À la retraite, l’assurance-vie peut servir à compléter ses revenus de deux façons principales : transformer son capital en rente viagère ou effectuer des retraits réguliers sur le contrat.
La rente viagère garantit un revenu versé jusqu’au décès, mais implique en principe de renoncer à la disponibilité du capital. Les retraits réguliers offrent davantage de souplesse et permettent de conserver une épargne disponible, mais leur durée dépend du capital restant et de son évolution.
Alors, quelle solution privilégier à la retraite ? Rente viagère ou retraits programmés : chacune présente des avantages et des limites qu’il convient de comparer selon votre situation.
Assurance-vie : choisir entre rente viagère et retraits réguliers
À l’approche de la retraite, l’épargne accumulée sur un contrat d’assurance-vie peut être utilisée pour compléter ses revenus. Deux solutions principales sont possibles : effectuer des retraits réguliers, sous forme de rachats partiels, ou transformer tout ou partie du capital en rente viagère.
Ces deux options répondent à des objectifs différents. La rente viagère permet de percevoir un revenu jusqu’au décès, tandis que les retraits réguliers permettent de conserver une plus grande disponibilité du capital. Le choix dépend donc notamment de vos besoins de revenus, de votre âge, de votre patrimoine et de vos objectifs de transmission.
Voyons les avantages et les limites de chacune de ces solutions.
Définition et principe de fonctionnement
Une rente viagère est un revenu versé périodiquement jusqu’au décès de son bénéficiaire, appelé crédirentier. Contrairement à des retraits programmés, son versement n’est donc pas limité à une durée fixée à l’avance.
Dans le cadre d’une assurance-vie, le souscripteur peut convertir le capital constitué sur son contrat en rente viagère. L’assureur s’engage alors à lui verser un revenu régulier, généralement mensuel, trimestriel ou annuel, pendant toute sa vie. Le risque de longévité est ainsi transféré à l’assureur : même si le bénéficiaire vit longtemps, la rente continue d’être versée.
Le montant de la rente dépend notamment :
du capital converti ;
de l’âge du bénéficiaire au moment de la conversion et des tables de mortalité applicables ;
du taux technique éventuellement prévu par le contrat ;
des options choisies, par exemple une réversion au conjoint ou des annuités garanties.
En contrepartie de ce revenu garanti à vie, la conversion du capital en rente est en principe définitive : le capital utilisé pour constituer la rente n’est plus disponible sous forme de rachat. Les conséquences exactes dépendent toutefois des garanties et options prévues au contrat.
Retrait régulier et rente : deux options diamétralement opposées
La rente viagère et les retraits réguliers répondent à deux logiques différentes.
Avec une rente viagère, le capital converti n’est en principe plus disponible : en contrepartie, l’assureur s’engage à verser un revenu jusqu’au décès du bénéficiaire, quelle que soit sa durée de vie. Le capital utilisé pour constituer la rente ne peut généralement plus être récupéré ni transmis aux bénéficiaires du contrat.
Certains contrats proposent toutefois des options de protection, comme la réversion au conjoint ou des annuités garanties. Elles permettent de maintenir tout ou partie des versements au profit d’un bénéficiaire en cas de décès prématuré. En contrepartie, ces garanties réduisent généralement le montant initial de la rente.
Avec des retraits réguliers, le capital reste investi sur le contrat et demeure disponible tant qu’il n’a pas été entièrement consommé. Le souscripteur peut ajuster le montant et la fréquence des rachats et conserver une épargne susceptible d’être transmise aux bénéficiaires en cas de décès. En revanche, aucun revenu à vie n’est garanti : des retraits importants ou une évolution défavorable des supports investis peuvent conduire à épuiser progressivement le capital.
Le choix dépend donc principalement de l’objectif recherché : sécuriser un revenu à vie avec la rente viagère ou conserver davantage de souplesse et de disponibilité avec les retraits réguliers.
Un comparatif des deux solutions pour mieux comprendre
Le choix de la rente
Prenons l’exemple d’un assuré âgé de 65 ans disposant de 200 000 € sur son contrat d’assurance-vie. S’il choisit de convertir son capital en rente viagère, le montant versé dépendra notamment de son âge, des conditions prévues par le contrat, des tables de mortalité utilisées, du taux technique éventuel et des options choisies, comme une réversion au conjoint.
La rente bénéficie d’une fiscalité spécifique. Lorsqu’elle est perçue pour la première fois entre 60 et 69 ans, seuls 40 % de son montant sont soumis à l’impôt sur le revenu. Cette même fraction est également soumise aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %.
Ainsi, pour une rente annuelle de 7 280 € à titre purement illustratif, 2 912 € seraient soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Le montant d’impôt effectivement payé dépend ensuite de la situation fiscale du contribuable.
Le choix des retraits
Prenons maintenant le cas d’un souscripteur qui choisit de conserver son assurance-vie et d’effectuer des rachats réguliers pour compléter ses revenus à la retraite.
Contrairement à la rente viagère, le capital reste investi sur le contrat et diminue progressivement au rythme des retraits. Son évolution dépend notamment du montant retiré chaque année, du rendement des supports, des frais du contrat et de la fiscalité applicable. Il n’est donc pas possible de déterminer à l’avance la durée pendant laquelle le capital permettra de financer ces retraits sans fixer précisément ces hypothèses.
Sur le plan fiscal, seule la part de gains comprise dans chaque rachat est imposable. Pour un contrat détenu depuis plus de 8 ans, le souscripteur bénéficie en outre d’un abattement annuel sur ces gains de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. La fiscalité applicable au-delà de cet abattement dépend notamment de la date des versements effectués sur le contrat.
L’avantage des retraits réguliers est donc de conserver la disponibilité du capital restant, qui peut continuer à évoluer sur le contrat et, s’il subsiste au décès, être transmis aux bénéficiaires. En contrepartie, contrairement à une rente viagère, aucun revenu n’est garanti jusqu’à la fin de la vie.
Dans de nombreuses situations, les retraits réguliers apparaissent plus souples que la rente viagère. Ils permettent de conserver la disponibilité du capital, d’adapter le montant des retraits à ses besoins et de préserver, tant que le contrat n’est pas épuisé, une épargne transmissible aux bénéficiaires.
La rente viagère conserve néanmoins un avantage majeur : elle garantit un revenu jusqu’au décès, même si le bénéficiaire vit très longtemps. Elle peut donc être pertinente pour les retraités qui privilégient avant tout la sécurité d’un revenu à vie et qui n’ont pas besoin de conserver leur capital disponible.
En pratique, les retraits réguliers seront souvent privilégiés lorsque l’objectif est de conserver de la flexibilité et un capital transmissible, tandis que la rente répond davantage à un besoin de sécurisation du revenu sur toute la durée de la retraite.