PER retraite : tout comprendre pour bien préparer votre avenir en tant que chef d’entreprise

Ludovic Herschlikovitz
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Le PER (Plan d’Épargne Retraite) est un produit d’épargne de long terme destiné à se constituer un complément de revenus pour la retraite. Accessible aux salariés, indépendants, fonctionnaires et chefs d’entreprise, il permet d’épargner pendant sa vie active, avec une sortie possible en capital, en rente viagère ou en combinant les deux.

Pour un chef d’entreprise, le PER peut notamment permettre de compléter une pension de retraite parfois moins élevée que les revenus perçus pendant la vie active, tout en bénéficiant, sous conditions, d’un avantage fiscal sur les versements.

Comment fonctionne le PER retraite ?

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) permet d’épargner pendant sa vie active afin de disposer d’un capital ou d’une rente au moment de la retraite. Créé par la loi PACTE de 2019, il a notamment simplifié les anciens dispositifs d’épargne retraite en les regroupant au sein d’un cadre commun.

Il existe aujourd’hui trois formes de PER :

  • le PER individuel (PERIN), souscrit à titre personnel et accessible à toute personne majeure ;
  • le PER d’entreprise collectif (PERECO), proposé par une entreprise à ses salariés et destiné à remplacer progressivement le PERCO ;
  • le PER d’entreprise obligatoire (PERO), mis en place par l’employeur pour tout ou partie des salariés et qui succède notamment aux anciens contrats « article 83 ».

Le PER peut être alimenté de différentes manières selon sa forme : versements volontaires de l’épargnant, sommes issues de l’épargne salariale ou encore cotisations obligatoires versées par l’entreprise et/ou le salarié. Les versements volontaires peuvent, sous certaines conditions et dans certaines limites, être déduits du revenu imposable.

En principe, l’épargne reste investie jusqu’à la retraite. La loi prévoit toutefois plusieurs cas de déblocage anticipé, notamment en cas d’accident de la vie ou pour l’acquisition de la résidence principale, avec des règles qui varient selon l’origine des sommes versées.

Au moment de la retraite, les sommes issues des versements volontaires et de l’épargne salariale peuvent généralement être récupérées en capital, en rente viagère ou en combinant les deux. Les sommes provenant de cotisations obligatoires sont, quant à elles, en principe versées sous forme de rente.

Le PER individuel (PERin) : ouvert à tous

Le PER individuel, couramment désigné par le sigle PERin, est le seul des trois types de PER que toute personne peut ouvrir de sa propre initiative, quel que soit son statut professionnel. Salarié du secteur privé, travailleur non salarié (artisan, commerçant, profession libérale), fonctionnaire, demandeur d’emploi ou même personne sans activité : chacun peut souscrire un PERin auprès de l’établissement de son choix — compagnie d’assurance, banque ou gestionnaire d’actifs.

Il prend la suite du PERP et du contrat Madelin, fermés à la commercialisation depuis le 1er octobre 2020. Les titulaires de ces anciens contrats ont la possibilité de les consolider sur un PERin afin de bénéficier des conditions de sortie modernisées.

Le PERin repose sur des versements volontaires librement choisis par le titulaire. Ces versements sont, par défaut, déductibles du revenu imposable dans la limite des plafonds légaux annuels. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont toutefois plus déductibles. Il est également possible, pour les titulaires ne souhaitant pas bénéficier de cette déduction à l’entrée, d’opter pour un traitement fiscal plus favorable à la sortie.

  • Alimentation : versements volontaires libres et programmés
  • Gestion : gestion pilotée à horizon par défaut, ou gestion libre
  • Sortie : en capital (total ou fractionné), en rente viagère, ou les deux
  • Portabilité : le PERin peut recevoir des transferts depuis un PERCOL ou un PERO

Le PER collectif (PERCOL) : l'épargne retraite d'entreprise facultative

Le PER collectif (PERCOL) est un dispositif mis en place à l’initiative de l’employeur et ouvert aux salariés de l’entreprise. Dans les entreprises employant au moins un salarié et moins de 250 salariés, certains chefs d’entreprise et dirigeants peuvent également en bénéficier. Son adhésion est volontaire. Chaque salarié est libre d’y participer ou non, même si l’entreprise peut prévoir une adhésion automatique avec possibilité de renonciation.

Il prend la suite du PERCO, dont il reprend la logique collective tout en l’intégrant dans le cadre harmonisé issu de la loi PACTE. Les PERCO existants peuvent être transformés en PERCOL par l’entreprise ou transférés individuellement par chaque salarié.

Le PERCOL se distingue par la diversité de ses modes d’alimentation :

  • Versements volontaires du salarié (avec possibilité de déduction fiscale dans les mêmes conditions que le PERin)
  • Participation et intéressement : les sommes issues de ces dispositifs peuvent être versées sur le PERCOL, souvent en franchise d’impôt sur le revenu
  • Abondement de l’employeur : l’entreprise peut compléter les versements du salarié dans les limites fixées par la loi, ce qui constitue un avantage social direct
  • Jours de congés non pris : sous certaines conditions, des jours de repos peuvent être monétisés et versés sur le plan

La sortie en capital est possible par défaut à l’échéance retraite, ce qui le distinguait de l’ancien PERCO dans certaines configurations. Le PERCOL offre ainsi un cadre collectif avantageux, notamment grâce à l’abondement employeur qui constitue un levier d’épargne sans équivalent dans les dispositifs individuels.

Le PER d'entreprise obligatoire (PERO) : réservé à certaines catégories de salariés

Le PER obligatoire (PERO) est le troisième type de PER, souvent méconnu car il ne peut pas être souscrit à titre individuel. Il est mis en place par l’employeur — par accord collectif ou décision unilatérale — et réservé à une ou plusieurs catégories objectives de salariés définies dans l’acte de mise en place : cadres, cadres supérieurs, dirigeants salariés, ou toute autre catégorie délimitée selon des critères reconnus par le droit social.

Il succède aux anciens contrats dits « article 83 », dont il reprend la philosophie de couverture ciblée par catégorie, en modernisant les règles de portabilité et en l’intégrant dans l’architecture unifiée du PER.

Sa caractéristique fondamentale est l’adhésion obligatoire : tout salarié appartenant à la catégorie visée doit y cotiser, sans possibilité de refus. Cette contrainte est en partie compensée par les avantages collectifs du dispositif :

  • Cotisations obligatoires de l’employeur : l’entreprise verse des cotisations selon les modalités prévues lors de la mise en place du plan.
  • Cotisations salariales obligatoires : elles peuvent également être prévues selon les modalités fixées par l’accord ou l’acte de mise en place.
  • Déductibilité des cotisations : les cotisations obligatoires (part employeur et part salariale) bénéficient d’un traitement fiscal et social spécifique, encadré par les plafonds applicables

Contrairement au PERin et au PERCOL, la sortie du PERO s’effectue obligatoirement en rente viagère pour les sommes issues des cotisations obligatoires. La sortie en capital n’est pas possible pour ce compartiment, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi. En cas de départ de l’entreprise, le salarié conserve ses droits acquis et peut transférer son épargne vers un autre PER.

Le PERO répond à une logique de prévoyance collective ciblée : il permet à l’employeur de fidéliser et de compléter la retraite de certains profils de collaborateurs, tout en s’inscrivant dans le cadre harmonisé des PER issu de la loi PACTE.

Comment choisir son PER et à quel âge commencer à épargner ?

Ouvrir un Plan d’Épargne Retraite est une décision patrimoniale engageante sur le long terme. Deux questions se posent systématiquement : sur quels critères objectifs comparer les contrats disponibles sur le marché, et quel type de PER privilégier selon son statut professionnel ? La réponse varie notamment selon l’âge auquel on commence à épargner, le niveau de revenus et le statut professionnel de l’épargnant.

Les critères essentiels pour comparer les PER

Tous les PER ne se valent pas. Avant de souscrire, il est indispensable d’examiner plusieurs critères structurants qui influencent directement la performance nette de votre épargne sur la durée :

  • Les frais : les frais sur versements (prélevés à chaque dépôt), les frais de gestion annuels sur les unités de compte et, lorsqu’il est proposé, le fonds en euros, ainsi que les éventuels frais d’arbitrage entre supports sont les principaux postes à comparer. Un écart de quelques dixièmes de point par an peut représenter une différence significative sur un horizon de vingt ou trente ans.
  • La qualité et la diversité des supports d’investissement : selon le type de PER, différents supports peuvent être proposés : fonds en euros pour certains PER assurantiels, unités de compte, ETF, fonds actions, supports immobiliers ou obligataires. La gamme disponible doit permettre d’adapter l’allocation au profil de risque et à l’horizon de placement de l’épargnant.
  • La gestion pilotée à horizon : c’est le mode de gestion proposé par défaut du PER. Il consiste à orienter l’épargne vers des supports plus dynamiques lorsque la retraite est encore éloignée, puis à sécuriser progressivement l’allocation à mesure que l’échéance approche. La qualité de la gestion pilotée proposée — notamment les profils disponibles et la trajectoire de sécurisation — constitue donc un critère de comparaison pour les épargnants qui ne souhaitent pas gérer activement leur contrat.
  • L’opérateur et la qualité du service : assureur, banque, courtier en ligne ou autre intermédiaire : il est utile de comparer la qualité du service client, les outils de gestion proposés, l’accompagnement et l’accessibilité du contrat sur la durée.
  • Les options à la sortie : certains contrats offrent davantage de flexibilité dans les modalités de sortie, par exemple pour le fractionnement du capital ou les différentes options de rente. Ces éléments comptent d’autant plus que l’échéance de la retraite se rapproche.
  • L’adéquation avec votre horizon de placement : plus la retraite est éloignée, plus l’épargnant peut généralement envisager une exposition importante à des actifs présentant un risque de perte en capital. À mesure que l’échéance approche, il peut être pertinent de réduire progressivement ce niveau de risque, en fonction de sa situation et de son profil.

En pratique, il est recommandé de consulter les documents d’information et les conditions du contrat avant toute souscription afin de comparer notamment les frais, les risques, les supports et les modalités de gestion.

PER individuel ou PER d'entreprise : lequel privilégier selon votre situation ?

Le choix entre un PER individuel (PERin) et un PER d’entreprise (PERCOL ou PERO) dépend avant tout du statut du chef d’entreprise et des dispositifs auxquels il peut accéder. Les deux solutions peuvent d’ailleurs se compléter.

CritèrePER individuel (PERin)PER d’entreprise (PERCOL / PERO)
AccèsAccessible à titre individuel, quel que soit le statut professionnelAccessible aux bénéficiaires du dispositif mis en place par l’entreprise ; certains dirigeants peuvent également y être éligibles
Abondement de l’entrepriseNonPossible selon le dispositif, notamment dans le cadre d’un PERCOL
Épargne salarialePrincipalement alimenté par des versements volontaires, avec possibilité de transférer des droits issus d’autres PERPeut notamment recevoir l’intéressement, la participation ou certains droits issus d’un CET
Déduction des versements volontairesOui, dans la limite du plafond applicableOui, dans les conditions prévues pour les versements volontaires
Choix du contratLe titulaire choisit librement son PERLe dispositif est choisi et mis en place au niveau de l’entreprise
TransfertTransférable vers un autre PERTransférable vers un autre PER dans les conditions prévues par la réglementation

Pour un chef d’entreprise, le choix dépend avant tout de son statut et des dispositifs mis en place dans son entreprise.

Le PER individuel reste accessible indépendamment de l’existence d’un dispositif d’épargne retraite dans l’entreprise. Il peut notamment être utilisé par les travailleurs indépendants pour effectuer des versements volontaires et bénéficier, sous conditions, de leur déduction fiscale.

Le PER d’entreprise n’est, quant à lui, accessible au dirigeant que dans certaines situations. Le PERCOL est d’abord destiné aux salariés, mais certains chefs d’entreprise et dirigeants peuvent également en bénéficier, notamment dans les entreprises de moins de 250 salariés lorsque les conditions prévues sont remplies. Le PER obligatoire (PERO) concerne pour sa part les catégories de bénéficiaires définies lors de sa mise en place.

Lorsqu’un chef d’entreprise est éligible à un PER d’entreprise, il peut donc être pertinent de comparer ce dispositif avec un PER individuel, notamment en fonction de l’abondement éventuellement proposé par l’entreprise, des frais, des supports disponibles et de ses objectifs d’épargne retraite.

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Tout savoir sur le PER retraite : vos questions fréquentes

Quelle est la différence entre PER retraite et assurance-vie ?

Le PER et l’assurance-vie sont deux solutions d’épargne de long terme, mais ils répondent à des objectifs et à des logiques fiscales différents.

CritèrePER (Plan d’Épargne Retraite)Assurance-vie
Objectif principalPréparer spécifiquement sa retraiteÉpargner pour différents projets et préparer la transmission de son patrimoine
Disponibilité des fondsÉpargne en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas légaux de déblocage anticipéRachat possible à tout moment, selon les conditions du contrat
Avantage fiscal à l’entréeVersements volontaires déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond applicable, sous conditionsPas de déduction fiscale des versements
Fiscalité à la sortieDépend notamment de l’origine des sommes et de la déduction ou non des versements à l’entréeImposition des gains en cas de rachat, avec un régime fiscal plus favorable après huit ans, notamment grâce à un abattement annuel
Transmission au décèsRègles différentes selon qu’il s’agit d’un PER assurantiel ou d’un PER d’investissementPossibilité de désigner un ou plusieurs bénéficiaires, avec un régime fiscal spécifique
Modes de sortieCapital, rente viagère ou combinaison des deux selon l’origine des sommesRachats partiels ou total et possibilité, selon le contrat, d’une sortie en rente viagère

En résumé, le PER est particulièrement adapté à la préparation de la retraite et peut présenter un intérêt fiscal important pour les contribuables imposés qui déduisent leurs versements. L’assurance-vie offre davantage de disponibilité et peut répondre à des objectifs plus variés, notamment le financement de projets ou la transmission du patrimoine.

Les deux enveloppes ne sont donc pas nécessairement concurrentes : elles peuvent être utilisées conjointement en fonction des objectifs, de l’horizon de placement et de la situation fiscale de l’épargnant.

Quel est l'intérêt d'avoir un PER retraite en tant que TNS ou chef d'entreprise ?

Pour un TNS ou un chef d’entreprise, le PER permet de préparer sa retraite tout en bénéficiant, sous conditions, d’une déduction fiscale sur les versements volontaires. Les travailleurs indépendants disposent de règles de déduction spécifiques, qui peuvent être particulièrement intéressantes lorsque les revenus professionnels sont élevés.

Le PER individuel offre aussi une certaine souplesse : les versements peuvent être adaptés au niveau de revenus et l’épargne peut, à la retraite, être récupérée en capital ou en rente selon les sommes concernées. Il a ainsi progressivement remplacé les anciens contrats Madelin.

Peut-on transférer un ancien contrat retraite vers un PER ?

Oui. Les anciens produits d’épargne retraite comme le PERP, le contrat Madelin, le PERCO, certains contrats « article 83 » ou encore la Préfon peuvent être transférés vers un PER.

Le transfert permet notamment de regrouper son épargne retraite et de bénéficier des règles plus souples du PER, en particulier concernant les possibilités de sortie en capital. Des frais peuvent toutefois être appliqués selon l’ancien contrat et sa durée de détention.

Avant de transférer, il est utile de comparer les frais, les supports d’investissement et les éventuelles garanties de l’ancien contrat avec ceux du PER envisagé.

Quels sont les 3 types de PER retraite existants ?

Le Plan d’Épargne Retraite se décline en trois formes aux logiques d’accès et d’alimentation distinctes. Selon que vous êtes salarié, travailleur non salarié ou rattaché à une catégorie spécifique de personnel, les règles de souscription et de gestion diffèrent : le tableau ci-dessous permet d’identifier rapidement le dispositif applicable à votre situation.

Type de PERAncien produit remplacéQui peut y souscrire ?Mode de souscription
PER individuel (PERin)PERP, contrat MadelinToute personne (salarié, TNS, sans emploi…)Individuelle, auprès d’un assureur ou gestionnaire
PER collectif (PERCOL)PERCOSalariés de l’entreprise proposant le dispositifMise en place par l’employeur, adhésion volontaire
PER obligatoire (PERO)Contrat article 83Catégories définies de salariés dans l’entrepriseMise en place par l’employeur, adhésion obligatoire

Comment débloquer et sortir son PER à la retraite ?

Savoir comment récupérer son épargne au moment du départ constitue un enjeu central dans la gestion d’un PER retraite. La loi PACTE a profondément assoupli les conditions de sortie en élargissant la possibilité de récupérer l’épargne en capital, alors que les anciens dispositifs étaient plus contraignants. Vous pouvez choisir entre capital unique, capital fractionné, rente viagère ou une combinaison des deux. Les sections suivantes détaillent chacune des options disponibles et leurs implications fiscales.


Sortie en capital : récupérer son épargne en une fois ou de façon fractionnée

La sortie en capital permet de récupérer tout ou partie de l’épargne accumulée sur le PER sous forme de versements en numéraire. Elle est possible à compter de la liquidation des droits à la retraite ou de l’atteinte de l’âge légal de départ.

  • Capital unique : le titulaire demande le déblocage de l’intégralité des sommes disponibles en une seule fois. Cette option offre une liquidité immédiate mais génère une imposition concentrée sur une seule année fiscale, ce qui peut s’avérer pénalisant selon le niveau de revenus global.
  • Capital fractionné (rachats partiels programmatiques) : l’épargne est débloquée en plusieurs versements échelonnés dans le temps, à la fréquence choisie par le titulaire. Cette approche lisse la fiscalité sur plusieurs années et permet de piloter finement son complément de revenus à la retraite.
  • Sortie mixte : il est également possible de combiner une sortie partielle en capital et une rente viagère pour le solde, afin de concilier disponibilité immédiate et sécurisation d’un revenu garanti à vie.

Sur le plan fiscal, le traitement à la sortie en capital est directement lié au choix effectué à l’entrée : versements déduits ou non déduits. Les mécanismes précis, barème applicable et distinction entre capital et plus-values, sont détaillés dans la section consacrée à la fiscalité de la sortie en capital.

Sortie en rente viagère : recevoir un revenu régulier jusqu'à la fin de sa vie

La rente viagère consiste à convertir le capital accumulé en versements réguliers (mensuels, trimestriels ou annuels) versés par l’assureur jusqu’au décès du bénéficiaire. C’est la forme de sortie qui garantit le mieux contre le risque de longévité, c’est-à-dire le risque d’outlive ses économies.

Plusieurs options viennent moduler la rente de base :

  • Rente simple : versée exclusivement à l’assuré, elle s’arrête à son décès. Elle offre le montant de rente le plus élevé à capital équivalent.
  • Rente avec réversion : en cas de décès, une fraction de la rente (généralement entre 60 % et 100 %, selon les modalités choisies) est reversée au conjoint ou au partenaire désigné. En contrepartie, le montant initial de la rente est légèrement réduit.
  • Rente par paliers ou rente indexée : certains contrats proposent une rente dont le montant évolue dans le temps, à la hausse ou à la baisse, pour s’adapter aux besoins du retraité.
  • Rente avec annuités garanties : les versements sont garantis pendant une durée minimale, même en cas de décès prématuré ; les annuités restantes sont alors versées aux bénéficiaires désignés.

Fiscalement, le régime applicable à la rente dépend du traitement choisi à l’entrée : versements déduits ou non déduits. Les règles détaillées, notamment la distinction entre rente à titre gratuit et rente à titre onéreux, sont présentées dans la section dédiée à la fiscalité de la sortie en rente viagère.

Déblocage anticipé du PER avant la retraite : les cas autorisés

En dehors de l’échéance retraite, le PER est en principe un placement bloqué jusqu’à la liquidation des droits. La loi PACTE a cependant prévu des cas de déblocage anticipé permettant de récupérer son épargne avant cet horizon, sans pénalité contractuelle, dans des situations considérées comme exceptionnelles.

  • Acquisition de la résidence principale : il s’agit de l’unique cas de déblocage anticipé à caractère non accidentel. Il permet de mobiliser l’épargne du compartiment volontaire (et du compartiment salarial pour les sommes issues de l’épargne salariale) pour financer l’achat de sa résidence principale. La fiscalité applicable dépend de l’origine des versements.
  • Invalidité : l’invalidité du titulaire, de son conjoint ou partenaire de PACS, ou de ses enfants (reconnue au moins en deuxième ou troisième catégorie) permet un déblocage anticipé. La part correspondant aux versements est exonérée d’impôt sur le revenu, tandis que les gains restent soumis aux prélèvements sociaux.
  • Décès du conjoint ou du partenaire de PACS : le titulaire survivant peut débloquer son épargne de manière anticipée.
  • Surendettement : lorsque la commission de surendettement en fait la demande ou l’accepte, le déblocage peut être autorisé pour aider à l’apurement du passif.
  • Expiration des droits au chômage : la fin des allocations chômage après une période de chômage ouvre droit au déblocage anticipé du PER.
  • Cessation d’activité non salariée suite à liquidation judiciaire : les travailleurs indépendants confrontés à une liquidation judiciaire de leur activité peuvent récupérer leur épargne par anticipation.

Dans tous ces cas, il convient de fournir les justificatifs requis à l’assureur ou à l’établissement gestionnaire du PER. Le traitement fiscal varie selon le motif du déblocage et l’origine des sommes.

Quels sont les avantages et inconvénients du PER retraite ?

Produit de référence de l’épargne retraite depuis la loi PACTE, le PER retraite présente des atouts réels mais aussi des contraintes qu’il convient d’évaluer avant de s’engager. Cette analyse est particulièrement utile pour les chefs d’entreprise qui souhaitent anticiper une éventuelle baisse de revenus au moment de la retraite. Vous trouverez ci-dessous un tour complet des avantages et des inconvénients du PER, pour vous aider à décider si ce placement correspond à votre situation.

Les principaux avantages du PER

  • Déductibilité fiscale des versements : les sommes versées sur un PER individuel sont déductibles du revenu imposable, dans la limite des plafonds légaux en vigueur pour 2026. Pour les travailleurs non salariés (TNS), ce plafond peut atteindre jusqu’à 88 911 €. Cet avantage est particulièrement significatif pour les contribuables fortement imposés, comme de nombreux chefs d’entreprise. 
  • Flexibilité à la sortie : le PER a considérablement assoupli les possibilités de sortie par rapport aux anciens produits d’épargne retraite. Selon l’origine des sommes, il permet notamment de choisir entre une sortie en capital, une rente viagère ou une combinaison des deux.

  • Portabilité entre produits : le PER permet de regrouper l’ensemble de son épargne retraite en transférant les anciens contrats (PERP, Madelin, article 83, PERCO) vers un seul et même plan, simplifiant ainsi la gestion du patrimoine.

  • Cas de déblocage anticipé : la loi encadre plusieurs situations exceptionnelles permettant de récupérer les fonds avant l’échéance retraite, dont l’achat de la résidence principale. Cette souplesse atténue le caractère bloqué du placement et est détaillée dans la section dédiée ci-après.
  • Transmission en cas de décès : en cas de décès avant le dénouement du plan, le capital constitué peut être transmis aux bénéficiaires désignés, dans des conditions fiscales qui dépendent du type de PER (assurantiel ou bancaire) et de l’âge au décès.
  • Gestion pilotée par défaut : le PER propose une gestion pilotée à horizon, qui sécurise progressivement l’épargne à l’approche de la retraite, convenant aux épargnants qui ne souhaitent pas gérer activement leurs investissements.

Les inconvénients et limites du PER à connaître

  • Indisponibilité des fonds jusqu’à la retraite : hors situations exceptionnelles légalement encadrées, l’épargne reste immobilisée jusqu’à la liquidation des droits. Cette contrainte de liquidité doit être mise en regard de l’avantage fiscal à l’entrée, qui constitue en quelque sorte la contrepartie de ce blocage.
  • Fiscalité à la sortie : l’avantage fiscal accordé à l’entrée est en partie « repris » à la sortie. Les sommes retirées en capital ou en rente sont soumises à l’impôt sur le revenu (pour la part correspondant aux versements déduits) et aux prélèvements sociaux (pour les plus-values). Il convient d’anticiper la tranche marginale d’imposition probable au moment de la retraite pour s’assurer que l’arbitrage fiscal reste favorable.
  • Complexité des régimes fiscaux selon les compartiments : le PER est divisé en trois compartiments (versements volontaires, épargne salariale, cotisations obligatoires), chacun obéissant à des règles fiscales distinctes à la sortie. Cette architecture peut être difficile à appréhender sans accompagnement.
  • Des frais variables selon les contrats : les frais sur versements, frais de gestion et frais d’arbitrage diffèrent sensiblement d’un établissement à l’autre. Sur le long terme, ces coûts peuvent éroder significativement la performance du capital constitué.
  • Rente viagère et perte du capital : lorsque la sortie en rente est choisie, le capital n’est plus transmissible aux héritiers (sauf option réversion). En cas de décès prématuré après le dénouement, l’épargne accumulée peut donc ne pas bénéficier à la succession.
  • Rendement non garanti sur les unités de compte : si le PER offre accès à des supports en unités de compte potentiellement plus performants, ces derniers comportent un risque de perte en capital. Seul le fonds en euros (lorsqu’il est disponible dans le contrat) offre une garantie du capital.
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