
Le Plan d’épargne retraite (PER) est une solution d’épargne de long terme destinée à préparer la retraite. Les versements volontaires peuvent, sous certaines conditions et dans la limite du plafond disponible, être déduits du revenu imposable, ce qui peut procurer un avantage fiscal aux épargnants imposables.
En contrepartie, l’épargne placée sur un PER est en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf dans certains cas de déblocage anticipé prévus par la loi. La fiscalité applicable au moment de la sortie dépend également de la nature des versements et du choix d’avoir ou non bénéficié de la déduction fiscale à l’entrée.
Le PER ne convient donc pas nécessairement à tous les profils. Avant d’y investir, plusieurs critères doivent être examinés, notamment la fiscalité, l’horizon de placement et le besoin de disponibilité de l’épargne.
Voici les trois principaux facteurs à prendre en compte pour déterminer si le PER est adapté à votre situation.
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Le Plan d’épargne retraite (PER) est une solution avantageuse pour se constituer une épargne en vue de la retraite, tout en allégeant sa fiscalité. Toutefois, ce support présente certaines spécificités qui expliquent son inadéquation avec certains profils d’épargnants. Voici les trois facteurs clés à prendre en considération pour évaluer la pertinence d’investir sur un PER.
L’imposition du foyer
Les sommes versées volontairement sur un PER sont en principe bloquées jusqu’à la retraite, sauf dans les cas de déblocage anticipé prévus par la loi, notamment pour l’acquisition de la résidence principale ou en cas d’accident de la vie.
Les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond de déduction disponible. L’avantage fiscal dépend donc notamment de la tranche marginale d’imposition (TMI) du contribuable : plus celle-ci est élevée, plus l’économie d’impôt potentielle est importante.
Par exemple, un versement déductible de 1 000 € effectué en 2026 réduit le revenu imposable de 1 000 €. À situation inchangée, l’économie d’impôt théorique atteint ainsi 110 € pour une TMI de 11 % et 450 € pour une TMI de 45 %.
Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER à compter du 70e anniversaire du titulaire ne sont toutefois plus déductibles du revenu imposable.
Pour les foyers non imposables ou faiblement imposés, l’avantage fiscal à l’entrée est faible, voire inexistant. Il peut alors être pertinent de comparer le PER avec des placements plus liquides, comme les livrets, l’assurance-vie ou le plan d’épargne en actions (PEA), selon l’objectif poursuivi et le niveau de risque accepté.
Il reste néanmoins possible d’effectuer des versements volontaires sur un PER en renonçant à leur déduction fiscale. Cette option entraîne une fiscalité différente lors de la sortie du plan.
Le plafond de déduction fiscale : règles et limites à connaître
Il n’est pas toujours pertinent de placer sur un PER l’intégralité d’un capital important, par exemple issu d’un héritage ou de la cession d’un bien immobilier.
D’une part, la diversification permet de répartir son épargne entre plusieurs supports et de limiter l’exposition à un même placement. D’autre part, les versements volontaires sur un PER ne sont déductibles du revenu imposable que dans la limite du plafond d’épargne retraite disponible.
Pour les versements effectués en 2026, le plafond de déduction applicable à un salarié correspond au montant le plus élevé entre :
- 10 % des revenus professionnels de 2025, nets de cotisations sociales et de frais professionnels, dans la limite de 37 680 € ;
- 4 710 €, lorsque ce montant est plus favorable.
Le plafond effectivement disponible peut également intégrer les plafonds de déduction non utilisés des années précédentes. Depuis 2026, les reliquats peuvent être reportés pendant 5 ans, sous réserve des règles applicables.
Pour connaître le montant dont il dispose, l’épargnant peut consulter la rubrique « Plafond épargne retraite » de son avis d’impôt. L’avis établi en 2026 indique notamment le plafond applicable aux cotisations versées en 2026.
La fraction des versements dépassant le plafond disponible n’est pas déductible du revenu imposable.
Est-il intéressant d'ouvrir un PER à 60 ans ?
Ouvrir un PER à 60 ans peut encore présenter un intérêt, notamment pour une personne toujours en activité. La pertinence de cette stratégie dépend surtout du nombre d’années restant avant la retraite, de la tranche marginale d’imposition au moment des versements et de la fiscalité anticipée à la sortie. Le PER peut donc rester adapté à certains profils, à condition d’examiner leur situation fiscale et leur horizon de placement.
L'horizon restant : un facteur déterminant
Plus l’horizon de placement est court, plus la stratégie d’investissement sur un PER doit être adaptée. À 60 ans, si le départ à la retraite est prévu dans quelques années, le temps disponible pour faire fructifier le capital est plus limité.
Cela implique notamment :
- d’adapter le niveau de risque à l’échéance : à l’approche de la retraite, l’épargne peut être progressivement orientée vers des supports moins risqués afin de limiter l’exposition aux fluctuations des marchés ;
- de ne verser que des sommes dont vous n’aurez pas besoin à court terme, puisque l’épargne du PER reste en principe bloquée jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage anticipé prévus par la loi ;
- de mettre en balance l’avantage fiscal obtenu à l’entrée avec la durée de placement restante et la fiscalité applicable à la sortie.
Si le départ à la retraite reste éloigné de plusieurs années, l’horizon de placement plus long peut laisser davantage de temps au capital pour évoluer et renforcer l’intérêt potentiel du PER.
TMI actuelle et TMI anticipée à la retraite : le cœur du calcul
L’intérêt fiscal du PER dépend en grande partie de l’écart entre votre tranche marginale d’imposition (TMI) au moment des versements et celle que vous anticipez à la retraite.
Lorsque les versements volontaires sont déduits du revenu imposable, ils procurent une économie d’impôt immédiate. En contrepartie, lors d’une sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, tandis que les gains sont soumis à leur propre fiscalité.
| Situation fiscale | Intérêt potentiel du PER à 60 ans | Commentaire |
|---|---|---|
| TMI actuelle élevée et TMI anticipée à la retraite plus faible | Élevé | L’écart de TMI peut renforcer l’intérêt fiscal de la déduction à l’entrée. |
| TMI actuelle et TMI anticipée proches | À évaluer | L’avantage fiscal lié au différentiel de taux est plus limité ; les frais, la durée de placement et le rendement prennent davantage d’importance. |
| TMI actuelle faible ou nulle | Plus limité | La déduction procure peu ou pas d’économie d’impôt immédiate. D’autres placements peuvent être plus adaptés. |
| TMI anticipée à la retraite supérieure à la TMI actuelle | À examiner avec prudence | La fiscalité à la sortie peut réduire, voire neutraliser, l’avantage obtenu lors des versements. |
À 60 ans, le différentiel de TMI peut être favorable lorsque les revenus professionnels sont plus élevés que les revenus attendus à la retraite. Cette situation n’est toutefois pas systématique : il convient d’estimer sa fiscalité future avant d’effectuer des versements importants sur un PER.
Peut-on verser sur un PER après la retraite ?
Il est possible de continuer à effectuer des versements sur un PER individuel après avoir liquidé ses droits à la retraite.
Cette stratégie peut conserver un intérêt dans certaines situations, notamment pour les retraités qui disposent encore de revenus imposables significatifs. Jusqu’à 70 ans, les versements volontaires peuvent rester déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond disponible.
Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à compter du 70e anniversaire du titulaire ne sont toutefois plus déductibles du revenu imposable.
Le PER peut également conserver un intérêt dans une logique patrimoniale ou de transmission, mais les conséquences fiscales dépendent du type de contrat, de l’âge du titulaire et des modalités de sortie.
L’intérêt de poursuivre les versements après la retraite doit donc être apprécié au cas par cas, en tenant compte de la fiscalité, de l’âge du titulaire et de ses objectifs patrimoniaux.
L'expérience et la flexibilité du contrat : des critères pratiques à ne pas négliger
Les frais et la qualité des supports d’investissement constituent des critères essentiels pour comparer les PER, mais d’autres éléments pratiques méritent également d’être examinés.
La simplicité de gestion du contrat, la qualité de l’espace client, la facilité à effectuer des versements ou des arbitrages et les possibilités de transfert vers un autre gestionnaire peuvent faire une réelle différence au fil du temps.
Souvent sous-estimés au moment de la souscription, ces critères influencent pourtant directement la souplesse et le confort d’utilisation du PER pendant toute la durée de détention.
Facilité d'ouverture et qualité du suivi au quotidien
La souscription d’un PER peut s’effectuer en agence ou entièrement en ligne selon les établissements. Les offres digitales permettent de réaliser une grande partie des démarches à distance, y compris la transmission des justificatifs nécessaires. Pour les épargnants souhaitant effectuer un versement avant la fin de l’année afin de bénéficier, le cas échéant, de la déduction fiscale correspondante, la simplicité du parcours de souscription constitue un critère à prendre en compte.
Une fois le contrat ouvert, la qualité des outils de gestion facilite le suivi de l’épargne. Avant de souscrire, plusieurs éléments peuvent être examinés :
- l’accessibilité de l’espace personnel : permet-il de consulter l’encours, les versements effectués et les performances des supports ?
- les possibilités d’arbitrage : les changements d’allocation peuvent-ils être réalisés facilement et, le cas échéant, directement en ligne ?
- la programmation des versements : est-il possible de mettre en place, modifier ou suspendre des versements réguliers de manière simple ?
- la qualité du service client : quels moyens de contact et d’accompagnement sont proposés ?
- la clarté de l’information : les relevés, informations sur les frais et documents relatifs aux supports d’investissement sont-ils facilement accessibles ?
L’organisme gestionnaire doit par ailleurs communiquer chaque année certaines informations sur le PER, notamment l’évolution de l’épargne, les performances des investissements et les conditions de transfert du plan.
Un suivi régulier permet enfin d’adapter l’allocation du PER à son horizon de placement et à son profil de risque. En gestion pilotée, l’épargne est en principe progressivement orientée vers des supports moins risqués à l’approche de la retraite.
La portabilité et les conditions de transfert
L’un des atouts du PER instauré par la loi PACTE est sa portabilité. En cas de changement d’employeur, l’épargne accumulée peut être conservée ou transférée vers un autre PER, individuel ou d’entreprise. Il est également possible de transférer un PER individuel vers un autre établissement.
Ce droit permet notamment de regrouper son épargne retraite ou de changer de gestionnaire lorsque les frais, les supports proposés ou la qualité du contrat ne sont plus satisfaisants.
| Critère de transfert | Ce qu’il faut vérifier | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Frais de transfert | Frais appliqués par l’établissement quitté | Le transfert est gratuit après 5 ans de détention. Avant 5 ans, les frais sont plafonnés à 1 % de l’encours. |
| Délai de transfert | Délais annoncés par les établissements concernés | Les délais de traitement peuvent varier selon les organismes et la nature du contrat transféré. |
| Transfert d’anciens produits | Possibilité de transférer un PERP, un contrat Madelin ou d’autres anciens produits d’épargne retraite vers un PER | Il convient de vérifier les conséquences du transfert sur les modalités de gestion et de sortie. |
| Nouveau contrat | Frais, supports d’investissement, mode de gestion et services proposés | Le transfert doit être apprécié en fonction de l’ensemble des caractéristiques du nouveau PER, et pas seulement de ses frais d’entrée. |
Avant d’engager un transfert, il est donc recommandé de comparer les frais, les supports disponibles et les modalités de gestion du contrat d’origine et du nouveau PER.
La réglementation encadre les frais de transfert : celui-ci est gratuit après cinq ans de détention et, avant ce délai, les frais ne peuvent pas dépasser 1 % de l’épargne accumulée.
Avant de signer un PER, une lecture attentive des conditions générales est indispensable. Deux types d’éléments méritent une attention particulière :
- les frais : qui incluent les frais sur versement prélevés sur chaque dépôt, les frais de gestion annuels généralement compris entre 0,5 % et 2 %, ainsi que les frais d’option ou d’arbitrage. Depuis juin 2022, les droits d’entrée et frais annuels et ponctuels pour chaque contrat sont consultables en ligne sur le tableau récapitulatif ;
- les options et supports proposés, qui permettent à chaque profil d’épargnant, en fonction de ses compétences et son appétence au risque, de choisir le contrat qui lui convient : gestion libre, gestion pilotée, « gestion à horizon », répartitions standard (prudent, équilibré ou dynamique).
Bon à savoir
Le PER est un placement avantageux pour les contribuables fortement imposés, car il permet de réduire leur impôt sur le revenu, à hauteur d’un certain plafond. Les ménages non imposables ou faiblement imposés peuvent toutefois se tourner vers des solutions moins restrictives (le PER est normalement bloqué jusqu’à la retraite) ou demander la non-déductibilité de leurs versements.
Le plafond de déduction fiscale du PER peut être cumulable sur trois ans (et cinq ans pour les sommes versées à partir de 2026), permettant une optimisation de l’épargne retraite. Il est conseillé de consulter annuellement son avis d’imposition pour connaître le détail de son plafond utilisable.
Des évolutions réglementaires favorisent l’augmentation de l’offre de supports ISR (investissement socialement responsable) et une incitation accrue à l’investissement dans des fonds finançant l’économie réelle, notamment via des PME et des infrastructures.
Notez qu’au 1er janvier 2026, le PER Préfon-Retraite bénéficie d’une revalorisation nette de +3,20% du capital, garantissant une croissance sûre pour les épargnants concernés, notamment les agents publics.
Bon à savoir
Le PER peut présenter un intérêt fiscal important pour les contribuables fortement imposés, puisque les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable dans la limite du plafond disponible. À l’inverse, pour les foyers non imposables ou faiblement imposés, l’avantage fiscal à l’entrée est plus limité. Ils peuvent alors comparer le PER avec des solutions plus liquides ou choisir de renoncer à la déduction fiscale de leurs versements.
Depuis 2026, les plafonds de déduction non utilisés peuvent être reportés pendant 5 ans, contre 3 ans auparavant. Il est donc utile de consulter chaque année la rubrique « Plafond épargne retraite » de son avis d’impôt afin de connaître le montant encore disponible.
Les évolutions réglementaires récentes favorisent également une diversification accrue de certains PER vers le financement de l’économie réelle, notamment au travers d’investissements dans des actifs non cotés ou finançant des PME et ETI, selon les profils de gestion concernés.
À titre d’exemple, le PER Préfon-Retraite a affiché une revalorisation nette du capital de 3,20 % au titre de 2025. Au 1er janvier 2026, les rentes Préfon-Retraite ont également été revalorisées de 2,57 %.
Les principales promotions 2026 pour l’ouverture d’un PER
Assureur | Performance 2024* Fonds euros | Frais sur versement | Promotion maximum à l’ouverture | En savoir + | Demande de documentation |
| 3,50 % | 0 % adhésion en ligne sinon 1,5% maximum | Jusqu’à 750€ offerts* | ||
| 3,05 % | 4,75 % maximum | Jusqu’à 500€ offerts* |
* Taux net de frais de gestion, hors prélèvements sociaux et fiscaux.
Détails des conditions de l’offre et des autres frais sur les sites partenaires ou sur la page produit « Voir l’offre ».
⚠️ Les performances passées ne présagent pas des performances futures.
Les principales offres de PER à comparer en 2026
Les critères objectifs pour comparer les PER du marché
Tous les PER ne se valent pas. Pour comparer les offres de manière objective, plusieurs critères doivent être examinés de façon systématique :
| Critère | Ce qu’il faut examiner | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Frais sur versement | Pourcentage éventuellement prélevé sur chaque dépôt | Des frais élevés réduisent immédiatement la somme réellement investie |
| Frais de gestion | Frais annuels du contrat et frais propres aux supports d’investissement | Leur accumulation dans le temps peut peser sur la performance nette |
| Supports sécurisés | Présence d’un fonds en euros pour un PER assurantiel et autres supports peu risqués | Ils peuvent contribuer à réduire progressivement le niveau de risque à l’approche de la retraite |
| Diversité des supports | Nombre et nature des supports disponibles : fonds, ETF, SCPI, private equity ou autres actifs selon le contrat | Un choix diversifié permet d’adapter l’allocation à son horizon et à son profil de risque |
| Gestion pilotée | Profils proposés et modalités de sécurisation progressive | La gestion pilotée à horizon adapte progressivement l’allocation à mesure que la retraite approche |
| Outils de gestion | Espace client, arbitrages en ligne, accès aux relevés et qualité du suivi | Des outils efficaces facilitent le pilotage régulier de l’épargne |
| Options de sortie | Sortie en capital, en rente ou combinaison des deux, ainsi que possibilités de versement fractionné du capital | Les modalités de sortie doivent correspondre aux besoins de revenus et de disponibilité à la retraite |
Au-delà de ces critères, la solidité de l’assureur ou du gestionnaire, la qualité du service client et la clarté de l’information fournie doivent également être prises en compte. Ces éléments sont moins faciles à quantifier, mais peuvent peser dans le choix d’un contrat destiné à être conservé plusieurs années.
Simulateur PER : projeter son capital et comparer les scénarios de sortie
Les tableaux comparatifs donnent une vue d’ensemble utile, mais ils ne remplacent pas une projection chiffrée fondée sur votre situation personnelle. L’économie d’impôt liée aux versements dépend notamment de votre tranche marginale d’imposition (TMI) et du plafond de déduction encore disponible.
Un simulateur PER peut notamment permettre de :
- estimer l’économie d’impôt potentielle liée à vos versements, en fonction de votre TMI et de votre plafond disponible ;
- projeter le capital susceptible d’être constitué à l’horizon de la retraite, selon différentes hypothèses de versement et de rendement ;
- comparer différents scénarios de sortie, en capital, en rente ou selon une combinaison des deux, afin d’anticiper leurs conséquences fiscales ;
- comparer plusieurs contrats PER selon leurs frais, leurs performances et leurs caractéristiques.
Le simulateur PER de Retraite.com permet notamment de comparer plusieurs contrats et d’estimer l’avantage fiscal potentiel en fonction de votre situation. Il constitue un outil utile pour préparer son choix, qui peut être complété par l’accompagnement d’un professionnel lorsque la situation patrimoniale ou fiscale est plus complexe.