À quel âge partir à la retraite en 2026 ?

Ludovic Herschlikovitz
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a quel age partir en retraite

Vous vous demandez à quel âge vous pouvez partir à la retraite ? La réponse dépend directement de votre année de naissance.

Selon les générations, l’âge légal se situe aujourd’hui entre 62 ans et 6 mois et 64 ans, une fourchette issue de la réforme des retraites de 2023 et du calendrier revu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), qui suspend la montée en charge de la réforme pour les générations 1964 à 1968.

Que vous soyez né en 1962, en 1968 ou en 1975, cet article vous donne l’âge légal exact applicable à votre génération, le nombre de trimestres requis pour le taux plein, ainsi que les dispositifs de départ anticipé existants (carrière longue, handicap, pénibilité). Un tableau détaillé par année de naissance vous permet de retrouver rapidement votre situation, complété par un simulateur de l’âge de départ à la retraite, gratuit et rapide, pour affiner votre projection personnelle.

Qu'est-ce que l'âge légal de départ à la retraite ?

L’âge légal de départ à la retraite correspond à l’âge minimum à partir duquel un assuré est autorisé à demander la liquidation de sa pension de base. Il ne signifie pas obtenir automatiquement une retraite complète : il s’agit uniquement du seuil d’ouverture des droits, en dessous duquel aucune demande de retraite de droit commun n’est recevable, sauf dispositif de départ anticipé.

Cet âge légal est distinct de l’âge du taux plein, qui dépend du nombre de trimestres validés au cours de la carrière. Un assuré peut atteindre l’âge légal sans pour autant réunir tous ses trimestres, et devra alors choisir entre partir avec une décote ou continuer à travailler pour atteindre le taux plein.

Quel est l'âge légal de départ à la retraite en 2026 ?

En 2026, l’âge légal de départ à la retraite varie selon la génération concernée par la réforme des retraites. L’article 105 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) suspend le calendrier de la réforme de 2023 pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, et ce jusqu’en 2028.

Cette suspension vise précisément les générations nées entre 1964 et 1968, qui gagnent un trimestre d’âge légal (six mois pour les personnes nées au premier trimestre 1965). Concrètement, l’âge légal applicable à ces générations se situe entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois, tandis qu’il reste fixé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969.

Entre ces deux bornes, l’âge légal progresse par génération, ce qui explique pourquoi deux personnes nées à quelques années d’écart peuvent avoir un âge de départ différent de plusieurs mois.

La réforme des retraites de 2023 : ce qui a changé

La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 a instauré, via son article 10, un relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, en modifiant l’article L.161-17-2 du Code de la sécurité sociale. Ce relèvement devait s’appliquer génération après génération, avec une progression de quelques mois à chaque année de naissance, jusqu’à ce que l’âge légal se stabilise à 64 ans.

Ce calendrier initial a toutefois été suspendu par l’article 105 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, et ce jusqu’en 2028.

Cette suspension gèle temporairement la progression de l’âge légal pour les générations 1964 à 1968, sans remettre en cause l’objectif final fixé par la réforme de 2023 : l’âge légal de 64 ans s’appliquera bien, mais à compter de la génération 1969 au lieu de 1968, et la durée d’assurance de 172 trimestres à compter de la génération 1966 au lieu de 1965. Les générations 1963 et antérieures ne sont pas concernées : leur âge légal et leur durée d’assurance étaient déjà stabilisés avant la suspension.

Pourquoi l'âge légal a-t-il été relevé ?

Le relèvement de l’âge légal répond à un objectif d’équilibre financier du système de retraite par répartition, dans lequel les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités. Face à l’évolution démographique, à l’allongement de l’espérance de vie et à l’évolution du rapport entre actifs et retraités, les pouvoirs publics ont choisi d’agir sur l’âge de départ plutôt que sur le seul niveau des cotisations ou des pensions, afin de préserver la pérennité du système.

Calendrier de relèvement de l'âge légal génération par génération

Le tableau suivant synthétise l’âge légal et le nombre de trimestres requis pour le taux plein, tels qu’ils résultent du calendrier de la réforme de 2023 et de sa suspension applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 (source : info-retraite.fr).

GénérationÂge légal de départTrimestres requis pour le taux plein
Avant le 1er septembre 196162 ans168
Septembre à décembre 196162 ans et 3 mois169
196262 ans et 6 mois169
196362 ans et 9 mois170
196462 ans et 9 mois170
1965 (né du 1er janvier au 31 mars)62 ans et 9 mois170
1965 (né du 1er avril au 31 décembre)63 ans171
196663 ans et 3 mois172
196763 ans et 6 mois172
196863 ans et 9 mois172
1969 et après64 ans172



Situation des générations 1964 et 1965 en 2026

La génération 1964 est la première réellement bénéficiaire de la suspension : son âge légal passe de 63 ans à 62 ans et 9 mois, et sa durée d’assurance de 171 à 170 trimestres. Elle rejoint ainsi le palier de la génération 1963, qui était déjà fixé à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres.

La génération 1965 est en revanche scindée en deux : les personnes nées du 1er janvier au 31 mars 1965 relèvent du palier de 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres requis, soit six mois et deux trimestres gagnés par rapport au calendrier initial, tandis que celles nées du 1er avril au 31 décembre 1965 basculent sur un âge légal de 63 ans avec 171 trimestres requis.

Cette césure au sein d’une même année de naissance illustre la précision des dates retenues par le texte.

Né en 1962 : à quel âge partir à la retraite ?

Si vous êtes né en 1962, votre âge légal de départ à la retraite est fixé à 62 ans et 6 mois, avec 169 trimestres requis pour le taux plein. Cette génération se situe en dehors du périmètre de la suspension du calendrier, qui vise les assurés nés à partir du 1er janvier 1964 : son âge légal a donc été fixé selon les étapes antérieures du calendrier de la réforme de 2023 et n’est pas modifié. Pour vérifier le nombre de trimestres effectivement validés qui vous concernent, le relevé de carrière individuel reste la référence la plus fiable.

Né en 1963 : à quel âge partir à la retraite ?

Si vous êtes né en 1963, votre âge légal de départ à la retraite est fixé à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis pour le taux plein. Attention à une confusion fréquente : cette génération n’est pas concernée par la suspension du calendrier applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Son âge légal était déjà fixé à 62 ans et 9 mois par la réforme de 2023, et la suspension ne lui apporte donc aucun gain.

Né en 1964 : à quel âge partir à la retraite ?

La génération 1964 est la première à bénéficier concrètement de la suspension. Pour une pension prenant effet à compter du 1er septembre 2026, l’âge légal de départ est fixé à 62 ans et 9 mois, au lieu de 63 ans prévus par la réforme de 2023, et le nombre de trimestres requis pour le taux plein est ramené à 170, au lieu de 171. Un assuré né en 1964 qui liquide sa pension avant le 1er septembre 2026 ne bénéficie en revanche d’aucun décalage : les anciennes règles s’appliquent.

Né en 1968 : à quel âge partir à la retraite ?

Né en 1968, votre âge légal de départ est fixé à 63 ans et 9 mois, au lieu de 64 ans prévus initialement par la réforme de 2023 : la génération 1968 est la dernière à bénéficier de la suspension, juste avant le palier de 64 ans atteint par la génération 1969.

Né en 1970 : à quel âge partir à la retraite ?

La génération 1970 relève du palier final du calendrier : l’âge légal de départ est fixé à 64 ans, avec un nombre de trimestres requis de 172 trimestres pour obtenir le taux plein. Certains assurés de cette génération ayant commencé à travailler tôt peuvent toutefois bénéficier d’un départ anticipé pour carrière longue, à une date antérieure à l’âge légal commun.

Né en 1972 : à quel âge partir à la retraite ?

Pour la génération 1972, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans, et le nombre de trimestres requis pour le taux plein s’élève à 172 trimestres. Ces paramètres restent identiques pour toutes les générations nées à partir de 1969, sauf recours à un dispositif de départ anticipé.

Né en 1974 : à quel âge partir à la retraite ?

La génération 1974 est concernée par l’âge légal de 64 ans, avec un nombre de trimestres requis pour le taux plein fixé à 172 trimestres. Cette règle s’applique de la même manière à l’ensemble des générations nées après 1969, dans l’attente d’une éventuelle évolution législative future.

Né en 1975 : à quel âge partir à la retraite ?

Pour la génération 1975, l’âge légal de départ à la retraite reste fixé à 64 ans, avec un nombre de trimestres requis pour le taux plein de 172 trimestres. Comme pour les générations 1969 et suivantes, ce paramètre est aujourd’hui le palier de référence du calendrier issu de la réforme de 2023.

Âge minimum pour partir à la retraite

En dehors du cas général, plusieurs dispositifs permettent d’atteindre un âge minimum retraite inférieur à l’âge légal classique de 62 à 64 ans applicable selon la génération :

  • Le départ anticipé pour carrière longue, dès 58 ans selon l’âge de début d’activité ;
  • Le départ anticipé pour handicap ou incapacité permanente, sous conditions de justificatifs ;
  • Le départ anticipé pour pénibilité ou exposition à l’amiante, via des dispositifs spécifiques ;
  • Certaines situations d’invalidité, qui peuvent basculer vers une pension de retraite dans des conditions particulières.

Chacun de ces dispositifs répond à des conditions cumulatives précises, qu’il convient de vérifier avec sa caisse de retraite avant d’envisager une demande.

Départ anticipé pour carrière longue à la retraite : dès quel âge ?

Le dispositif de départ anticipé pour carrière longue permet à certains assurés ayant commencé à travailler tôt de partir avant l’âge légal commun. L’âge de départ dépend de l’âge de début d’activité :

Âge de début d’activitéÂge de départ anticipé possible
Avant 16 ans58 ans
Avant 18 ans60 ans
Avant 20 ansEntre 60 ans et 6 mois et 62 ans selon la génération
Avant 21 ansJusqu’à 63 ans selon la génération

Le décret n° 2026-345 du 7 mai 2026, publié au Journal officiel le 8 mai 2026, précise les modalités d’application de la suspension aux carrières longues. Le nouveau mode de calcul concerne les assurés nés entre 1964 et 1970 remplissant les conditions de carrière longue, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Pour ceux ayant commencé à travailler avant 20 ans, l’âge de départ est avancé de quelques mois à partir de la génération née en décembre 1965 :

Année de naissanceÂge de départ en carrière longue (début d’activité avant 20 ans)Trimestres requis
196460 ans et 6 mois170
1er janvier au 31 mars 196560 ans et 9 mois170
1er avril au 30 novembre 196560 ans et 9 mois171
1er au 31 décembre 196560 ans et 8 mois (au lieu de 60 ans et 9 mois)171
196660 ans et 9 mois (au lieu de 61 ans)172
196761 ans (au lieu de 61 ans et 3 mois)172
196861 ans et 3 mois (au lieu de 61 ans et 6 mois)172
196961 ans et 6 mois (au lieu de 61 ans et 9 mois)172
197061 ans et 9 mois (au lieu de 62 ans)172

Conditions de trimestres pour la carrière longue

Au-delà de l’âge de début d’activité, la carrière longue impose deux conditions cumulatives. D’une part, il faut avoir validé au moins 5 trimestres avant la fin de l’année civile de vos 16, 18, 20 ou 21 ans selon la borne concernée, 4 trimestres seulement si vous êtes né au dernier trimestre de l’année ou si votre carrière a débuté dans le régime des non-salariés agricoles.

D’autre part, il faut justifier du nombre total de trimestres cotisés (et non seulement validés) requis pour le taux plein applicable à votre génération. Un assuré doit donc à la fois avoir commencé à travailler jeune et avoir cotisé une carrière complète pour prétendre à ce départ anticipé.

Départ anticipé pour handicap ou incapacité permanente

Les assurés justifiant d’un taux d’incapacité permanente reconnu au cours de leur carrière peuvent bénéficier d’un départ anticipé à un âge sensiblement inférieur à l’âge légal commun. Ce dispositif tient compte à la fois de la durée d’assurance cotisée avec un handicap reconnu et du taux d’incapacité justifié sur les pièces transmises à la caisse de retraite.

La reconnaissance de ce droit nécessite de réunir un dossier complet, avec justificatifs médicaux et administratifs, souvent bien en amont de la date de départ envisagée, tant l’instruction du dossier peut être longue.

Départ anticipé pour pénibilité ou exposition à l'amiante

Le compte professionnel de prévention (C2P) permet aux salariés exposés à certains facteurs de risques professionnels d’accumuler des points convertibles, notamment, en trimestres supplémentaires permettant un départ anticipé. Ce dispositif s’adresse aux assurés ayant été exposés durablement à des conditions de travail pénibles identifiées par la réglementation.

Un dispositif spécifique existe par ailleurs pour les salariés ayant été exposés à l’amiante, leur permettant de bénéficier d’un départ anticipé indépendamment du compte professionnel de prévention, sous réserve de justifier de cette exposition auprès de leur caisse de retraite.

Qui a droit à la retraite à 62 ans ?

L’âge de 62 ans, qui était l’âge légal de référence avant la réforme de 2023, ne concerne plus la majorité des assurés actifs. Il reste toutefois applicable aux générations nées avant le périmètre concerné par la montée en charge de la réforme, ainsi qu’à certains bénéficiaires de dispositifs de départ anticipé pour carrière longue, selon leur âge de début d’activité.

Pour les générations plus récentes, l’âge de 62 ans ne correspond plus à l’âge légal de droit commun, sauf à remplir les conditions d’un dispositif anticipé spécifique.

Puis-je partir à la retraite à 60 ans avec 172 trimestres ?

Réunir 172 trimestres ne suffit pas, à lui seul, à ouvrir le droit à une retraite à 60 ans. L’âge légal minimum s’impose de façon indépendante du nombre de trimestres validés : un assuré doit d’abord atteindre l’âge légal applicable à sa génération avant de pouvoir liquider sa pension de base, quel que soit son nombre de trimestres.

Seuls les dispositifs de départ anticipé (carrière longue, handicap, pénibilité) permettent de déroger à cette règle, sous réserve de remplir des conditions spécifiques d’âge de début d’activité et de durée cotisée. En dehors de ces cas, un départ à 60 ans reste impossible dans le cadre du régime de droit commun, même avec un nombre élevé de trimestres.

Âge du taux plein : définition et calcul

L’âge du taux plein correspond à l’âge à partir duquel un assuré peut liquider sa pension sans subir de décote, dès lors qu’il a validé le nombre de trimestres requis pour sa génération. Il se distingue de l’âge légal, qui n’est qu’un seuil minimum d’ouverture des droits, indépendant du nombre de trimestres validés.

Un assuré peut donc atteindre l’âge légal sans avoir le taux plein, et devra alors patienter ou accepter une décote. À l’inverse, un assuré ayant validé tous ses trimestres avant l’âge légal ne pourra pas liquider sa pension avant d’avoir atteint cet âge minimum.

Comment calculer son taux plein ?

Le taux plein s’obtient en comparant le nombre de trimestres réellement validés au cours de la carrière au nombre de trimestres requis pour la génération de l’assuré, tel qu’il figure sur son relevé de carrière. Lorsque ces deux nombres sont égaux ou que le second est atteint ou dépassé, le taux plein est acquis, indépendamment de l’âge auquel l’assuré liquide sa pension, dès lors que l’âge légal minimum est également respecté.

Nombre de trimestres requis selon votre année de naissance

Le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein progresse également selon l’année de naissance, en parallèle de l’âge légal. Le tableau suivant reprend les seuils connus pour les générations les plus récentes :

GénérationTrimestres requis pour le taux plein
1961 (à partir de septembre) et 1962169
1963 et 1964170
1965 (né du 1er janvier au 31 mars)170
1965 (né du 1er avril au 31 décembre)171
1966 et après172

Ce seuil de 172 trimestres est aujourd’hui le palier de référence pour toutes les générations nées à partir de 1966, y compris celles qui atteindront l’âge légal plusieurs années après 2026.

Décote : la pénalité si vous partez sans le taux plein

Lorsqu’un assuré liquide sa pension avant d’avoir réuni le nombre de trimestres requis pour sa génération, une décote retraite s’applique sur le montant de sa pension de base. 

Cette décote est calculée en fonction du nombre de trimestres manquants par rapport au seuil requis, dans la limite de 20 trimestres, soit une minoration maximale de 25 % du taux de liquidation de la pension de base (1,25 % par trimestre manquant dans le régime général).

Cette pénalité s’applique de manière définitive sur la pension, sauf régularisation ultérieure par rachat de trimestres ou poursuite d’activité permettant d’atteindre le taux plein avant la liquidation. Elle explique pourquoi de nombreux assurés préfèrent attendre d’avoir tous leurs trimestres avant de déposer leur demande.

Âge du taux plein automatique : 67 ans sans condition de trimestres

Indépendamment du nombre de trimestres validés, l’âge de la retraite au taux plein automatique demeure fixé à 67 ans pour l’ensemble des assurés nés à partir de 1955, quel que soit leur régime d’affiliation : salariés du régime général, indépendants, fonctionnaires sédentaires. Ni la réforme de 2023, ni la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ne modifient cet âge. À 67 ans, un assuré peut liquider sa pension sans décote, même s’il n’a pas réuni le nombre de trimestres requis pour sa génération.

Cet âge de 67 ans est un filet de sécurité pour les assurés ayant eu une carrière incomplète, leur garantissant l’absence de décote au-delà de ce seuil, quel que soit leur nombre de trimestres validés.

Surcote : partir plus tard pour augmenter sa pension

À l’inverse de la décote, la surcote retraite récompense les assurés qui continuent à travailler au-delà de l’âge du taux plein, alors qu’ils ont déjà réuni tous leurs trimestres. 

Chaque trimestre travaillé et cotisé au-delà de ce seuil majore la pension de base de 1,25 %, soit 5 % par année pleine, sous forme d’un bonus définitif appliqué au moment de la liquidation. Une surcote spécifique existe par ailleurs, dès 63 ans, pour les assurés ayant bénéficié de trimestres de majoration au titre de l’éducation des enfants et réunissant déjà leur durée d’assurance.

Ce mécanisme incite les assurés qui le souhaitent et le peuvent à prolonger leur activité, notamment lorsqu’ils ont atteint le taux plein plusieurs années avant l’âge légal du fait d’une carrière longue.

Âge légal, âge du taux plein et âge de départ effectif : les différences

Ces trois notions sont souvent confondues, alors qu’elles répondent à des logiques distinctes. L’âge légal est le seuil minimum en dessous duquel aucune demande de retraite de droit commun n’est recevable. L’âge du taux plein dépend du nombre de trimestres validés et détermine si une décote s’applique ou non. L’âge de départ effectif, enfin, correspond à la date réelle à laquelle l’assuré choisit de liquider sa pension, qui peut être postérieure à l’âge légal comme à l’âge du taux plein, selon sa situation personnelle et professionnelle.

Un assuré peut donc atteindre l’âge légal, puis l’âge du taux plein quelques mois ou années plus tard, avant de choisir librement sa date de départ effectif, éventuellement encore plus tardive.

Comment savoir à quel âge je peux prendre ma retraite ?

Pour connaître précisément votre âge de départ, plusieurs étapes concrètes sont recommandées : identifier votre génération et l’âge légal qui lui correspond, vérifier votre nombre de trimestres validés sur votre relevé de carrière, puis comparer ce nombre au seuil requis pour votre génération afin de savoir si vous atteindrez le taux plein à l’âge légal ou plus tard.

Il est également utile de vérifier si vous remplissez les conditions d’un dispositif de départ anticipé (carrière longue, handicap, pénibilité), qui pourrait avancer votre date de départ possible. Un simulateur de l’âge de départ à la retraite en ligne permet de croiser rapidement l’ensemble de ces éléments.

Utiliser son relevé de carrière pour connaître son âge de départ

Le relevé de carrière, accessible sur le site info-retraite.fr, recense l’ensemble des trimestres validés au cours de votre parcours professionnel, tous régimes confondus. Il permet de vérifier que toutes vos périodes d’activité, de chômage indemnisé ou de maladie ont bien été prises en compte, et de repérer d’éventuelles anomalies à corriger avant votre départ.

Ce document est la base de tout calcul fiable de votre âge de départ, puisqu’il permet de comparer votre nombre réel de trimestres au seuil requis pour votre génération.

Simuler son âge de départ avec le bilan retraite.com en 3 minutes

Au-delà du relevé de carrière, un bilan retraite personnalisé permet d’obtenir une estimation concrète de votre âge de départ possible, en tenant compte de votre génération, de votre nombre de trimestres et des éventuels dispositifs anticipés auxquels vous pourriez être éligible. L’outil de retraite.com propose un simulateur de l’âge de départ à la retraite gratuit, réalisable en quelques minutes, à partir de quelques informations sur votre carrière.

Ce type de simulation complète utilement la lecture du relevé de carrière officiel, en traduisant les données brutes en une estimation compréhensible de l’âge auquel vous pourriez liquider votre pension, avec ou sans décote.

Âge de départ à la retraite dans la fonction publique

Dans la fonction publique, l’âge de départ à la retraite varie selon la catégorie d’emploi occupée. Les emplois classés en catégorie sédentaire suivent le calendrier général de l’âge légal applicable à l’ensemble des assurés. Les emplois classés en catégorie active, qui exposent à des risques particuliers ou à une fatigue exceptionnelle, ouvrent droit à un âge de départ abaissé par rapport à la catégorie sédentaire. Les emplois classés en catégorie super-active bénéficient d’un âge de départ encore plus précoce.

CatégorieCaractéristique
SédentaireSuit le calendrier général de l’âge légal
ActiveÂge de départ abaissé, en raison de risques ou d’une pénibilité particulière
Super-activeÂge de départ le plus précoce, réservé à certains métiers spécifiques

Âge de départ à la retraite dans les régimes spéciaux

Certains régimes spéciaux de retraite conservent des règles d’âge de départ distinctes du régime général, héritées de l’histoire de professions spécifiques. Une partie de ces régimes est aujourd’hui en voie d’extinction, ce qui signifie qu’ils ne s’appliquent plus qu’aux assurés déjà affiliés avant une date de bascule vers le régime général, les nouveaux entrants relevant désormais du droit commun.

Les assurés relevant d’un régime spécial doivent vérifier auprès de leur caisse dédiée les règles précises applicables à leur situation, ces règles pouvant différer sensiblement du calendrier général présenté dans cet article.

Retraite progressive : réduire son activité avant l'âge légal

La retraite progressive permet à un assuré de réduire son temps de travail tout en percevant une fraction de sa pension, avant d’avoir atteint son âge légal de départ. Depuis le 1er septembre 2025 (décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025), ce dispositif est accessible dès 60 ans, quelle que soit l’année de naissance, dans l’ensemble des régimes.
 
Trois conditions cumulatives doivent être réunies : avoir au moins 60 ans, justifier d’au moins 150 trimestres validés tous régimes confondus, et exercer une activité à temps partiel  comprise entre 40 % et 80 % d’un temps plein, entre 50 % et 90 % dans la fonction publique. Les travailleurs non salariés doivent, pour leur part, réduire leurs revenus professionnels de 20 % à 60 %.

Cumul emploi-retraite : travailler après son départ

Le cumul emploi-retraite permet à un retraité de reprendre ou de poursuivre une activité professionnelle tout en percevant sa pension. Selon la situation de l’assuré, notamment le fait d’avoir liquidé ou non l’ensemble de ses pensions à taux plein, ce cumul peut être intégral, sans plafond de revenus, ou soumis à un plafond au-delà duquel le versement de la pension peut être réduit.

Ce dispositif offre une souplesse appréciable pour les retraités souhaitant maintenir une activité, sans que les revenus tirés de cette activité viennent nécessairement générer de nouveaux droits à retraite selon le régime concerné.

Impact de l'âge de départ sur le montant de votre pension

L’âge auquel vous choisissez de partir à la retraite influence directement le montant final de votre pension. Un départ avant d’avoir atteint le taux plein entraîne une décote, réduisant durablement le montant versé. À l’inverse, un départ après l’âge du taux plein, avec des trimestres supplémentaires travaillés, permet de bénéficier d’une surcote qui augmente la pension.

La durée totale de cotisation joue également un rôle déterminant, puisqu’elle conditionne directement l’atteinte ou non du taux plein. Deux assurés partant au même âge légal peuvent ainsi percevoir des pensions très différentes selon leur nombre de trimestres validés et leur choix de date de départ effectif.

Peut-on partir à la retraite avant 60 ans ?

Un départ avant 60 ans reste possible, mais uniquement dans le cadre de dispositifs très spécifiques. Le départ anticipé pour carrière longue permet, pour les assurés ayant commencé à travailler avant 16 ans, un départ dès 58 ans. Certains dispositifs liés au handicap ou à une incapacité permanente peuvent également ouvrir droit à un départ avant 60 ans, sous réserve de remplir des conditions strictes de justificatifs.

En dehors de ces situations précises, aucun départ à la retraite de droit commun n’est possible avant 60 ans, l’âge légal minimum applicable aux autres assurés étant systématiquement supérieur à ce seuil.

Peut-on repousser son départ après 67 ans ?

Il n’existe aucune limite d’âge maximale imposant à un assuré de partir à la retraite. Un salarié peut, en théorie, continuer à travailler au-delà de 67 ans, âge auquel le taux plein est de toute façon acquis automatiquement, quel que soit son nombre de trimestres validés.

Poursuivre son activité après cet âge permet, selon les règles applicables à sa situation, de continuer à bénéficier d’une surcote sur les trimestres supplémentaires travaillés, augmentant d’autant le montant de la pension au moment de la liquidation effective.

Les démarches pour officialiser votre départ à la retraite

La demande de retraite doit être anticipée plusieurs mois avant la date de départ souhaitée, afin de laisser le temps à la caisse de retraite d’instruire le dossier. Les principales étapes sont les suivantes :

  • Vérifier et, si besoin, faire corriger son relevé de carrière avant de déposer la demande ;
  • Déposer sa demande de retraite en ligne auprès de sa caisse de retraite principale, qui transmet l’information aux autres régimes ;
  • Réunir les pièces justificatives demandées (état civil, situation familiale, dernières périodes d’activité) ;
  • Suivre l’instruction du dossier jusqu’à la notification du montant définitif de la pension.

Anticiper ces démarches suffisamment tôt permet d’éviter toute rupture de revenus entre la fin d’activité et le premier versement de la pension.

Erreurs fréquentes à éviter avant de partir à la retraite

Plusieurs erreurs reviennent fréquemment chez les futurs retraités et peuvent avoir des conséquences durables sur le montant de la pension :

  • Ne pas vérifier son relevé de carrière suffisamment tôt, alors que des périodes manquantes ou mal reportées peuvent réduire le nombre de trimestres validés ;
  • Choisir une date de départ sans avoir comparé son âge légal, son âge du taux plein et l’éventuelle décote applicable ;
  • Négliger l’existence d’un dispositif de départ anticipé auquel on pourrait avoir droit (carrière longue, handicap, pénibilité) ;
  • Déposer sa demande de retraite trop tardivement par rapport à la date de départ souhaitée, retardant ainsi le premier versement de la pension.

Comment préparer financièrement son départ à la retraite

Au-delà de la question de l’âge de départ, préparer sa retraite suppose également d’anticiper le niveau de revenus une fois l’activité professionnelle terminée. La pension de base et les pensions complémentaires ne compensent pas toujours intégralement la perte de revenu liée à la fin d’activité, en particulier en cas de décote ou de carrière incomplète.

Des solutions d’épargne complémentaire, comme le plan d’épargne retraite (PER) ou l’assurance vie, permettent d’accumuler progressivement un capital ou une rente destinés à compléter la pension au moment du départ. Ces dispositifs gagnent à être mis en place suffisamment tôt dans la carrière, afin de lisser l’effort d’épargne sur la durée et d’anticiper sereinement la transition vers la retraite.

Questions fréquentes sur l'âge de départ à la retraite

Qui a droit à la retraite à 62 ans ?

L’âge de 62 ans reste l’âge légal des seuls assurés nés avant le 1er septembre 1961, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas concernés par la réforme de 2023. Pour toutes les générations suivantes, l’âge légal est supérieur à 62 ans. Un départ à 62 ans ou avant n’est donc possible qu’au titre d’un dispositif de départ anticipé : carrière longue, handicap, incapacité permanente ou pénibilité.

Le plus fiable est de consulter son relevé de carrière sur info-retraite.fr, qui indique le nombre de trimestres validés, puis de le comparer au seuil requis pour sa génération. Un simulateur en ligne permet de compléter cette lecture par une estimation personnalisée de l’âge de départ possible.

Non, sauf à remplir les conditions d’un dispositif de départ anticipé comme la carrière longue. Le nombre de trimestres validés ne suffit pas à lui seul : l’âge légal minimum applicable à votre génération doit également être atteint pour pouvoir liquider votre pension.

L’âge légal varie entre 62 ans et 9 mois et 64 ans selon la génération concernée, en tenant compte de la suspension du calendrier de la réforme de 2023 applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Dès que l’assuré a validé le nombre de trimestres requis pour sa génération, il peut partir sans décote à l’âge légal ou plus tard. À défaut, le taux plein est de toute façon acquis automatiquement à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres validés.

L’âge minimum peut descendre jusqu’à 58 ans dans le cadre du dispositif de départ anticipé pour carrière longue, pour les assurés ayant commencé à travailler très jeunes. Des âges spécifiques, généralement inférieurs à l’âge légal commun, s’appliquent également en cas de handicap ou d’incapacité permanente reconnue.

Oui, via les dispositifs de départ anticipé prévus pour la carrière longue, le handicap ou la pénibilité. Ces dispositifs permettent, sous conditions strictes, de liquider sa pension avant l’âge légal commun sans que cela ne soit en soi un départ pénalisé.

Il suffit de se connecter à son compte personnel sur info-retraite.fr pour consulter son relevé de carrière détaillé. Un bilan retraite en ligne permet ensuite de traduire ces données en une estimation concrète de l’âge de départ et du montant de pension attendu selon différents scénarios.

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