Âge légal de départ à la retraite en 2026 : comprendre les nouvelles règles

Ludovic Herschlikovitz
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age legal depart retraite
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En 2026, l’âge légal de départ à la retraite n’est pas une donnée unique. Il dépend de votre année de naissance, et d’une réforme partiellement suspendue depuis le 1er septembre 2026. Entre 62 ans et 9 mois et 64 ans : voici ce qui s’applique réellement à votre situation, génération par génération.
Les informations de cette page sont à caractère informatif. Elles ne constituent pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Votre situation peut différer des règles générales présentées. Pour tout point individuel, rapprochez-vous de votre caisse de retraite.

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Le tableau de référence : votre âge légal selon votre année de naissance

Ce tableau reprend les règles applicables aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026, conformément à la LFSS 2026, telles que publiées par Service-Public.fr et L’Assurance retraite (CNAV).
 
Année de naissance Âge légal de départ Trimestres requis pour le taux plein
1960 62 ans 167 trimestres
Janv. – août 1961 62 ans 168 trimestres
Sept. – déc. 1961 62 ans et 3 mois 169 trimestres
1962 62 ans et 6 mois 169 trimestres
1963 62 ans et 9 mois 170 trimestres
1964 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans) 170 trimestres (au lieu de 171)
1er janv. – 31 mars 1965 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans et 3 mois) 170 trimestres (au lieu de 172)
1er avr. – 31 déc. 1965 63 ans (au lieu de 63 ans et 3 mois) 171 trimestres (au lieu de 172)
1966 63 ans et 3 mois (au lieu de 63 ans et 6 mois) 172 trimestres
1967 63 ans et 6 mois (au lieu de 63 ans et 9 mois) 172 trimestres
1968 63 ans et 9 mois (au lieu de 64 ans) 172 trimestres
1969 et après 64 ans 172 trimestres
Sources : Service-Public.fr (mis à jour le 01/01/2026), L’Assurance retraite (CNAV), LFSS 2026 – Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025. Les indications en italique signalent les générations concernées par la suspension de la réforme de 2023.
 
 

L’âge légal : un point de départ, pas une garantie

Atteindre l’âge légal ouvre le droit de partir. Ça ne garantit pas automatiquement une pension à taux plein. Pour cela, deux conditions doivent être réunies simultanément : avoir atteint l’âge légal, et avoir cotisé le nombre de trimestres requis.

Les 4 situations possibles à l’âge légal

 
Situation Âge légal atteint ? Trimestres requis réunis ? Conséquence sur la pension
Cas 1 Oui Oui Départ possible à taux plein dès l’âge légal
Cas 2 Oui Non Départ possible avec application d’une décote permanente, ou attente
Cas 3 Non Oui Départ impossible avant l’âge légal, sauf dispositif de départ anticipé
Cas 4 67 ans atteints Peu importe Taux plein accordé automatiquement, quels que soient les trimestres
Le cas le plus courant pour les carrières hachées ou les temps partiels est le cas 2 : l’assuré atteint l’âge légal mais n’a pas encore tous ses trimestres.
 
L’arbitrage entre partir avec une décote ou attendre quelques trimestres de plus est l’une des décisions les plus structurantes de la transition vers la retraite.

Les trois repères à ne pas confondre

  • L’âge légal ouvre la possibilité de partir. Pas plus.
  • L’âge du taux plein est celui auquel vous avez accumulé le bon nombre de trimestres. Si cette condition est remplie dès l’âge légal, vous partez sans pénalité. Sinon, il faut arbitrer : attendre, ou accepter une décote.
  • 67 ans est l’âge du taux plein automatique, introduit par la réforme de 2010. À cet âge, la décote disparaît quels que soient les trimestres. Il convient toutefois de mesurer le coût d’opportunité que représente l’attente jusqu’à cet âge.
 

Ce qui a changé : la réforme de 2023, partiellement suspendue

La réforme du 14 avril 2023

La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme des retraites a fixé deux évolutions principales : le relèvement progressif de l’âge légal de 62 à 64 ans, à raison de 3 mois par génération à partir de celle née au 1er septembre 1961 ; et l’accélération de l’allongement de la durée d’assurance, portée à 172 trimestres à partir de la génération 1965.

La suspension partielle par la LFSS 2026

La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu une partie de ce calendrier pour les générations nées entre 1964 et 1968. Cette suspension s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Concrètement : chaque génération concernée bénéficie d’un recul de 3 mois sur son âge légal, et les générations 1964 et 1965 (premier trimestre) voient également leur nombre de trimestres requis réduit d’un à deux trimestres selon leur date de naissance précise.
 
La LFSS 2026 fixe le cadre législatif de cette suspension du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028. Elle ne supprime pas la réforme de 2023 : elle l’interrompt, dans l’attente des décisions issues de l’élection présidentielle de 2027.
 
Important : deux dates à distinguer.
  • Pour les pensions prenant effet avant le 1er septembre 2026 : la réforme de 2023 s’applique intégralement (âges plus élevés selon le calendrier initial).
  • Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 : la suspension s’applique, âges réduits de 3 mois pour les générations 1964 à 1968.
Un assuré né en 1965 qui aurait liquidé sa retraite en juin 2026 relève donc des règles de la réforme de 2023, non de la suspension. La date de prise d’effet de la pension est le critère déterminant.
 

Comment est calculée votre pension de retraite de base ?

Comprendre pourquoi l’âge de départ a un impact financier suppose de comprendre comment la pension est calculée. Dans le régime général, la formule repose sur trois éléments.

Les trois composantes du calcul

  • Le salaire annuel moyen (SAM) : Il correspond à la moyenne des salaires bruts des 25 meilleures années de carrière, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) en vigueur chaque année. Les années retenues sont celles où le salaire était le plus élevé, pas nécessairement les 25 dernières.
  • Le taux de liquidation : Il varie entre 37,5 % (décote maximale) et 50 % (taux plein). Ce taux dépend du nombre de trimestres réunis à la date de liquidation et, le cas échéant, de l’âge de l’assuré.
  • Le coefficient de proratisation : Il mesure la part de carrière effectuée en France par rapport au nombre de trimestres requis pour le taux plein. Si vous avez cotisé 160 trimestres sur 172 requis, le coefficient de proratisation est de 160/172, soit environ 93 %.

La formule

Pension = SAM × taux de liquidation × trimestres acquis trimestres requis
 
Exemple illustratif uniquement : un assuré né en 1963 avec un SAM de 30 000 €, ayant ses 170 trimestres à l’âge légal, bénéficierait d’un taux de 50 % et d’un coefficient de proratisation de 170/170 = 1. Sa pension de base annuelle s’élèverait à 15 000 €, soit 1 250 € par mois, avant impôts et avant prise en compte de la retraite complémentaire. Ce calcul est purement illustratif : votre pension réelle dépend de l’ensemble de votre carrière et des paramètres individuels de votre dossier.
 
L’articulation entre ces trois variables explique pourquoi l’âge de départ et le nombre de trimestres ont un impact direct sur le montant de la pension : partir trop tôt réduit à la fois le taux (décote) et peut affecter le coefficient de proratisation.
 

Décote et surcote : l’impact financier concret

Partir avant le taux plein : la décote

Liquider sa retraite sans avoir réuni ses trimestres entraîne une réduction permanente de la pension. Dans le régime général, elle est de 1,25 % par trimestre manquant. Dans la fonction publique, la règle est identique.
 
Cette pénalité ne disparaît pas avec le temps. Elle est calculée une fois au moment de la liquidation et s’applique jusqu’au décès, sauf atteinte des 67 ans (où la décote est supprimée automatiquement).
 
Exemple illustratif : partir avec 8 trimestres manquants réduit la pension de base de 10 %. L’impact financier total dépend de la durée de versement de la pension, qui ne peut être connue à l’avance.

Continuer après le taux plein : la surcote

À l’inverse, travailler après avoir réuni ses trimestres génère une majoration de 1,25 % par trimestre supplémentaire. Ce mécanisme est à mettre en regard du coût d’opportunité : chaque trimestre travaillé au-delà est aussi un trimestre de pension non perçu.

Partir dès l’âge légal : les deux faces de la décision

Partir dès l’âge légal n’est pas nécessairement une décision financièrement pénalisante, à condition d’avoir ses trimestres. Mais au-delà du calcul de pension, d’autres paramètres entrent en jeu.
 
Points favorables à un départ rapide :
  • Cessation de l’exposition aux risques professionnels (pénibilité, stress, conditions de travail difficiles) ;
  • Qualité de vie et capital santé préservé, en particulier pour les métiers physiques ;
  • Possibilité de cumuler emploi et retraite (cumul emploi-retraite), qui permet de percevoir une pension tout en exerçant une activité.
Points de vigilance :
  • Perte de la couverture prévoyance et de la complémentaire santé d’entreprise, à anticiper avant le départ ;
  • Impact possible sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco si le taux plein n’est pas atteint (voir section dédiée) ;
  • Pension de base réduite de façon permanente en cas de trimestres manquants.
Le cumul emploi-retraite constitue une option intermédiaire : l’assuré peut, sous conditions, cumuler sa pension avec un revenu d’activité, sans restriction de montant s’il a liquidé toutes ses retraites à taux plein. Dans le cas contraire, des plafonds s’appliquent. Ce dispositif est encadré par les articles L. 161-22 et suivants du Code de la sécurité sociale.
 

N’oubliez pas la retraite complémentaire (Agirc-Arrco)

La pension de base du régime général ne représente qu’une partie de la retraite des salariés du secteur privé. L’autre composante est la retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui fonctionne selon un système de points accumulés tout au long de la carrière.

Comment fonctionne l’Agirc-Arrco ?

Pendant la vie active, chaque cotisation génère des points. Au moment du départ à la retraite, le total de points est multiplié par la valeur du point en vigueur pour calculer la pension complémentaire annuelle.
 
Ce système est géré par les partenaires sociaux et obéit à des règles propres, distinctes de celles du régime général.

Le coefficient de solidarité : une pénalité à connaître

Un assuré qui liquide sa retraite complémentaire sans avoir atteint le taux plein (trimestres incomplets) se voit appliquer un coefficient de solidarité de -10 % pendant trois ans, dans la limite de l’âge de 67 ans. Cette minoration s’applique quel que soit l’âge de départ, dès lors que les conditions du taux plein ne sont pas réunies.
 
À l’inverse, un assuré qui reporte son départ d’un an après l’âge auquel il aurait pu partir à taux plein bénéficie d’un coefficient majorant de +10 % pendant un an.
Ces mécanismes sont distincts de la décote et de la surcote du régime de base. Ils sont définis par accord entre les partenaires sociaux et peuvent évoluer.
 
Pour connaître votre solde de points et estimer votre pension complémentaire, consultez votre espace personnel sur agirc-arrco.fr.
 

Partir avant l’âge légal : les dispositifs qui le permettent

La retraite anticipée pour carrière longue

Ce dispositif concerne les assurés ayant commencé à travailler tôt. Quatre paliers existent, avec deux conditions cumulatives dans chaque cas : avoir validé un nombre de trimestres cotisés dès le début de carrière, et avoir réuni la durée totale requise pour le taux plein.
 
Âge de début d’activité Départ anticipé possible dès Trimestres cotisés requis en début de carrière
Avant 16 ans 58 ans 5 trimestres avant la fin de l’année des 16 ans (4 si né en oct.-déc.)
Avant 18 ans 60 ans 5 trimestres avant la fin de l’année des 18 ans (4 si né en oct.-déc.)
Avant 20 ans 60 ou 62 ans selon la génération 5 trimestres avant la fin de l’année des 20 ans (4 si né en oct.-déc.)
Avant 21 ans 63 ans 5 trimestres avant la fin de l’année des 21 ans (4 si né en oct.-déc.)
La LFSS 2026 prévoit des assouplissements pour les générations 1964 à 1968 sur les conditions de ce dispositif.
 
Les conditions précises variant selon la génération et le régime, consultez la fiche dédiée sur Service-Public.fr – Retraite anticipée pour carrière longue du salarié.

Les autres situations de départ anticipé

  • Handicap : départ possible dès 55 ans, sous conditions de taux d’incapacité et de durée de cotisation.
  • Compte professionnel de prévention (C2P) : les points accumulés peuvent, sous conditions, financer un départ anticipé.
  • Exposition à l’amiante : dispositif d’allocation spécifique (ACAATA).
  • Inaptitude au travail : un assuré reconnu inapte au travail peut liquider sa retraite dès 62 ans, et non à l’âge légal de sa génération (63, 63 ans et 3 mois, ou 64 ans), au taux plein de 50 %, quel que soit le nombre de trimestres validés. Cette disposition a été maintenue à 62 ans par la réforme de 2023, créant de fait un départ anticipé par rapport aux nouvelles générations soumises à 63 ou 64 ans. C’est la distinction fondamentale avec tous les autres dispositifs : l’inaptitude dispense à la fois de l’âge légal « reformé » et du nombre de trimestres requis.
    La reconnaissance d’inaptitude est prononcée par le médecin-conseil de la caisse d’Assurance maladie, sur demande ou à l’initiative de la caisse, avant le départ à la retraite. Les assurés atteints d’une affection de longue durée (ALD) en fin de carrière peuvent notamment se trouver dans cette situation. Pour connaître les conditions précises, consultez Service-Public.fr – Retraite du salarié : reconnaissance d’inaptitude.
  • Incapacité permanente liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle : ce dispositif est ouvert aux assurés dont l’incapacité permanente est reconnue au titre d’un accident du travail (AT) ou d’une maladie professionnelle (MP), avec un taux d’incapacité permanente d’au moins 10 % fixé par la caisse. Le départ est possible dès 60 ans, avec une pension calculée au taux plein, à condition également de justifier d’une durée minimale d’exposition au risque professionnel à l’origine de l’incapacité. À noter : le taux de 10 % concerne spécifiquement l’incapacité d’origine professionnelle (AT/MP). Il est distinct du taux d’incapacité requis pour la retraite pour handicap (50 %), qui obéit à des règles propres. Conditions complètes sur Service-Public.fr – Retraite anticipée pour incapacité permanente.

Dispositifs de départs anticipés par situation

Dispositif Âge de départ Condition clé Pension
Carrière longue De 58 à 63 ans selon l’âge de début d’activité Trimestres cotisés en début de carrière + durée totale requise Taux plein
Handicap Dès 55 ans Taux d’incapacité d’au moins 50 % + durée de cotisation minimale Taux plein
Incapacité permanente AT/MP Dès 60 ans Taux d’IP d’au moins 10 %, origine professionnelle reconnue (AT ou MP) Taux plein
Inaptitude au travail Dès 62 ans Reconnaissance médicale par le médecin-conseil de la caisse — aucune condition de trimestres Taux plein, sans décote quelle que soit la durée validée
Compte professionnel de prévention (C2P) Variable Points accumulés au titre de facteurs de pénibilité Variable selon points
Exposition à l’amiante Variable Allocation ACAATA (dispositif spécifique) Selon dispositif
Les conditions d’accès à ces dispositifs sont fixées par les textes réglementaires en vigueur, susceptibles d’évoluer.
 

L’âge légal selon votre régime de retraite

Le tableau présenté en début d’article s’applique au régime général des salariés du secteur privé. D’autres régimes obéissent à des règles différentes.
 
Régime Âge légal applicable Particularités
Régime général (salariés privé) Selon tableau ci-dessus Règle de référence depuis la réforme de 2023
Fonction publique – catégorie sédentaire Identique au régime général Fonctionnaires administratifs, enseignants, etc.
Fonction publique – catégorie active Réduit (57 ans pour certains emplois) Policiers, pompiers, personnels soignants, aides-soignants – sous conditions de durée de service
Indépendants (SSI) Identique au régime général Commerçants, artisans affiliés à la Sécurité sociale des indépendants depuis 2018
Professions libérales (CNAVPL) Identique au régime général Médecins, avocats, experts-comptables, etc. Chaque section a ses propres règles complémentaires
Régimes spéciaux Variable selon le régime En cours d’intégration progressive dans le régime général pour les nouveaux entrants depuis 2023
 
Ce tableau est indicatif. Les conditions précises de chaque régime sont définies par les textes qui leur sont propres. Consultez Service-Public.fr pour la fonction publique, ou votre caisse de rattachement pour tout autre régime.
 

MDA et trimestres assimilés : ce que vous avez peut-être oublié

Les trimestres qui comptent dans votre durée d’assurance ne se résument pas aux périodes d’emploi. Deux catégories méritent une attention particulière.

La majoration de durée d’assurance (MDA)

La MDA est une majoration de trimestres accordée au titre de la maternité, de la paternité ou de l’adoption et de l’éducation des enfants, dans le régime général.
  • Au titre de la maternité ou de l’adoption : 4 trimestres par enfant, attribués à la mère (ou répartis entre les parents pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2010).
  • Au titre de l’éducation : 4 trimestres supplémentaires par enfant, pour le parent ayant assuré l’éducation au cours des 4 années suivant la naissance ou l’adoption. Ces trimestres sont répartissables entre les deux parents pour les enfants nés ou adoptés après le 1er janvier 2010.
Cette majoration peut avoir un effet significatif sur la durée totale d’assurance, en particulier pour les femmes ayant eu des carrières incomplètes.

Les trimestres assimilés fréquemment oubliés

Plusieurs périodes génèrent des trimestres assimilés qui n’apparaissent pas toujours spontanément dans les relevés de carrière :
  • Chômage indemnisé : un trimestre pour 50 jours d’indemnisation (dans la limite d’un certain plafond) ;
  • Arrêt maladie, maternité, paternité : un trimestre pour 60 jours d’arrêt ;
  • Service militaire ou national ;
  • Invalidité reconnue ;
  • Congé parental d’éducation (sous conditions).
Ces périodes doivent figurer sur votre relevé de carrière, consultable sur Mon compte retraite (info-retraite.fr). Des oublis ou erreurs d’enregistrement surviennent régulièrement. En cas d’anomalie, votre caisse de retraite peut être saisie pour régularisation. Cette démarche s’effectue de préférence plusieurs années avant le départ, pour laisser le temps aux corrections de prendre effet.
 

À quel âge les Français partent-ils vraiment à la retraite ?

L’âge légal et l’âge réel de départ ne coïncident pas nécessairement. Selon les données publiées par la CNAV (recueil statistique, décembre 2025, données arrêtées fin 2024), l’âge moyen de départ des nouveaux retraités du régime général s’établit à 63,5 ans, en hausse de 0,4 an sur un an, premier effet visible de la réforme de 2023.
 
Des écarts existent selon les régimes et les profils. Selon la CNAVPL (données 2025), l’âge moyen de liquidation des affiliés aux régimes des professions libérales atteignait 65,7 ans. Les données de la DREES (édition 2025) font apparaître un âge moyen conjoncturel de 62 ans et 9 mois tous régimes confondus, sans capturer encore l’effet plein de la réforme.
 
Un chiffre mérite attention : les femmes partent en moyenne plus tard que les hommes (63,8 ans contre 63,3 ans selon les données CNAV 2025), tout en percevant une pension inférieure de 24 % en moyenne. Cet écart est la traduction statistique d’inégalités accumulées tout au long de la vie active, temps partiel subi, interruptions de carrière, niveaux de salaire.
 

Comment préparer concrètement son départ à la retraite

Voici les étapes clés, dans l’ordre logique de préparation.

Entre 5 et 10 ans avant le départ prévu

  • Consultez votre relevé de carrière sur Mon compte retraite et signalez toute anomalie à votre caisse.
  • Vérifiez vos droits à la MDA et aux trimestres assimilés.
  • Renseignez-vous sur votre éligibilité à un dispositif de départ anticipé si votre situation le justifie.

2 à 3 ans avant

  • Réalisez une simulation personnalisée sur Mon compte retraite pour estimer le montant de votre pension à différents âges de départ.
  • Évaluez l’opportunité d’un rachat de trimestres (versement pour la retraite, VFR) : ce mécanisme permet de racheter des trimestres manquants à un coût dont le retour sur investissement dépend de l’espérance de vie et de la situation fiscale de chacun. Il est encadré et plafonné.

4 à 6 mois avant le départ

  • Déposez votre demande de liquidation auprès de votre caisse de base (Assurance retraite pour le régime général).
  • Déposez simultanément votre demande Agirc-Arrco si vous êtes salarié du secteur privé.
  • Renseignez-vous sur les modalités de continuité de votre couverture santé complémentaire (portabilité ou souscription individuelle).

Option intermédiaire : la retraite progressive

Avant la liquidation totale, la retraite progressive permet de réduire son temps de travail et de percevoir une fraction de sa pension, tout en continuant à accumuler des droits. Ce dispositif est accessible dès deux ans avant l’âge légal, sous conditions.
 

Les enjeux derrière l’âge légal

La question de l’âge légal de départ à la retraite ne se limite pas à une décision individuelle. Elle s’inscrit dans une problématique de soutenabilité du système par répartition.
 
Le régime français de retraite est financé par les cotisations des actifs pour payer les pensions des retraités. À mesure que l’espérance de vie s’allonge et que le ratio actifs/retraités évolue, la durée de perception des pensions s’allonge mécaniquement, ce qui pèse sur l’équilibre financier du système.
 
C’est cette équation démographique qui a justifié les réformes successives depuis 1993, chacune allongeant soit la durée de cotisation, soit l’âge de départ, soit les deux.
 
En parallèle, la question de l’emploi des seniors reste centrale : repousser l’âge légal n’a d’effet sur les comptes publics que si les assurés concernés sont effectivement en emploi à cet âge, ce qui n’est pas toujours le cas. Selon la DREES, une part significative des assurés qui liquident leur retraite avaient déjà cessé leur activité professionnelle avant d’atteindre l’âge légal, au titre du chômage, d’une invalidité ou d’une inaptitude.
 
La retraite progressive est régulièrement citée comme une voie permettant de réconcilier maintien en activité et préservation de la santé des travailleurs les plus âgés, en particulier dans les métiers physiques.
 

La France dans le contexte européen

La France n’est pas isolée dans ce débat. Depuis les années 2000, la majorité des pays européens ont engagé des réformes visant à relever les âges légaux de départ à la retraite, en réponse aux mêmes dynamiques démographiques : allongement de l’espérance de vie, déclin du ratio actifs/retraités.
 
Plusieurs pays membres de l’Union européenne ont d’ores et déjà fixé ou programmé des âges légaux supérieurs à 64 ans, parfois avec des mécanismes d’indexation automatique sur l’espérance de vie. Les modalités varient selon les systèmes nationaux et les traditions de dialogue social propres à chaque pays.
 
La Commission européenne suit ces évolutions dans le cadre de la coordination des politiques sociales et publie des données comparatives dans ses rapports sur la soutenabilité des régimes de retraite européens. Ces données sont accessibles sur le site ec.europa.eu et via Eurostat.
 

Textes de référence

Les règles présentées dans cet article reposent sur les textes législatifs et réglementaires suivants :
  • Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme des retraites — Légifrance
  • Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026) — Légifrance
  • Article L. 161-17-2 du Code de la sécurité sociale (âge légal de départ) — Légifrance
  • Articles D. 161-2-1-9 à D. 161-2-4-4 du Code de la sécurité sociale (modalités de calcul) — Légifrance
  • Articles L. 161-22 et suivants du Code de la sécurité sociale (cumul emploi-retraite)
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Questions fréquentes sur l'âge légal de départ à la retraite en 2026

Quel est l'âge légal de départ à la retraite en 2026 ?

Il varie selon votre année de naissance, entre 62 ans et 9 mois et 64 ans. Depuis le 1er septembre 2026, la LFSS 2026 a abaissé de 3 mois l’âge légal des générations 1964 à 1968 par rapport à ce que prévoyait la réforme de 2023. Les générations nées à partir de 1969 restent soumises à l’âge légal de 64 ans.
En partie. Son calendrier est suspendu pour les générations 1964 à 1968, pour les pensions liquidées à compter du 1er septembre 2026. Pour les générations nées à partir de 1969, elle s’applique intégralement : 64 ans et 172 trimestres.
L’âge légal est le seuil minimal pour partir. Le taux plein est la condition pour partir sans réduction de pension. Les deux peuvent coïncider, ou pas, selon votre parcours. À 67 ans, le taux plein est accordé automatiquement quelle que soit votre durée de cotisation.
Oui, dans certaines situations encadrées par la loi : carrière longue, handicap, incapacité permanente, inaptitude, exposition à l’amiante. Chaque dispositif est soumis à des conditions précises. Renseignez-vous auprès de votre caisse de retraite ou sur Service-Public.fr.
Une réduction permanente de la pension, appliquée quand vous partez sans avoir tous vos trimestres. Elle est de 1,25 % par trimestre manquant dans le régime général. Elle ne disparaît pas avec le temps.
Une majoration de 1,25 % par trimestre travaillé au-delà du taux plein. Continuer à travailler après avoir ses trimestres augmente la pension de base, mais implique aussi de renoncer à des annuités de pension pendant cette période.
À 63,5 ans en moyenne dans le régime général, selon la CNAV (données fin 2024). Cet âge varie selon les régimes, les profils de carrière et les choix individuels.
Oui, avec des modalités propres aux régimes de la fonction publique. Pour les détails, consultez Service-Public.fr, rubrique Retraite d’un agent public.
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