Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a publié le 11 juin 2026 son rapport annuel sur les évolutions et les perspectives du système français de retraite à l’horizon 2070. Dans son scénario de référence, le COR projette un déficit durable du système sur l’ensemble de la période.
En 2025, le système de retraite était déficitaire de 5,1 milliards d’euros, soit 0,2 point de PIB, hors charges et produits financiers.
Ces projections reposent sur de nouvelles hypothèses démographiques de l’Insee, notamment une fécondité de 1,45 enfant par femme à partir de 2028, un solde migratoire annuel de +150 000 personnes et des gains d’espérance de vie légèrement revus à la baisse.
Le Conseil d'orientation des retraites (COR) : role et independance
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) est une instance indépendante et pluraliste d’expertise et de concertation, créée en 2000 et placée auprès du Premier ministre. Il est chargé d’analyser les perspectives à moyen et long terme du système français de retraite.
Ses travaux portent notamment sur l’équilibre financier des régimes, le montant des pensions, l’âge de départ, la durée d’assurance ou encore la situation des retraités. Chaque année, le COR publie un rapport sur les évolutions et les perspectives du système de retraite afin d’éclairer le débat public et les choix en matière de politique des retraites.
Le COR ne décide pas des réformes et ne fournit pas de conseils personnalisés aux assurés sur leur propre situation.
Le Conseil d’orientation des retraites remplit plusieurs missions officielles definies par les textes qui l’instituent :
- Décrire et analyser la situation financière du système de retraite, en s’appuyant sur des données actualisées régulièrement.
- Produire des projections à long terme sur l’évolution des dépenses, des ressources et des équilibres financiers des différents régimes de retraite.
- Évaluer l’adéquation du système au regard de ses objectifs : niveau de vie des retraités, équité entre générations et entre régimes, viabilité financière.
- Remettre des rapports périodiques au Parlement, au gouvernement et aux partenaires sociaux, garantissant ainsi la transparence et l’information de tous les acteurs concernés.
- Animer le débat en organisant des échanges entre experts, représentants des salariés et des employeurs, et pouvoirs publics, afin de dégager des diagnostics partagés.
En tant qu’instance indépendante, le COR construit un cadre d’analyse partagé entre tous les acteurs du système : c’est aux décideurs politiques qu’il revient d’en tirer les orientations et d’assumer les arbitrages.
Recul progressif de l’âge moyen de départ à la retraite
Selon les projections du COR, l’âge conjoncturel de départ à la retraite passerait de 63,1 ans en 2025 à environ 64,6 ans à partir des années 2040.
Cette hausse s’explique notamment par les réformes successives de l’âge d’ouverture des droits et de la durée d’assurance nécessaire pour bénéficier du taux plein. Entre 2040 et 2070, l’âge de départ se stabiliserait ensuite autour de 64,6 ans
Augmentation de l’espérance de vie à 65 ans en 2070
Selon le scénario démographique central retenu par le COR en 2026, l’espérance de vie à 65 ans atteindrait 26,3 ans pour les femmes et 24,4 ans pour les hommes en 2070. Ces projections sont légèrement inférieures à celles du rapport 2025, qui retenait respectivement 26,7 ans et 24,8 ans.
Cette évolution a un effet direct sur les projections financières du système de retraite : à âge de départ inchangé, une espérance de vie plus élevée allonge la durée moyenne de versement des pensions. Le COR souligne d’ailleurs que ses projections financières sont sensibles aux hypothèses retenues en matière de mortalité et d’espérance de vie.
Une durée de retraite qui repartirait à la hausse pour les jeunes générations
Selon les projections du COR, la durée moyenne passée à la retraite diminuerait pour certaines générations nées dans les années 1960, sous l’effet notamment du recul de l’âge de départ. Elle augmenterait ensuite de nouveau pour les générations plus jeunes, principalement sous l’effet des gains d’espérance de vie.
Dans le scénario central, la génération 2000 passerait ainsi près de 27 années à la retraite en moyenne. Le COR souligne toutefois que cette projection dépend fortement des hypothèses retenues en matière de mortalité et d’espérance de vie.
Taux de remplacement et niveau de vie des retraites : quelles perspectives ?
Le COR projette une diminution du taux de remplacement au fil des générations. Cet indicateur correspond au rapport entre la pension nette perçue au moment du départ à la retraite et les derniers revenus d’activité nets.
Pour le cas type d’un salarié non-cadre du secteur privé partant au taux plein, le taux de remplacement se situe autour de 75 % pour les générations nées au milieu des années 1950. Il diminuerait progressivement pour atteindre environ 69 % pour la génération 2000.
La tendance est également à la baisse pour d’autres profils. Pour un fonctionnaire sédentaire de catégorie B, le taux de remplacement se stabiliserait autour de 56 % à partir des générations nées à la fin des années 1970. Pour un cadre du secteur privé, il serait encore plus faible à long terme.
Cette évolution ne signifie pas nécessairement une baisse du pouvoir d’achat des retraités en valeur absolue. Elle traduit surtout une pension représentant une part plus faible du dernier revenu d’activité.
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Ces projections sont susceptibles d’évoluer en fonction des évolutions démographiques, économiques et réglementaires au cours des prochaines décennies. Elles permettent néanmoins de mieux comprendre les grandes tendances qui pourraient affecter le système de retraite français et le niveau futur des pensions.