En 2026, la question de l’âge légal de départ à la retraite n’a pas de réponse unique. Cela dépend de votre année de naissance et de ce qu’il est advenu de la réforme des retraites de 2023 depuis l’automne dernier. Car oui, ce calendrier a été partiellement suspendu. Pour certaines générations, cela change concrètement la date à laquelle elles peuvent liquider leur pension. Pour d’autres, rien ne bouge.
Alors : 62 ans, 63 ans ou 64 ans ? Voici ce qui s’applique réellement à votre situation.
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L’âge légal de départ à la retraite en 2026 : 62, 63 ou 64 ans ?
Qu’est-ce que l’âge légal de départ à la retraite ?
L’âge légal, c’est simplement le seuil minimal pour demander votre retraite. Pas plus. Atteindre cet âge ne vous garantit pas une pension à taux plein, loin de là. Pour cela, il faut aussi avoir validé suffisamment de trimestres. Si cette deuxième condition n’est pas remplie, une décote s’applique sur votre pension, définitivement.
Trois notions à bien distinguer, donc :
- L’âge légal : le plancher, celui à partir duquel vous pouvez partir ;
- L’âge du taux plein par la durée : l’âge auquel vous avez cumulé assez de trimestres pour partir sans pénalité ;
- L’âge du taux plein automatique : fixé à 67 ans. À cet âge, la décote disparaît quoi qu’il arrive, même si vous n’avez pas tous vos trimestres.
Quel âge légal s’applique à votre génération en 2026 ?
Depuis l’adoption de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026), le calendrier de montée en charge de la réforme de 2023 est suspendu pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Les générations nées entre 1964 et 1968 en bénéficient directement : leur âge légal recule de 3 mois par rapport à ce que prévoyait la réforme.
| Année de naissance | Âge légal applicable | Trimestres requis |
| 1960 | 62 ans | 167 trimestres |
| Janvier – août 1961 | 62 ans | 168 trimestres |
| Septembre 1961 – 1962 | 62 ans à 62 ans et 6 mois | 169 trimestres |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| 1964 | 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans) | 170 trimestres (au lieu de 171) |
| Nés du 01/01 au 31/03/1965 | 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans et 3 mois) | 170 trimestres (au lieu de 172) |
| Nés du 01/04 au 31/12/1965 | 63 ans (au lieu de 63 ans et 3 mois) | 171 trimestres (au lieu de 172) |
| 1966 | 63 ans et 3 mois (au lieu de 63 ans et 6 mois) | 172 trimestres |
| 1967 | 63 ans et 6 mois (au lieu de 63 ans et 9 mois) | 172 trimestres |
| 1968 | 63 ans et 9 mois (au lieu de 64 ans) | 172 trimestres |
| 1969 et après | 64 ans | 172 trimestres |
Bon à savoir
Les générations 1964 et 1965 (1er trimestre) profitent d’un double avantage avec un âge légal avancé et un nombre de trimestres requis réduit. Les générations 1966, 1967 et 1968 ne bénéficient, elles, que du recul de 3 mois sur l’âge légal.
La réforme des retraites de 2023 et le report à 64 ans
Adoptée par la loi du 14 avril 2023, la réforme des retraites reposait sur deux mesures phares.
D’un côté, le relèvement progressif de l’âge légal de 62 à 64 ans, à raison de 3 mois supplémentaires par génération. De l’autre, une accélération de l’allongement de la durée d’assurance, portée à 172 trimestres (soit 43 ans) à partir de la génération 1965.
Le calendrier progressif du relèvement de l’âge légal
Les personnes nées avant le 1er septembre 1961 ne sont pas concernées par la réforme. Pour toutes celles nées à partir de cette date, l’âge légal augmente de 3 mois par génération jusqu’à atteindre 64 ans.
Ce calendrier a depuis été suspendu pour les générations 1964 à 1968 (voir section suivante).
Quelles générations atteignent 64 ans en premier ?
Avec la suspension de la réforme, l’âge légal de 64 ans ne s’applique plus aux personnes nées en 1968 comme initialement prévu. Il concerne désormais uniquement les personnes nées à partir du 1er janvier 1969.
L’allongement de la durée de cotisation : combien de trimestres faut-il ?
Atteindre l’âge légal est une chose. Avoir ses trimestres en est une autre. Ces deux conditions sont indissociables pour partir à taux plein et les confondre est l’une des erreurs les plus courantes.Nombre de trimestres requis par année de naissance
| Année de naissance | Trimestres requis pour le taux plein |
| 1960 | 167 trimestres |
| 1961 (janvier – août) | 168 trimestres |
| 1961 (septembre) à 1963 | 169 à 170 trimestres |
| 1964 | 170 trimestres (au lieu de 171 sans la suspension) |
| 1965 (1er trimestre) | 170 trimestres (au lieu de 172) |
| 1965 (2e – 4e trimestre) | 171 trimestres (au lieu de 172) |
| 1966 et après | 172 trimestres |
Que se passe-t-il si vous n’avez pas tous vos trimestres ?
- Dans le régime général, le taux baisse de 0,625 point par trimestre manquant pour les salariés du privé (soit 1,25 % de pension environ).
- Dans la fonction publique, la minoration est de 1,25 % par trimestre manquant.
Les 3 âges clés de la retraite : légal, taux plein et taux plein automatique
Il y a l’âge légal. Il y a l’âge du taux plein. Et il y a 67 ans. Ces trois repères ne se confondent pas, et chacun correspond à une réalité bien différente pour votre pension.
L’âge légal minimal : partir le plus tôt possible
C’est le point de départ. Vous pouvez demander votre retraite dès cet âge, mais si vos trimestres ne sont pas au complet, votre pension sera réduite définitivement.
Partir tôt avec une décote, c’est souvent perdre plusieurs dizaines d’euros par mois à vie.
L’âge du taux plein par la durée de cotisation
Si vous avez accumulé le bon nombre de trimestres, vous partez à taux plein dès l’âge légal. C’est le cas de la majorité des actifs ayant eu une carrière continue. Pour les autres (carrières hachées, temps partiel, périodes à l’étranger) il faut parfois attendre quelques trimestres de plus.
→ Exemple : Sophie, née en 1966, doit valider 172 trimestres. Si elle les a réunis lorsqu’elle atteint 63 ans et 3 mois, elle peut partir à taux plein sans attendre davantage.
L’âge du taux plein automatique à 67 ans
À 67 ans, toute décote disparaît, peu importe le nombre de trimestres que vous avez. C’est le filet de sécurité du système, instauré par la réforme des retraites de 2010.
Mais attention : attendre 67 ans au lieu de 64 ans, c’est renoncer à trois ans de pension. Le calcul mérite d’être fait.
Bon à savoir
À 70 ans, un employeur peut vous mettre à la retraite d’office, avec préavis et indemnité de mise à la retraite, comme dans le cas d’un licenciement.
Suspension de la réforme des retraites : où en est-on en 2026 ?
C’est la question qui revient le plus souvent depuis l’automne 2025. Et pour cause : la situation a évolué plusieurs fois en quelques semaines.
Pourquoi la réforme a-t-elle été suspendue ?
Le 14 octobre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce la suspension du calendrier de la réforme de 2023 jusqu’à l’élection présidentielle de 2027. La mesure est intégrée au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025 par l’Assemblée nationale, puis publiée au journal officiel le 30 décembre après validation du Conseil constitutionnel.
Le chemin n’a pas été sans embûche : une tentative de suppression au Sénat le 25 novembre avait temporairement remis en cause le texte.
Ce qui s’applique réellement au 1er septembre 2026
Voici ce qui change et ce qui ne change pas.
Ce qui est suspendu :
- Le relèvement de l’âge légal prévu par la réforme pour les générations 1964 à 1968 (gain de 3 mois) ;
- L’augmentation du nombre de trimestres requis pour les générations 1964 et 1965 (réduction de 1 à 2 trimestres selon le trimestre de naissance) ;
- Les conditions du dispositif carrière longue pour ces mêmes générations.
Ce qui reste inchangé :
- Les règles de calcul de la pension (taux plein, décote, surcote) ;
- L’âge légal de 64 ans et les 172 trimestres pour les personnes nées à partir de 1969 ;
- Les dispositifs de départ anticipé pour handicap, pénibilité et inaptitude.
Quel âge légal s’applique pendant la suspension ?
La suspension s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Voir le tableau en début d’article pour connaître l’âge légal qui vous concerne selon votre année de naissance.
Un détail pratique à connaître : les premiers départs effectifs des personnes nées en 1964 devraient intervenir à l’automne 2026, le temps que les caisses adaptent leurs systèmes. Les caisses de retraite ont en effet besoin de plusieurs mois pour adapter leurs systèmes et délivrer les attestations dans les délais légaux requis.
Quelle évolution prévoir pour la suite ?
La suspension est prévue jusqu’en janvier 2028. Elle ne supprime pas la réforme : elle la met en pause.
Après l’élection présidentielle de 2027, le nouveau gouvernement devra trancher : reprendre le calendrier initial, le modifier ou proposer autre chose.
En attendant, l’incertitude persiste pour les générations nées après 1968. Suivez l’actualité sur Retraite.com pour ne rien manquer.
Partir avant l’âge légal : les dispositifs de départ anticipé
L’âge légal de départ à la retraite n’est pas une fatalité. Plusieurs dispositifs permettent de le contourner sous conditions.
Le dispositif carrière longue : partir dès 58 ans
Ce dispositif s’adresse à ceux qui ont commencé à travailler tôt. Plus vous avez débuté jeune, plus vous pouvez partir tôt. Quatre paliers existent :
- Début avant 16 ans → départ possible dès 58 ans ;
- Début avant 18 ans → départ possible dès 60 ans ;
- Début avant 20 ans → départ possible entre 60 et 62 ans selon la génération ;
- Début avant 21 ans → départ possible à partir de 63 ans.
Dans chaque cas, deux conditions s’imposent : avoir cotisé 4 ou 5 trimestres en début de carrière (4 suffisent si vous êtes né entre octobre et décembre : une nuance souvent ignorée), et justifier du nombre total de trimestres requis pour le taux plein.
La LFSS 2026 prévoit également des assouplissements sur ce dispositif pour les générations 1964 à 1968.
Les départs anticipés pour handicap, pénibilité et inaptitude
Plusieurs autres situations ouvrent droit à un départ avant l’âge légal :
- Handicap : départ dès 55 ans avec un taux d’incapacité d’au moins 50 % et une durée de cotisation minimale suffisante ;
- Incapacité permanente liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle : départ dès 60 ans avec un taux d’incapacité d’au moins 10 % ;
- Pénibilité (C2P) : les points accumulés sur le compte professionnel de prévention peuvent financer jusqu’à 2 ans de départ anticipé ;
- Inaptitude : les assurés reconnus inaptes au travail peuvent partir à l’âge légal sans décote, quelle que soit leur durée de cotisation, sous réserve de remplir les conditions médicales reconnues par leur caisse.
À quel âge les Français partent-ils réellement à la retraite ?
Les français ne partent pas tous à la retraite à l’âge légal, loin de là. C’est même l’exception plutôt que la règle.
L’âge moyen de départ en retraite en France en 2025-2026
Selon le recueil statistique de la CNAV publié en décembre 2025 (données arrêtées fin 2024), l’âge moyen de départ des nouveaux retraités du régime général s’établit à 63,5 ans et est en hausse de 0,4 an sur un an. C’est le premier effet visible de la réforme de 2023, qui commence à produire ses résultats.
La DREES, de son côté, mesurait fin 2023 un âge moyen conjoncturel de 62 ans et 9 mois pour l’ensemble des régimes mais cette donnée ne capte pas encore l’effet plein de la réforme.
Pourquoi de nombreux actifs partent-ils après l’âge légal ?
Plusieurs raisons coexistent.
- Certains n’ont pas réuni suffisamment de trimestres à l’âge légal (carrière hachée, temps partiel, congés parentaux) et préfèrent attendre pour éviter une décote définitive.
- D’autres ont fait le calcul : continuer à travailler au-delà du taux plein rapporte une surcote de 1,25 % par trimestre, ce qui peut représenter plusieurs dizaines d’euros de pension supplémentaires chaque mois.
- D’autres encore prolongent simplement par choix, notamment dans les professions libérales ou les fonctions d’encadrement.
Les écarts selon le statut : salarié, fonctionnaire, indépendant
L’âge effectif de départ varie sensiblement selon les régimes.
Les fonctionnaires en catégorie active (pompiers, policiers, personnels soignants) bénéficient de règles spécifiques leur permettant de partir plus tôt.
À l’opposé, les professions libérales partent nettement plus tard : selon la CNAVPL, l’âge moyen de liquidation de ses affiliés atteignait 65,7 ans en 2025, soit près de deux ans de plus que la moyenne du régime général.
Hommes et femmes : des âges de départ différents
Les statistiques CNAV 2025 font apparaître un paradoxe persistant. Les femmes partent en moyenne plus tard que les hommes : 63,8 ans contre 63,3 ans. Et pourtant, elles perçoivent une pension inférieure de 24 % en moyenne.
Cet écart s’explique par des inégalités accumulées tout au long de la vie active : temps partiel subi, interruptions de carrière liées aux enfants, niveaux de salaire inférieurs.
Comment savoir précisément à quel âge vous pourrez partir ?
Votre relevé de carrière, votre année de naissance, vos trimestres validés, les dispositifs auxquels vous êtes éligible : autant de paramètres qui rendent toute réponse générique insuffisante.
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Ce qu’il faut retenir
Votre âge légal de départ à la retraite dépend avant tout de votre année de naissance. En 2026, la réforme de 2023 est partiellement suspendue pour les générations 1964 à 1968. Les personnes nées à partir de 1969 restent, elles, soumises à l’âge légal de 64 ans et à 172 trimestres requis.
Si vous approchez de la retraite, des dispositifs existent pour partir avant l’âge légal, notamment la carrière longue, le handicap ou la pénibilité. Et pour préparer le niveau de votre pension, des solutions comme le PER ou l’assurance vie méritent d’être envisagées.
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Sources : LFSS 2026, Service-Public.fr, Assurance retraite, DREES (édition 2025), CNAV (recueil statistique décembre 2025), CNAVPL.