Préparer sa retraite en 2026 : guide complet et étapes clés

Ludovic Herschlikovitz
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préparer sa retraite
L’âge légal de départ à la retraite dépend de la date de naissance et de la date d’effet de la pension. 

La réforme des retraites a rebattu les cartes pour des millions d’actifs, qui doivent revoir leur calendrier et leurs priorités. Préparer sa retraite ne se limite pourtant pas à cocher des cases administratives : c’est un projet global qui repose sur trois piliers indissociables. D’abord les démarches, pour vérifier ses droits et anticiper le dépôt du dossier. Ensuite la stratégie financière, à adapter selon son âge et son horizon de placement.

Enfin la préparation psychologique, souvent négligée, qui permet d’aborder cette transition de vie de manière réfléchie plutôt que subir un vide brutal après des décennies de vie active.

Ce guide parcourt ces trois dimensions étape par étape, avec à chaque fois des repères concrets. 

Quand commencer à préparer sa retraite ?

La question « quand faut-il commencer à préparer sa retraite ? » revient systématiquement, et la réponse est simple : le plus tôt possible. Anticiper tôt change tout, pour deux raisons principales. D’une part, l’épargne retraite bénéficie du temps et des intérêts composés : plus les versements commencent jeune, plus le capital final devient important sans effort d’épargne disproportionné. 

D’autre part, la constitution des trimestres se joue sur toute une carrière : un début d’activité tardif, une période d’études longue ou des interruptions professionnelles peuvent avoir un impact direct sur l’âge de départ réel.

Il n’existe pas d’âge unique pour commencer à préparer sa retraite. Il est généralement utile de poser les bases de son épargne dès l’entrée dans la vie active, de faire un premier point structuré autour de 45 ans et d’affiner sa stratégie dans les années précédant le départ. Ces repères constituent des conseils pratiques et non des obligations réglementaires.

Les signaux qu'il est temps de s'y mettre

Trois déclencheurs concrets doivent alerter et inciter à passer à l’action :

  • L’entrée dans la quarantaine, et surtout l’atteinte de 45 ans : À partir de 45 ans, tout assuré ayant acquis des droits dans un régime français obligatoire peut demander gratuitement un entretien information retraite. Cet entretien permet de faire le point sur les droits acquis dans les régimes de base et complémentaires, d’obtenir des simulations et d’aborder certains dispositifs comme le rachat de trimestres, la surcote, la retraite progressive ou le cumul emploi-retraite.
  • Un changement professionnel majeur : reconversion, création d’entreprise, période de chômage ou changement de statut (salarié, indépendant, fonction publique) modifient la trajectoire de cotisation et méritent une remise à plat.
  • Une évolution réglementaire comme la réforme 2023 : chaque ajustement de l’âge légal ou de la durée de cotisation requise doit conduire à vérifier que sa stratégie personnelle reste cohérente.

Les étapes clés pour bien préparer sa retraite

À la question « quelles sont les étapes clés pour bien préparer sa retraite ? », une checklist synthétique en six étapes permet de structurer sa démarche, du relevé de carrière jusqu’au dépôt de la demande de pension :

  • Vérifier son relevé de carrière et signaler toute anomalie.
  • Réaliser un bilan retraite pour estimer son âge de départ à la retraite et le montant de sa future pension.
  • Définir une stratégie d’épargne complémentaire adaptée à son âge et à son profil de risque (évaluation de votre capacité à supporter les fluctuations des marchés financiers).
  • Étudier les leviers d’optimisation fiscale disponibles.
  • Préparer mentalement la transition entre vie active et retraite.
  • Réunir les pièces justificatives et déposer sa demande dans les délais recommandés.

Vérifier son relevé de carrière

Le relevé de carrière donne une vue des droits enregistrés auprès des régimes obligatoires de retraite, de base et complémentaires. Selon les régimes, il peut faire apparaître des trimestres cotisés, des périodes assimilées, des points, des majorations et d’autres droits. Il doit être contrôlé régulièrement, car certaines informations peuvent être incomplètes, transmises avec retard ou nécessiter une régularisation.

Il est consultable en ligne dans l’espace personnel du compte retraite sur le portail officiel Info Retraite.

Mieux vaut le contrôler régulièrement. Une période absente ou incorrecte peut avoir plusieurs causes : omission de déclaration, retard de transmission, erreur administrative ou justificatif manquant. Toutefois, un stage ne génère pas automatiquement des droits à la retraite. Selon sa nature, sa rémunération et sa date, il peut être pris en compte, donner lieu à des trimestres assimilés ou être éligible à un rachat sous certaines conditions.

En cas d’anomalie, la procédure dépend de l’âge, du régime concerné et de la nature de la période à régulariser. Le service inter-régimes « Corriger ma carrière » est accessible à partir de 55 ans via le compte Info Retraite. Avant cet âge, il convient généralement de contacter directement le régime concerné. Les justificatifs peuvent notamment comprendre des bulletins de salaire, des attestations de paiement de France Travail, des certificats de travail ou des documents relatifs à des périodes particulières.

Estimer son âge et montant de départ

Une fois le relevé de carrière vérifié, l’étape suivante consiste à estimer son âge de départ possible et le montant approximatif de sa pension. 

Les simulateurs officiels d’Info Retraite et de l’Assurance retraite utilisent les droits enregistrés par les caisses et permettent de projeter plusieurs hypothèses de départ. Les résultats restent indicatifs, car ils dépendent de l’exhaustivité des données, des éventuelles corrections de carrière et des hypothèses retenues pour la suite du parcours professionnel.
 
Le simulateur proposé par Retraite.com peut constituer un outil complémentaire, mais il ne s’agit pas d’un service officiel de l’État. Il est présenté comme gratuit pour l’utilisateur et s’inscrit dans un environnement commercial susceptible d’inclure des mises en relation avec des partenaires.

Anticiper les démarches administratives

Le dépôt du dossier ne doit pas être improvisé au dernier moment.

Pour l’Assurance retraite, il est généralement recommandé de déposer sa demande environ cinq mois avant la date de départ souhaitée. Ce délai varie toutefois selon le régime : les régimes complémentaires, la MSA, la CNRACL et les caisses de professions libérales peuvent appliquer leurs propres recommandations. Lorsque le service est disponible, la demande unique via Info Retraite permet de transmettre le dossier aux différents régimes concernés.
La demande peut être effectuée en ligne via le service inter-régimes « Demander ma retraite », accessible notamment depuis Info Retraite, l’Assurance retraite ou Agirc-Arrco. Selon le statut et la carrière, des démarches complémentaires peuvent être nécessaires auprès d’ENSAP, de la CNRACL, de la MSA ou d’une caisse professionnelle.

Préparer sa retraite selon son âge : stratégie par décennie

La façon de préparer sa retraite à 50 ans n’a rien à voir avec la stratégie à adopter à 25 ou à 60 ans. Chaque tranche d’âge appelle des priorités différentes, résumées par décennie dans le tableau suivant.

Tranche d’âgePriorité principaleActions concrètes
20-35 ansPoser les basesOuvrir une épargne dédiée, profiter du temps disponible
40-50 ansAccélérer et diversifierBilan de carrière, arbitrage entre placements, rachat de trimestres à étudier
55-62 ansSécuriser et finaliserRéduire le risque des placements, fixer une date de départ, préparer le dossier

20-35 ans : poser les bases de l'épargne

À cet âge, l’horizon de placement est long, ce qui est un atout majeur. Ouvrir un plan d’épargne retraite (PER) dès le début de la vie active permet de profiter pleinement de l’effet du temps : même de petits versements réguliers ont le temps de fructifier sur plusieurs décennies. L’effet du temps signifie que les intérêts générés par vos placements produisent eux-mêmes des intérêts (intérêts composés), ce qui augmente votre capital sans effort supplémentaire. 

C’est aussi le moment de prendre de bonnes habitudes de suivi, en consultant régulièrement son relevé de carrière pour s’assurer qu’aucune période n’est mal enregistrée.

40-50 ans : accélérer et diversifier

Cette décennie est charnière. L’entretien information retraite, accessible dès 45 ans, offre l’occasion de faire un point complet avec un conseiller (Source : info-retraite.fr). C’est aussi le moment d’envisager, selon sa situation, un rachat de trimestres (achat rétroactif de périodes de cotisation manquantes pour augmenter votre durée d’assurance) pour compenser une période d’études ou une carrière incomplète, et de diversifier son épargne au-delà d’un seul support (investir dans plusieurs types de placements : actions, obligations, immobilier) pour répartir les risques.

55-62 ans : sécuriser et finaliser

À l’approche du départ, la priorité change : il devient pertinent de basculer progressivement vers des placements moins exposés aux fluctuations des marchés, afin de réduire la volatilité du capital constitué. C’est également la période où la date de départ doit être arbitrée précisément, en tenant compte du nombre de trimestres validés et des dispositifs de cumul emploi-retraite éventuels.

Le cumul emploi-retraite peut être intégral ou plafonné. Pour bénéficier du cumul intégral de droit commun, il faut notamment avoir liquidé toutes les pensions personnelles obligatoires auxquelles on a droit et bénéficier d’une retraite de base à taux plein, soit avec la durée d’assurance requise, soit automatiquement à partir de l’âge du taux plein. Dans le régime général, le cumul plafonné dépend du total des pensions et des revenus d’activité. L’Agirc-Arrco applique ses propres références de plafonnement, qui peuvent notamment prendre en compte 160 % du Smic, le dernier salaire revalorisé ou la moyenne revalorisée des dix dernières années.
Depuis le 1er janvier 2023, le cumul intégral peut permettre d’acquérir de nouveaux droits à retraite, sous certaines conditions. En revanche, le cumul plafonné n’ouvre généralement pas de nouveaux droits. Les règles du cumul emploi-retraite doivent par ailleurs évoluer pour les premières pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2027.

Estimer sa future pension : simulateurs et méthodes de calcul

Le mot-clé « simulation retraite » revient constamment dans les recherches, et pour cause : connaître un ordre de grandeur du montant de sa pension retraite (estimation brute, avant prélèvements sociaux et fiscaux) aide à ajuster sa stratégie d’épargne retraite.

Le calcul de la retraite dépend de la carrière, des revenus soumis à cotisations, de la durée d’assurance, de l’âge de départ et des règles propres à chaque régime. La retraite de base du régime général repose notamment sur le revenu annuel moyen, le taux de liquidation et la durée d’assurance. Les régimes complémentaires, comme l’Agirc-Arrco, fonctionnent principalement avec un système de points.

Ces calculs sont complexes à réaliser manuellement, notamment en cas de carrière mixte entre plusieurs régimes.

C’est pourquoi les simulateurs en ligne gratuits sont utiles. Les outils officiels du portail Info Retraite et de l’Assurance retraite permettent d’obtenir une estimation à partir des données réelles du relevé de carrière (Source : info-retraite.fr).  

Quelle retraite pour un salaire de 2000 € net par mois ?

Beaucoup se demandent quelle retraite espérer pour un salaire de 2000 € net par mois. La réponse ne peut pas être un chiffre unique : le montant de la pension retraite dépend de plusieurs facteurs qui varient d’une personne à l’autre, notamment la durée totale de carrière, le nombre de trimestres validés, le régime d’affiliation (salarié du privé, fonction publique, indépendant) et l’existence ou non de périodes de cotisation incomplètes.

De manière générale, la pension issue des régimes obligatoires est calculée à partir d’une moyenne de salaires et d’un taux qui dépend du respect ou non de la durée d’assurance requise pour le taux plein. 

Une personne percevant actuellement 2 000 euros nets par mois ne peut pas déduire le montant de sa future pension de ce seul élément. L’estimation dépend notamment du salaire brut correspondant, du statut, de la durée de carrière, des revenus retenus, des trimestres validés, des points acquis et de l’âge de départ. Une pension obligatoire peut être inférieure au revenu d’activité, mais cette comparaison doit être réalisée à partir d’hypothèses précises et de montants comparables, par exemple brut avec brut ou net avant impôt avec net avant impôt.

Préparer sa retraite financièrement : épargne et placements complémentaires

Préparer sa retraite financièrement suppose de choisir des solutions d’épargne adaptées à son profil de risque et à son horizon de placement. Trois grandes familles de produits d’épargne retraite complémentaire sont généralement mobilisées en complément des régimes obligatoires, chacune avec ses spécificités.

SolutionHorizon recommandéDisponibilité des fondsProfil de risque
PERLong termeBloquée jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi)Variable selon les supports choisis
Assurance vieMoyen à long termeDisponible à tout momentVariable selon les supports choisis
SCPI / immobilier locatifLong termePeu liquideLié au marché immobilier

Le PER, pilier de l'épargne retraite

Le plan d’épargne retraite (PER) est conçu spécifiquement pour préparer la retraite.

Les versements volontaires sur un PER peuvent, au choix du titulaire et dans la limite du plafond individuel applicable, être déduits du revenu imposable. Ce plafond dépend notamment des revenus, du statut professionnel, des versements déjà effectués et des plafonds non utilisés. L’intérêt de cette déduction dépend du taux marginal d’imposition, du besoin de liquidité et de la fiscalité applicable à la sortie.

En contrepartie, les sommes versées restent bloquées jusqu’au départ à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la réglementation. 

À la retraite, les droits issus des versements volontaires et de certains versements d’épargne salariale peuvent généralement être liquidés en capital, en rente ou en combinant les deux. Les droits issus de versements obligatoires sont en principe liquidés sous forme de rente. La fiscalité dépend notamment du caractère déduit ou non déduit des versements, de leur origine et du mode de sortie choisi.

 

Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d’être modifié ultérieurement.

Assurance vie : souplesse et transmission

Contrairement au PER, l’assurance-vie n’est pas bloquée jusqu’à la retraite. Le souscripteur peut demander un rachat, sous réserve des modalités du contrat et des délais de traitement de l’assureur. La durée de huit ans correspond principalement à un seuil fiscal, et non à une durée minimale de blocage. L’assurance-vie peut également contribuer à la transmission du patrimoine, sous réserve de la rédaction de la clause bénéficiaire, de l’âge des versements et des règles fiscales applicables.

Durée de placement recommandée : 8 ans.

Elle conserve par ailleurs un intérêt fort en matière de transmission patrimoniale, ce qui en fait un complément pertinent au PER plutôt qu’un substitut. Risques : perte en capital, performance non garantie selon les supports choisis. Durée de placement recommandée : moyen à long terme.

SCPI et immobilier locatif

Les SCPI et l’investissement locatif direct peuvent constituer un complément potentiel à une future pension, mais les revenus ne sont ni garantis ni nécessairement réguliers. Ils dépendent notamment des loyers encaissés, du taux d’occupation, des charges, de la valeur des actifs et de la politique de distribution. Ces placements comportent un risque de perte en capital et un risque de liquidité. La référence à des « données de marché immobilier, 2024 » doit être remplacée par une source précise et identifiable.

Ces solutions demandent toutefois un horizon d’investissement long et une tolérance aux aléas du marché immobilier, la liquidité étant généralement plus faible que celle d’une assurance vie. 

Risques : perte en capital, revenus non garantis, risque de liquidité, risque lié au marché immobilier. 

Les SCPI sont généralement considérées comme des placements de long terme, souvent présentés par les autorités et les professionnels comme nécessitant une durée de détention de l’ordre de 10 à 20 ans. Cette durée constitue une recommandation liée aux risques, aux frais et à la faible liquidité du placement, et non une obligation légale.

Optimiser fiscalement sa préparation retraite

L’optimisation fiscale retraite repose principalement sur les versements volontaires réalisés sur un plan d’épargne retraite. Ces versements peuvent être déduits du revenu imposable (réduire le montant de vos revenus soumis à l’impôt sur le revenu), dans la limite d’un plafond déductible propre à chaque profil (montant maximum que vous pouvez déduire selon votre statut et vos revenus : revenu d’activité, statut de travailleur non salarié, etc.), ce qui permet de réduire la pression fiscale pendant la vie active tout en constituant un capital pour la retraite.

Ce levier doit être manié avec discernement : la fiscalité à la sortie (impôts à payer lors du retrait : capital versement unique ou rente versements réguliers) dépend du mode de versement choisi à l’entrée, et un arbitrage mal anticipé peut réduire l’intérêt global de l’opération. Il est donc conseillé de faire le point sur son taux marginal d’imposition actuel et futur (pourcentage d’impôt appliqué à votre dernier euro de revenu, qui augmente avec vos revenus) avant de décider du montant à verser chaque année, idéalement en s’appuyant sur un conseiller ou sur les outils de simulation disponibles pour visualiser l’impact réel de chaque option.

Préparer sa retraite psychologiquement : anticiper la transition de vie

Préparer sa retraite psychologiquement, c’est anticiper la transition psychologique vers la retraite, une dimension trop souvent négligée face aux aspects administratifs et financiers. Le passage de la vie active à la retraite bouleverse des repères construits sur plusieurs décennies : rythme de journée, sentiment d’utilité, réseau social lié au travail. Sans anticipation, ce changement peut être vécu comme une perte plutôt qu’une nouvelle étape.

Anticiper cette transition suppose de réfléchir en amont au sens que l’on souhaite donner à son temps libre, idéalement plusieurs années avant la date effective de départ. Cette réflexion gagne à être menée en parallèle des démarches administratives et financières, pour arriver au jour du départ avec un projet de vie clair plutôt qu’un vide à combler dans l’urgence.

Trouver de nouvelles activités et projets

Plusieurs pistes permettent de construire ce nouveau chapitre de vie : le bénévolat associatif, qui offre un cadre structurant et un sentiment d’utilité sociale ; la formation, pour apprendre ou approfondir une passion longtemps mise de côté ; ou encore l’engagement local, via des instances de quartier, une association sportive ou culturelle. L’important est d’identifier ces pistes avant le départ effectif, plutôt que de les improviser une fois la retraite entamée.

Préparer son dossier de retraite : démarches administratives essentielles

À la question « quelles sont les démarches pour préparer sa retraite ? », il faut distinguer la préparation en amont et le dépôt formel du dossier. Les interlocuteurs principaux sont l’Assurance retraite pour le régime de base et l’Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire des salariés du privé ; d’autres caisses interviennent selon le statut (fonction publique, professions libérales, indépendants).

Documents et pièces justificatives à réunir

Le dossier de demande de retraite nécessite généralement de réunir plusieurs pièces justificatives, notamment une pièce d’identité, un relevé d’identité bancaire, les justificatifs des périodes de carrière non enregistrées automatiquement (bulletins de salaire, contrats, attestations), et tout document relatif à des situations particulières (enfants, période de chômage, invalidité). Mieux vaut commencer à rassembler ces éléments plusieurs mois avant la date de dépôt envisagée.

Délais et espace personnel en ligne

Le dépôt de la demande se fait aujourd’hui principalement via l’espace personnel en ligne de l’Assurance retraite, qui centralise le suivi du dossier. Comme rappelé plus haut, mieux vaut déposer sa demande environ quatre à six mois avant la date de départ souhaitée, afin de laisser le temps nécessaire à l’instruction et au calcul définitif de la pension (Source : lassuranceretraite.fr).

Quand partir à la retraite : âge légal, trimestres et mois optimal

Prendre sa retraite au bon moment suppose de bien comprendre trois notions distinctes : l’âge légal de départ à la retraite, l’âge du taux plein automatique, et le nombre de trimestres retraite requis pour éviter une décote.

Âge légal et âge du taux plein automatique

L’âge légal de départ à la retraite est progressivement relevé pour atteindre 64 ans en 2030. Il est fixé à 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1968, avec un relèvement de trois mois par année de naissance pour les générations nées entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1967 (Source : lassuranceretraite.fr). Depuis le 1er septembre 2023, ce relèvement de trois mois par génération s’applique afin d’atteindre cet objectif de 64 ans en 2030 (Source : drees.solidarites-sante.gouv.fr).

Dans le régime général, l’âge du taux plein automatique est fixé à 67 ans pour les assurés nés à partir de 1955. À partir de cet âge, la décote ne s’applique pas, même si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. Le taux plein ne signifie toutefois pas que la pension atteint son montant maximal : le montant dépend également des revenus retenus, de la durée d’assurance, de la proratisation et des éventuelles majorations.

Nombre de trimestres requis pour le taux plein

Pour partir dès l’âge légal sans subir de décote, il faut avoir validé un nombre de trimestres qui dépend de l’année de naissance.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, la durée d’assurance requise pour obtenir le taux plein est notamment la suivante :
Génération / date de naissanceNombre de trimestres requis
Nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965170 trimestres
Nés entre le 1er avril et le 31 décembre 1965171 trimestres
Nés en 1966 et après172 trimestres
Ce tableau concerne les règles générales du régime général et ne remplace pas l’étude des situations particulières, notamment les carrières longues, les catégories actives et les régimes spéciaux.

Le mois le plus intéressant pour partir

Une question fréquente est de savoir quel est le mois le plus intéressant pour partir à la retraite.

La date de départ peut avoir une incidence sur les trimestres retenus, mais ceux-ci ne dépendent pas uniquement du nombre de mois travaillés. Dans le régime général, les trimestres sont principalement validés selon le montant annuel des revenus soumis à cotisations, avec un maximum de quatre trimestres par année civile. L’année du départ, les règles de prise en compte des trimestres civils écoulés peuvent également intervenir.

Choisir un mois de départ trop précoce dans l’année peut priver l’assuré d’un trimestre supplémentaire qui aurait pu être validé quelques semaines plus tard.

Les dates de revalorisation varient selon les régimes et une revalorisation n’est pas automatique à chaque échéance. Il n’existe donc pas de mois universellement plus avantageux pour partir. Le choix doit tenir compte de la date d’obtention du taux plein, des trimestres retenus, des revenus de l’année de départ, des éventuelles surcotes et des règles de chaque régime.

Mieux vaut donc vérifier précisément sa situation personnelle via son relevé de carrière et un simulateur avant de fixer une date définitive, plutôt que de se fier à une règle générale.

Qui peut vous aider à préparer sa retraite : accompagnement et formations

Bilan retraite personnalisé et conseillers

Les caisses de retraite proposent un entretien information retraite gratuit accessible dès 45 ans, permettant de faire le point sur ses droits avec un conseiller (Source : info-retraite.fr).

En complément, le bilan retraite en 3 minutes de Retraite.com offre une première estimation rapide et gratuite, utile pour préparer ses questions avant un rendez-vous plus approfondi avec un conseiller spécialisé, notamment en cas de carrière complexe ou de carrière mixte entre plusieurs régimes.

Formations retraite en ligne

Au-delà des entretiens individuels, suivre une formation retraite en ligne pour préparer sa retraite permet d’acquérir une vision structurée du sujet : fonctionnement des régimes, calcul de la pension, arbitrages financiers et fiscaux. Ce type de format présente l’intérêt de couvrir l’ensemble des piliers (administratif, financier, psychologique) de façon progressive, plutôt que de traiter chaque sujet isolément au fil des besoins.

Les erreurs à éviter et ressources pour aller plus loin

Pour répondre à la question « quelles sont les erreurs à éviter dans les dossiers de retraite ? », plusieurs écueils reviennent régulièrement et peuvent retarder ou pénaliser un départ :

  • Attendre le dernier moment pour vérifier son relevé de carrière, alors que les corrections d’erreurs prennent du temps.
  • Déposer sa demande trop tard, sans respecter le délai recommandé de quatre à six mois avant la date de départ souhaitée.
  • Négliger une période de carrière incomplète (stage, période à l’étranger, interruption) sans en vérifier l’impact réel sur le nombre de trimestres validés.
  • Fixer une date de départ sans simulation préalable, en ignorant l’impact du mois choisi sur le calcul final.
  • Sous-estimer la préparation psychologique, en se concentrant uniquement sur les aspects financiers et administratifs.

Pour aller plus loin, il est utile de croiser plusieurs sources : les portails officiels comme Info Retraite et l’Assurance retraite pour la partie réglementaire et le calcul des droits, des outils pratiques comme le bilan retraite en 3 minutes de Retraite.com pour une première estimation personnalisée, et des ressources dédiées à la dimension humaine de la transition (associations, groupes d’échange entre futurs retraités) pour aborder le volet psychologique souvent laissé de côté par les guides purement financiers.

Les règles réglementaires mentionnées sont vérifiées au 19 août 2026. Elles peuvent évoluer selon les réformes et la situation personnelle de chaque assuré.

FAQ : Préparer sa retraite

À quel âge faut-il commencer à préparer sa retraite ?

Il est conseillé de commencer dès l’entrée dans la vie active, notamment pour vérifier régulièrement sa carrière et mettre en place une épargne adaptée. Un premier bilan structuré peut être réalisé autour de 45 ans, puis la préparation peut être affinée dans les années précédant le départ. Ces repères sont des conseils pratiques, et non des obligations réglementaires.
À partir de 45 ans, tout assuré ayant acquis des droits dans un régime français obligatoire peut demander gratuitement un entretien information retraite. Cet entretien permet de faire le point sur ses droits, d’obtenir des simulations et d’aborder les dispositifs de surcote, de rachat de trimestres, de retraite progressive ou de cumul emploi-retraite.
Le relevé de carrière est accessible depuis son compte retraite, notamment sur le portail Info Retraite. Il présente les droits enregistrés auprès des régimes obligatoires de base et complémentaires. Selon les régimes, il peut faire apparaître des trimestres, des périodes assimilées, des points et des majorations.
Il faut d’abord identifier le régime concerné et réunir les justificatifs disponibles, par exemple les bulletins de salaire, certificats de travail ou attestations de paiement de France Travail. Le service « Corriger ma carrière » est accessible à partir de 55 ans via Info Retraite. Avant cet âge, il convient généralement de contacter directement la caisse concernée.
Tous les stages ne génèrent pas automatiquement des droits à la retraite. Selon leur nature, leur rémunération et leur date, certains peuvent être pris en compte, donner lieu à des trimestres assimilés ou être éligibles à un rachat sous conditions. Il est donc nécessaire de vérifier la situation au cas par cas.
Les simulateurs officiels d’Info Retraite et de l’Assurance retraite utilisent les droits enregistrés par les caisses. Ils permettent de comparer plusieurs âges de départ, d’intégrer des hypothèses futures et, dans certains cas, d’ajouter des périodes manquantes. Le résultat reste indicatif et dépend de l’exhaustivité des informations disponibles.
Pour l’Assurance retraite, il est généralement recommandé de déposer sa demande environ cinq mois avant la date de départ souhaitée. Ce délai peut varier selon le régime, notamment pour l’Agirc-Arrco, la MSA, la CNRACL ou les caisses de professions libérales. Lorsque le service est disponible, la demande unique via Info Retraite permet de transmettre le dossier aux régimes concernés.
Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, l’âge légal dépend de la date de naissance :
  • 62 ans et 9 mois pour les personnes nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965 ;
  • 63 ans pour les personnes nées entre le 1er avril et le 31 décembre 1965 ;
  • 63 ans et 3 mois pour la génération 1966 ;
  • 63 ans et 6 mois pour la génération 1967 ;
  • 63 ans et 9 mois pour la génération 1968 ;
  • 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1969.
Les règles peuvent être différentes en cas de carrière longue, de handicap, d’inaptitude ou selon le régime d’affiliation.
L’âge légal est l’âge minimal à partir duquel une personne peut demander sa retraite, sous réserve de remplir les conditions applicables. Le taux plein signifie que la pension n’est pas réduite par une décote. Dans le régime général, le taux plein automatique est généralement accessible à 67 ans pour les assurés nés à partir de 1955, quelle que soit leur durée d’assurance.
Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, il faut notamment :
  • 170 trimestres pour les personnes nées entre janvier et mars 1965 ;
  • 171 trimestres pour celles nées entre avril et décembre 1965 ;
  • 172 trimestres pour les personnes nées en 1966 et après.
Ces chiffres concernent les règles générales. Des dispositions particulières peuvent s’appliquer aux carrières longues, aux catégories actives et à certains régimes spécifiques.
Il n’est pas possible de calculer une pension fiable à partir du seul salaire net mensuel. Le montant dépend notamment du salaire brut, du statut, de la durée de carrière, des revenus retenus, des trimestres validés, des points acquis et de l’âge de départ. Une simulation personnalisée est nécessaire, en comparant des montants homogènes, par exemple brut avec brut ou net avant impôt avec net avant impôt.
Le PER peut être utilisé pour constituer une épargne à long terme. Les versements volontaires peuvent, au choix du titulaire, être déduits du revenu imposable dans la limite d’un plafond individuel. L’intérêt de cette déduction dépend notamment du taux marginal d’imposition, du besoin de liquidité et de la fiscalité applicable à la sortie.
L’épargne placée sur un PER est en principe indisponible jusqu’à la retraite, mais plusieurs cas de déblocage anticipé sont prévus par la loi. Ils concernent notamment l’invalidité, le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, le surendettement, l’expiration des droits à l’assurance chômage et l’acquisition de la résidence principale, avec des restrictions selon l’origine des versements.
Les droits issus des versements volontaires et de certains versements d’épargne salariale peuvent généralement être liquidés en capital, en rente ou en combinant les deux. Les droits issus de versements obligatoires sont en principe liquidés sous forme de rente. La fiscalité dépend notamment du caractère déduit ou non déduit des versements et du mode de sortie choisi.
Non. L’assurance-vie n’est pas bloquée pendant huit ans. Un rachat peut être demandé avant cette échéance, selon les modalités du contrat. Les huit ans correspondent principalement à un seuil fiscal qui peut améliorer le traitement des retraits. L’assurance-vie peut aussi être utilisée dans une stratégie de transmission, sous réserve de la clause bénéficiaire et des règles fiscales applicables.
Non. Les SCPI peuvent distribuer des revenus, mais ceux-ci ne sont ni garantis ni nécessairement réguliers. Ils dépendent notamment des loyers encaissés, du taux d’occupation, des charges, des conditions du marché immobilier et de la politique de distribution de la société de gestion. Les SCPI comportent également un risque de perte en capital et un risque de liquidité.
Une durée de détention longue, souvent de l’ordre de 10 à 20 ans, est généralement recommandée pour tenir compte des frais, des risques immobiliers et de la faible liquidité des SCPI. Il ne s’agit toutefois pas d’une obligation légale ni d’une garantie de performance.
Oui, sous certaines conditions. Le cumul emploi-retraite peut être intégral ou plafonné. Le cumul intégral suppose notamment d’avoir liquidé les pensions obligatoires auxquelles on a droit et de bénéficier d’une retraite de base à taux plein. En cas de cumul plafonné, le total des pensions et des revenus d’activité ne doit pas dépasser les limites prévues par le régime concerné.
Depuis 2023, le cumul intégral peut permettre d’acquérir de nouveaux droits à retraite sous certaines conditions. Le cumul plafonné n’ouvre généralement pas de nouveaux droits. Les règles doivent par ailleurs évoluer pour les premières pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2027.
Il n’existe pas de mois universellement plus avantageux. Le choix dépend notamment de la date à laquelle le taux plein est atteint, des trimestres retenus dans l’année de départ, des revenus soumis à cotisations, des éventuelles surcotes et des règles de chaque régime. Une comparaison personnalisée est préférable à une règle générale.
Les interlocuteurs dépendent du parcours professionnel. Il peut s’agir de l’Assurance retraite ou de la Carsat pour la retraite de base des salariés du privé, de l’Agirc-Arrco pour la complémentaire, du Service des retraites de l’État, de la CNRACL, de la MSA ou d’une caisse professionnelle. Info Retraite permet d’identifier les régimes auxquels une personne a cotisé et d’accéder à plusieurs services en ligne.
La retraite peut modifier le rythme de vie, les habitudes sociales et l’organisation du temps. Il peut être utile de réfléchir en amont aux activités, relations et projets que l’on souhaite développer, par exemple le bénévolat, la formation, les loisirs ou l’engagement associatif. Ces pistes doivent être adaptées aux envies et à la situation de chacun, car la transition est vécue différemment selon les personnes.
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