
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) bénéficie d’un avantage fiscal à l’entrée : les versements volontaires peuvent, sous conditions, être déduits du revenu imposable dans la limite d’un plafond individuel.
En 2026, plusieurs évolutions modifient cette fiscalité. La revalorisation du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), fixé à 48 060 euros, entraîne notamment une hausse des plafonds de déduction applicables aux versements.
La loi de finances pour 2026 allonge également de trois à cinq ans la durée pendant laquelle un plafond de déduction non utilisé peut être reporté. Cette évolution s’applique progressivement : en 2026, les reliquats disponibles restent ceux des années 2023, 2024 et 2025.
Autre changement important : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER lorsque son titulaire est âgé de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles du revenu imposable.
Ces nouveautés peuvent modifier la stratégie de versement des épargnants, notamment à l’approche de la retraite.
Pourquoi investir dans un PER en 2026 : atouts et contexte favorable
Le PER individuel, un produit plébiscité par les Français
Créé par la loi PACTE, le Plan d’Épargne Retraite (PER) est un produit d’épargne de long terme destiné à préparer la retraite.
À fin 2025, l’ensemble des PER comptait 12,9 millions de titulaires pour 150,4 milliards d’euros d’encours. Le PER individuel représentait à lui seul 88,5 milliards d’euros d’encours.
Le PER permet notamment d’effectuer des versements volontaires qui peuvent, sous conditions et dans certaines limites, être déduits du revenu imposable. Cette déduction entraîne toutefois une fiscalité spécifique lors de la sortie lorsque l’épargnant a choisi d’en bénéficier à l’entrée.
En 2026, la hausse du PASS entraîne également une augmentation de certains plafonds de déduction fiscale. La loi de finances pour 2026 prévoit par ailleurs l’allongement progressif de trois à cinq ans de la durée de report des plafonds de déduction non utilisés. En 2026, les reliquats disponibles restent toutefois ceux des années 2023, 2024 et 2025.
Le PER reste un placement de long terme : sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, les sommes sont en principe destinées à être conservées jusqu’à la retraite. Selon les supports choisis, l’épargne peut également être exposée à un risque de perte en capital. Les frais, la fiscalité à la sortie et l’horizon de placement doivent donc être examinés avant toute souscription ou versement.
PER, assurance-vie ou PER collectif : quelles différences ?
Le Plan d’Épargne Retraite n’est pas la seule solution permettant de constituer une épargne en vue de la retraite. L’assurance-vie et les dispositifs d’épargne retraite d’entreprise répondent également à cet objectif, mais avec des règles différentes en matière de fiscalité, de disponibilité et de gestion.
| Critère | PER individuel | Assurance-vie | PER d’entreprise collectif |
|---|---|---|---|
| Déduction fiscale des versements | Les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond disponible, sauf renonciation à la déduction | Non | Les versements volontaires peuvent être déductibles selon les mêmes principes que sur un PER individuel ; l’intéressement, la participation et l’abondement répondent à des règles fiscales spécifiques |
| Fiscalité à la sortie | Dépend de l’origine des sommes, du mode de sortie et de la déduction éventuellement pratiquée à l’entrée | Seule la part correspondant aux gains est imposable lors d’un rachat ; un abattement annuel sur les gains est applicable après 8 ans sous conditions | Dépend de l’origine des sommes versées et du mode de sortie |
| Disponibilité avant la retraite | Épargne en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi | Rachats possibles à tout moment | Épargne en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé |
| Transfert | Transfert possible vers un autre PER ; gratuit après 5 ans ou à l’échéance, frais plafonnés avant ce délai | Pas de mécanisme général de transfert d’une assurance-vie vers un PER avec conservation de l’antériorité fiscale | Transfert possible vers un autre PER selon les conditions applicables |
| Gestion pilotée à horizon | Mode de gestion proposé par défaut, sauf choix contraire de l’épargnant | Disponible sur certains contrats, mais non systématique | Mode de gestion proposé par défaut |
| Supports d’investissement | Dépendent du contrat et peuvent comporter des supports exposés aux marchés financiers | Dépendent du contrat, notamment fonds en euros et unités de compte | Supports proposés dans le cadre du plan, notamment fonds d’épargne salariale |
| Risque de perte en capital | Possible selon les supports choisis | Possible notamment sur les unités de compte | Possible selon les supports choisis |
Le choix entre ces solutions dépend notamment de l’horizon de placement, de la situation fiscale, du besoin de disponibilité de l’épargne, des frais et du niveau de risque accepté.
Le PER présente une contrainte de disponibilité plus importante que l’assurance-vie, puisque l’épargne est en principe destinée à être conservée jusqu’à la retraite. En contrepartie, certains versements peuvent bénéficier d’une déduction fiscale à l’entrée. Cette déduction entraîne toutefois une fiscalité spécifique lors de la sortie.
Il est donc préférable de comparer les caractéristiques de chaque enveloppe plutôt que de considérer qu’un produit est systématiquement plus adapté qu’un autre.
Nouveauté PER 2026 : vue d'ensemble de ce qui change pour les épargnants
Depuis son lancement en 2019, le Plan d’Épargne Retraite a fait l’objet de plusieurs évolutions réglementaires et fiscales.
En 2026, de nouvelles mesures modifient notamment certains paramètres liés à la déduction fiscale des versements, au report des plafonds non utilisés et aux conditions applicables à certains versements selon l’âge du titulaire.
Ces changements peuvent avoir un impact sur la manière d’alimenter ou d’utiliser un PER. Ils doivent donc être examinés en fonction de la situation fiscale, de l’âge, de l’horizon de placement et des caractéristiques du contrat.
Pourquoi les règles du PER évoluent-elles en 2026 ?
Les évolutions du PER en 2026 résultent à la fois de la revalorisation de certains paramètres sociaux et de nouvelles dispositions fiscales.
Deux changements principaux sont à retenir :
- La revalorisation du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) : fixé à 48 060 euros en 2026, le PASS intervient dans le calcul de certains plafonds de déduction applicables aux versements volontaires sur un PER. Sa hausse entraîne donc une augmentation de ces plafonds.
- L’allongement du report des plafonds non utilisés : la loi de finances pour 2026 porte progressivement de trois à cinq ans la durée pendant laquelle un plafond de déduction non consommé peut être utilisé ultérieurement. En 2026, les reliquats disponibles restent toutefois ceux des années 2023, 2024 et 2025.
Ces évolutions modifient principalement les possibilités de déduction fiscale associées aux versements. Leur intérêt dépend toutefois de la situation fiscale de chaque épargnant et du plafond effectivement disponible.
Les trois changements clés du PER en 2026
Trois évolutions principales sont à retenir en 2026 :
- Un PASS porté à 48 060 euros : la revalorisation du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale entraîne une hausse de certains plafonds de déduction applicables aux versements volontaires sur un PER.
- Un report des plafonds non utilisés étendu de trois à cinq ans : la loi de finances pour 2026 allonge la durée pendant laquelle une fraction inutilisée du plafond de déduction peut être reportée. Cette évolution entre toutefois en vigueur progressivement selon l’année d’origine du plafond.
- La fin de la déductibilité des versements après 70 ans : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER lorsque le titulaire est âgé de 70 ans ou plus ne peuvent plus être déduits du revenu imposable.
Le déblocage anticipé pour l’acquisition de la résidence principale reste possible en 2026, mais il ne constitue pas une nouveauté de l’année.
Ces évolutions concernent principalement la fiscalité des versements volontaires. Leur impact dépend du plafond de déduction disponible, de l’âge du titulaire et de sa situation fiscale.
Réforme de l’épargne retraite : le Plan épargne retraite (PER) et ses points forts
Créé par la loi PACTE en 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) a remplacé progressivement plusieurs anciens produits d’épargne retraite.
Il se distingue notamment par la possibilité de regrouper différents dispositifs au sein d’une même enveloppe, par des règles de transfert harmonisées et par des modalités de sortie plus souples qu’auparavant.
Ses avantages et ses contraintes varient toutefois selon le type de PER, l’origine des sommes versées, la fiscalité choisie à l’entrée et les modalités de sortie.
Déduction des versements du revenu imposable
Les versements volontaires effectués sur un PER peuvent, au choix de l’épargnant, être déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond de déduction disponible.
En 2026, le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) est fixé à 48 060 euros, ce qui augmente certains plafonds de déduction applicables.
La loi de finances pour 2026 prévoit également l’allongement progressif de trois à cinq ans de la durée pendant laquelle un plafond de déduction non utilisé peut être reporté.
L’intérêt de la déduction dépend notamment de la tranche marginale d’imposition de l’épargnant. Plus celle-ci est élevée, plus l’économie d’impôt à l’entrée peut être importante.
Cette déduction a toutefois une contrepartie : lorsque les versements ont été déduits à l’entrée, la fiscalité applicable à la sortie est plus élevée.
En cas de sortie en capital :
- la part correspondant aux versements volontaires déduits est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu ;
- la part correspondant aux gains est en principe soumise au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, sauf option globale pour le barème progressif.
En cas de sortie en rente, la rente issue de versements volontaires déduits est imposée selon le régime applicable aux pensions de retraite, avec l’abattement fiscal prévu à ce titre.
Le choix de déduire ou non les versements doit donc être apprécié en tenant compte à la fois de la fiscalité à l’entrée et de celle applicable au moment de la sortie.
Prévoyance et garanties complémentaires du PER
Selon sa forme et les caractéristiques du contrat, un PER peut prévoir des garanties complémentaires de prévoyance.
Certains PER assurantiels peuvent notamment proposer des garanties en cas de décès, d’invalidité, de perte d’autonomie ou de perte d’emploi. Le contrat peut également prévoir, dans certaines situations, la prise en charge des cotisations ou le versement d’une prestation complémentaire.
Ces garanties sont facultatives et leur contenu varie selon les contrats. Elles peuvent également entraîner des frais supplémentaires. Il est donc nécessaire de vérifier précisément les risques couverts, les exclusions, les plafonds d’indemnisation et les conditions de mise en œuvre.
Certains PER assurantiels proposent également une garantie plancher, destinée à limiter la perte transmise aux bénéficiaires en cas de décès lorsque la valeur des supports a diminué. Son fonctionnement et son coût dépendent du contrat.
En cas de décès du titulaire, le traitement du PER dépend de sa forme :
- lorsqu’il s’agit d’un PER compte-titres, l’épargne est intégrée à la succession ;
- lorsqu’il s’agit d’un PER assurantiel, les sommes sont versées au ou aux bénéficiaires désignés selon les règles fiscales applicables aux contrats d’assurance.
Pour un PER assurantiel, un décès avant 70 ans peut permettre l’application d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire. Lorsque le décès intervient après 70 ans, un abattement global de 30 500 euros s’applique selon les règles prévues pour ce type de contrat.
La fiscalité successorale du PER doit donc être appréciée en tenant compte de la forme du plan, de l’âge du titulaire au décès et de la situation des bénéficiaires.
Possibilité de transférer un vieux contrat d’assurance vie sur un PER
Le dispositif fiscal temporaire permettant de transférer des sommes issues d’une assurance-vie vers un PER avec un avantage renforcé a pris fin le 31 décembre 2022.
Jusqu’à cette date, sous certaines conditions, le rachat d’un contrat d’assurance-vie de plus de 8 ans suivi d’un versement sur un PER permettait de bénéficier d’un doublement de l’abattement annuel applicable aux gains.
En 2026, il n’existe plus de transfert direct bénéficiant de ce régime particulier. Un épargnant peut toutefois effectuer un rachat partiel ou total de son assurance-vie, puis verser tout ou partie des sommes récupérées sur un PER.
Ces deux opérations restent fiscalement distinctes : le rachat de l’assurance-vie est soumis à la fiscalité applicable au contrat, tandis que le versement sur le PER peut, sous conditions et dans la limite du plafond disponible, être déduit du revenu imposable.
L’assurance-vie et le PER répondent également à des logiques différentes. L’épargne placée sur une assurance-vie reste en principe disponible à tout moment, alors que les sommes versées sur un PER sont normalement destinées à être conservées jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Avant de déplacer une partie de son épargne d’une enveloppe vers l’autre, il convient donc de comparer la fiscalité, les frais, l’horizon de placement et le besoin de disponibilité des fonds.
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Peut-on choisir de ne pas déduire ses versements sur un PER ?
Oui. La déduction fiscale des versements volontaires n’est pas obligatoire. L’épargnant peut choisir, au moment du versement, de renoncer à la déduction du revenu imposable.
Ce choix modifie la fiscalité applicable lors de la sortie du PER.
- Versements déduits à l’entrée : en cas de sortie en capital, la part correspondant aux versements est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Les gains sont soumis à la fiscalité applicable aux produits du PER.
- Versements non déduits à l’entrée : en cas de sortie en capital, la part correspondant aux versements volontaires est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Seuls les gains sont imposés.
En 2026, les gains issus d’une sortie en capital sont en principe soumis à un prélèvement global de 31,4 %, comprenant 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sous réserve des options fiscales applicables.
| Critère | Versements déduits à l’entrée | Versements non déduits à l’entrée |
|---|---|---|
| Avantage fiscal lors du versement | Déduction possible dans la limite du plafond disponible | Aucune déduction |
| Capital versé à la sortie | Soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu | Exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux |
| Gains à la sortie en capital | Imposés selon la fiscalité applicable aux produits du PER | Imposés selon la fiscalité applicable aux produits du PER |
| Choix à effectuer | Régime applicable en l’absence de renonciation | Renonciation à la déduction au moment du versement |
La non-déduction peut notamment être envisagée lorsque l’économie d’impôt à l’entrée est faible ou inexistante. Le choix doit toutefois être apprécié en tenant compte de la fiscalité actuelle de l’épargnant, de celle anticipée à la retraite et du mode de sortie envisagé.