Préparer financièrement sa retraite consiste à anticiper suffisamment tôt la baisse éventuelle de revenus liée à la fin de l’activité professionnelle.
Plusieurs solutions peuvent être envisagées selon sa situation, son horizon de placement et son niveau de risque. L’acquisition de la résidence principale peut notamment permettre de réduire les dépenses de logement une fois le crédit remboursé. Il est également possible de constituer progressivement une épargne à long terme grâce à des placements comme l’assurance-vie, le Plan d’épargne retraite (PER) ou encore l’investissement immobilier, notamment via des SCPI.
Ces solutions présentent toutefois des caractéristiques, une fiscalité et des niveaux de risque différents. Préparer sa retraite suppose donc de les choisir en fonction de ses objectifs et de sa situation personnelle.

Le PER individuel
Le Plan d’épargne retraite (PER) individuel est un produit d’épargne à long terme disponible depuis le 1er octobre 2019. Créé par la loi Pacte, il a vocation à remplacer progressivement plusieurs anciens produits d’épargne retraite, notamment le PERP et le contrat Madelin.
Pendant la vie active, l’épargnant peut effectuer des versements volontaires afin de se constituer une épargne pour la retraite. Sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, cette épargne est disponible au moment de la retraite et peut être récupérée sous forme de capital, de rente viagère ou d’une combinaison des deux.
Quelle fiscalité pour les versements sur un PER ?
Les versements volontaires peuvent, jusqu’à l’âge de 70 ans, être déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond d’épargne retraite disponible.
Le montant de ce plafond dépend de la situation du contribuable et figure sur son avis d’impôt. Depuis 2026, les règles de report des plafonds non utilisés ont également évolué.
La déduction fiscale n’est toutefois pas obligatoire. Le choix de déduire ou non les versements a une incidence sur la fiscalité applicable lors de la sortie du PER.
Comment récupérer l’épargne à la retraite ?
Au moment de la retraite, les sommes issues des versements volontaires peuvent être récupérées :
- sous forme de capital ;
- sous forme de rente viagère ;
- ou en combinant capital et rente.
La fiscalité applicable dépend notamment de l’origine des sommes versées et du fait que les versements aient ou non été déduits du revenu imposable.
Les anciens produits d’épargne retraite : PERP, Madelin et PERC
Avant la création du PER par la loi Pacte, plusieurs produits permettaient déjà de préparer financièrement sa retraite. C’est notamment le cas du PERP, du contrat Madelin et du PERCO.
Depuis le 1er octobre 2020, ces anciens produits ne sont plus commercialisés. Les contrats déjà ouverts peuvent toutefois continuer à fonctionner et, selon le produit, à recevoir de nouveaux versements. Leur épargne peut également être transférée vers un nouveau Plan d’épargne retraite (PER).
Le PERP
Le Plan d’épargne retraite populaire (PERP) est un ancien produit individuel d’épargne retraite. Il n’est plus possible d’en ouvrir depuis le 1er octobre 2020.
Les titulaires d’un PERP existant peuvent néanmoins le conserver, continuer à l’alimenter ou transférer leur épargne vers un PER.
À la retraite, le PERP est en principe liquidé sous forme de rente viagère. Une sortie en capital peut toutefois être prévue dans certaines situations, notamment dans la limite de 20 % de la valeur du contrat selon les règles applicables au PERP.
Le contrat Madelin
Le contrat Madelin était destiné principalement aux travailleurs non salariés souhaitant se constituer une retraite supplémentaire.
Depuis le 1er octobre 2020, il n’est plus possible de souscrire un nouveau contrat Madelin. Les contrats existants peuvent être conservés et l’épargne peut être transférée vers un PER individuel.
Le PERCO
Le Plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) est un dispositif d’épargne salariale mis en place par l’entreprise.
Depuis le 1er octobre 2020, il n’est plus possible de créer de nouveau PERCO. Les plans existants peuvent néanmoins continuer à fonctionner et à recevoir des versements.
Au moment de la retraite, l’épargne peut être versée sous forme de rente viagère ou, si le règlement du plan le prévoit, sous forme de capital.
Le PERCO a vocation à être remplacé par le PER d’entreprise collectif (PERECO ou PERECOL), qui peut être proposé par l’employeur.
Assurance-vie, livret d’épargne et produits financiers
Préparer sa retraite ne passe pas uniquement par des produits spécifiquement conçus pour cet objectif, comme le PER. D’autres solutions d’épargne et d’investissement peuvent également contribuer à se constituer progressivement un capital ou des revenus complémentaires.
L’assurance-vie, les livrets d’épargne ou encore certains placements financiers répondent toutefois à des objectifs, des horizons de placement et des niveaux de risque différents. Leur place dans une stratégie de préparation à la retraite dépend donc de la situation et des besoins de chaque épargnant.
Assurance-vie
L’assurance-vie peut être utilisée pour se constituer progressivement un capital ou préparer des revenus complémentaires pour la retraite. Plus souple qu’un PER, elle permet d’effectuer des versements et des retraits à tout moment, selon les modalités prévues par le contrat.
Les contrats multisupports permettent notamment d’investir sur :
- des fonds en euros, dont le capital est garanti par l’assureur, sous réserve des conditions du contrat ;
- des unités de compte, investies notamment sur les marchés financiers ou immobiliers et qui présentent un risque de perte en capital.
La répartition entre ces supports doit être adaptée à l’horizon de placement, aux objectifs et au niveau de risque accepté par l’épargnant.
L’assurance-vie bénéficie également d’une fiscalité spécifique. Seule la part de gains comprise dans un retrait est imposable. Après 8 ans de détention, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Au-delà de cet abattement, une imposition peut rester due selon la date et le montant des versements, en plus des prélèvements sociaux.
Livret d’épargne
Les livrets d’épargne réglementés peuvent constituer une épargne de précaution disponible à tout moment. Leurs intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Parmi les principaux produits figurent :
- le Livret A, accessible à tous, dans la limite des conditions prévues par la réglementation ;
- le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux personnes fiscalement domiciliées en France dont les revenus ne dépassent pas les plafonds prévus. Un versement initial minimum de 30 € est nécessaire à l’ouverture ;
- le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), dont les fonds restent disponibles à tout moment.
Ces produits sont surtout adaptés à une épargne disponible et sécurisée. Leur rôle dans la préparation de la retraite est donc différent de celui de placements de long terme comme le PER ou l’assurance-vie.
Autres placements financiers
D’autres placements peuvent également être utilisés pour se constituer une épargne à long terme en vue de la retraite, notamment le Plan d’épargne entreprise (PEE) et le Plan d’épargne en actions (PEA).
Le PEE est un dispositif d’épargne salariale mis en place par l’entreprise. Il peut être alimenté par des versements volontaires du salarié, mais aussi par des sommes issues de l’intéressement, de la participation ou de certaines primes. L’employeur peut également compléter les versements par un abondement, dans les limites prévues par la réglementation.
Le PEA est une enveloppe d’investissement destinée principalement à détenir des actions et certains fonds éligibles. Il est alimenté par des versements volontaires, dans la limite du plafond applicable. En contrepartie du risque lié aux marchés financiers, il permet d’investir sur le long terme et bénéficie d’un régime fiscal spécifique, notamment après cinq ans de détention.
Ces dispositifs ne sont pas spécifiquement réservés à la préparation de la retraite. Ils peuvent toutefois compléter d’autres solutions d’épargne en fonction de l’horizon de placement et du niveau de risque accepté.
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Pourquoi et comment préparer sa retraite financièrement le plus tôt possible ?
Préparer sa retraite financièrement suffisamment tôt permet d’anticiper une éventuelle baisse de revenus au moment de la cessation d’activité et de se constituer progressivement une épargne adaptée à ses besoins futurs.
Le taux de remplacement, qui mesure le rapport entre le montant de la pension et le revenu perçu avant le départ à la retraite, varie selon la carrière, le niveau de rémunération et les régimes auxquels l’assuré a cotisé. Le passage à la retraite peut donc entraîner une diminution plus ou moins importante des revenus selon les situations.
La durée de la retraite doit également être prise en compte. En France, l’espérance de vie à 65 ans reste élevée : elle atteint environ 23,6 ans pour les femmes et 20 ans pour les hommes en 2025. Préparer des ressources complémentaires peut ainsi permettre de financer des besoins sur une période relativement longue.
Enfin, commencer à épargner tôt permet de profiter plus longtemps de l’effet des intérêts composés. Les gains générés par un placement peuvent à leur tour produire des gains au fil du temps. À rendement identique, plus l’horizon de placement est long, plus cet effet de capitalisation peut être important.
Il n’est toutefois pas nécessaire de commencer avec des montants élevés : une épargne régulière, adaptée à sa capacité financière et à son horizon de placement, peut permettre de constituer progressivement un capital pour la retraite.
Quel niveau de vie espérer à la retraite ? Taux de remplacement et gestion du budget
Le niveau de vie à la retraite dépend de nombreux facteurs : montant des pensions, durée de la retraite, évolution des dépenses ou encore patrimoine détenu au moment du départ.
Plusieurs éléments peuvent être anticipés pour établir un budget réaliste :
- Le taux de remplacement : il correspond au rapport entre le montant de la pension perçue au moment du départ à la retraite et le revenu de fin de carrière. Il varie selon la carrière, le niveau de rémunération et les régimes de retraite auxquels l’assuré a cotisé.
- La durée de la retraite : elle doit être prise en compte dans la préparation financière. En 2025, l’espérance de vie à 65 ans atteint environ 23,6 ans pour les femmes et 20 ans pour les hommes en France.
- L’évolution des dépenses : certaines charges peuvent diminuer au moment de la retraite, notamment certains frais professionnels ou le remboursement d’un crédit arrivé à son terme. D’autres dépenses peuvent au contraire apparaître ou augmenter avec l’âge.
- Le patrimoine constitué : être propriétaire de sa résidence principale une fois le crédit remboursé peut réduire les dépenses de logement par rapport à une situation locative. D’autres actifs financiers ou immobiliers peuvent également apporter des ressources complémentaires.
Il n’existe donc pas de montant universel nécessaire pour maintenir son niveau de vie à la retraite. Les besoins dépendent notamment de la situation familiale, du logement, du lieu de résidence, du patrimoine et des projets envisagés.
Combien vais-je toucher à la retraite ? L'importance de simuler tôt
Le montant de la future pension dépend de nombreux paramètres : carrière, rémunérations, durée d’assurance, régimes de retraite ou encore âge choisi pour le départ.
Réaliser une simulation de retraite suffisamment tôt permet d’obtenir une première estimation et d’anticiper un éventuel écart entre les revenus futurs et le niveau de vie souhaité.
Le service officiel Mon estimation retraite, accessible depuis le compte retraite sur Info-retraite.fr, permet notamment de :
- consulter une estimation du montant de sa retraite à différents âges de départ ;
- vérifier les informations de carrière prises en compte ;
- simuler certaines évolutions de situation professionnelle ou personnelle ;
- comparer différents scénarios de départ à la retraite.
Cette estimation peut ensuite servir de point de départ pour déterminer si une épargne complémentaire est nécessaire et, le cas échéant, adapter progressivement son effort d’épargne à son horizon de placement et à sa capacité financière.
La simulation peut être renouvelée au fil de la carrière afin de tenir compte des changements de situation et des évolutions de la réglementation.
Être propriétaire à l'âge de sa retraite
Devenir propriétaire de sa résidence principale avant la retraite constitue l’un des leviers les plus efficaces pour préparer sa retraite financièrement et sécuriser son niveau de vie. Vous pouvez ainsi supprimer la charge du loyer au moment où vos revenus diminuent, ce qui améliore concrètement votre pouvoir d’achat à pension egale. La gestion de cet objectif passe par un credit immobilier idéalement soldé avant le depart a la retraite. Cet investissement procure deux bénéfices concrets :
- investir pour ne plus payer de loyers à fonds perdus,
- mais également d’avoir un toit une fois à la retraite. En effet, la charge des loyers constitue pour les non propriétaires à la retraite la principale charge alors qu’ils perçoivent des pensions diminées de près de 50% par rapport à leur dernier salaire.
Il est donc primordial d’être propriétaire d’un logement une fois en retraite. L’idéal étant donc de démarrer un crédit entre 30 et 50 ans.
Investir dans la pierre
L’investissement immobilier peut contribuer à diversifier son patrimoine et à préparer des revenus complémentaires pour la retraite.
L’investissement locatif permet notamment d’acquérir un bien destiné à être loué. Lorsqu’il est financé à crédit, les loyers perçus peuvent contribuer au remboursement de l’emprunt. Si le crédit est entièrement remboursé au moment du départ à la retraite, les loyers peuvent ensuite constituer une source de revenus complémentaires.
L’investisseur peut également choisir de revendre le bien afin de récupérer un capital. Une éventuelle plus-value dépend toutefois de l’évolution du marché immobilier et n’est pas garantie.
Il est aussi possible d’investir dans l’immobilier par l’intermédiaire de SCPI (sociétés civiles de placement immobilier). L’épargnant achète alors des parts d’une société qui investit dans un patrimoine immobilier destiné à la location.
Les SCPI présentent toutefois des risques : le rendement n’est pas garanti, le capital peut diminuer et la revente des parts peut prendre du temps. Elles doivent donc être envisagées comme un placement de long terme et adaptées à la situation de l’investisseur.
Par où commencer ? Faire le point sur sa situation et passer à l'action
Avant de choisir un PER, une assurance-vie ou un investissement immobilier, il est utile de faire le point sur sa situation personnelle et financière.
Ce bilan permet notamment d’identifier ses revenus, ses dépenses, son patrimoine, sa capacité d’épargne, son horizon de placement et le niveau de risque que l’on est prêt à accepter.
Il aide ensuite à choisir des solutions adaptées à ses objectifs et à éviter de souscrire un placement qui ne correspond pas à ses besoins ou à la durée pendant laquelle l’épargne peut rester investie.
Les étapes suivantes permettent de structurer progressivement cette préparation.
Faire un bilan retraite personnalisé
Avant de choisir des solutions d’épargne, il est utile de faire le point sur sa situation et sur ses futurs droits à la retraite.
Plusieurs éléments peuvent être examinés :
- L’âge de départ à la retraite : il dépend notamment de l’année de naissance, de la carrière et de la durée d’assurance acquise.
- Le montant estimé de la future pension : une simulation permet d’obtenir une première estimation à partir des droits déjà enregistrés et de différents scénarios de carrière.
- L’écart avec les revenus ou le niveau de vie souhaités à la retraite : cette comparaison permet d’évaluer plus concrètement le besoin éventuel de ressources complémentaires.
- L’épargne et le patrimoine déjà constitués : PER, assurance-vie, épargne salariale, placements financiers ou immobilier doivent être pris en compte avant d’envisager de nouveaux investissements.
Ce bilan peut ensuite servir de base pour déterminer une capacité d’épargne, un horizon de placement et un niveau de risque adaptés à sa situation.
Construire sa stratégie d'épargne en 4 étapes
Une fois le bilan réalisé, il est possible de construire progressivement une stratégie d’épargne adaptée à ses objectifs, à sa capacité financière et à son horizon de placement.
- Étape 1 — Définir ses besoins à la retraite. Il s’agit d’estimer le niveau de revenus souhaité en tenant compte des dépenses susceptibles d’évoluer après la cessation d’activité : logement, charges courantes, loisirs, santé ou encore projets personnels.
- Étape 2 — Évaluer l’éventuel besoin de revenus complémentaires. La comparaison entre la pension estimée et les ressources souhaitées à la retraite permet d’identifier le montant qu’il peut être utile de constituer progressivement par l’épargne.
- Étape 3 — Choisir des placements adaptés. PER, assurance-vie, immobilier, PEA ou épargne salariale présentent des caractéristiques différentes en matière de disponibilité, de fiscalité, de rendement potentiel et de risque. Le choix doit notamment tenir compte de l’horizon de placement, de la capacité d’épargne et du niveau de risque accepté.
- Étape 4 — Épargner régulièrement et réévaluer sa stratégie. Mettre en place des versements réguliers peut faciliter la constitution progressive d’une épargne. La stratégie peut ensuite être adaptée en fonction de l’évolution de la situation personnelle, professionnelle, patrimoniale ou des objectifs de l’épargnant.
Préparer financièrement sa retraite est une démarche de long terme. Elle suppose d’adapter progressivement son épargne à ses besoins et de conserver une allocation cohérente avec son horizon de placement et son niveau de risque.