Rachat de trimestres : fonctionnement, coût et barème en 2025

Ludovic Herschlikovitz
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Rachat de trimestres
 
Certains assurés arrivent à la retraite sans avoir validé le nombre de trimestres nécessaire pour percevoir leur pension à taux plein. Dans cette situation, il est possible de procéder à un rachat de trimestres : une démarche volontaire consistant à verser des cotisations supplémentaires pour que des périodes non cotisées soient prises en compte par l’Assurance retraite.
 
Ce dispositif ne convient pas à toutes les situations. Son intérêt dépend de l’âge, du niveau de revenu, de l’écart entre la durée validée et la durée requise, et de la situation fiscale de chaque personne. Cet article présente les règles applicables en 2025.
Information préalable : les éléments présentés ici ont un caractère purement informatif. Ils ne constituent pas un conseil personnalisé. Pour évaluer l’intérêt d’un rachat de trimestres dans votre situation, il est recommandé de consulter l’Assurance retraite ou un conseiller en retraite.

 

Trimestre cotisé, assimilé ou racheté : quelles différences ?

Avant d’envisager un rachat, il est indispensable de comprendre les différentes catégories de trimestres qui composent la durée d’assurance. Ces catégories n’ont pas le même statut et n’ouvrent pas les mêmes droits.

Trimestre cotisé

Un trimestre est dit « cotisé » lorsqu’il correspond à une période au cours de laquelle l’assuré a effectivement travaillé et versé des cotisations au régime d’assurance vieillesse. Ces trimestres sont pris en compte pour tous les dispositifs de retraite, y compris la retraite anticipée pour carrière longue.

Trimestre assimilé

Certaines périodes pendant lesquelles l’assuré n’a pas travaillé permettent néanmoins de valider des trimestres : chômage indemnisé, maladie, maternité, invalidité, service militaire. Ces trimestres sont dits « assimilés ». Ils entrent dans le calcul de la durée d’assurance totale mais ne sont pas considérés comme cotisés pour la retraite anticipée pour carrière longue.

Trimestre racheté

Un trimestre racheté est un trimestre résultant d’un versement volontaire de cotisations (VPR) pour des périodes non cotisées (études, années incomplètes, stages). Il intègre la durée d’assurance totale, mais ne compte pas comme trimestre cotisé.
 
À ce titre, il n’ouvre pas droit à la retraite anticipée pour carrière longue.
Avant tout rachat, vérifier la nature exacte de ses trimestres sur son relevé de situation individuelle (RIS) est une étape indispensable.
 

Pourquoi la question du rachat de trimestres se pose-t-elle en 2025 ?

La réforme des retraites de 2023 a modifié progressivement les conditions d’accès à la retraite à taux plein. Pour les assurés nés à compter de 1966, la durée de cotisation requise est désormais fixée à 172 trimestres (soit 43 ans de cotisation). Cette durée s’applique progressivement selon la génération, conformément au calendrier prévu par la loi.
 
En pratique, plusieurs événements de vie peuvent conduire à un déficit de trimestres : études longues sans cotisation, périodes de chômage non indemnisé, activité à temps très partiel, congé parental non cotisé, reconversion professionnelle, ou encore début de carrière tardif. Ces situations sont fréquentes et concernent un nombre significatif d’assurés.
 
Le rachat de trimestres constitue l’un des leviers disponibles pour combler partiellement ce déficit. Il ne s’agit pas de la seule option : le recul de l’âge de départ, le cumul emploi-retraite ou d’autres dispositifs peuvent également être envisagés selon la situation. Le rachat mérite d’être évalué en connaissance de ses mécanismes, de son coût réel et de ses limites.
 

Qu’est-ce que le rachat de trimestres ?

Le rachat de trimestres, officiellement désigné sous le terme versement pour la retraite (VPR), permet à un assuré de verser volontairement des cotisations au régime d’assurance vieillesse afin que des périodes pendant lesquelles il n’a pas cotisé soient prises en compte lors de la liquidation de sa pension.
Ces versements peuvent agir sur deux paramètres distincts du calcul de la retraite de base :
  • Le taux de liquidation : la pension est calculée en appliquant un taux au salaire annuel moyen. Ce taux est de 50 % lorsque l’assuré atteint le taux plein, et diminue de 1,25 % par trimestre manquant en cas de départ avant d’avoir atteint la durée requise (décote). Le rachat peut réduire ou supprimer cette décote.
  • La durée d’assurance : la pension est ensuite pondérée par un prorata calculé en divisant la durée d’assurance validée par la durée requise. Un rachat au titre de la durée augmente ce prorata et donc le montant brut de la pension.
Ces deux effets sont distincts. C’est pourquoi deux options de rachat existent, avec des coûts différents.
 

Décote et surcote : comment elles impactent la pension

Le taux plein à 50 %

La retraite de base est calculée selon la formule suivante :
Pension = SAM × Taux de liquidation × (Durée validée / Durée requise)
où le SAM (salaire annuel moyen) correspond à la moyenne des 25 meilleures années de revenus, plafonnés au PASS chaque année.
Le taux plein est de 50 %. Il est atteint soit en validant la durée requise (172 trimestres pour les nés après 1966), soit en atteignant l’âge d’annulation automatique de la décote (67 ans pour le régime général).

La décote : un coefficient d’abattement permanent

Lorsqu’un assuré part à la retraite sans avoir atteint la durée requise et avant 67 ans, une décote est appliquée. Elle correspond à une réduction permanente du taux de liquidation, calculée comme suit :
1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (soit une décote maximale de 25 %, ramenant le taux de 50 % à 37,5 %).
Exemple chiffré : un assuré ayant validé 164 trimestres sur 172 requis présente un déficit de 8 trimestres. Sa décote est de 8 × 1,25 % = 10 %. Son taux de liquidation est donc de 45 % au lieu de 50 %. Cette réduction s’applique à vie sur l’ensemble des pensions versées.

La surcote : une majoration pour les trimestres travaillés au-delà du seuil

À l’inverse, un assuré qui continue de travailler après avoir atteint la durée requise et après 67 ans bénéficie d’une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé. Cette majoration augmente définitivement le taux de liquidation au-delà de 50 %. La surcote ne peut pas être obtenue via un rachat de trimestres : elle récompense uniquement les trimestres travaillés.

 

Quelles périodes peuvent être rachetées ?

La CNAV distingue plusieurs catégories de périodes éligibles au rachat.

Années d’études supérieures

Les périodes d’enseignement supérieur peuvent être rachetées si elles ont été accomplies dans l’un des établissements suivants : un établissement d’enseignement supérieur, une grande école, une classe préparatoire aux grandes écoles, une école technique supérieure, ou une classe post-baccalauréat de lycée. Les études doivent avoir conduit à l’obtention d’un diplôme. L’admission dans une grande école est assimilée à un diplôme.
Les études menées dans un pays de l’Espace économique européen, en Suisse, ou dans un pays lié à la France par une convention internationale de sécurité sociale sont également éligibles.
 
Chaque période de 90 jours consécutifs d’études correspond à 1 trimestre rachetable. Lorsqu’une période de 90 jours s’étend sur deux années civiles, l’assuré peut choisir sur laquelle des deux années les trimestres sont imputés.

Stages en entreprise dans le cadre d’études supérieures

Les stages accomplis en entreprise à partir du 15 mars 2015, dans le cadre d’un cursus d’enseignement supérieur, peuvent donner lieu à un rachat dans la limite de 2 trimestres. Le stage doit être rémunéré et d’une durée minimale de 2 mois consécutifs.
 
La demande doit être déposée avant le 31 décembre de l’année des 30 ans de l’assuré. Les trimestres rachetés à ce titre sont pris en compte uniquement pour le calcul du taux de liquidation, et non pour la durée d’assurance.

Années de travail incomplètes

Il s’agit des années au cours desquelles l’assuré n’a pas validé les 4 trimestres attendus, faute d’un salaire ou revenu suffisant. Ces périodes peuvent faire l’objet d’un versement complémentaire de cotisations pour atteindre le nombre de trimestres non validés.

Autres situations spécifiques

D’autres situations peuvent ouvrir droit à un versement volontaire : périodes de travail pénal, périodes exercées en tant que tierce personne bénévole auprès d’un proche invalide, inscription sur la liste des sportifs de haut niveau, ou encore activité d’assistant maternel exercée entre 1975 et 1990. Ces cas obéissent à des règles propres. Le site de L’Assurance retraite recense l’ensemble des cas éligibles.
 

Qui peut effectuer un rachat de trimestres ?

Pour bénéficier du rachat de trimestres dans le cadre du régime général, les conditions suivantes doivent être réunies :
  • Avoir entre 20 et 66 ans à la date de la demande (source : Service-Public.fr) ;
  • Ne pas avoir liquidé sa pension de retraite auprès de l’Assurance retraite ;
  • Pour le rachat d’années d’études supérieures : l’Assurance retraite doit être la première caisse de retraite à laquelle l’assuré a cotisé après ses études. 
Le rachat de trimestres est ouvert aux salariés du secteur privé, aux travailleurs indépendants et aux fonctionnaires, mais selon des règles et des barèmes différents selon le régime d’appartenance. Les fonctionnaires relevant de la CNRACL ou du Service des retraites de l’État (SRE) doivent se rapprocher de leur caisse spécifique.
 

Les deux options de rachat

Au moment de la demande, l’assuré choisit entre deux options qui n’ont pas le même impact sur la pension ni le même coût. Ce choix est définitif.

Option 1 : rachat au titre du taux seul

Cette option agit uniquement sur le taux de liquidation. Elle permet de réduire, voire de supprimer, la décote applicable si l’assuré part avant d’avoir atteint la durée requise. Elle n’a pas d’effet sur la durée d’assurance prise en compte pour le calcul du prorata de pension.
C’est l’option la moins coûteuse. Elle peut convenir aux assurés dont la durée d’assurance validée est proche de la durée requise, et qui souhaitent principalement éviter une décote.

Option 2 : rachat au titre du taux et de la durée d’assurance

Cette option agit sur deux paramètres simultanément : le taux de liquidation et la durée d’assurance. Elle permet donc d’améliorer non seulement le taux appliqué à la pension, mais également le prorata utilisé pour son calcul.
Son coût est plus élevé (environ 50 % de plus que l’option 1 pour un même âge et un même revenu). Elle peut être pertinente pour les assurés dont la durée validée est significativement inférieure à la durée requise, et pour lesquels l’effet sur la durée d’assurance produirait un gain mesurable sur la pension mensuelle.
 Option 1 — Taux seulOption 2 — Taux et durée
Effet sur le taux de liquidationOuiOui
Effet sur la durée d’assuranceNonOui
Coût relatifMoins élevéPlus élevé
Intérêt principalSupprimer la décoteAugmenter le montant de la pension
 

Quel est le coût du rachat de trimestres en 2025 ?

Le barème du rachat de trimestres est fixé chaque année par arrêté de la CNAV. Depuis 2014, les taux et montants de base n’ont pas évolué. Seuls les seuils de revenus sont actualisés chaque année, car ils sont indexés sur le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). En 2025, le PASS est fixé à 47 100 €.

Les trois tranches de revenus applicables en 2025

Le coût d’un trimestre est calculé à partir de la moyenne annuelle des salaires ou revenus des trois dernières années précédant la demande, répartie en trois tranches :
TrancheSeuil de revenu annuel (2025)
Tranche 1Inférieur à 35 325 € (75 % du PASS)
Tranche 2Entre 35 325 € et 47 100 € (75 % à 100 % du PASS)
Tranche 3Supérieur à 47 100 € (au-delà du PASS)
  • En tranche 1, le coût est un montant fixe en euros selon l’âge.
  • En tranche 2, le coût est un pourcentage du revenu annuel selon l’âge.
  • En tranche 3, le coût est à nouveau un montant fixe en euros, plus élevé qu’en tranche 1.

Barème 2025 — Option 1 : taux seul

ÂgeTranche 1 (< 35 325 €)Tranche 2 (35 325 – 47 100 €)Tranche 3 (> 47 100 €)
20 ans1 055 €3,80 % du revenu1 407 €
25 ans1 219 €4,39 % du revenu1 625 €
30 ans1 487 €5,35 % du revenu1 983 €
35 ans1 771 €6,38 % du revenu2 361 €
40 ans2 065 €7,43 % du revenu2 753 €
45 ans2 366 €8,52 % du revenu3 154 €
50 ans2 672 €9,62 % du revenu3 563 €
55 ans2 980 €10,73 % du revenu3 973 €
60 ans3 275 €11,79 % du revenu4 367 €
62 ans3 383 €12,18 % du revenu4 510 €
65 ans3 129 €11,27 % du revenu4 172 €
66 ans3 044 €10,96 % du revenu4 059 €
Source : CNAV, circulaire du 13 janvier 2025, barème applicable pour les demandes déposées en 2025.
À noter : le coût diminue légèrement à partir de 63 ans. Cette particularité est liée au mode de calcul actuariel du barème, qui tient compte de la durée résiduelle de cotisation avant l’âge limite de 66 ans.

Barème 2025 — Option 2 : taux et durée d’assurance

ÂgeTranche 1 (< 35 325 €)Tranche 2 (35 325 – 47 100 €)Tranche 3 (> 47 100 €)
20 ans1 564 €5,63 % du revenu2 085 €
25 ans1 806 €6,50 % du revenu2 408 €
30 ans2 204 €7,93 % du revenu2 938 €
35 ans2 624 €9,45 % du revenu3 499 €
40 ans3 060 €11,02 % du revenu4 080 €
45 ans3 506 €12,62 % du revenu4 674 €
50 ans3 960 €14,26 % du revenu5 279 €
55 ans4 416 €15,90 % du revenu5 888 €
60 ans4 854 €17,48 % du revenu6 472 €
62 ans5 013 €18,05 % du revenu6 684 €
65 ans4 637 €16,70 % du revenu6 183 €
66 ans4 512 €16,24 % du revenu6 015 €
Source : CNAV, circulaire du 13 janvier 2025.
Le barème complet pour tous les âges de 20 à 66 ans est disponible dans l’espace personnel sur lassuranceretraite.fr via le simulateur de rachat de trimestres.
 

Tarif réduit pour les moins de 40 ans : une fenêtre à ne pas manquer

Depuis la réforme des retraites de 2023, il est possible de racheter des trimestres d’années d’études supérieures à un tarif préférentiel jusqu’au 31 décembre de l’année des 40 ans de l’assuré. Cette disposition a élargi la période d’éligibilité au tarif réduit, qui s’appliquait auparavant uniquement jusqu’à la 10e année suivant la fin des études.
 
De même, pour les stages en entreprise, la demande à tarif préférentiel peut désormais être déposée jusqu’au 31 décembre de l’année des 30 ans (contre la 2e année suivant la fin du stage auparavant).
 
Ces deux fenêtres temporelles sont importantes à connaître. Passé ces seuils d’âge, le coût du rachat augmente sensiblement et l’intérêt financier de l’opération diminue mécaniquement.
 

Fiscalité : le rachat de trimestres est-il déductible des impôts ?

Les sommes versées pour racheter des trimestres sont intégralement déductibles du revenu imposable au titre de l’année du versement. Cette déduction s’effectue sur le revenu global et s’impute sur la case 6DD de la déclaration de revenus annuelle.

Un avantage fiscal qui dépend de la TMI

L’économie fiscale réelle est proportionnelle à la tranche marginale d’imposition (TMI) de l’assuré. Plus la TMI est élevée, plus le coût net du rachat est réduit. Voici des exemples d’ordre de grandeur :
TMIVersement de rachatÉconomie fiscale estiméeCoût net
11 %3 000 €~330 €~2 670 €
30 %3 000 €~900 €~2 100 €
41 %3 000 €~1 230 €~1 770 €
45 %3 000 €~1 350 €~1 650 €
Ces estimations sont indicatives et ne tiennent pas compte d’éventuels plafonnements ou de situations fiscales particulières.
Le dispositif peut donc être plus ou moins attractif selon la situation fiscale de chaque personne. Un assuré peu ou pas imposable bénéficiera d’un avantage fiscal limité.

Paiement échelonné et optimisation fiscale

Le versement peut être effectué au comptant (en une seule fois) ou échelonné sur plusieurs années. L’étalement permet de lisser la déduction fiscale sur plusieurs exercices et d’optimiser l’impact sur le revenu imposable de chaque année concernée.
Point de vigilance : si le montant versé en une année dépasse le revenu brut déclaré de cette même année, la déduction ne peut pas créer de déficit fiscal reportable. Il est conseillé d’anticiper cette situation avant de procéder au versement, notamment en cas de versement comptant portant sur plusieurs trimestres.
 

Comment évaluer l’intérêt d’un rachat de trimestres ?

La décision de racheter des trimestres engage des sommes parfois conséquentes pour un gain en pension dont la durée de perception est incertaine. L’évaluation de l’intérêt du rachat repose sur une analyse au cas par cas.

Les paramètres à prendre en compte

  1. L’impact effectif sur la pension mensuelle Un rachat au titre du taux seul supprime ou réduit la décote. Mais si d’autres facteurs pèsent sur la pension (salaire de référence faible, carrière très discontinue), l’effet sur le montant mensuel peut rester limité. Il est utile de simuler la pension avec et sans rachat avant de s’engager.
  2. L’âge prévu de départ à la retraite Le rachat peut permettre d’envisager un départ plus tôt en atteignant le taux plein. Ce départ anticipé modifie la durée de perception de la pension et peut avoir un effet positif sur la pension totale perçue sur l’ensemble de la retraite.
  3. La durée de récupération du coût Le surcoût lié au rachat n’est amorti qu’après un certain nombre d’années de perception de la pension majorée. Cette durée de récupération, souvent appelée « point mort », dépasse généralement 10 à 15 ans selon les situations. Elle doit être comparée à l’espérance de vie et à l’état de santé de l’assuré.
  4. La situation fiscale Comme présenté plus haut, la déductibilité du versement peut réduire significativement le coût net réel du rachat pour les assurés fortement imposés.
  5. Le cumul de plusieurs actions Le rachat de trimestres peut s’inscrire dans une stratégie plus large incluant d’autres dispositifs : épargne retraite (PER), rachat de points Agirc-Arrco, optimisation de la date de départ. Ces éléments méritent d’être mis en cohérence.

Un exemple d’illustration

Un assuré de 45 ans, avec un revenu annuel moyen de 42 000 € (tranche 2), souhaite racheter 4 trimestres en option 2 (taux et durée). D’après le barème 2025, le coût par trimestre est de : 42 000 × 12,62 % = 5 300 €. Le coût total pour 4 trimestres est donc d’environ 21 200 € avant avantage fiscal.
Avec une TMI à 30 %, l’économie fiscale représente environ 6 360 €, ramenant le coût net à environ 14 840 €.
Si le rachat lui permet de percevoir 100 € de pension mensuelle supplémentaire, le point mort sera atteint après environ 148 mois (soit 12,3 ans). Ces chiffres sont purement illustratifs et ne constituent pas une projection personnalisée.
Rappel : toute simulation doit être réalisée avec les données personnelles réelles de l’assuré. L’Assurance retraite met à disposition un simulateur gratuit accessible via l’espace personnel sur lassuranceretraite.fr.
 

Ce que le rachat de trimestres ne permet pas

Il est important de connaître les limites du dispositif pour ne pas en surestimer la portée.
  • Le rachat de trimestres ne donne pas accès à la retraite anticipée pour carrière longue : Ce dispositif, réservé aux assurés ayant commencé à travailler avant 20 ans, exige des trimestres cotisés avant cet âge. Les trimestres rachetés ne répondent pas à cette condition et ne sont pas pris en compte pour ce critère.
  • Il n’agit pas sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco : Le rachat de trimestres concerne uniquement la retraite de base du régime général. Pour améliorer sa pension complémentaire, un rachat de points spécifique auprès de l’Agirc-Arrco est possible, mais il s’agit d’une démarche distincte, avec ses propres règles et tarifs.
  • Il ne remplace pas une épargne retraite complémentaire : Le rachat de trimestres agit uniquement sur la retraite de base obligatoire. Il ne se substitue pas à la constitution d’une épargne retraite volontaire (PER individuel, PERCO, assurance vie), qui reste un levier complémentaire pour compenser une éventuelle perte de revenus à la retraite.
 

Comment effectuer la demande de rachat ?

Pour les salariés du secteur privé relevant du régime général

La démarche se déroule en plusieurs étapes auprès de l’Assurance retraite (CNAV ou Carsat selon la région) :

Étape 1 — Simulation préalable

Avant toute demande, il est recommandé d’utiliser le simulateur en ligne « Simuler le coût d’un rachat de trimestres » disponible dans l’espace personnel sur lassuranceretraite.fr. Ce service permet d’obtenir une estimation personnalisée du coût selon le motif de rachat, l’âge, le revenu et le nombre de trimestres souhaités. Plusieurs simulations peuvent être réalisées avant de s’engager.

Étape 2 — Téléchargement et envoi du formulaire

Une fois la décision prise, l’assuré télécharge le formulaire correspondant à son motif de rachat (études supérieures, stages, années incomplètes). Ce formulaire peut être transmis :
  • via la messagerie sécurisée de l’espace personnel (service « Transmettre mon formulaire »),
  • ou par voie postale à la caisse régionale compétente (Carsat ou Assurance retraite Île-de-France selon la situation géographique).

Étape 3 — Paiement

Le règlement peut s’effectuer en une seule fois (comptant) ou de façon échelonnée. Le choix du mode de paiement doit tenir compte des implications fiscales mentionnées précédemment.

Pour les fonctionnaires et agents publics

Les règles diffèrent selon le corps et le régime :
  • Les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers s’adressent à la CNRACL.
  • Les fonctionnaires d’État relèvent du Service des retraites de l’État (SRE).
  • Les militaires disposent de leur propre régime.
Les barèmes applicables et les conditions d’éligibilité sont spécifiques à chaque régime.

Pour les travailleurs indépendants

Les travailleurs indépendants (ex. : artisans, commerçants, professions libérales) s’adressent à leur caisse de retraite de référence. Depuis 2020, la plupart relèvent du régime général via la Sécurité sociale des indépendants (SSI), intégrée à la CNAV. Les modalités de rachat peuvent présenter des particularités selon la date d’exercice de l’activité et le régime antérieur.
 

Ce qu’il faut retenir

  • Le versement pour la retraite (VPR) est un versement volontaire permettant de racheter jusqu’à 12 trimestres maximum pour des périodes non cotisées.
  • Il existe trois catégories de trimestres (cotisé, assimilé, racheté) : seuls les trimestres cotisés ouvrent droit à la retraite anticipée pour carrière longue.
  • Le coût dépend de l’âge, du niveau de revenu et de l’option choisie (taux seul ou taux et durée).
  • Le barème CNAV est inchangé depuis 2014 dans ses taux ; seuls les seuils de revenus (indexés sur le PASS à 47 100 € en 2025) sont actualisés chaque année.
  • Les stages en entreprise bénéficient d’un tarif forfaitaire d’environ 471 € par trimestre en 2025, indépendant de l’âge et des revenus.
  • Les sommes versées sont déductibles du revenu imposable sans plafond.
  • La fenêtre optimale pour racheter se situe entre 25 et 45 ans.
  • Avant tout rachat, vérifier son RIS sur info-retraite.fr est une étape indispensable.
  • Le rachat ne se justifie pas si le taux plein est déjà acquis ou si le point mort est hors de portée.
Avertissement : les informations contenues dans cet article sont issues de sources officielles (CNAV, Service-Public.fr, L’Assurance Retraite) et reflètent les règles applicables en 2025. Elles ont un caractère général et informatif. Elles ne constituent pas un conseil juridique, fiscal ou financier personnalisé. Les situations individuelles étant variables, il est recommandé de consulter l’Assurance retraite ou un conseiller compétent avant toute décision.
 
Sources officielles consultées :

Questions fréquentes sur les rachats de trimestres

Puis-je racheter des trimestres si j'ai déjà le taux plein ?

Non, cela n'aurait aucun effet sur votre pension. Si vous avez déjà validé le nombre de trimestres requis pour le taux plein, un rachat n'améliore ni votre taux de liquidation (déjà à 50 %) ni votre prorata (déjà à 100 %). Il serait sans bénéfice et constituerait une dépense inutile.

Pas automatiquement. Le rachat peut vous permettre d'atteindre la durée requise pour le taux plein, évitant ainsi de prolonger votre activité uniquement pour supprimer une décote. Mais il ne vous donne pas accès à la retraite anticipée pour carrière longue, qui exige des trimestres cotisés avant 20 ans.

L'option 1 (taux seul) agit uniquement sur la décote : elle réduit ou supprime l'abattement appliqué à votre taux de liquidation. L'option 2 (taux et durée) agit en plus sur la durée d'assurance, ce qui augmente directement le montant mensuel de votre pension. L'option 2 coûte environ 50 % de plus que l'option 1 pour le même âge et revenu. Le choix est définitif.

Oui. Le VPR peut être réglé en une seule fois (comptant) ou de façon échelonnée sur plusieurs années. L'étalement permet d'optimiser la déduction fiscale sur plusieurs exercices. Attention : la déductibilité s'applique à l'année du versement effectif, et non à l'année de la demande.

Le rachat de trimestres améliore votre pension de retraite de base obligatoire à vie, mais le versement est définitif : il n'est pas récupérable en cas de décès avant la retraite. Le PER est une épargne volontaire en capitalisation : le capital est transmissible, récupérable en cas d'accident de vie, mais soumis au risque marché si investi en unités de compte. Les deux dispositifs sont déductibles fiscalement à l'entrée, avec des plafonds différents.

12 trimestres au total, toutes périodes et motifs confondus (études supérieures, stages, années incomplètes).

Cela dépend du pays. Si vous avez travaillé dans un pays lié à la France par une convention de sécurité sociale ou dans l'Espace économique européen, vos périodes peuvent être prises en compte via des mécanismes de totalisation. Pour des pays hors convention, un rachat de cotisations peut être possible selon les conditions propres à chaque régime. Il est recommandé de consulter la caisse compétente.

Non. Une fois le formulaire traité et le versement effectué, la décision est irréversible. Aucun remboursement n'est possible. C'est pourquoi il est fortement conseillé d'utiliser le simulateur officiel et de se faire accompagner par un conseiller avant de s'engager.

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