
À la retraite, plusieurs solutions permettent de compléter ses revenus : reprendre ou poursuivre une activité professionnelle, mobiliser son épargne ou percevoir des revenus issus de placements financiers.
Le cumul emploi-retraite permet notamment de percevoir une pension tout en exerçant une activité professionnelle. Selon la situation du retraité, ce cumul peut être intégral ou plafonné. Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er septembre 2023, le cumul emploi-retraite intégral peut également, sous certaines conditions, ouvrir de nouveaux droits à retraite.
D’autres solutions peuvent compléter les pensions, comme les revenus tirés d’une assurance-vie, d’un PER, de placements financiers ou de revenus immobiliers. Leur fiscalité, leur disponibilité et leur niveau de risque diffèrent selon les supports.
Pourquoi chercher un revenu complémentaire à la retraite ?
Le passage à la retraite s’accompagne généralement d’une modification de la structure des revenus. Le montant de la pension dépend notamment de la carrière, du niveau de rémunération, du régime d’affiliation et de l’âge de départ. Le taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre la pension perçue et le revenu d’activité antérieur, varie donc fortement selon les profils.
Un revenu complémentaire à la retraite désigne toute ressource venant s’ajouter aux pensions obligatoires. Il peut notamment provenir :
- d’une reprise ou d’une poursuite d’activité professionnelle ;
- d’une rente ou de retraits issus d’un PER ou d’une assurance-vie ;
- de revenus immobiliers ;
- ou de sommes issues de l’épargne salariale.
Ces ressources peuvent permettre de compléter les pensions et de financer les dépenses courantes ou certains projets à la retraite.
Le cumul emploi-retraite : continuer à travailler tout en touchant sa pension
Le cumul emploi-retraite permet de percevoir une pension de retraite tout en poursuivant ou en reprenant une activité professionnelle. Selon les conditions dans lesquelles la retraite a été liquidée, le cumul des pensions et des nouveaux revenus d’activité peut être intégral ou plafonné.
Les modalités diffèrent selon la situation du retraité et le régime concerné, notamment pour les salariés, les travailleurs indépendants et les agents publics.
Cumul libéralisé et cumul plafonné : deux régimes bien distincts
Selon la situation du retraité, le cumul entre pension et revenus d’activité peut être intégral ou plafonné.
| Critère | Cumul intégral | Cumul plafonné |
|---|---|---|
| Conditions principales | Avoir obtenu toutes les retraites de base et complémentaires auxquelles on a droit et bénéficier du taux plein, soit grâce à la durée d’assurance requise à partir de l’âge légal, soit à l’âge du taux plein automatique | Ne pas remplir les conditions du cumul intégral |
| Plafond de revenus | Aucun plafond de cumul | Oui, selon les règles applicables au régime concerné |
| Conséquence sur la pension | Les pensions continuent d’être versées intégralement | La pension peut être réduite lorsque le plafond est dépassé |
Pour un salarié relevant de l’Assurance retraite, le cumul plafonné ne doit pas dépasser le montant le plus favorable entre la moyenne mensuelle des revenus d’activité des trois derniers mois civils précédant la retraite et 1,6 fois le Smic.
Cumul emploi-retraite et nouveaux droits à retraite en 2026
Depuis la réforme des retraites, une activité exercée dans le cadre d’un cumul emploi-retraite intégral peut, sous conditions, permettre d’acquérir de nouveaux droits à retraite. Pour les salariés du secteur privé, ces droits peuvent prendre la forme de nouveaux trimestres au régime de base et de points Agirc-Arrco.
À l’Assurance retraite, ces droits peuvent donner lieu à une seconde pension de retraite de base. Son montant est calculé sans décote ni majoration et ne peut pas dépasser 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. Lorsque l’activité est reprise chez le dernier employeur, un délai de six mois s’applique pour l’acquisition de nouveaux droits au régime de base.
À l’Agirc-Arrco, les cotisations versées dans le cadre d’un cumul intégral permettent d’acquérir de nouveaux points sur la tranche 1 du salaire, soit jusqu’à 48 060 € de rémunération annuelle en 2026. Ces points peuvent ensuite donner lieu à une seconde retraite complémentaire.
En revanche, en cumul emploi-retraite plafonné, les cotisations retraite versées au titre de la nouvelle activité n’ouvrent pas de nouveaux droits.
Les solutions d'épargne volontaire pour se constituer un revenu complémentaire retraite
En complément des régimes de retraite obligatoires, il est possible de constituer une épargne destinée à compléter ses revenus à la retraite.
Plusieurs solutions peuvent être envisagées, notamment le PER, l’assurance-vie ou certains placements financiers et immobiliers. Elles se distinguent par leur fiscalité, leur disponibilité, leur niveau de risque et les modalités de perception des sommes à la retraite. Le PER, par exemple, est un produit d’épargne de long terme permettant une sortie en capital, en rente ou sous une combinaison des deux selon l’origine des sommes
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) : le placement dédié à la retraite
Créé par la loi Pacte de 2019, le Plan d’épargne retraite (PER) est un produit d’épargne de long terme destiné à préparer la retraite. Au 30 septembre 2024, 11,2 millions de personnes détenaient un PER, pour un encours total de 118,9 milliards d’euros, toutes formes de PER confondues.
Les versements volontaires effectués sur un PER individuel peuvent, par principe, être déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond personnel d’épargne retraite. Pour les versements réalisés en 2026, le plafond applicable aux salariés correspond à 10 % des revenus professionnels de 2025, dans la limite de 37 680 €, ou à 4 710 € si ce montant est plus élevé. Le plafond réellement disponible figure sur l’avis d’impôt.
L’économie d’impôt obtenue dépend notamment de la tranche marginale d’imposition du contribuable. En contrepartie, la fiscalité applicable à la sortie dépend notamment du fait que les versements aient ou non été déduits à l’entrée. Depuis 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.
À la retraite, l’épargne issue des versements volontaires peut être récupérée :
- sous forme de capital, en une ou plusieurs fois ;
- sous forme de rente viagère ;
- ou en combinant capital et rente, selon les modalités du plan.
Le PER peut être individuel, d’entreprise collectif ou d’entreprise obligatoire. Ses frais, les supports proposés, leur niveau de risque et les modalités de gestion varient selon les contrats.
L’assurance-vie : disponibilité de l’épargne et transmission
L’assurance-vie peut être utilisée pour constituer une épargne mobilisable à la retraite. Contrairement au PER, les sommes ne sont pas bloquées jusqu’au départ à la retraite : des rachats partiels ou un rachat total peuvent être effectués à tout moment, sous réserve notamment des règles applicables lorsqu’un bénéficiaire a accepté sa désignation.
- Fiscalité après 8 ans : lors d’un rachat, seuls les gains compris dans la somme retirée sont imposables. Après huit ans, ils bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. La fiscalité applicable dépend ensuite notamment de la date des versements et de leur montant.
- Rente viagère : selon les modalités du contrat, le capital peut être converti en rente viagère afin de percevoir un revenu régulier.
- Transmission : au décès de l’assuré, les capitaux sont versés au(x) bénéficiaire(s) désigné(s) selon les règles propres à l’assurance-vie. Le traitement fiscal dépend notamment de l’âge de l’assuré au moment des versements et de leur date.
- Supports d’investissement : selon le contrat, l’épargne peut être investie sur un fonds en euros et/ou sur des unités de compte. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.
Pour préparer un complément de revenus à la retraite, l’assurance-vie se distingue donc notamment par la disponibilité de l’épargne, ses modalités de retrait et ses règles spécifiques en matière de transmission.
Les autres placements : livrets, SCPI et épargne salariale
Au-delà du PER et de l’assurance vie, d’autres solutions permettent de diversifier ses sources de revenus complémentaires à la retraite :
| Placement | Principe | Avantage principal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Livrets réglementés (Livret A, LDDS) | Épargne disponible à tout moment, rémunérée à taux fixé par l’État | Sécurité totale, liquidité immédiate, exonération fiscale | Plafond de versement limité, rendement modéré |
| SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) | Investissement immobilier mutualisé générant des loyers réguliers | Revenus locatifs sans gestion directe, diversification géographique et sectorielle | Capital non garanti, liquidité moindre qu’un livret |
| Épargne salariale (PEE, PERCO/PERCOL) | Dispositifs d’entreprise abondés par l’employeur | Abondement employeur, fiscalité allégée à la sortie | Disponibilité conditionnée à des cas de déblocage ou à la retraite |
Ces placements sont complémentaires entre eux : les livrets assurent une épargne de précaution liquide, les SCPI génèrent des revenus réguliers assimilables à des loyers, et l’épargne salariale capitalise sur les avantages offerts par l’employeur. Une stratégie équilibrée associe généralement plusieurs de ces supports selon votre horizon de placement et vos objectifs.
Vous souhaitez identifier les solutions les mieux adaptées à votre profil ? Utilisez le comparateur Retraite.com pour évaluer vos options et préparer sereinement votre revenu complémentaire retraite. Que vous optiez pour le cumul emploi-retraite, le PER, l’assurance vie ou les SCPI, la clé est d’agir le plus tôt possible : chaque année de cotisation ou d’épargne supplémentaire renforce votre futur revenu complémentaire. N’hésitez pas à consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour construire une stratégie personnalisée adaptée a votre situation et a votre horizon de retraite.
(Sources : arrago.fr, placement.meilleurtaux.com)Cumul emploi-retraite selon les statuts professionnels : fonctionnaire, libéral, indépendant
Fonctionnaires. Pour les pensions prenant effet jusqu’au 31 décembre 2026, le cumul peut être intégral lorsque le retraité a liquidé l’ensemble de ses retraites et remplit les conditions d’âge et de durée d’assurance requises. À défaut, certaines reprises d’activité, notamment auprès d’employeurs publics, sont soumises à un plafond de revenus. En 2026, ce plafond correspond, dans les situations concernées, au tiers de la pension brute annuelle augmenté de 8 198,04 €.
Professions libérales. Le cumul emploi-retraite est également possible. Le cumul intégral suppose notamment d’avoir liquidé l’ensemble de ses retraites et de remplir les conditions d’âge et de taux plein. Les règles applicables au cumul plafonné et à la retraite complémentaire peuvent varier selon la caisse professionnelle dont relève l’assuré.
Artisans, commerçants et professions libérales non réglementées. Pour les indépendants relevant de l’Assurance retraite, le cumul peut être intégral ou plafonné selon les mêmes grands principes. Depuis la réforme de 2023, une activité exercée dans le cadre d’un cumul intégral peut, sous conditions, permettre d’acquérir de nouveaux droits et de demander ensuite une seconde retraite.