Réduire son activité en fin de carrière peut permettre de mieux préparer son passage à la retraite. Plusieurs dispositifs existent selon l’âge, la situation professionnelle et les accords applicables dans l’entreprise.
Parmi eux, la retraite progressive permet de continuer à exercer une activité réduite tout en percevant une partie de sa pension de retraite. Depuis le 1er septembre 2025, elle est accessible à partir de 60 ans, sous réserve de remplir les autres conditions prévues par le dispositif.
Avant 60 ans, d’autres solutions peuvent être envisagées pour diminuer son temps de travail, notamment le passage à temps partiel ou les mesures prévues par certains accords d’entreprise ou accords seniors.
Les conditions à remplir pour pouvoir profiter de la retraite progressive
Pour bénéficier de la retraite progressive en 2026, plusieurs conditions doivent être réunies :
- avoir au moins 60 ans ;
- justifier d’au moins 150 trimestres de durée d’assurance, tous régimes de retraite de base confondus ;
- exercer une ou plusieurs activités à temps partiel représentant au total entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle du travail.
Pour les salariés, le passage à temps partiel nécessite l’accord de l’employeur. Celui-ci dispose de deux mois pour répondre à la demande. En l’absence de réponse écrite et motivée dans ce délai, son accord est considéré comme acquis.
Un refus doit être justifié, notamment lorsque la durée de travail demandée est incompatible avec l’activité économique de l’entreprise.
Quelle est la réduction de temps de travail pour les salariés de 55 ans ?
En dehors de la retraite progressive, plusieurs solutions peuvent permettre de réduire son temps de travail à partir de 55 ans.
Elles peuvent relever du droit commun du travail, avec un passage à temps partiel, ou de dispositifs prévus par un accord collectif, un accord d’entreprise ou une mesure spécifique en faveur des salariés seniors.
Contrairement à la retraite progressive, ces dispositifs ne permettent pas de percevoir une fraction de sa pension de retraite. Leurs conditions et leurs effets sur les droits à la retraite dépendent donc de la solution retenue.
Accords seniors et aménagements de fin de carrière
Certaines entreprises ou branches prévoient des mesures destinées à faciliter le maintien en emploi et l’aménagement de la fin de carrière des salariés expérimentés.
Depuis 2026, les entreprises d’au moins 300 salariés sont notamment soumises à une négociation périodique sur l’emploi, le travail et l’amélioration des conditions de travail des salariés expérimentés. Cette négociation peut porter sur l’aménagement des fins de carrière, le maintien dans l’emploi ou encore la transmission des compétences.
Selon les accords applicables, plusieurs mesures peuvent être prévues, par exemple :
- un passage à temps partiel ou une réduction progressive du temps de travail ;
- des aménagements d’horaires ou de poste ;
- une réduction de certaines contraintes professionnelles ;
- des dispositifs de tutorat ou de transmission des compétences ;
- des mesures permettant de limiter l’impact d’une baisse du temps de travail sur la rémunération ou les droits à la retraite.
Ces dispositifs ne sont toutefois pas automatiques à partir de 55 ans. Leur existence, l’âge à partir duquel ils sont accessibles et les conditions pour en bénéficier dépendent de l’accord collectif ou des règles applicables dans l’entreprise.
Contrairement à la retraite progressive, ces aménagements ne donnent pas, à eux seuls, droit au versement d’une fraction de la pension de retraite. Le salarié continue principalement à percevoir sa rémunération selon les conditions prévues par son contrat de travail et, le cas échéant, par l’accord collectif applicable.
Le passage à temps partiel classique après 55 ans : droits et limites
En dehors de tout dispositif spécifique, un salarié peut demander à son employeur de passer à temps partiel. Cette possibilité n’est pas réservée aux seniors et peut donc être utilisée avant l’âge d’accès à la retraite progressive.
Le salarié peut notamment souhaiter réduire son activité pour des raisons personnelles, familiales ou de fin de carrière. Toutefois, une simple demande ne garantit pas automatiquement l’accès au temps partiel.
À défaut de dispositions conventionnelles particulières, l’employeur peut notamment refuser la demande s’il n’existe pas d’emploi disponible à temps partiel correspondant à la catégorie professionnelle du salarié ou si le changement demandé est susceptible de nuire au bon fonctionnement de l’entreprise.
La durée minimale de travail est en principe fixée à 24 heures par semaine, sauf dérogation ou dispositions conventionnelles différentes.
Le passage à temps partiel entraîne également une baisse de rémunération proportionnelle au temps travaillé, sauf mesure plus favorable prévue par un accord collectif.
Il peut enfin avoir un impact sur les droits futurs à la retraite, puisque les cotisations sont calculées sur une rémunération plus faible. Dans certaines situations, il est toutefois possible de cotiser sur une base correspondant à un temps plein afin de limiter cet effet.
Contrairement à la retraite progressive, le temps partiel classique ne permet pas de percevoir une fraction de sa pension de retraite avant sa liquidation.
| Critère | Accords et dispositifs seniors | Temps partiel classique | Retraite progressive |
|---|---|---|---|
| Base juridique | Accord collectif, accord d’entreprise ou de branche | Code du travail et éventuelles dispositions conventionnelles | Code de la sécurité sociale et Code du travail |
| Condition d’âge | Variable selon le dispositif applicable | Aucune condition d’âge générale | À partir de 60 ans depuis le 1er septembre 2025 |
| Accès automatique | Non, selon les dispositions de l’accord | Non, l’accord de l’employeur peut être nécessaire | Non automatique : conditions légales à remplir et, pour le passage à temps partiel, demande auprès de l’employeur |
| Fraction de pension versée | Non | Non | Oui |
| Impact sur les droits à la retraite | Variable selon les mesures prévues | Une baisse de rémunération peut réduire certains droits futurs | Le salarié continue à cotiser et sa retraite définitive est recalculée à la fin du dispositif |
| Conditions de mise en œuvre | Dépendent de l’entreprise ou de la branche | Dépendent notamment des règles légales et conventionnelles applicables | 60 ans, au moins 150 trimestres et activité réduite répondant aux conditions du dispositif |
Le montant de la retraite progressive dépend de la réduction de l’activité professionnelle. Une retraite provisoire est d’abord calculée à partir des droits acquis au moment de la demande.
Pour un salarié, la fraction de pension versée correspond à la différence entre 100 % et la quotité de travail. Par exemple :
- un temps de travail de 80 % permet de percevoir 20 % de sa retraite ;
- un temps de travail de 60 % permet de percevoir 40 % de sa retraite ;
- un temps de travail de 40 % permet de percevoir 60 % de sa retraite.
La fraction versée est donc comprise entre 20 % et 60 % lorsque l’activité respecte les conditions de la retraite progressive.
Le dispositif concerne notamment les salariés, les travailleurs indépendants, les exploitants agricoles, les professions libérales ainsi que les fonctionnaires, selon les règles applicables à leur régime.
Pour les salariés du secteur privé, la retraite complémentaire Agirc-Arrco est versée selon la même quotité que la retraite de base. Toutefois, un coefficient spécifique de minoration peut être appliqué pendant la retraite progressive lorsque l’assuré ne remplit pas encore les conditions permettant d’obtenir une retraite à taux plein.
Pendant cette période, l’assuré continue à cotiser. Lorsqu’il demande ensuite sa retraite définitive, celle-ci est recalculée en tenant compte des droits acquis pendant la période de retraite progressive.
Puis-je m'arrêter de travailler à 55 ans ou réduire mon activité légalement ?
À 55 ans, il est possible de réduire son activité professionnelle, mais l’arrêt complet du travail ne permet pas, en principe, de percevoir immédiatement sa retraite.
Plusieurs solutions peuvent toutefois être envisagées selon la situation du salarié : temps partiel, dispositifs prévus par un accord collectif, cessation anticipée d’activité dans certains cas spécifiques ou dispositifs liés à la santé et à la carrière.
Les conditions et les conséquences sur les droits à la retraite diffèrent selon le dispositif utilisé.
Travailler moins à partir de 55 ans : quels dispositifs légaux avez-vous à disposition ?
Plusieurs solutions peuvent permettre de réduire son activité à partir de 55 ans, sans pour autant liquider immédiatement ses droits à la retraite.
- Le temps partiel de droit commun : il est accessible sans condition d’âge, sous réserve des règles légales et conventionnelles applicables et de l’accord de l’employeur lorsque celui-ci est nécessaire. La baisse de rémunération peut avoir un impact sur certains droits à la retraite. Elle n’entraîne toutefois pas automatiquement une perte de trimestres, ceux-ci étant validés en fonction du niveau de rémunération soumis à cotisations.
- Le compte épargne-temps (CET) : lorsqu’un CET existe dans l’entreprise, les droits accumulés peuvent, selon les modalités prévues par l’accord, être utilisés pour compléter la rémunération ou accompagner une cessation progressive d’activité.
- La retraite progressive : accessible à partir de 60 ans pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2025, elle permet de cumuler une activité réduite avec le versement d’une fraction de sa retraite. Elle n’est donc pas accessible dès 55 ans.
- Les accords collectifs et dispositifs seniors : certaines entreprises ou branches prévoient des mesures d’aménagement de fin de carrière, comme une réduction du temps de travail, des horaires adaptés ou des dispositifs de transmission des compétences.
Avant de réduire son activité, il est conseillé d’évaluer les conséquences sur la rémunération et les futurs droits à la retraite, notamment à l’aide d’une simulation.
Arrêter complètement de travailler à 55 ans : dans quels cas est-ce possible ?
Il est tout à fait possible de cesser de travailler à 55 ans. En revanche, pour la majorité des actifs, cette cessation d’activité ne permet pas de percevoir immédiatement une pension de retraite.
À cet âge, un départ en retraite n’est possible que dans certaines situations particulières.
- La retraite anticipée pour handicap peut permettre, sous conditions de durée d’assurance et de taux d’incapacité, de liquider sa retraite dès 55 ans.
- La retraite anticipée pour carrière longue permet de partir avant l’âge légal lorsque l’assuré a commencé à travailler jeune et remplit les conditions de durée d’assurance cotisée. L’âge de départ dépend toutefois de la génération et de l’âge de début de carrière.
- Certaines catégories de fonctionnaires, militaires ou assurés relevant de régimes particuliers peuvent bénéficier de règles spécifiques de départ anticipé.
- La rupture du contrat de travail, notamment par rupture conventionnelle, peut conduire à une période de chômage indemnisé lorsque les conditions d’ouverture des droits sont remplies. Il ne s’agit toutefois pas d’un départ en retraite et le versement de l’allocation chômage reste soumis aux règles de l’assurance chômage.
En dehors d’un dispositif de retraite anticipée, une personne qui cesse volontairement toute activité à 55 ans doit disposer d’autres ressources jusqu’à l’ouverture de ses droits à la retraite : épargne disponible, revenus du patrimoine ou autres revenus de remplacement selon sa situation.
Avant toute cessation d’activité, il est important d’évaluer les conséquences sur les droits à la retraite et les ressources disponibles pendant les années précédant la liquidation de la pension.