La validation des trimestres de retraite d’un TNS dépend du revenu soumis à cotisations et non du nombre de mois travaillés. En 2026, un gérant majoritaire doit ainsi atteindre un certain niveau de revenu pour valider jusqu’à quatre trimestres de retraite. En cas de faibles revenus, une cotisation minimale permet néanmoins d’acquérir des droits.
Pourquoi les TNS ont-ils intérêt à compléter leur retraite de base ?
Valider suffisamment de trimestres permet d’éviter une décote, mais ne garantit pas à lui seul un niveau de pension suffisant. Le montant de la retraite d’un travailleur indépendant dépend également des revenus sur lesquels il a cotisé et des points acquis au titre de la retraite complémentaire. Pour préserver son niveau de vie une fois à la retraite, le TNS peut donc avoir intérêt à constituer parallèlement une épargne de long terme, notamment à travers un PER.
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) pour compléter ses revenus de retraite TNS
Le Plan d’Épargne Retraite individuel (PERin) permet aux travailleurs indĂ©pendants de se constituer une Ă©pargne destinĂ©e Ă complĂ©ter leurs revenus Ă la retraite. Issu de la loi Pacte, il a notamment succĂ©dĂ© au contrat Madelin. En principe, les sommes investies sont disponibles Ă la retraite, avec une possibilitĂ© de sortie en capital, en rente ou en combinant les deux.
L’un de ses principaux intĂ©rĂŞts rĂ©side dans sa fiscalitĂ© : les versements volontaires peuvent ĂŞtre dĂ©duits du revenu imposable, dans la limite du plafond de dĂ©duction applicable. Plus la tranche marginale d’imposition (TMI) est Ă©levĂ©e, plus l’Ă©conomie d’impĂ´t immĂ©diate procurĂ©e par un mĂŞme versement peut ĂŞtre importante.
- Déductibilité des versements : les versements volontaires peuvent réduire le revenu imposable, dans la limite du plafond disponible.
- IntĂ©rĂŞt renforcĂ© en cas de TMI Ă©levĂ©e : l’avantage fiscal Ă l’entrĂ©e augmente avec la tranche marginale d’imposition.
- Sortie flexible : Ă la retraite, l’Ă©pargne issue des versements volontaires peut ĂŞtre rĂ©cupĂ©rĂ©e en capital, en rente ou en combinant les deux.
- Épargne complĂ©mentaire : le capital constituĂ© dĂ©pend des sommes versĂ©es, des frais et des performances des supports d’investissement choisis.
Le PER ne remplace pas les rĂ©gimes obligatoires de retraite. Il permet de constituer une Ă©pargne supplĂ©mentaire afin de complĂ©ter les pensions perçues Ă la retraite. En contrepartie de l’avantage fiscal obtenu Ă l’entrĂ©e, les sommes peuvent ĂŞtre soumises Ă l’impĂ´t lors de leur sortie selon les modalitĂ©s choisies.
Simuler sa retraite TNS : mesurer l'écart entre pension et revenus souhaités
Avant de déterminer le montant à épargner pour sa retraite, il est utile d’estimer les droits déjà acquis et le niveau de pension auquel on peut prétendre. Le simulateur officiel de l’Assurance retraite permet d’obtenir une estimation à différents âges de départ à partir des éléments figurant sur le relevé de carrière. Il est également possible de personnaliser certaines hypothèses, comme l’évolution future des revenus ou un changement de statut.
Pour un travailleur indépendant, cette simulation permet de comparer le montant estimé de la retraite avec le niveau de revenus souhaité après le départ et d’évaluer ainsi le besoin éventuel d’épargne complémentaire.
En pratique :
- consulter son relevé de carrière et vérifier les droits acquis ;
- réaliser plusieurs simulations selon l’âge de départ et les hypothèses de revenus ;
- comparer la pension estimée avec le niveau de revenus souhaité à la retraite ;
- déterminer, si nécessaire, un effort d’épargne complémentaire adapté à cet objectif.
Quelle somme pour valider un trimestre retraite TNS en 2026 ?
En 2026, il faut atteindre l’équivalent de 150 fois le Smic horaire, soit 1 803 € de revenu professionnel, pour valider un trimestre de retraite. Il faut donc 3 606 € pour deux trimestres, 5 409 € pour trois et 7 212 € pour valider quatre trimestres sur l’année.
La validation des trimestres dépend du niveau de revenu soumis à cotisations et non de la durée effective de l’activité. Un travailleur indépendant peut ainsi valider quatre trimestres sans avoir exercé pendant douze mois, dès lors que son revenu annuel atteint le seuil requis.
Pour certains travailleurs indépendants, une cotisation minimale de retraite de base s’applique lorsque les revenus sont faibles ou déficitaires. En 2026, elle est calculée sur une assiette minimale de 5 409 € et permet, sauf exception, de valider trois trimestres de retraite.
Le régime de retraite des travailleurs indépendants et leur rattachement
Depuis 2020, la Sécurité sociale des indépendants est intégrée au régime général de la Sécurité sociale. Les travailleurs indépendants continuent néanmoins de bénéficier de règles spécifiques pour le calcul de leurs cotisations et de leurs droits à la retraite.
Sont notamment concernés :
- les gérants majoritaires de SARL et, dans certaines situations, les gérants associés uniques d’EURL ;
- les artisans et commerçants exerçant leur activité en tant que travailleurs indépendants ;
- certaines professions libérales non réglementées, tandis que d’autres professions libérales relèvent de caisses de retraite spécifiques.
Les cotisations sociales sont versées à l’Urssaf. Pour la retraite, l’Assurance retraite est l’interlocuteur principal des travailleurs indépendants pour la gestion de la retraite de base et de la retraite complémentaire.
Les cotisations versées permettent de valider des trimestres au titre de la retraite de base et d’acquérir des points pour la retraite complémentaire des indépendants (RCI). Le nombre de droits acquis dépend notamment des revenus professionnels et des cotisations versées.
Comment vérifier et optimiser ses trimestres validés ?
Pour éviter les mauvaises surprises au moment du départ, il est important de vérifier régulièrement son relevé de carrière et de s’assurer que les revenus et périodes d’activité ont bien été pris en compte.
Pour un travailleur indépendant, les cotisations versées permettent de valider des trimestres de retraite de base, dans la limite de quatre par année civile. Le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d’une retraite à taux plein dépend ensuite de l’année de naissance, comme pour les salariés.
Depuis son espace personnel sur le site de l’Assurance retraite, le TNS peut consulter son nombre de trimestres acquis, identifier d’éventuelles périodes manquantes et connaître son âge de départ possible.
Consulter son relevé de carrière pour contrôler ses trimestres
Le relevé de carrière permet de vérifier les droits à la retraite enregistrés tout au long de la vie professionnelle. Accessible gratuitement depuis le compte retraite sur info-retraite.fr, il récapitule notamment les trimestres et les points acquis auprès des différents régimes.
Pour un travailleur indépendant, il permet notamment de contrôler les droits enregistrés au titre de ses périodes d’activité relevant de l’Assurance retraite. Si le parcours professionnel comprend d’autres statuts ou professions, d’autres régimes peuvent également apparaître.
Quelques réflexes utiles :
- consulter régulièrement son relevé de carrière afin de repérer d’éventuelles périodes manquantes ou incohérences ;
- comparer les droits enregistrés avec son parcours professionnel et conserver les justificatifs correspondants ;
- signaler les anomalies détectées auprès du régime concerné.
À partir de 55 ans, le service « Corriger ma carrière » disponible sur le compte retraite permet de transmettre directement une demande de rectification aux régimes concernés et d’en suivre le traitement.
Piloter sa rémunération pour atteindre le seuil de validation
En 2026, un travailleur indépendant doit disposer d’un revenu professionnel annuel de 7 212 €, soit 600 fois le Smic horaire, pour valider quatre trimestres de retraite. Le seuil s’apprécie sur l’année civile : la répartition des revenus entre les différents mois n’a pas d’incidence sur le nombre de trimestres validés.
Cette vérification peut être particulièrement utile lorsque les revenus varient fortement d’une année à l’autre, notamment :
- en début d’activité ou lors d’une baisse importante de revenus ;
- lorsque la rémunération du dirigeant est volontairement limitée ;
- en présence de revenus irréguliers ou saisonniers.
Pour anticiper le nombre de trimestres acquis, il peut être utile de faire un point en cours d’année sur le revenu professionnel estimé et sur les cotisations correspondantes. Le dirigeant peut alors, avec son expert-comptable, vérifier si les seuils de validation seront atteints et mesurer les conséquences sociales et fiscales des éventuels arbitrages de rémunération.
Il convient également de distinguer les différents revenus perçus par le dirigeant, car leur traitement au regard des cotisations sociales varie selon son statut et la forme juridique de l’entreprise.
Quel chiffre d’affaires pour valider 4 trimestres retraite en tant que TNS ?
Il n’existe pas de chiffre d’affaires unique permettant à tous les TNS de valider quatre trimestres de retraite. Le seuil de validation s’apprécie à partir du revenu retenu pour le calcul des cotisations sociales, et non directement à partir du chiffre d’affaires.
Le niveau de chiffre d’affaires nécessaire dépend donc notamment du statut juridique, du régime fiscal, du montant des charges professionnelles et, le cas échéant, des abattements applicables. Deux travailleurs indépendants réalisant le même chiffre d’affaires peuvent ainsi avoir une assiette sociale différente et ne pas acquérir les mêmes droits à la retraite.
CA et assiette de cotisations : deux notions Ă ne pas confondre
Le nombre de trimestres validés ne dépend pas directement du chiffre d’affaires réalisé, mais du revenu professionnel retenu pour le calcul des cotisations sociales.
Ces deux notions ne doivent pas ĂŞtre confondues :
- le chiffre d’affaires correspond aux recettes générées par l’activité, avant prise en compte des charges ;
- l’assiette des cotisations sociales dépend du régime fiscal et de la situation du travailleur indépendant. Elle peut notamment être déterminée à partir du chiffre d’affaires diminué des charges professionnelles, de la rémunération du dirigeant ou, dans le régime micro, après application d’un abattement forfaitaire.
Deux TNS réalisant le même chiffre d’affaires peuvent donc avoir une assiette de cotisations différente et ne pas acquérir exactement les mêmes droits à la retraite.
Une variabilité importante selon le secteur, le régime fiscal et les charges
Le chiffre d’affaires nécessaire pour valider des trimestres de retraite varie fortement selon la situation du travailleur indépendant.
Plusieurs facteurs entrent notamment en jeu :
- Le type d’activité : pour les micro-entrepreneurs, l’abattement appliqué au chiffre d’affaires varie selon la nature de l’activité exercée. À chiffre d’affaires identique, l’assiette retenue peut donc être différente.
- Le régime fiscal et le statut : les modalités de détermination de l’assiette sociale diffèrent selon que l’activité relève du régime micro ou d’un régime réel, et selon la forme juridique de l’entreprise.
- Le niveau des charges professionnelles : hors régime micro, les charges liées à l’activité influencent le revenu professionnel servant de point de départ au calcul de l’assiette sociale.
Il n’existe donc pas de montant de chiffre d’affaires universel permettant à tous les TNS de valider un trimestre ou quatre trimestres de retraite. Le calcul dépend de la situation individuelle du travailleur indépendant.
Comment obtenir une estimation fiable ?
Pour estimer le chiffre d’affaires nécessaire à la validation de ses trimestres, deux démarches peuvent être complémentaires :
- Utiliser le simulateur officiel de l’Urssaf : l’outil Mon-entreprise permet d’estimer les cotisations et le revenu d’un travailleur indépendant en fonction notamment de son chiffre d’affaires, de ses charges, de son activité et de son régime d’imposition. Les résultats restent indicatifs et ne se substituent pas aux calculs définitifs de l’Urssaf.
- Faire le point avec un expert-comptable : il peut tenir compte de la situation propre au dirigeant, de son statut juridique, de son régime fiscal et de ses charges afin d’estimer l’assiette sociale et les droits à la retraite correspondants.
Effectuer cette estimation en cours d’année peut permettre d’anticiper une éventuelle insuffisance de revenus et d’étudier, si nécessaire, les ajustements envisageables avant la fin de l’année.