Avantage du PERCO : fiscalité, atouts et limites du PER collectif

Ludovic Herschlikovitz
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avantage perco

Le PERCO (plan d’épargne pour la retraite collectif) a longtemps été le dispositif de référence permettant aux salariés de se construire une épargne retraite grâce aux sommes versées par leur entreprise. Depuis la loi PACTE, ce produit n’est plus commercialisé et a été remplacé par le PER collectif, qui en reprend la plupart des mécanismes tout en les faisant évoluer.

Entre abondement de l’employeur, fiscalité avantageuse à l’entrée, modalités de sortie en capital ou en rente, et quelques limites à connaître avant d’y investir, cet article détaille point par point les avantages du PERCO et de son successeur, avec des chiffres précis lorsqu’ils sont disponibles.

Perco ou per collectif : de quoi parle-t-on exactement ?

Le PERCO était un plan d’épargne salariale dédié à la retraite, alimenté par l’intéressement, la participation, des versements volontaires du salarié et un abondement de l’employeur. Le PER collectif (ou PERCOL) est le dispositif qui lui a succédé : il fonctionne sur des principes proches, avec des règles de sortie et de transférabilité modernisées. Pour un salarié qui découvre son épargne salariale aujourd’hui, il s’agit presque toujours d’un PER collectif, même si le terme PERCO reste largement utilisé par habitude.

Autre évolution notable : là où la mise en place d’un PERCO supposait que l’entreprise dispose déjà d’un plan d’épargne entreprise (PEE), le PER collectif peut être ouvert seul. Une simplification qui a nettement élargi l’accès du dispositif aux petites structures.

Percol, percol, perco : une même confusion fréquente

Il n’est pas rare de croiser les orthographes « percol », « PERCOL » ou « PER COL » dans les recherches des épargnants. Ces variantes désignent toutes le même produit : le PER collectif. Cette confusion vient simplement de la contraction du nom complet du dispositif, et aucune de ces appellations ne correspond à un produit distinct du PER collectif actuel.

Pourquoi le perco a été remplacé par le per collectif en 2020

La loi PACTE a réformé en profondeur l’épargne retraite en France. Elle a mis fin à la commercialisation des PERCO à compter du 1er octobre 2020, au profit du PER collectif. Les PERCO ouverts avant cette date ne disparaissent pas pour autant : ils continuent de fonctionner normalement, et les sommes qui y sont déjà placées restent gérées selon les règles applicables à ce plan.

Les avantages du perco pour le salarié

Pour un salarié, le PERCO (et son successeur le PER collectif) présente plusieurs atouts qui en font un outil d’épargne salariale pertinent pour préparer sa retraite sans effort d’épargne personnel important.

Un complément de retraite financé par l'épargne salariale

Le premier avantage tient à son mode d’alimentation : les sommes issues de l’intéressement et de la participation peuvent être directement affectées au plan plutôt que perçues immédiatement. Le salarié transforme ainsi une prime ponctuelle en épargne de long terme, sans effort financier supplémentaire, ce qui en fait un levier particulièrement accessible pour se créer un complément de revenu à la retraite.

L'abondement de l'employeur, un gain immédiat

Lorsque l’entreprise propose un abondement, chaque euro versé par le salarié peut être complété par l’employeur, dans certaines limites. Cet abondement est plafonné : il ne peut pas dépasser trois fois le versement du salarié, ni excéder 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 7 689,60 € en 2026.
 

Ce mécanisme procure un gain immédiat et direct pour le salarié, comparable à une augmentation de rémunération fléchée vers l’épargne retraite.

Une fiscalité attractive à l'entrée

Les sommes issues de l’intéressement et de la participation investies dans le plan bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu à l’entrée. L’abondement versé par l’employeur est lui aussi exonéré d’impôt sur le revenu pour le salarié, dans la limite du plafond applicable. Cet avantage fiscal à l’entrée, particulièrement favorable, distingue le PERCO et le PER collectif d’une épargne classique, où les sommes placées auraient d’abord été imposées comme un revenu.

Avantage du perco pour l'employeur

Proposer ce dispositif d’épargne salariale, PERCO ou PER collectif, n’est pas qu’un avantage pour le salarié : l’entreprise y trouve également un intérêt direct, notamment grâce à l’abondement employeur qu’elle peut moduler. Ce dispositif est un levier de fidélisation et d’attractivité des talents, particulièrement apprécié dans un contexte de concurrence sur le recrutement. Il permet aussi de renforcer la politique de rémunération globale sans augmenter uniquement le salaire fixe.

Sur le plan financier, les sommes versées au titre de l’abondement bénéficient d’un régime social et fiscal avantageux pour l’entreprise, sous réserve du respect des plafonds en vigueur. Elles sont exonérées de cotisations sociales patronales et salariales, seules la CSG et la CRDS restent dues, au taux de 9,7 %, et sont déductibles du résultat imposable de l’entreprise.
 
Le forfait social est par ailleurs supprimé sur l’abondement pour les entreprises de moins de 50 salariés, et ramené à 16 % sur le PER collectif lorsque l’épargne par défaut est investie dans un fonds comportant au moins 10 % de titres éligibles au PEA-PME.
 

L’entreprise participe ainsi à la préparation de la retraite de ses salariés tout en optimisant sa politique de rémunération globale.

Perco et per collectif : fiscalité des versements et de la sortie

La fiscalité du PERCO et du PER collectif, c’est-à-dire les impôts applicables aux versements et à la sortie, distingue clairement le traitement des versements volontaires et celui de la sortie du plan.

Versement volontaire perco : quelle déduction fiscale ?

Les versements volontaires du salarié sont déductibles du revenu imposable par défaut, dans la limite de 10 % des revenus professionnels de l’année précédente. Ce plafond est encadré par deux bornes : il ne peut pas dépasser 37 680 € pour un versement réalisé en 2026, et un plancher de 4 710 € est garanti aux revenus les plus modestes. Cette déductibilité permet de réduire l’impôt sur le revenu l’année du versement, en contrepartie d’un blocage des sommes jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.
 
Le salarié peut aussi renoncer à cet avantage en optant pour la non-déductibilité : ses versements ressortiront alors exonérés d’impôt sur le revenu à la sortie.

Fiscalité à la sortie : rente ou capital

Au moment de la sortie, la fiscalité dépend de l’origine des sommes et du mode de sortie choisi.

Origine des sommesSortie en capitalSortie en rente viagère
Épargne salariale (intéressement, participation, abondement)Capital exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; plus-values exonérées d’IR mais soumises aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 %Régime des rentes viagères à titre onéreux : fraction imposable selon l’âge (70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans), prélèvements sociaux de 18,6 % sur cette même fraction
Versements volontaires déduits à l’entréeCapital réintégré au barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 % ; plus-values soumises au PFU de 31,4 %Régime des rentes viagères à titre gratuit : imposition comme une pension de retraite, avec abattement de 10 %
Versements volontaires non déduitsCapital exonéré d’impôt sur le revenu ; plus-values soumises au PFU de 31,4 %Régime des rentes viagères à titre onéreux (même barème que ci-dessus)

Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le taux global des prélèvements sociaux sur les revenus du capital est passé de 17,2 % à 18,6 %, portant mécaniquement le prélèvement forfaitaire unique de 30 % à 31,4 %.

Les inconvénients et limites du perco à connaître

Malgré ses atouts, le PERCO comporte des contraintes qu’il convient de connaître avant d’y verser des sommes importantes.

  • Les fonds sont en principe bloqués jusqu’au départ à la retraite, ce qui limite la disponibilité de l’épargne en cas de besoin imprévu.
  • Le rendement du PERCO dépend des supports choisis et peut rester limité, notamment sur les supports les plus prudents.
  • Le salarié dépend des choix de l’employeur : existence du dispositif, niveau d’abondement et gamme de supports proposés varient d’une entreprise à l’autre.
  • En cas de changement d’employeur, le transfert ou la gestion du plan nécessite des démarches à anticiper.

Sortie du perco : capital ou rente, comment récupérer son épargne ?

Les sommes placées sur un PERCO sont en principe bloquées jusqu’au départ à la retraite du titulaire. Passé ce cap, le salarié peut demander la liquidation de ses droits selon les modalités prévues par le règlement de son plan.

Les cas de déblocage anticipé du perco

La loi prévoit plusieurs situations permettant de débloquer l’épargne avant la retraite, sans attendre l’échéance normale du plan :

Cas de déblocage anticipéPERCOPER collectif

Acquisition de la résidence principale

✓✓
Invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou partenaire de Pacs✓✓
Décès du conjoint ou du partenaire de Pacs✓✓
Surendettement✓✓
Expiration des droits à l’assurance chômage✓✓
Remise en état de la résidence principale endommagée par une catastrophe naturelle✓—
Cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire—✓
À noter : l’expiration des droits à l’assurance chômage vise également le mandataire social qui ne dispose plus de contrat de travail ni de mandat social depuis au moins deux ans. Le décès du titulaire, quant à lui, n’est pas un cas de déblocage à proprement parler : il entraîne la clôture du plan et le versement de l’épargne aux ayants droit.

Versement perco après la retraite : rente ou capital ?

Une fois à la retraite, le choix du mode de sortie appartient au salarié, dans la limite des options prévues par son plan. Les droits peuvent être liquidés sous forme de capital, versé en une ou plusieurs fois, ou sous forme de rente viagère, versée régulièrement jusqu’au décès. Ce choix doit être mûrement réfléchi, car il conditionne à la fois la fiscalité applicable et la façon dont l’épargne sera consommée au fil de la retraite.

Avantage PERCO : questions fréquentes

Quels sont les inconvénients du perco ?

Le principal inconvénient est le blocage des fonds jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé. Le rendement peut également rester limité selon les supports choisis, et le salarié dépend des choix faits par son employeur en matière d’abondement et de gamme de placements.

Seuls les versements volontaires du salarié peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels de l’année précédente**, soit un maximum de 37 680 € pour un versement réalisé en 2026, avec un plancher garanti de 4 710 €. Les sommes issues de l’intéressement, de la participation ou de l’abondement bénéficient quant à elles d’une exonération d’impôt à l’entrée, sans mécanisme de déduction supplémentaire.

Oui, dans les cas de déblocage anticipé prévus par la loi : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint ou partenaire de Pacs, surendettement et expiration des droits au chômage. Deux cas sont propres à chaque dispositif : la remise en état du logement après une catastrophe naturelle n’existe que sur le PERCO, tandis que la cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire est réservée au PER collectif. En dehors de ces situations, les fonds restent bloqués jusqu’au départ à la retraite.

Le capital issu de l’épargne salariale (intéressement, participation, abondement) est exonéré d’impôt sur le revenu. Seules les plus-values correspondantes supportent les prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % depuis 2026. La règle est différente pour les versements volontaires : s’ils ont été déduits à l’entrée, le capital est réintégré au barème de l’impôt sur le revenu et les plus-values sont soumises au PFU de 31,4 %. En cas de sortie en rente, l’épargne salariale relève du régime des rentes viagères à titre onéreux, tandis que les versements volontaires déduits relèvent du régime des pensions de retraite.

Tout salarié de l’entreprise peut en bénéficier, dès lors que celle-ci a mis en place le dispositif. Certaines entreprises conditionnent l’accès à une ancienneté minimale, mais celle-ci ne peut pas excéder trois mois. Dans les entreprises de 1 à 249 salariés, le plan est également ouvert au chef d’entreprise, aux mandataires sociaux, ainsi qu’au conjoint collaborateur ou associé.

Le plan peut être alimenté par l’intéressement, la participation, l’abondement de l’employeur et des versements volontaires que le salarié réalise directement. Le salarié peut combiner ces sources selon ses objectifs et sa capacité d’épargne.

Le salarié est généralement informé via le livret d’épargne salariale remis par l’employeur, qui présente les caractéristiques du plan, les modalités d’abondement et les supports disponibles. Ce document reste la référence à consulter pour comprendre précisément les règles applicables dans son entreprise.

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