Trimestre maternité et carrière longue : ce que change la nouvelle réforme 2026

Ludovic Herschlikovitz
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La réforme 2026 fait évoluer le lien entre trimestre maternité et carrière longue, en modifiant la prise en compte de certains trimestres accordés au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation. À compter du 1er septembre 2026, jusqu’à deux de ces trimestres pourront être intégrés à la durée d’assurance réputée cotisée. Une évolution favorable, mais dont la portée reste encadrée.

Réforme retraite 2026 : pourquoi les trimestres maternité changent-ils pour la carrière longue ?

Quel problème cette mesure corrige-t-elle pour les mères ?

Jusqu’à présent, tous les trimestres liés à la naissance ou à l’éducation d’un enfant n’étaient pas pris en compte de la même manière pour bénéficier d’une retraite anticipée pour carrière longue.

Les trimestres assimilés validés pendant un congé maternité ou d’adoption pouvaient déjà être retenus comme des trimestres réputés cotisés. En revanche, les majorations de durée d’assurance accordées au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation d’un enfant étaient prises en compte dans la durée totale d’assurance, mais pas dans la durée cotisée exigée pour la carrière longue.

Cette distinction pouvait pénaliser certaines mères ayant commencé à travailler jeunes. Elles pouvaient disposer du nombre total de trimestres nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein, tout en restant à quelques trimestres du seuil requis pour partir plus tôt au titre d’une carrière longue.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, jusqu’à deux trimestres de majoration liés aux enfants pourront désormais être retenus comme des trimestres réputés cotisés. Cette mesure peut donc permettre à certaines assurées de remplir plus facilement la condition de durée cotisée. Cette mesure peut donc permettre à certaines assurées de remplir plus facilement la condition de durée cotisée, sans permettre de retenir plus de deux trimestres de majoration pour enfant sur l’ensemble de la carrière.

Qu'est-ce que la LFSS 2026 modifie exactement ?

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 modifie la prise en compte des majorations de durée d’assurance accordées au titre des enfants dans le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue.

Jusqu’à présent, ces majorations, attribuées au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation, augmentaient la durée totale d’assurance, mais ne permettaient pas de compléter la durée cotisée exigée pour bénéficier d’un départ anticipé. Elles se distinguent des trimestres assimilés correspondant à un congé maternité ou d’adoption, qui pouvaient déjà être retenus comme réputés cotisés.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, jusqu’à deux trimestres de majoration pour enfant pourront désormais être intégrés à la durée d’assurance réputée cotisée. Cette limite de deux trimestres s’apprécie sur l’ensemble de la carrière, et non pour chaque enfant.

La réforme ne modifie pas les autres conditions de la carrière longue. L’assuré doit toujours avoir commencé à travailler avant l’un des âges prévus par le dispositif et réunir la durée d’assurance cotisée ou réputée cotisée correspondant à sa génération.

Comment les trimestres liés à la maternité et aux enfants sont-ils pris en compte ?

Il faut distinguer deux catégories de trimestres : ceux validés pendant un congé maternité ou d’adoption et les majorations de durée d’assurance accordées au titre des enfants.

Les périodes de congé maternité ou d’adoption indemnisées permettent de valider des trimestres assimilés. Un trimestre est accordé pour chaque période de 90 jours de perception d’indemnités journalières, avec au minimum un trimestre validé. Pour bénéficier de cette validation, l’assuré doit avoir eu la qualité d’assuré social avant la période concernée.

Ces trimestres sont pris en compte dans la durée d’assurance servant au calcul de la retraite. Ils sont également retenus comme des trimestres réputés cotisés pour apprécier le droit à une retraite anticipée pour carrière longue. Cette règle existait donc déjà avant la LFSS pour 2026.

À ces périodes s’ajoutent les majorations de durée d’assurance accordées au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation d’un enfant. Dans le régime général, la mère bénéficie notamment de quatre trimestres au titre de la maternité pour chaque enfant.

La nouveauté applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 concerne ces majorations pour enfant : jusqu’à deux trimestres sur l’ensemble de la carrière peuvent désormais être retenus comme réputés cotisés pour l’accès au dispositif carrière longue. La réforme ne modifie donc pas les modalités de validation du congé maternité lui-même, mais la manière dont certains trimestres supplémentaires pour enfant sont pris en compte.

Quels trimestres sont pris en compte pour la carrière longue avec la nouvelle réforme 2026 ?

Maternité, adoption, éducation, congé parental : les périodes éligibles

La réforme de 2026 permet de prendre en compte certaines majorations ou bonifications de durée d’assurance accordées au titre des enfants pour l’accès à la retraite anticipée pour carrière longue.

Sont notamment concernées les majorations attribuées au titre de la maternité, de l’adoption, de l’éducation d’un enfant ou d’un congé parental d’éducation, selon les règles applicables à chaque régime de retraite.

Ces trimestres étaient déjà pris en compte dans la durée totale d’assurance, mais ils ne pouvaient pas, jusqu’à présent, compléter la durée cotisée ou réputée cotisée exigée pour bénéficier d’un départ anticipé pour carrière longue.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, deux de ces trimestres au maximum pourront être retenus comme réputés cotisés sur l’ensemble de la carrière.

Cette nouveauté ne concerne pas les périodes assimilées validées pendant un congé maternité ou d’adoption indemnisé, qui pouvaient déjà être retenues pour la carrière longue.

La limite de 2 trimestres : comment fonctionne ce plafond ?

La réforme ne permet pas de retenir l’ensemble des trimestres accordés au titre des enfants pour bénéficier d’une retraite anticipée pour carrière longue. Seuls deux trimestres au maximum peuvent être intégrés à la durée d’assurance réputée cotisée.

Il faut donc distinguer deux éléments :

  • La durée totale d’assurance peut inclure les différentes majorations accordées au titre des enfants. Dans le régime général, un assuré peut notamment bénéficier de quatre trimestres au titre de la maternité ou de l’adoption et de quatre trimestres au titre de l’éducation, selon sa situation et les règles d’attribution applicables. Une majoration spécifique peut également être accordée au titre d’un congé parental d’éducation.
  • La durée réputée cotisée pour la carrière longue ne peut intégrer que deux trimestres issus de ces majorations ou bonifications pour enfant.

Ce plafond de deux trimestres s’apprécie sur l’ensemble de la carrière. Il ne s’applique donc ni par enfant ni pour chaque catégorie de majoration.

Concrètement, une assurée disposant de huit trimestres de majoration pour un enfant, ou de majorations accordées pour plusieurs enfants, ne pourra en retenir que deux pour compléter la durée réputée cotisée exigée au titre de la carrière longue. Les autres trimestres continueront toutefois à être pris en compte dans sa durée totale d’assurance.

Ces trimestres permettent-ils de partir plus tôt à la retraite ?

La réforme peut permettre à certaines assurées de remplir plus tôt la condition de durée cotisée exigée pour bénéficier du dispositif carrière longue. Son effet concerne principalement les personnes auxquelles il manque un ou deux trimestres réputés cotisés pour atteindre le seuil applicable à leur génération.

Prenons l’exemple d’une assurée qui totalise 170 trimestres cotisés ou réputés cotisés, alors que 172 lui sont nécessaires pour bénéficier d’un départ anticipé. Si elle dispose de majorations de durée d’assurance pour enfant éligibles, deux de ces trimestres pourront être retenus comme réputés cotisés. Son total pourra ainsi atteindre les 172 trimestres requis.

Ces trimestres ne permettent toutefois pas automatiquement de partir plus tôt. L’assurée doit également respecter les autres conditions du dispositif, notamment avoir commencé à travailler avant l’âge requis et avoir validé un nombre minimal de trimestres en début de carrière.

La réforme profite donc surtout aux assurés auxquels il manquait au maximum deux trimestres cotisés ou réputés cotisés. Lorsque l’écart est plus important, la prise en compte de ces trimestres ne suffit pas, à elle seule, à ouvrir droit à un départ anticipé.

À retenir : Les trimestres validés pendant un congé maternité ou d’adoption et les majorations de durée d’assurance pour enfant ne doivent pas être confondus. Les premiers pouvaient déjà être retenus comme réputés cotisés pour la carrière longue. La réforme applicable au 1er septembre 2026 permet en plus de retenir jusqu’à deux trimestres issus des majorations ou bonifications accordées au titre des enfants.

Comment vérifier vos droits et simuler votre départ en carrière longue ?

Avant d’envisager une date de départ anticipé, il est important d’identifier la nature exacte des trimestres inscrits sur votre relevé de carrière. En effet, tous les trimestres validés ne sont pas pris en compte de la même manière pour l’accès au dispositif carrière longue.

L’examen du relevé de carrière et l’utilisation des simulateurs officiels permettent d’obtenir une première vision de sa situation.

Consulter votre relevé de carrière pour identifier vos trimestres éligibles

Le relevé de carrière récapitule les droits enregistrés auprès de vos différents régimes de retraite : périodes d’activité, revenus soumis à cotisations et périodes d’interruption ayant permis de valider des trimestres. Il est accessible depuis votre compte retraite sur Info-retraite.fr ou depuis votre espace personnel sur le site de l’Assurance retraite.

Pour préparer un éventuel départ anticipé pour carrière longue, il faut notamment distinguer :

  • les trimestres cotisés, acquis grâce aux revenus d’une activité professionnelle soumis à cotisations ;
  • les trimestres assimilés, validés au titre de certaines périodes d’interruption, comme la maternité, la maladie ou le chômage indemnisé ;
  • les majorations de durée d’assurance pour enfant, accordées notamment au titre de la maternité, de l’adoption, de l’éducation ou d’un congé parental.

Ces différentes catégories ne sont pas toutes retenues de la même manière pour la carrière longue. À compter du 1er septembre 2026, jusqu’à deux trimestres issus des majorations liées aux enfants pourront notamment être intégrés à la durée réputée cotisée.

Lors de la consultation de votre relevé, vérifiez que toutes vos périodes d’activité et d’interruption de carrière ont bien été enregistrées. Contrôlez en particulier les périodes de congé maternité ou d’adoption indemnisées ainsi que les éventuels droits acquis au titre de l’assurance vieillesse des parents au foyer.

Les majorations de durée d’assurance pour enfant ne sont toutefois pas nécessairement présentées comme des périodes rattachées à une année précise. Il est donc également important de vérifier que tous vos enfants ont été déclarés auprès de vos régimes de retraite. Cette démarche peut être effectuée à partir du service « Déclarer mes enfants » proposé sur le compte retraite.

En cas de période manquante ou d’information incorrecte, vous pouvez demander la régularisation de votre carrière et transmettre les justificatifs demandés, par exemple des bulletins de salaire, des attestations d’indemnisation ou des documents relatifs à la naissance, à l’adoption ou au congé parental.

Utiliser le simulateur officiel et contacter votre caisse de retraite

Après avoir vérifié votre relevé de carrière, vous pouvez utiliser les outils proposés sur le portail Info Retraite pour obtenir une première estimation de vos droits.

Le service « Mon estimation retraite » calcule, à partir des informations enregistrées par vos différents régimes, les âges de départ possibles et le montant indicatif de votre future pension. Vous pouvez également modifier certaines hypothèses de carrière ou de situation personnelle afin de comparer plusieurs scénarios.

Un simulateur spécifique permet par ailleurs d’évaluer votre éligibilité au dispositif de retraite anticipée pour carrière longue. Son résultat reste toutefois indicatif : il dépend de l’exactitude des informations enregistrées et ne constitue pas une confirmation définitive de votre droit au départ.

Une vérification auprès de votre caisse peut notamment être utile lorsque :

  • certains enfants ou certaines périodes ne figurent pas dans votre dossier ;
  • les modalités d’attribution ou de répartition des majorations d’adoption ou d’éducation entre les parents doivent être vérifiées ;

  • votre carrière relève de plusieurs régimes de retraite ;

  • le simulateur ne prend pas correctement en compte une période ou un droit particulier.

Vous pouvez alors contacter l’un de vos régimes ou demander un rendez-vous avec un conseiller retraite. Pour un départ anticipé pour carrière longue, il est recommandé de demander une attestation de situation avant de cesser son activité ou d’engager définitivement les démarches de départ.

Nouvelles réformes retraite pour les femmes en 2026 : quels profils sont concernés ?

La réforme applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 peut concerner différents profils de parents, selon les majorations de durée d’assurance qui leur ont été attribuées. Mères biologiques, parents adoptants ou assurés ayant pris un congé parental : tous ne disposent pas des mêmes trimestres ni des mêmes droits.

La mesure peut notamment bénéficier aux assurés auxquels il manque un ou deux trimestres réputés cotisés pour remplir la condition de durée exigée au titre de la carrière longue. Son effet dépend toutefois du parcours professionnel, du nombre de trimestres acquis en début de carrière et de la nature exacte des majorations attribuées pour les enfants.

Les mères ayant bénéficié d'un congé maternité ou d'une adoption

Les mères peuvent être concernées par la réforme lorsqu’elles bénéficient de majorations de durée d’assurance attribuées au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation d’un enfant.

Ces majorations sont distinctes des trimestres assimilés validés pendant un congé maternité ou d’adoption indemnisé. Ces derniers pouvaient déjà être retenus pour apprécier la durée réputée cotisée exigée dans le cadre de la carrière longue.

La nouveauté applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 permet de retenir jusqu’à deux trimestres issus des majorations pour enfant dans la durée réputée cotisée. Elle peut donc bénéficier aux mères auxquelles il manque un ou deux trimestres pour remplir la condition de durée exigée.

Pour chaque enfant, la mère bénéficie notamment de quatre trimestres au titre de la maternité. Pour les enfants relevant des règles de partage, deux des quatre trimestres d’éducation lui sont également attribués automatiquement, tandis que les deux autres peuvent être accordés à l’un des parents ou répartis entre eux.

La réforme ne crée donc pas de nouveaux trimestres pour les mères : elle permet à certains trimestres pour enfant déjà acquis d’être pris en compte différemment pour l’accès à la retraite anticipée pour carrière longue.

Les pères ayant pris un congé parental d'éducation

Les pères ayant interrompu ou réduit leur activité professionnelle pour élever un enfant, dans le cadre d’un congé parental d’éducation reconnu par la législation du travail, peuvent accéder au dispositif de partage des trimestres d’éducation instauré par la réforme. Concrètement, cela signifie que des périodes jusqu’alors sans effet sur leurs droits à la retraite anticipée peuvent désormais être valorisées dans leur calcul de carrière longue.

Ce droit reste encadré par un plafond de deux trimestres pouvant être attribués au père au titre du congé parental d’éducation. Ce plafond est distinct de la garantie minimale accordée à la mère : les deux parents ne peuvent pas se partager les mêmes trimestres sans limite, et la répartition doit respecter les règles définies par la CNAV.

Pour bénéficier de ces trimestres, le père doit justifier d’une période effective de congé parental d’éducation, telle que reconnue par la législation du travail. Les trimestres ainsi obtenus sont intégrés dans le calcul de la durée d’assurance et peuvent, sous certaines conditions, contribuer à l’ouverture du droit à la retraite anticipée pour carrière longue.

  • Éligibilité : le père doit avoir effectivement pris un congé parental d’éducation reconnu.
  • Plafond : le nombre de trimestres pouvant être attribués au père est plafonné à deux trimestres au titre du congé parental d’éducation.
  • Impact sur la carrière longue : ces trimestres sont pris en compte dans la durée d’assurance totale, ce qui peut faciliter l’accès au dispositif carrière longue.
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