indépendants (RCI), géré par l’Assurance retraite depuis 2020. Ce régime fonctionne lui aussi par points. En 2026, chaque point acquis vaut 1,347 € de pension annuelle (valeur de service), et son prix d’achat est de 21,726 €.
La pension complémentaire se calcule ainsi : nombre de points acquis x valeur du point x taux de liquidation.
Le taux est plein si la retraite de base est liquidée à taux plein. En cas de trimestres manquants, une décote spécifique s’applique au RCI : 1 % par trimestre manquant pour les 12 premiers, puis 1,25 % au-delà, dans la limite de 22 %.
Tableau récapitulatif des caisses de retraite selon le statut
| Statut | Retraite de base | Retraite complémentaire |
| Salarié (restauration traditionnelle, rapide, hôtellerie) | CNAV / CARSAT | Agirc-Arrco |
| Restaurateur indépendant (EI, EURL, gérant majoritaire SARL) | CNAV / CARSAT (via SSI) | RCI |
| Auto-entrepreneur en restauration | CNAV / CARSAT (via SSI) | RCI |
| Saisonnier salarié | CNAV / CARSAT | Agirc-Arrco |
Pour identifier précisément vos caisses et consulter vos droits, rendez-vous sur info-retraite.fr ou utilisez le bilan retraite gratuit de Retraite.com.
La retraite des salariés de la restauration : régime et convention collective
Ce que prévoit la convention collective HCR pour la retraite
Les salariés de la restauration traditionnelle et de l’hôtellerie sont couverts par la convention collective nationale des hôtels, cafés et restaurants (HCR), identifiée sous le code IDCC 1979 (brochure 3292).
Pour la retraite de base, la caisse est la CNAV ou la CARSAT selon la région. La complémentaire est l’Agirc-Arrco.
La convention HCR prévoit une indemnité conventionnelle de départ à la retraite pour les salariés non-cadres, plus favorable que le minimum légal depuis l’accord sur l’emploi des seniors du 11 juillet 2013 :
- 10 ans d’ancienneté : 1 mois de salaire
- 15 ans : 2,5 mois de salaire
- 20 ans : 3 mois de salaire
- 25 ans : 3,5 mois de salaire
- 30 ans : 4 mois de salaire
Les cadres (à partir du niveau V) bénéficient d’un barème différent, prévu par l’avenant n°1 du 13 juillet 2004 : l’indemnité démarre dès 5 ans d’ancienneté et monte jusqu’à 4,5 mois de salaire après 30 ans.
Dans les deux cas, le salaire de référence retenu est la moyenne la plus favorable entre les 3 derniers mois et les 12 derniers mois de salaire brut.
Validation des trimestres dans un secteur à temps partiel
Le temps partiel et les contrats saisonniers sont une réalité quotidienne dans les cuisines et les salles.
Ce qui pose un problème concret pour la retraite : pour valider un trimestre en 2026, un salarié doit percevoir un revenu brut équivalent à 150 fois le SMIC horaire, soit environ 1 803 €. La validation dépend du revenu cotisé et non du nombre d’heures ou de jours travaillés.
Un salarié à temps partiel peut valider 4 trimestres par an s’il atteint ce seuil. En revanche, un employé payé au SMIC sur quelques mois risque de ne pas valider tous ses trimestres, surtout en cas de coupures saisonnières. Il est conseillé de vérifier régulièrement son relevé de carrière sur info-retraite.fr pour s’assurer que toutes les périodes sont bien enregistrées.
Modalités de départ à la retraite dans la restauration
Âge légal et conditions de taux plein
En 2026, l’âge légal de départ à la retraite est de 64 ans pour les personnes nées à partir de 1969. La LFSS 2026 prévoit des ajustements transitoires pour certaines générations nées entre 1964 et 1968.
Le taux plein est atteint avec 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965. À 67 ans, toute décote disparaît automatiquement, quelle que soit la durée d’assurance.
Ces règles s’appliquent de la même façon aux salariés de la restauration et aux indépendants relevant du régime général.
Départ anticipé : carrière longue et pénibilité
Les professionnels de la restauration ayant commencé à travailler tôt peuvent bénéficier du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue, qui permet de partir dès 58 ans selon l’âge de début d’activité.
Le secteur est également concerné par plusieurs facteurs de pénibilité pris en compte dans le compte professionnel de prévention (C2P) : le travail de nuit, le travail en équipes successives alternantes et les températures extrêmes (cuisine professionnelle). Les points accumulés sur ce compte permettent de financer jusqu’à 2 ans de départ anticipé avant l’âge légal.
Estimez votre retraite en tant que professionnel de la restauration
Qu’on soit salarié d’une brasserie, cuisinier indépendant ou gérant d’un restaurant, le montant de la pension ne se calcule pas de la même façon selon le statut et la carrière. Temps partiels, périodes saisonnières, changements de statut en cours de carrière : autant de situations qui rendent l’estimation complexe.
Notre bilan retraite gratuit permet d’obtenir une estimation personnalisée de votre future pension en 3 minutes, selon votre statut réel. Vous pouvez aussi utiliser notre simulateur de retraite pour tester différents scénarios de départ et mesurer l’impact d’une carrière hachée sur votre pension finale.
Questions fréquentes sur la retraite dans la restauration
Quelle caisse de retraite pour la restauration ?
Les salariés de la restauration dépendent de la CNAV (ou de la CARSAT en région) pour la retraite de base, et de l’Agirc-Arrco pour la complémentaire. Les restaurateurs indépendants relèvent de la SSI pour la base et du RCI pour la complémentaire.
Quelle caisse de retraite pour un restaurateur indépendant ?
Un restaurateur indépendant (gérant de SARL, entrepreneur individuel, auto-entrepreneur) cotise à la CNAV ou à la CARSAT pour la retraite de base via la SSI. Pour la retraite complémentaire, c’est le RCI qui s’applique. La valeur du point RCI est de 1,347 € en 2026.
Comment savoir combien de trimestres j'ai validé ?
Le relevé de carrière disponible sur info-retraite.fr recense l’ensemble des trimestres validés, régime par régime, depuis le début de votre activité. En cas d’anomalie (période non reportée, emploi saisonnier oublié), la correction peut être demandée directement en ligne. Croisez ensuite ces données avec le simulateur gratuit de Retraite.com pour obtenir une estimation personnalisée.
Quelle est la caisse de retraite complémentaire des restaurateurs ?
Pour les salariés, la retraite complémentaire est assurée par l’Agirc-Arrco. Pour les indépendants (artisans, commerçants, gérants), c’est le RCI. Les deux régimes fonctionnent en points : les cotisations versées chaque année sont converties en points, puis multipliées par la valeur de service du point au moment du départ.
Quelles sont les spécificités de la retraite en restauration rapide ?
La restauration rapide relève de sa propre convention collective (IDCC 1501), distincte de la HCR. Mais en matière de retraite, les règles sont identiques pour les salariés : caisse de base CNAV/CARSAT et complémentaire Agirc-Arrco. Le temps partiel y est particulièrement répandu, ce qui peut freiner la validation des trimestres. Il est important de surveiller son relevé de carrière et d’utiliser le simulateur de Retraite.com pour évaluer l’impact de ces périodes sur la pension finale.
Sources : CNAV, Assurance retraite, lassuranceretraite.fr, Service-Public.fr, Légifrance (CCN HCR IDCC 1979), circulaire CNAV n°2025-31 du 22 décembre 2025, info-retraite.fr.