Connaître le montant de sa retraite : le guide complet pour l’estimer

Ludovic Herschlikovitz
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connaitre le montant de sa retraite

Vous tapez « comment connaître le montant de sa retraite », « futur retraite » ou « combien je vais toucher à la retraite » dans un moteur de recherche parce que vous voulez une réponse claire, pas une notice administrative. La bonne nouvelle : des outils officiels gratuits existent déjà pour vous donner une estimation personnalisée, et la méthode pour y accéder tient en quelques étapes simples.

Ce guide réunit en un seul parcours ce que les organismes (Info-retraite, Carsat, Agirc-Arrco, Ameli) présentent habituellement de façon éclatée, et en décryptant, niveau de salaire par niveau de salaire, la mécanique qui détermine réellement votre montant, trimestres, SAM, taux plein, pour que vous sachiez quoi regarder dans votre propre simulation.

Comment est calculée sa retraite : les éléments qui déterminent le montant

Pour comprendre comment savoir le montant de sa retraite, il faut retenir que, quel que soit le régime, le montant final résulte de la combinaison de quatre variables.

La durée d’assurance correspond au nombre de trimestres validés au cours de la carrière, tous régimes confondus ; il est possible de valider jusqu’à quatre trimestres par année civile.

Le taux applicable à la retraite de base atteint au maximum 50 %, mais il peut être réduit si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte au moment du départ. Le revenu annuel moyen (souvent appelé SAM) correspond à la moyenne des vingt-cinq meilleures années de revenus d’activité, revalorisées.

Enfin, la durée d’assurance requise, fixée à 172 trimestres pour les assurés nés à partir du 1er janvier 1966, sert de référence pour calculer le rapport entre trimestres cotisés et trimestres attendus.

  • Durée d’assurance validée (trimestres)
  • Taux applicable (maximum 50 % pour la retraite de base)
  • Revenu annuel moyen (moyenne des 25 meilleures années)
  • Durée d’assurance requise selon l’année de naissance

Info retraite et mon compte retraite : le point d'entrée officiel

Le compte retraite personnel, accessible sur info-retraite.fr, centralise les informations transmises par l’ensemble des régimes auxquels vous avez été affilié au cours de votre carrière. Il donne accès au relevé de carrière ainsi qu’aux simulations et estimations disponibles selon l’âge de l’assuré, pour estimer le montant de sa retraite à tout moment de la carrière.

Le service « Mon estimation retraite » permet notamment de simuler l’âge de départ et le montant de la retraite à tout âge, à partir des données déjà enregistrées par les régimes. Une connexion à ce compte est nécessaire pour y accéder, ce qui rend l’estimation personnelle et confidentielle.

Créer son compte retraite avec FranceConnect

La création du compte retraite peut se faire de deux manières : soit en créant directement un compte avec une adresse e-mail et un mot de passe, soit, c’est la voie la plus rapide, via FranceConnect, le dispositif de connexion sécurisée mutualisé par plusieurs services publics.
 

Concrètement, il suffit de choisir un identifiant déjà existant (impôts, Ameli, ou autre fournisseur FranceConnect reconnu) pour s’authentifier sans créer un nouveau mot de passe. Une fois connecté, l’accès au compte retraite ouvre directement sur le relevé de carrière et les outils d’estimation associés, sans démarche supplémentaire.

Calculer sa retraite avec son numéro de sécurité sociale

Le numéro de sécurité sociale reste l’identifiant de référence utilisé par les régimes de retraite pour rattacher chaque période cotisée à un assuré. 

Précisons d’emblée un point qui prête souvent à confusion : le numéro de sécurité sociale n’est pas un identifiant de connexion et ne permet pas, à lui seul, de lancer une simulation. Il sert à rattacher vos périodes cotisées à votre dossier une fois l’authentification effectuée. La démarche se déroule donc en plusieurs temps :

  • Se connecter à son compte retraite via FranceConnect, le numéro de sécurité sociale servant d’identifiant de rattachement aux données de carrière.
  • Vérifier que le relevé de carrière affiché correspond bien à l’ensemble des employeurs et des régimes traversés.
  • Lancer le service d’estimation, qui utilise automatiquement les informations de carrière déjà connues des régimes de retraite.
  • Personnaliser la simulation si nécessaire, en ajoutant des éléments particuliers comme une période d’expatriation ou des enfants élevés.

Cette procédure évite toute saisie manuelle fastidieuse : le numéro de sécurité sociale suffit à faire remonter l’historique complet, à condition que celui-ci soit exact et complet.

Simulateur retraite gratuit : comparatif des outils disponibles

Plusieurs simulateurs retraite gratuits coexistent, chacun avec un périmètre précis. Le choix du bon outil dépend donc de la situation de chacun.

OutilPérimètreUsage recommandé
Info-retraite.fr (compte retraite)Tous régimes de base et complémentaires confondusEstimation globale personnalisée, relevé de carrière
AmeliAssurance maladie, avec renvoi vers l’assurance retraiteVérifier ses droits liés à la santé, être orienté vers l’estimation retraite
Agirc-ArrcoRetraite complémentaire des salariés du privéSuivre l’évolution de ses points de retraite complémentaire

Ameli retraite simulation : à quoi sert cet outil

Ameli est avant tout le site de l’assurance maladie. Il ne propose pas de simulateur de retraite autonome, mais il oriente les assurés vers les services de l’assurance retraite et vers le compte retraite pour toute question relative au montant de la pension. Son intérêt reste de faire le lien entre les droits liés à la santé (indemnités journalières, invalidité) et les droits retraite qui peuvent en découler, sans se substituer aux outils dédiés.

Simulation retraite gouv : le site officiel unifié

Le portail info-retraite.fr est le site officiel unifié pour toute simulation de retraite, quel que soit le régime concerné. Il regroupe le relevé de carrière, l’estimation personnalisée et les simulations d’âge de départ en un seul espace, ce qui en fait le point de passage recommandé avant de consulter tout autre outil spécifique.

Le relevé de carrière : où le trouver et comment le vérifier

Le relevé de carrière est accessible directement depuis le compte retraite personnel. Il liste, année par année, les trimestres validés et les revenus déclarés auprès de chaque régime traversé. Comme les droits qui y figurent servent ensuite à calculer l’âge de départ et le montant de la retraite, il est recommandé de le vérifier avant toute estimation.

Pour détecter une erreur, il convient de comparer chaque ligne du relevé avec ses propres bulletins de salaire ou attestations d’activité : un employeur manquant, une période de chômage non reportée ou un trimestre absent doivent être signalés au régime concerné afin d’être corrigés avant la liquidation.

Le bilan retraite personnalisé retraite.com en 3 minutes

Les outils institutionnels donnent une estimation fiable, mais leur présentation reste souvent technique et fragmentée entre plusieurs organismes. Le bilan retraite personnalisé proposé par retraite.com vient compléter cette approche en traduisant les données de carrière en un parcours pédagogique unique, réalisable en quelques minutes.

L’objectif n’est pas de remplacer les simulateurs officiels, mais de les rendre plus lisibles : identifier en un coup d’œil les leviers qui peuvent influencer le montant final (durée d’assurance, âge de départ, rachat de trimestres, épargne complémentaire), et comprendre où se situe sa propre situation par rapport aux règles générales de calcul. C’est cette articulation entre données officielles et lecture personnalisée qui fait la différence : l’utilisateur passe d’une estimation indicative brute à une vision plus claire des marges de progression possibles avant son départ.

Calcul de la retraite de base des salariés du secteur privé

Pour les salariés du secteur privé, l’assurance retraite applique la formule suivante :

Retraite de base = SAM x taux x (durée d’assurance / durée d’assurance requise)

Le SAM (salaire annuel moyen) correspond à la moyenne des 25 meilleures années de revenus d’activité revalorisés. Le taux atteint au maximum 50 % lorsque les conditions du taux plein sont remplies ; il peut être réduit dans le cas contraire. La durée d’assurance requise est fixée à 172 trimestres pour les assurés nés à partir de 1966.

À titre d’illustration purement pédagogique, un assuré disposant d’un SAM hypothétique et remplissant sa durée d’assurance complète appliquerait le taux maximal de 50 % sans aucune réduction, tandis qu’une durée d’assurance incomplète par rapport aux 172 trimestres requis entraînerait une application proportionnelle du taux, donc un montant de base inférieur.

Calcul de la retraite complémentaire Agirc-Arrco

La retraite complémentaire des salariés du privé fonctionne selon un système par points, distinct de la retraite de base. Chaque année d’activité, les cotisations versées permettent d’acquérir un certain nombre de points, dont le total s’accumule sur toute la carrière.

Au moment de la liquidation, ce nombre total de points est multiplié par la valeur de service du point en vigueur cette année-là, ce qui donne le montant annuel de la retraite complémentaire. Cette valeur de service est révisée chaque année au 1er novembre par les partenaires sociaux gestionnaires du régime. Le montant complémentaire s’ajoute ensuite à la retraite de base pour former le total perçu par le retraité.
 
Un point mérite d’être signalé, car il reste mal connu : le coefficient de solidarité, ce malus temporaire de 10 % pendant trois ans qui s’appliquait aux assurés partant dès l’obtention du taux plein, a été supprimé pour tous les départs intervenus à compter du 1er décembre 2023. Il n’y a donc plus de pénalité Agirc-Arrco à partir dès l’obtention du taux plein.

Calcul de la retraite des fonctionnaires

Le calcul de la retraite des fonctionnaires obéit à une logique différente de celle des salariés du privé. Plutôt que de reposer sur la moyenne des meilleures années de revenus, il se fonde sur le traitement indiciaire perçu au cours des six derniers mois d’activité, hors primes dans la majorité des cas.

Ce traitement de référence est ensuite combiné avec la durée de services effectifs et bonifiée éventuellement pour certaines catégories, selon des règles propres à la fonction publique. Cette spécificité explique pourquoi deux carrières aux revenus globalement comparables, l’une dans le privé et l’autre dans la fonction publique, peuvent donner lieu à des montants de pension calculés selon des logiques totalement différentes.

Calcul de la retraite des indépendants et professions libérales

Les travailleurs indépendants relèvent, selon leur activité, de régimes de retraite spécifiques : le SSI (sécurité sociale des indépendants, intégré à l’Assurance retraite pour la partie retraite de base), la Cipav, ou l’une des caisses de la CNAVPL pour les professions libérales réglementées (médecins, avocats, experts-comptables, notaires, etc.).
Attention sur ce point : le périmètre de la Cipav s’est fortement réduit depuis 2018-2019. De nombreuses professions libérales non réglementées, qui en relevaient auparavant, ont basculé vers le SSI. Un indépendant installé de longue date peut donc avoir cotisé successivement auprès de deux caisses différentes sans l’avoir clairement identifié.

La logique générale de calcul (durée d’assurance, taux, revenu de référence) reste proche de celle des salariés, mais les revenus pris en compte correspondent aux revenus professionnels déclarés, souvent plus irréguliers que ceux d’un salarié. Pour la retraite complémentaire, chaque régime applique ses propres règles de conversion en points, distinctes de celles de l’Agirc-Arrco.

Cette diversité de régimes rend la vérification du relevé de carrière particulièrement importante pour les indépendants, qui peuvent avoir changé de statut ou de caisse au fil de leur parcours professionnel.

Taux plein, décote et surcote : comment ils modifient le montant

Le taux plein correspond à l’application du taux maximum de 50 % à la retraite de base, sans aucune réduction. Il est atteint lorsque l’assuré a validé la durée d’assurance requise (172 trimestres pour les générations nées à partir de 1966), ou automatiquement à partir de 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres enregistrés à cet âge.

Lorsque la durée d’assurance requise n’est pas atteinte avant l’âge du taux plein automatique, une décote s’applique. Au régime général, elle représente 0,625 point de taux par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres : le taux ne peut donc pas descendre en dessous de 37,5 %. Le nombre de trimestres manquants retenu est celui qui vous est le plus favorable entre l’écart à la durée d’assurance requise et l’écart à l’âge du taux plein automatique.
 
À l’inverse, poursuivre son activité au-delà de la durée requise et de l’âge légal ouvre droit à une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé. Contrairement à la décote, la surcote ne modifie pas le taux de 50 % : elle s’applique sous forme de coefficient de majoration sur le montant de la pension calculée.
 
Depuis la réforme de 2023, une surcote parentale peut par ailleurs s’ajouter : les parents qui atteignent la durée d’assurance requise dès 63 ans bénéficient d’une majoration pouvant aller jusqu’à 5 % de leur pension de base, même s’ils partent avant l’âge légal applicable à leur génération.

Âge légal et âge du taux plein : quel départ pour quel montant

Deux notions distinctes influencent directement le montant final. L’âge légal de départ correspond à l’âge minimum à partir duquel un assuré peut demander la liquidation de sa pension, hors dispositifs dérogatoires (carrière longue, pénibilité). L’âge du taux plein automatique, fixé à 67 ans, assure quant à lui l’application du taux maximum sans décote, indépendamment du nombre de trimestres validés à cet âge.

Partir dès l’âge légal sans avoir la durée d’assurance requise expose donc à une décote, tandis qu’attendre l’âge du taux plein automatique supprime ce risque, au prix d’un départ plus tardif. Entre ces deux bornes, chaque trimestre supplémentaire cotisé rapproche du taux plein et améliore mécaniquement le montant final.

Montant minimum de retraite : le minimum contributif

Le minimum contributif est un mécanisme de plancher : lorsque la retraite est liquidée au taux plein mais que son montant reste faible, une majoration est appliquée pour le porter jusqu’à ce minimum.
 
Deux niveaux existent en 2026 :
 
  • Minimum contributif de base : 756,29 € brut par mois (9 075,50 € brut par an), lorsque l’assuré justifie de moins de 120 trimestres cotisés.
  • Minimum contributif majoré : 903,93 € brut par mois (10 847,22 € brut par an), lorsque l’assuré justifie d’au moins 120 trimestres cotisés, tous régimes de base confondus.
Ces montants correspondent à une carrière complète : ils sont proratisés si la durée d’assurance est incomplète. Le minimum contributif s’ajoute par ailleurs à la retraite complémentaire, et son versement est soumis à un plafond de pension totale, tous régimes confondus.

Ce dispositif vise essentiellement les carrières complètes mais faiblement rémunérées, pour lesquelles le calcul strict du SAM x taux x durée d’assurance aboutirait à un montant jugé insuffisant.

Combien je vais toucher à la retraite selon mon salaire ?

Pour répondre à la question comment savoir combien je vais toucher à la retraite, retenons que le montant final dépend toujours de la combinaison entre le revenu perçu pendant la carrière, la durée d’assurance validée et l’âge de départ choisi. Les exemples ci-dessous n’indiquent donc pas un chiffre garanti, mais illustrent la mécanique de calcul selon trois niveaux de salaire net mensuel.

Quelle retraite avec un salaire de 1 600 € net ?

Pour un salaire net de cet ordre, la retraite de base se calcule sur la moyenne des 25 meilleures années de revenus bruts correspondants, avec un taux pouvant atteindre au maximum 50 % si la durée d’assurance requise est complète. À ce niveau de rémunération, la retraite complémentaire issue des points Agirc-Arrco accumulés reste proportionnellement plus modeste, puisque les cotisations complémentaires sont directement liées au niveau de salaire. Le minimum contributif peut, le cas échéant, venir compléter le montant si la carrière est complète mais faiblement rémunérée. Seule une simulation personnalisée sur son compte retraite permet d’obtenir un montant précis.

Quelle retraite avec un salaire de 2 000 € net ?

À ce niveau de salaire, la même logique s’applique : la retraite de base dépend du SAM calculé sur les 25 meilleures années et du taux atteint (jusqu’à 50 % à taux plein), tandis que la retraite complémentaire progresse en proportion des points Agirc-Arrco accumulés, plus nombreux qu’avec un salaire de 1 600 €. La part complémentaire prend ici une importance plus marquée dans le total perçu, ce qui rend la vérification régulière du relevé de carrière particulièrement utile pour ce profil.

Quelle retraite avec un salaire de 2 800 € net ?

Pour un salaire net plus élevé, la retraite complémentaire pèse généralement davantage dans le total perçu, car les points Agirc-Arrco accumulés sont proportionnels aux cotisations versées sur l’ensemble de la carrière. La retraite de base reste, elle, plafonnée par le taux maximum de 50 % appliqué au SAM, quel que soit le niveau de revenu. Pour ce profil, les leviers d’optimisation (durée d’assurance complète, surcote en cas de poursuite d’activité, épargne complémentaire) ont souvent un impact proportionnellement plus visible sur le montant final.

Comment calculer le montant de sa retraite net

Le montant affiché lors d’une estimation ou lors de la liquidation correspond en premier lieu à un montant brut. Pour obtenir le montant net effectivement versé, il faut déduire quatre prélèvements sociaux :
 
  • la CSG (contribution sociale généralisée), dont le taux dépend du revenu fiscal de référence : exonération, taux réduit de 3,8 %, taux médian de 6,6 % ou taux normal de 8,3 % ;
  • la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale), au taux de 0,5 % ;
  • la CASA (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie), au taux de 0,3 % ;
  • une cotisation d’assurance maladie de 1 %, prélevée uniquement sur la retraite complémentaire.
Le niveau de ces prélèvements dépend donc directement du revenu fiscal de référence et de la composition du foyer : les retraités aux revenus modestes peuvent être totalement exonérés de CSG, de CRDS et de CASA, tandis que d’autres se voient appliquer le taux normal.
 

C’est pourquoi deux retraités percevant un montant brut identique peuvent au final toucher un montant net différent. Pour connaître précisément son propre taux applicable, il convient de se référer à sa situation fiscale personnelle ou au décompte fourni par sa caisse de retraite au moment de la liquidation.

Racheter des trimestres ou prolonger son activité pour augmenter sa pension

Deux leviers concrets permettent d’améliorer le montant futur de sa pension lorsque la durée d’assurance apparaît insuffisante par rapport à la durée requise.

  • Le rachat de trimestres permet de racheter certaines périodes non cotisées ou incomplètes (années d’études supérieures notamment), afin de rapprocher sa durée d’assurance de la durée requise et donc de limiter, voire supprimer, l’application d’une décote.
  • La prolongation d’activité au-delà de l’âge légal ou au-delà de la durée d’assurance requise permet, selon les cas, de valider des trimestres supplémentaires et de bénéficier d’une surcote, qui majore le taux appliqué à la retraite de base.

Le choix entre ces deux leviers, ou leur combinaison, dépend de la situation personnelle : âge, durée déjà validée, capacité financière pour un rachat, et souhait ou possibilité de continuer à travailler.

Compléter sa future retraite avec une épargne retraite complémentaire

Au-delà des régimes obligatoires, plusieurs solutions d’épargne permettent de dégager un complément de revenu pour la retraite, indépendamment du calcul des pensions de base et complémentaires.

  • Le PER (plan d’épargne retraite) permet de se créer une épargne dédiée, disponible en principe au moment du départ, sous forme de capital ou de rente selon les options choisies.
  • L’assurance vie offre une épargne plus souple, mobilisable à tout moment, qui peut être utilisée pour compléter ses revenus une fois à la retraite.
  • Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) permettent d’investir indirectement dans l’immobilier locatif et de percevoir des revenus complémentaires réguliers, sans les contraintes de gestion d’un bien en direct.

Ces trois solutions répondent à des objectifs et des horizons différents. Le choix dépend du niveau de revenu visé, de l’horizon de départ et de la tolérance au risque de chacun ; c’est précisément ce type d’arbitrage que le bilan retraite personnalisé de retraite.com aide à clarifier, en mettant en perspective les droits déjà acquis et les marges de progression possibles.

Cumul emploi-retraite : quel impact sur le montant perçu

Le cumul emploi-retraite permet, sous certaines conditions, de percevoir sa pension déjà liquidée tout en reprenant ou en poursuivant une activité professionnelle. Le principe général veut que la pension continue d’être versée à son montant fixé lors de la liquidation, sans être recalculée en fonction des revenus tirés de la nouvelle activité, dans la plupart des situations.

En revanche, contrairement à une idée encore répandue, les cotisations versées au titre de l’activité reprise ne sont plus perdues. Depuis le 1er septembre 2023, le cumul emploi-retraite intégral ouvre droit à l’acquisition de nouveaux droits, qui donnent lieu au versement d’une seconde pension, distincte de la première. Cette seconde pension ne modifie pas le montant de la retraite initiale, qui reste figé à son niveau de liquidation.
 

Ce que change la LFSS 2026 au 1er janvier 2027

 
Pour les assurés qui liquideront leur retraite à compter de cette date, la distinction entre cumul intégral et cumul plafonné disparaît au profit d’un critère unique : l’âge de départ.
 
  • Départ avant l’âge légal (dispositifs dérogatoires) : les revenus d’activité et de remplacement sont déduits en totalité de la pension, dès le premier euro.
  • Départ entre l’âge légal et 67 ans : cumul possible jusqu’à 67 ans dans la limite d’un plafond de revenus d’activité (montant qui devrait être fixé à 7 000 € brut par an, sous réserve de la publication du décret d’application). Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement.
  • Départ à partir de 67 ans : cumul intégral et sans plafond, avec acquisition de nouveaux droits à retraite.
Les règles pouvant varier selon le régime, il reste indispensable de vérifier sa situation personnelle avant toute reprise d’activité après liquidation.

Réforme des retraites : où en est-on depuis la suspension de septembre 2026 ?

La réforme des retraites de 2023 avait modifié deux paramètres clés du calcul : l’âge légal de départ, relevé progressivement vers 64 ans, et la durée d’assurance requise pour bénéficier du taux plein, portée à 172 trimestres (43 ans).

Ce calendrier est aujourd’hui suspendu. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) gèle le relèvement de l’âge légal et de la durée d’assurance jusqu’en 2028. Cette suspension s’applique aux départs intervenant à compter du 1er septembre 2026 et concerne les générations 1964 à 1968.
 
Concrètement, l’âge légal de 64 ans ne s’applique plus aux assurés nés en 1968, mais uniquement à ceux nés à partir de 1969. Pour les générations 1964 à 1968, il est compris entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois.
Année de naissanceÂge légal avant suspensionÂge légal depuis le 1er septembre 2026Trimestres avant suspensionTrimestres requis depuis le 1er septembre 2026
196463 ans62 ans et 9 mois171170
1965 (1er janv. au 31 mars)63 ans et 3 mois62 ans et 9 mois172170
1965 (1er avril au 31 déc.)63 ans et 3 mois63 ans172171
196663 ans et 6 mois63 ans et 3 mois172172
196763 ans et 9 mois63 ans et 6 mois172172
196864 ans63 ans et 9 mois172172
1969 et après64 ans64 ans172172
 
La suspension assouplit également les conditions de départ anticipé pour carrière longue des générations 1964 à 1968 (décret n° 2026-245 du 8 mai 2026).
 
Pour les générations restant concernées par le relèvement, la logique demeure : valider davantage de trimestres ou partir plus tard pour éviter une décote. L’âge de 67 ans, lui, continue de garantir un taux plein automatique sans décote, quel que soit le nombre de trimestres validés : c’est le repère le plus stable du système, inchangé par la suspension.
À noter : la suspension étant temporaire, une nouvelle loi devra intervenir avant fin 2027 pour décider de la suite du calendrier.

Estimation indicative ou montant définitif : ce qu'il faut savoir

Les estimations obtenues en cours de carrière, qu’elles proviennent du compte retraite ou d’un bilan personnalisé, restent par nature indicatives : elles se fondent sur les informations de carrière connues à la date de la simulation, qui peuvent évoluer (changement de revenus, nouvelles cotisations, régularisations).

Le montant réellement versé n’est établi qu’au moment de la liquidation, lorsque l’ensemble de la carrière est définitivement figé et vérifié par les régimes concernés. C’est pourquoi il est conseillé de considérer toute estimation, y compris officielle, comme un ordre de grandeur amené à évoluer jusqu’au départ effectif.

Les erreurs qui faussent l'estimation de votre future retraite

Plusieurs erreurs reviennent fréquemment et faussent la fiabilité d’une estimation, qu’elle soit officielle ou personnalisée :

  • Des trimestres manquants sur le relevé de carrière, souvent liés à un employeur ancien ou à une période d’intérim mal reportée.
  • Des périodes non déclarées, comme certains contrats courts, stages rémunérés ou périodes de chômage non prises en compte.
  • Des salaires étrangers oubliés, lorsque tout ou partie de la carrière s’est déroulée hors de France, sans transmission des informations correspondantes aux régimes français.

Vérifier son relevé de carrière avant toute estimation reste le meilleur moyen d’éviter que ces erreurs ne se répercutent sur le montant calculé.

À quel âge et à quelle fréquence vérifier le montant de sa future retraite

Il n’est pas nécessaire d’attendre l’approche du départ pour s’intéresser au montant de sa future retraite. Une vérification régulière permet de détecter et corriger les erreurs bien avant qu’elles ne deviennent difficiles à rectifier.

  • En début de carrière : prendre l’habitude de consulter son relevé pour vérifier que chaque emploi est bien enregistré.
  • À mi-carrière : contrôler la cohérence des trimestres validés avec son parcours réel, notamment en cas de changement de statut ou de régime.
  • À l’approche du départ envisagé : affiner l’estimation, envisager les leviers disponibles (rachat de trimestres, prolongation d’activité) et comparer plusieurs scénarios d’âge de départ.

Questions fréquentes

Quelle sera ma retraite avec un salaire de 2000 € net ?

Le montant dépend du revenu annuel moyen calculé sur les 25 meilleures années, du taux atteint (jusqu’à 50 % à taux plein) et du nombre de points de retraite complémentaire accumulés. Il n’existe pas de chiffre unique valable pour tous : la seule façon d’obtenir un montant fiable pour ce niveau de salaire est de consulter son estimation personnalisée sur son compte retraite.

Comme pour tout niveau de salaire, le montant final résulte de la combinaison entre le SAM, le taux appliqué et la durée d’assurance validée. Pour une carrière complète mais modestement rémunérée, le minimum contributif peut venir compléter le montant calculé. Une estimation précise nécessite de consulter son propre relevé de carrière et son estimation personnalisée.

À ce niveau de revenu, la part de la retraite complémentaire dans le total perçu tend à être plus importante, car elle est directement liée aux cotisations versées. La retraite de base reste, quant à elle, plafonnée par le taux maximum de 50 % appliqué au revenu annuel moyen. Le montant exact ne peut être obtenu que via une simulation personnalisée.

Le montant estimé de sa future retraite se trouve sur son compte retraite personnel, accessible sur info-retraite.fr après connexion via FranceConnect. Le relevé de carrière et le service d’estimation disponible sur ce compte sont les sources officielles de référence pour connaître le montant de sa retraite.

Le montant net s’obtient en déduisant du montant brut les prélèvements sociaux applicables, notamment la CSG et la CRDS. Le niveau de ces prélèvements varie selon la situation fiscale du retraité, ce qui explique que deux montants bruts identiques peuvent donner des montants nets différents.

Ameli ne propose pas de simulateur de retraite en propre. Le site, dédié à l’assurance maladie, renvoie les assurés vers l’assurance retraite et vers le compte retraite pour toute simulation ou estimation du montant de la pension.

Le site officiel de référence pour toute simulation de retraite est info-retraite.fr. Il regroupe l’ensemble des régimes, le relevé de carrière et le service d’estimation personnalisée en un seul point d’accès.

Les indépendants relevant du SSI ou de la Cipav, comme les fonctionnaires, disposent également d’un compte retraite sur info-retraite.fr, qui centralise les informations transmises par leur caisse spécifique. Il est recommandé de consulter directement le relevé de carrière associé à son régime pour vérifier les données prises en compte, puis de lancer l’estimation personnalisée disponible depuis ce même compte.

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