Comment déclarer un cumul emploi-retraite : démarches, formulaires et modèle de lettre

Ludovic Herschlikovitz
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déclarer cumul emploi-retraite

Reprendre une activité professionnelle une fois la pension liquidée est un droit ouvert à la grande majorité des retraités. Mais ce droit s’accompagne d’une obligation trop souvent négligée : celle de déclarer officiellement cette reprise d’activité à sa caisse de retraite. À défaut, le versement de la pension peut être suspendu, voire faire l’objet d’un recalcul rétroactif défavorable.

Vous trouverez ici une approche pratique : un pas-à-pas déclaratif détaillé, les canaux et justificatifs à utiliser selon votre caisse (Carsat, Agirc-Arrco, régime des indépendants), un modèle de lettre prêt à l’emploi, ainsi que les règles applicables en 2026 et la refonte complète du dispositif votée pour le 1er janvier 2027.
 
À retenir en 2026 : la déclaration doit être faite dans le mois suivant la reprise d’activité ; le cumul intégral ouvre droit à une seconde pension de retraite ; et à compter du 1er janvier 2027, la distinction entre cumul intégral et cumul plafonné disparaît au profit d’une logique fondée uniquement sur l’âge.

Cumul emploi-retraite (cumul retraite emploi) : cumul intégral ou plafonné, de quoi parle-t-on ?

Le cumul emploi-retraite désigne la possibilité de percevoir une pension de retraite tout en exerçant une activité professionnelle rémunérée. Ce dispositif se décline en deux régimes distincts, le cumul intégral et le cumul plafonné, dont les règles de calcul et de déclaration diffèrent sensiblement selon la situation de l’assuré au moment de la liquidation.

Le cumul intégral : cumuler sans limite de revenu

Le cumul intégral s’applique lorsque le retraité a liquidé l’ensemble de ses pensions de base et complémentaires, tous régimes confondus, et bénéficie d’une retraite de base à taux plein. Dans cette configuration, les revenus tirés de la nouvelle activité peuvent s’ajouter à la pension sans plafond de cumul, quel que soit leur montant.

Le cumul plafonné : quand le montant cumulé est limité

Lorsque les conditions du taux plein ne sont pas remplies, ou lorsque certaines règles spécifiques (comme le délai de reprise chez le même employeur) ne sont pas respectées, le cumul devient plafonné. Le total des pensions perçues et des revenus d’activité ne peut alors excéder un seuil déterminé, sous peine de réduction de la pension.

Quelles conditions remplir pour cumuler emploi et retraite ?

Avant toute reprise d’activité professionnelle, mieux vaut vérifier sa situation par rapport à plusieurs conditions cumulatives, notamment l’atteinte du taux plein de la retraite, qui déterminent le régime de cumul applicable.

Âge légal, taux plein et durée d'assurance requis

Le cumul emploi-retraite intégral suppose de réunir quatre conditions cumulatives : avoir atteint l’âge légal de départ, bénéficier d’une retraite de base à taux plein, avoir liquidé l’ensemble de ses pensions personnelles de base et complémentaires tous régimes confondus, et avoir rompu tout lien professionnel avec son employeur (pour les salariés). Le taux plein peut être obtenu de deux façons : soit en réunissant la durée d’assurance requise, soit automatiquement à 67 ans, quelle que soit la durée de cotisation.

 
Où en est l’âge légal en 2026 ? La réforme du 14 avril 2023 prévoyait un relèvement progressif de 62 à 64 ans. Ce calendrier a été suspendu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) jusqu’au 1er janvier 2028. Concrètement, pour les retraites liquidées à compter du 1er septembre 2026, l’âge légal est gelé à 62 ans et 9 mois pour les générations concernées : la génération 1964 part à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres (au lieu de 63 ans et 171 trimestres), et les assurés nés au premier trimestre 1965 également, avec 170 trimestres au lieu de 172.
 
Deux précisions utiles : l’âge légal ne redescend pas à 62 ans, il s’agit d’un décalage de calendrier et non d’une annulation ; et l’âge du taux plein automatique reste fixé à 67 ans, inchangé.
 
Le cas des activités dérogatoires. Certaines activités limitativement énumérées à l’article L. 161-22 du Code de la sécurité sociale sont librement cumulables avec une pension, sans condition de taux plein ni de cessation d’activité : activités artistiques, littéraires ou scientifiques exercées à titre accessoire, participation à des jurys de concours, activités juridictionnelles, hébergement en milieu rural, consultations données occasionnellement, etc. Si vous relevez de l’un de ces cas, les règles de plafonnement ne s’appliquent pas.

Cumul emploi-retraite chez le même employeur : le délai de carence

La reprise d’activité chez son dernier employeur obéit à des règles particulières, souvent mal comprises car elles diffèrent selon le régime de cumul.
 
En cumul plafonné, la reprise chez un nouvel employeur est possible immédiatement, mais il faut attendre 6 mois après le point de départ de la retraite pour retravailler chez son dernier employeur. À défaut, le versement de la pension est suspendu ; il reprend à la cessation de l’activité ou, au plus tard, le 7e mois suivant le point de départ de la retraite.
 
En cumul intégral, la reprise chez le dernier employeur est en revanche possible sans délai. Le seuil des 6 mois joue ici sur un autre terrain, celui de l’acquisition de droits : pour les retraites prenant effet à compter du 1er novembre 2023, seules les périodes travaillées à partir du 1er jour du 7e mois suivant le point de départ de la retraite sont génératrices de droits à une seconde pension lorsque l’activité est reprise chez le dernier employeur.
 
À noter : pour les fonctionnaires de l’État, le délai de six mois entre la liquidation de la pension et la reprise d’activité chez le dernier employeur n’est plus exigé.

Comment déclarer son cumul emploi-retraite : la démarche étape par étape

La déclaration de reprise d’activité dans le cadre d’un cumul emploi-retraite n’est pas une simple formalité : elle conditionne le maintien du versement de la pension. Voici l’ordre logique des démarches à suivre.

Qui prévenir : employeur, caisse de retraite et complémentaire

  • L’employeur : aucune obligation légale de déclaration ne pèse sur le retraité à son égard, mais l’informer de son statut dès la signature du contrat reste vivement conseillé, notamment parce que le statut de retraité emporte des conséquences en matière de cotisations et de mise à la retraite.
  • La caisse de retraite de base (Carsat pour les salariés du régime général, ou caisse équivalente selon le régime d’origine), à qui la reprise d’activité doit être signalée.
  • La caisse de retraite complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés), qui doit également être avisée pour ajuster, le cas échéant, le versement de la pension complémentaire.
  • Pour les travailleurs indépendants, l’organisme gestionnaire de la retraite de base et complémentaire des non-salariés.

Dans quel délai effectuer la déclaration de reprise d'activité ?

La règle est précise : la situation doit être déclarée dans le mois qui suit la reprise d’activité, auprès de l’organisme dont vous dépendez. La déclaration doit au minimum comporter le nom et l’adresse de l’employeur et la date de début de l’activité, complétés par les pièces justificatives demandées selon votre situation. Pour la retraite complémentaire, l’Agirc-Arrco demande pour sa part d’être prévenue avant la reprise d’activité.
 
Il est fortement recommandé de ne pas différer cette démarche : plus la déclaration est tardive, plus le risque de suspension de pension ou de recalcul rétroactif défavorable est élevé. En cas de doute sur le régime de cumul applicable (intégral ou plafonné), sollicitez directement votre caisse avant même la reprise d’activité.

Formulaire cumul emploi-retraite : quels documents selon votre caisse (Carsat, Agirc-Arrco) ?

Il n’existe pas de formulaire Cerfa unique de déclaration de reprise d’activité : le canal et les pièces à fournir varient selon le régime de retraite d’origine (Carsat, Agirc-Arrco ou organisme des indépendants). Dans la plupart des cas, la déclaration s’effectue depuis l’espace personnel en ligne de la caisse ou par courrier accompagné des justificatifs. Le tableau ci-dessous récapitule les principaux interlocuteurs à contacter.
 
En revanche, un formulaire officiel existe pour la suite du parcours : la demande de retraite à la suite d’un cumul emploi-retraite, à utiliser lorsque vous cessez votre nouvelle activité pour faire liquider votre seconde pension (voir plus bas).
 
Elle se fait en ligne via info-retraite.fr, en une seule demande valable pour l’ensemble de vos régimes.
 
ProfilInterlocuteurCanal de déclaration
Salarié du régime généralCarsatFormulaire de déclaration de reprise d’activité disponible en ligne ou par courrier
Salarié (complémentaire)Agirc-ArrcoEspace personnel en ligne ou courrier au centre de gestion
Travailleur indépendantOrganisme de retraite des indépendantsDéclaration via l’espace en ligne ou courrier dédié

Formulaire Carsat et Agirc-Arrco pour les salariés

Les salariés du régime général doivent transmettre à leur Carsat le formulaire de déclaration de reprise d’activité, accompagné des justificatifs demandés (contrat de travail, bulletins de salaire). La même information doit être adressée à la caisse Agirc-Arrco dont relève le nouveau contrat, afin que le versement de la retraite complémentaire soit ajusté si nécessaire. Ces formulaires sont accessibles depuis l’espace personnel en ligne de chaque organisme ou peuvent être demandés par courrier.

Démarches spécifiques pour les travailleurs indépendants

Les travailleurs indépendants doivent se tourner vers l’organisme gérant leur retraite de base et complémentaire pour signaler la reprise ou la poursuite d’une activité non salariée. Les règles de plafonnement qui leur sont applicables diffèrent de celles des salariés, notamment en fonction de la localisation de l’activité (zone de revitalisation rurale ou quartier prioritaire de la politique de la ville), ce qui rend la déclaration préalable d’autant plus importante pour anticiper le régime de cumul applicable.

Modèle de lettre pour déclarer un cumul emploi-retraite

À défaut de démarche en ligne, un modèle de lettre de cumul emploi-retraite adressé par courrier reste recevable et permet de conserver une preuve datée de la déclaration. Ce courrier doit être adressé à la caisse de retraite de base concernée, et une copie peut être transmise à la caisse complémentaire.

Exemple de lettre à adresser à sa caisse de retraite

Le courrier doit comporter les mentions suivantes : identité complète et numéro de sécurité sociale du retraité, date de liquidation de la retraite, nature et date de début de la nouvelle activité, coordonnées de l’employeur ou statut d’indépendant, et demande explicite de prise en compte dans le cadre du cumul emploi-retraite.

Exemple de trame à adapter :

« Madame, Monsieur,
Je vous informe par la présente que je reprends une activité professionnelle à compter du [date], en qualité de [salarié chez / travailleur indépendant]. Ma retraite a été liquidée le [date] sous le numéro de dossier [numéro]. Je vous prie de bien vouloir prendre en compte cette reprise d’activité dans le cadre du cumul emploi-retraite et de m’indiquer les éventuelles pièces complémentaires à fournir. Je vous joins [contrat de travail / justificatif d’activité]. Je vous remercie de m’adresser un accusé de réception de la présente déclaration. »

Plafond de cumul, calcul du revenu et nouveaux droits à pension

Pour les salariés. Dans le cadre du cumul plafonné, le plafond porte sur le total mensuel formé par les pensions de retraite (base et complémentaires) et les revenus d’activité. Selon la formule la plus favorable à l’assuré, ce total ne doit pas dépasser :
 
  • soit la moyenne des revenus d’activité des trois derniers mois civils précédant la cessation d’activité ;
  • soit 1,6 fois le Smic brut mensuel en vigueur au 1er janvier de l’année, soit 2 916,85 € brut par mois en 2026.
En cas de dépassement, chaque pension de retraite de base est réduite du montant du dépassement, à compter du mois suivant celui où il est constaté.
 
Pour les travailleurs indépendants. La logique est différente : le plafond porte sur les seuls revenus d’activité, et non sur le total pensions + revenus. Le plafond annuel de droit commun correspond à la moitié du plafond annuel de la Sécurité sociale (1/2 PASS), soit 24 030 € en 2026 (le PASS s’élevant à 48 060 €). En zone de revitalisation rurale ou en quartier prioritaire de la politique de la ville, ce plafond est porté à 1 PASS, soit 48 060 € en 2026.

Exemple de calcul du cumul emploi-retraite

Prenons le cas d’un travailleur indépendant retraité en cumul plafonné, exerçant hors zone de revitalisation rurale, qui dégage 28 000 € de revenus d’activité en 2026. Le plafond de droit commun étant fixé à 24 030 € (1/2 PASS), le dépassement s’élève à 3 970 €, montant dont sa pension de base sera réduite.
 
À l’inverse, s’il exerce en zone de revitalisation rurale ou en quartier prioritaire de la politique de la ville, son plafond est porté à 48 060 € (1 PASS) : avec les mêmes 28 000 € de revenus, aucune réduction n’est appliquée. D’où l’intérêt de vérifier le zonage de son activité avant la reprise.

Cumul emploi-retraite et seconde pension : ce qui a changé depuis 2023

C’est l’apport le plus favorable de la réforme, et le plus méconnu. Jusqu’en 2023, les cotisations versées pendant une période de cumul emploi-retraite étaient dites « à fonds perdus » : elles n’ouvraient aucun droit supplémentaire. Depuis le 1er septembre 2023, la loi du 14 avril 2023 permet au contraire d’acquérir de nouveaux droits donnant lieu à une seconde pension de retraite.
 
Trois conditions et une limite :
 
  • le dispositif est réservé au cumul intégral : le cumul plafonné n’ouvre toujours aucun droit ;
  • les périodes prises en compte sont celles exercées depuis le 1er janvier 2023 ;
  • les assurés dont la première pension a pris effet entre le 1er janvier 2015 et le 1er septembre 2023 ne créent aucun nouveau droit ;
  • cette seconde pension est plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 2 403 € par an en 2026. Elle est calculée sans décote, mais ne peut bénéficier d’aucune majoration ni accessoire (majoration pour enfants, réversion, etc.).
Deux points de vigilance. D’abord, cette seconde pension n’est pas attribuée automatiquement : il faut en faire la demande, deux mois avant la date souhaitée, via le formulaire de demande de retraite à la suite d’un cumul emploi-retraite. Ensuite, une fois cette seconde pension liquidée, plus aucun droit nouveau ne peut être acquis, même en cas de nouvelle reprise d’activité (article L. 161-22-1 du Code de la sécurité sociale).
 
Côté retraite complémentaire, l’Agirc-Arrco attribue également des points au titre de l’activité reprise en cumul intégral, dans la limite d’un plafond de Sécurité sociale.

Cumul emploi-retraite en 2026 : réforme et évolutions à surveiller

Le dispositif de cumul emploi-retraite continue d’évoluer sous l’effet de la réforme des retraites 2023-2027 et des changements successifs. Mieux vaut suivre ces changements pour anticiper leur impact sur une reprise d’activité planifiée en 2026 ou après.

Ce que la réforme 2023 a changé pour le cumul emploi-retraite

La loi du 14 avril 2023 a eu deux effets majeurs sur le cumul emploi-retraite : le relèvement progressif de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, qui décale le point de départ possible du dispositif pour de nombreux assurés, relèvement aujourd’hui suspendu jusqu’au 1er janvier 2028 par la LFSS pour 2026, avec un âge légal gelé à 62 ans et 9 mois pour les générations concernées, et la création de la seconde pension depuis le 1er septembre 2023, qui permet désormais d’acquérir de nouveaux droits en cumul intégral, dans la limite de 5 % du PASS.

Ce qui change au 1er janvier 2027 : une refonte complète du dispositif

Il ne s’agit plus d’une hypothèse : l’article 102 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) réécrit le dispositif à compter du 1er janvier 2027, pour les assurés dont la retraite est liquidée à partir de cette date.
 
Changement structurant : la distinction entre cumul intégral et cumul plafonné disparaît. Seul l’âge sera désormais pris en compte, selon trois situations.
SituationRègle applicable au 1er janvier 2027
Avant l’âge minimum légalLes revenus d’activité et de remplacement (indemnités journalières notamment) sont déduits intégralement de la pension, dès le premier euro
Entre l’âge légal et 67 ansCumul possible tant que les revenus d’activité et de remplacement ne dépassent pas 7 000 € brut par an. Au-delà, les pensions sont réduites de 50 % du montant du dépassement
À partir de 67 ansCumul intégral sans plafond, avec acquisition de nouveaux droits à retraite grâce aux cotisations versées
 
Deux précisions importantes. Le seuil de 7 000 € porte sur les seuls revenus d’activité et de remplacement, et non sur le total « pensions + revenus » comme dans le cumul plafonné actuel. Et si ce montant a été annoncé par le Gouvernement, le décret d’application n’était pas encore publié à la date de mise à jour de cet article : le chiffre définitif reste à confirmer.
 
Concrètement, cette réforme renforce l’incitation à décaler son départ jusqu’à 67 ans pour qui envisage de poursuivre une activité significative, et rend d’autant plus nécessaire une simulation en amont pour les générations qui liquideront leur retraite à partir de 2027.

Avantages, inconvénients et erreurs à éviter avant de cumuler

Le cumul emploi-retraite permet de compléter ses revenus tout en restant actif, et, depuis 2023, d’acquérir de nouveaux droits lorsque l’on relève du cumul intégral. Ce gain reste toutefois modeste : la seconde pension est plafonnée à 5 % du PASS, soit 2 403 € par an en 2026, pour des cotisations versées au taux plein. Le rendement de ces cotisations est donc, dans la plupart des cas, très faible. En cumul plafonné, elles n’ouvrent purement et simplement aucun droit.
 
Sur le plan fiscal, les revenus d’activité perçus en plus de la pension restent soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux habituels, ce qui peut faire basculer le foyer dans une tranche d’imposition supérieure.
 
Les erreurs les plus fréquentes concernent l’oubli ou le retard de déclaration auprès de l’une des caisses (base ou complémentaire) alors que le délai est d’un mois, la reprise trop rapide chez son dernier employeur en cumul plafonné, l’oubli de demander la seconde pension au moment de cesser l’activité, et le dépassement non anticipé du plafond de cumul, qui entraîne une réduction automatique des pensions.

Questions fréquentes cumul emploi-retraite

Comment signaler un cumul d'emploi à la retraite ?

La reprise d’activité doit être signalée directement à sa caisse de retraite de base, généralement via un formulaire de déclaration disponible en ligne ou par courrier, accompagné des justificatifs de la nouvelle activité (contrat de travail ou preuve d’activité indépendante).

Trois interlocuteurs doivent être informés : l’employeur (ou, pour un indépendant, l’organisme dont dépend l’activité), la caisse de retraite de base, et la caisse de retraite complémentaire, chacun ayant besoin de cette information pour ajuster le versement de la pension.

Aucune limite n’est exprimée en heures : les règles portent sur les revenus. En 2026, dans le cadre du cumul intégral, il n’existe ni plafond d’heures ni plafond de revenus dès lors que les conditions de taux plein et de liquidation complète des pensions sont remplies. Attention toutefois : à partir du 1er janvier 2027, les retraités liquidant leur pension entre l’âge légal et 67 ans seront soumis à un plafond de revenus d’activité de l’ordre de 7 000 € brut par an.
Le principal inconvénient tient au faible rendement des cotisations versées : en cumul intégral, elles n’ouvrent droit qu’à une seconde pension plafonnée à 5 % du PASS (2 403 € par an en 2026) ; en cumul plafonné, elles n’ouvrent aucun droit. S’ajoutent la fiscalisation des revenus d’activité cumulés à la pension, qui peut alourdir l’imposition globale du foyer, et le durcissement des règles prévu au 1er janvier 2027 avant 67 ans.
Informer ses caisses de la date de fin d’activité ne suffit pas. Si vous relevez du cumul intégral et avez acquis des droits depuis le 1er janvier 2023, vous devez demander expressément la liquidation de votre seconde pension : cette attribution n’a rien d’automatique. La demande s’effectue deux mois avant la date souhaitée, en une seule fois pour l’ensemble de vos régimes, via le formulaire de demande de retraite à la suite d’un cumul emploi-retraite disponible sur info-retraite.fr. Cette seconde pension s’ajoute à la première, dont le montant reste inchangé.

Un délai de carence de 6 mois après la liquidation de la retraite doit être respecté avant de reprendre une activité chez son dernier employeur pour bénéficier du cumul intégral. Toute reprise avant ce délai place automatiquement le retraité sous le régime du cumul plafonné.

Oui. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 supprime la distinction entre cumul intégral et cumul plafonné à compter du 1er janvier 2027, pour les retraites liquidées à partir de cette date. Seul l’âge comptera : déduction intégrale des revenus avant l’âge légal, plafond annuel de l’ordre de 7 000 € brut entre l’âge légal et 67 ans avec écrêtement de 50 % du dépassement, et cumul intégral sans plafond à partir de 67 ans.
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