Retraite progressive à 60 ans : conditions, montant et démarches

Ludovic Herschlikovitz
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retraite progressive 60 ans

Depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans pour les pensions prenant effet à compter de cette date. Cette mesure concerne notamment les salariés, les travailleurs agricoles, les fonctionnaires, certains régimes spéciaux, ainsi que les professions libérales et les avocats.

Avant cette date, l’âge d’accès pouvait varier entre 60 et 62 ans selon l’année de naissance.

La retraite progressive permet de réduire son activité tout en percevant une partie de sa pension. Voici les conditions à remplir, le mode de calcul, les démarches à effectuer et les principaux points de vigilance.

La retraite progressive à 60 ans

La retraite progressive à 60 ans est un dispositif qui permet de continuer à travailler à temps partiel ou à exercer une activité réduite, selon son statut, tout en percevant une fraction de sa pension de retraite.

Concrètement, l’assuré ne cesse pas totalement son activité professionnelle. Il perçoit une fraction d’une pension provisoire calculée sur la base des droits acquis à la date d’effet de la retraite progressive. Cette pension n’est pas nécessairement calculée à taux plein : une décote ou une minoration peut notamment s’appliquer lorsque les conditions du taux plein ne sont pas réunies.

C’est ce cumul entre activité réduite et pension partielle qui distingue la retraite progressive de la retraite définitive, qui correspond à la liquidation de ses droits à retraite. Une activité professionnelle peut toutefois être reprise ou poursuivie dans le cadre du cumul emploi-retraite, sous certaines conditions.

À la question « Puis-je prendre ma retraite progressive à 60 ans ? », la réponse est oui, sous réserve de remplir les conditions d’âge, de durée d’assurance et d’activité détaillées plus bas, et à condition que la pension prenne effet à compter du 1er septembre 2025.

Retraite progressive et préretraite à 60 ans : la différence

Il est fréquent de confondre retraite progressive et préretraite. Or il n’existe plus aujourd’hui de dispositif général de préretraite ouvert à l’ensemble des salariés, comme ont pu l’être certains mécanismes publics par le passé.

La retraite progressive n’est donc pas une préretraite : elle permet de réduire son activité tout en restant en emploi, avec le versement d’une fraction de sa pension de retraite.

Certains dispositifs conventionnels, professionnels ou spécifiques peuvent encore prévoir une cessation ou une réduction anticipée d’activité. Ils obéissent toutefois à leurs propres règles et ne relèvent pas du dispositif de retraite progressive.

Les conditions pour bénéficier de la retraite progressive à 60 ans

Trois conditions cumulatives ouvrent le droit à la retraite progressive à 60 ans :

  • Avoir atteint l’âge de 60 ans, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2025.
  • Justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance, tous régimes de retraite de base confondus.
  • Exercer une activité professionnelle réduite : pour les salariés du secteur privé, l’activité doit généralement être comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet. Pour les fonctionnaires, la quotité de travail doit être comprise entre 50 % et 90 %, sous réserve de certaines règles particulières. Pour les travailleurs indépendants dont l’activité n’est pas soumise à une durée de travail, les conditions sont notamment appréciées en fonction de leurs revenus professionnels : leur diminution doit en principe être comprise entre 20 % et 60 %. Un niveau minimal de revenu est également exigé.

Le dispositif peut concerner les salariés, les fonctionnaires, certains travailleurs indépendants et les assurés relevant des régimes agricoles ou des professions libérales, sous réserve des règles propres à chaque régime.

Les conditions ne reposent donc pas toujours sur une quotité de travail : pour certains travailleurs non salariés, elles sont appréciées au regard de la réduction des revenus professionnels.

150 trimestres d'assurance : le seuil à atteindre

Pour prétendre à la retraite progressive, il faut justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance, tous régimes de base confondus. Cela signifie que les trimestres validés au régime général, dans la fonction publique, chez les indépendants ou dans un régime agricole s’additionnent pour atteindre ce seuil : il n’est pas nécessaire d’avoir cotisé 150 trimestres dans un seul et même régime.

Ce cumul « tous régimes » facilite l’accès au dispositif pour les carrières mixtes ou les parcours professionnels ayant connu plusieurs statuts.

Une quotité de travail entre 40 % et 80 % d'un temps plein

Pour les salariés relevant du régime général, la durée de travail doit être comprise entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle d’un temps complet.

Pour les travailleurs non salariés, la retraite progressive est appréciée selon des règles spécifiques, notamment en fonction de la réduction des revenus professionnels.

Pour les fonctionnaires de l’État, la fourchette est différente : la quotité de travail à temps partiel doit être comprise entre 50 % et 90 % d’un temps complet.

Le salarié doit demander à son employeur la réduction de son temps de travail. L’employeur dispose de 2 mois pour répondre. En cas de refus, celui-ci doit être écrit et motivé par l’incompatibilité de la durée de travail demandée avec l’activité économique de l’entreprise. En l’absence de réponse écrite et motivée dans ce délai, la demande est considérée comme acceptée.

Pour les travailleurs indépendants concernés, la diminution des revenus professionnels doit être comprise entre 20 % et 60 %. Cette baisse est contrôlée à partir des revenus déclarés et des justificatifs fiscaux.

Quelle perte de salaire prévoir en retraite progressive ?

La perte de salaire dépend de la quotité de travail retenue et des conditions de rémunération. À 60 % d’un temps plein, le salaire lié au temps de travail est en principe réduit en conséquence. Cette baisse est toutefois partiellement compensée par le versement de 40 % de la pension provisoire.

Le revenu global correspond donc au salaire perçu au titre de l’activité réduite, auquel s’ajoute la fraction de retraite progressive. Son montant doit être calculé au cas par cas, en fonction du salaire à temps partiel et du montant de la pension provisoire.

Combien de temps peut-on rester en retraite progressive ?

Il n’existe pas de durée maximale légale fixée pour la retraite progressive. L’assuré peut en bénéficier tant qu’il remplit les conditions du dispositif et qu’il n’a pas demandé la liquidation définitive de sa retraite.

Lorsque les conditions ne sont plus remplies, le versement de la retraite progressive peut être suspendu ou supprimé définitivement selon la situation. C’est notamment le cas en cas de reprise d’une activité à temps complet. Lorsque l’assuré cesse définitivement son activité, il doit demander sa retraite définitive : le passage de la retraite progressive à la retraite définitive n’est pas automatique.

Comment demander sa retraite progressive à 60 ans ?

La démarche pour obtenir une retraite progressive à 60 ans suit plusieurs étapes :

  • Vérifier que les conditions d’âge, de durée d’assurance (150 trimestres tous régimes de base confondus) et d’activité réduite sont remplies.
  • Pour les salariés, obtenir l’accord de l’employeur pour travailler à temps partiel dans la quotité autorisée. Les fonctionnaires et les travailleurs indépendants relèvent de modalités spécifiques.
  • Déposer la demande de retraite progressive environ 5 mois avant la date de départ souhaitée. La demande peut être effectuée en ligne : une seule démarche permet alors de saisir l’ensemble des régimes de retraite de base et complémentaires.
  • Joindre les justificatifs demandés, puis attendre l’instruction du dossier et la notification des droits attribués.

Les documents et délais à respecter

La demande de retraite progressive doit être déposée 5 mois avant la date de départ souhaitée.

Les justificatifs à fournir dépendent de la situation de l’assuré. Pour un salarié, il peut notamment être demandé une pièce d’identité, le ou les contrats de travail à temps partiel ou à temps réduit, une attestation de l’employeur précisant la durée de travail à temps complet applicable dans l’entreprise, ainsi que les bulletins de salaire des 12 mois précédant la demande.

Pour les travailleurs indépendants dont la retraite progressive est calculée en fonction de la diminution des revenus professionnels, des justificatifs fiscaux sont notamment nécessaires.

La liste exacte des pièces dépend de la situation personnelle et professionnelle de l’assuré.

Peut-on bénéficier d’une retraite progressive avant 60 ans ?

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