Beaucoup de futurs retraités découvrent tardivement que le montant de leur pension sera nettement inférieur à leur dernier revenu d’activité. Cette situation n’est pourtant pas une fatalité : pour savoir comment augmenter sa retraite, plusieurs leviers existent selon que l’on est encore en activité, en fin de carrière ou déjà retraité. Rachat de trimestres, surcote, retraite progressive, cumul emploi-retraite, épargne retraite ou immobilier locatif : chaque profil, salarié, fonctionnaire ou petite pension, dispose de solutions adaptées à sa situation.
Avant d’agir, encore faut-il connaître précisément ses droits actuels et les marges de progression réelles. Un bilan retraite gratuit permet justement de faire le point sur sa carrière et d’identifier les actions les plus pertinentes selon le moment de vie où l’on se trouve.
Comprendre le montant de votre retraite avant d'agir
Avant de chercher à augmenter sa retraite, il est utile de savoir où l’on se situe. Le montant final dépend de la durée de cotisation, du niveau de salaire perçu tout au long de la carrière et du régime d’affiliation (général, fonction publique, indépendants). Les écarts entre actifs sont souvent plus importants une fois à la retraite, car les dispositifs de solidarité ne compensent que partiellement les différences de carrière.
Quel est le montant d'une retraite confortable ?
Il n’existe pas de seuil universel définissant une « retraite confortable » : cette notion dépend du niveau de vie souhaité, des charges fixes (logement, santé) et des revenus complémentaires disponibles. Ce qui compte surtout, c’est le taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre le dernier revenu d’activité et le montant de la pension perçue. Ce taux varie fortement selon les carrières : il est généralement plus favorable pour les revenus modestes et diminue à mesure que le salaire augmente, car les régimes complémentaires appliquent des règles différentes de la retraite de base.
Quelle retraite pour un salaire de 2 000 € net par mois ?
Pour un salarié percevant environ 2 000 € net par mois en fin de carrière, la retraite de base issue du régime général ne reproduit pas ce niveau de revenu à l’identique : elle est calculée sur la base des meilleures années de salaire et de la durée d’assurance validée, avec un taux de remplacement qui reste, par construction, inférieur au dernier salaire d’activité. La retraite complémentaire Agirc-Arrco vient ensuite s’ajouter à ce montant, mais le cumul des deux régimes n’atteint pas nécessairement le niveau de vie antérieur, d’où l’intérêt d’anticiper des compléments de revenus.
Qui a droit à l'augmentation de sa retraite ?
Plusieurs profils sont concernés par les leviers d’augmentation présentés dans cet article :
- les actifs encore en carrière, qui peuvent agir sur leur durée de cotisation et leur épargne ;
- les retraités qui souhaitent reprendre une activité pour générer un complément de revenu ;
- les titulaires d’une petite pension, qui peuvent mobiliser les dispositifs de solidarité et les régimes complémentaires.
Augmenter sa retraite en fin de carrière : les leviers avant le départ
Pour comprendre comment augmenter sa retraite en fin de carrière, il faut savoir que les dernières années avant le départ sont souvent les plus décisives pour améliorer le montant final de la pension. Plusieurs dispositifs permettent d’agir directement sur le calcul, sans attendre la liquidation.
Avant tout : vérifiez votre âge légal, il a changé
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres requis |
|---|---|---|
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (janvier à mars) | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (avril à décembre) | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 172 |
Racheter des trimestres pour compléter sa carrière
Le rachat de trimestres permet de compléter une carrière incomplète, au titre des années d’études supérieures ou des années comptant moins de quatre trimestres validés. Le dispositif est plafonné à 12 trimestres, tous versements confondus, et réservé aux assurés de 20 à 66 ans n’ayant pas encore liquidé leur retraite de base.
- l’option 1 (taux seul) supprime la décote et permet d’atteindre le taux plein plus tôt ;
- l’option 2 (taux et durée d’assurance) supprime la décote et augmente le montant de la pension, en contrepartie d’un coût sensiblement plus élevé.
Les majorations liées aux enfants : des droits à ne pas oublier
- La majoration pour trois enfants augmente automatiquement la pension de 10 % dans le régime général, et de 10 % pour les trois premiers enfants plus 5 % par enfant supplémentaire dans la fonction publique. Condition : avoir élevé ces enfants pendant au moins neuf ans avant leur 16e anniversaire ou avant l’âge auquel ils ont cessé d’être à charge. Cette majoration est attribuée automatiquement, mais elle est imposable.
- Nouveauté 2026 : deux décrets du 29 juillet 2026 réduisent le nombre d’années retenues pour le calcul du salaire annuel moyen des parents. Il passe de 25 à 24 années pour un enfant et à 23 années pour deux enfants ou plus, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Les années les moins favorables étant écartées, l’effet sur la pension peut être significatif. Les bonifications et majorations de durée d’assurance au titre des enfants sont par ailleurs désormais intégrées à la période réputée cotisée pour la carrière longue.
Retarder son départ pour bénéficier de la surcote
Opter pour la retraite progressive à temps partiel
La retraite progressive permet de réduire son temps de travail tout en percevant une partie de sa pension avant la liquidation définitive. Elle est accessible dès 60 ans pour les retraites progressives prenant effet à partir du 1er septembre 2025, sous réserve de justifier de 150 trimestres d’assurance toutes activités confondues.
Compléter sa retraite en travaillant après son départ
Une fois la pension liquidée, il reste possible de compléter sa retraite en travaillant, en reprenant une activité professionnelle qui génère des revenus complémentaires. C’est le principe du cumul emploi-retraite, qui permet de continuer à travailler tout en percevant sa pension.
Cumul emploi-retraite : conditions et plafond de revenus
Attention : les règles changent au 1er janvier 2027. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 supprime la distinction entre cumul intégral et cumul plafonné. Seul l’âge comptera désormais, pour tous ceux qui partent à la retraite à compter de cette date :
| Situation | Règle applicable à partir de 2027 |
|---|---|
| Retraite liquidée avant l’âge légal | Les revenus d’activité sont déduits en totalité de la pension, dès le premier euro |
| Départ entre l’âge légal et 67 ans | Cumul libre jusqu’à 7 000 € brut par an. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement |
| Départ à partir de 67 ans | Cumul intégral, sans aucun plafond, avec acquisition de nouveaux droits |
Retraite progressive ou cumul emploi-retraite : que choisir ?
Le choix entre les deux dispositifs dépend surtout du moment où l’on se situe dans sa carrière et de l’objectif recherché.
| Retraite progressive | Cumul emploi-retraite | |
|---|---|---|
| Quand ? | Avant la liquidation définitive, en fin de carrière | Après la liquidation complète de la pension |
| Objectif | Réduire son temps de travail tout en continuant à générer des droits | Ajouter un revenu d’activité à une pension déjà fixée |
| Conditions | 60 ans, 150 trimestres, temps partiel de 40 à 80 % (privé) ou 50 à 90 % (public) | Âge légal atteint et tous les droits liquidés |
| Effet sur la pension | La pension définitive est recalculée en tenant compte de la période travaillée | Nouvelles règles de plafonnement à partir de 2027 |
La retraite progressive s’adresse à ceux qui souhaitent aménager leur fin de carrière tout en continuant à cotiser, tandis que le cumul emploi-retraite convient davantage à ceux qui ont déjà liquidé leurs droits et cherchent un complément de revenu ponctuel ou durable.
Miser sur l'épargne et le patrimoine pour augmenter ses revenus
Au-delà des cotisations obligatoires, plusieurs solutions financières et immobilières telles que le PER, l’assurance vie ou les SCPI permettent de générer des revenus complémentaires pour la retraite, à activer idéalement le plus tôt possible pour profiter des effets de la durée.
Le PER (plan d'épargne retraite) et son avantage fiscal
- salariés : 10 % des revenus professionnels de 2025, avec un plancher de 4 710 € et un plafond de 37 680 € ;
- travailleurs non salariés : 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, soit jusqu’à 88 911 €.
Assurance vie et SCPI pour des revenus complémentaires
L’assurance vie reste un support flexible, permettant des retraits partiels à tout moment et une transmission facilitée du capital.
Investir dans l'immobilier locatif ou en viager
L’immobilier locatif classique permet de percevoir des loyers réguliers, en contrepartie d’une gestion active du bien et d’une fiscalité propre à ce type de revenu. Le viager, de son côté, permet à un propriétaire de percevoir une rente en cédant son bien, une solution qui peut convenir à ceux qui souhaitent transformer un patrimoine immobilier en revenu régulier sans en assurer la gestion locative.
Cas particuliers : petite retraite, fonctionnaires et retraite complémentaire
Certaines situations appellent des réponses spécifiques : comment augmenter une petite retraite, comment augmenter sa retraite de fonctionnaire soumis à des règles propres, ou comment augmenter sa retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Augmenter une petite retraite : minimum contributif et ASPA
Pour répondre à la question de savoir comment augmenter sa petite retraite, deux dispositifs de solidarité jouent un rôle de filet de sécurité pour les carrières les plus modestes. Le minimum contributif fixe un niveau plancher de pension aux assurés ayant cotisé une carrière complète mais avec de faibles revenus.
L’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées) s’adresse aux retraités disposant de ressources très limitées, sous conditions d’âge, de résidence et de ressources. Une caractéristique essentielle doit être connue avant toute demande : l’ASPA est récupérable sur la succession du bénéficiaire, lorsque l’actif net successoral dépasse un certain seuil. Ce n’est donc pas une prestation comparable aux autres, et son intérêt s’apprécie au regard de la situation patrimoniale et familiale d’ensemble.
Ces mécanismes ne remplacent pas une stratégie d’augmentation de la pension, mais ils forment un socle minimal à connaître.
Comment augmenter sa retraite de fonctionnaire ?
Les fonctionnaires disposent également de la possibilité de racheter des années d’études supérieures, dans les mêmes limites globales que le régime général, afin de compléter leur durée de services.
Le régime de la fonction publique applique des règles de calcul spécifiques : la pension est assise sur le traitement indiciaire des six derniers mois d’activité, primes exclues. Deux conséquences pratiques.
D’abord, une promotion ou un avancement d’échelon obtenu en fin de carrière produit un effet immédiat et durable sur la pension.
Ensuite, les primes, qui peuvent représenter une part importante de la rémunération, n’ouvrent des droits que via le RAFP, dans des proportions limitées. C’est précisément ce qui rend l’épargne retraite complémentaire utile pour les agents publics fortement primés.
Comment augmenter sa retraite complémentaire Agirc-Arrco ?
Recalcul de la retraite et démarches pour sécuriser vos droits
Une erreur ou un oubli dans le dossier de retraite peut avoir un impact direct sur le montant de la pension, d’où la question fréquente : peut-on faire recalculer sa retraite ? Vérifier ses droits avant et après la liquidation permet d’éviter ce type de désagrément.
Faire vérifier son relevé de carrière avant de partir
Avant tout dépôt de dossier de retraite, il est recommandé de consulter son relevé de carrière sur info-retraite.fr afin de vérifier que tous les trimestres cotisés, rachetés ou validés au titre des périodes assimilées (maladie, chômage, service militaire) apparaissent correctement. Une anomalie détectée à ce stade peut être corrigée avant la liquidation, ce qui évite un recalcul ultérieur souvent plus complexe.
Peut-on faire recalculer sa retraite après liquidation ?
Une fois la pension liquidée et versée, une révision reste possible, mais uniquement dans des cas exceptionnels : erreur de calcul avérée, omission de trimestres ou de périodes non prises en compte au moment du traitement du dossier. La demande de révision doit être adressée à la caisse de retraite concernée, accompagnée des justificatifs permettant de démontrer l’anomalie constatée.
Questions fréquentes sur l'augmentation de la retraite
Est-il possible de faire recalculer sa retraite ?
Oui, un recalcul est possible lorsqu’une erreur ou une omission avérée est constatée sur le relevé de carrière ou dans le calcul initial de la pension. Il convient alors de signaler l’anomalie à sa caisse de retraite avec les justificatifs correspondants.
Peut-on augmenter ses cotisations retraite pour améliorer sa future pension ?
Oui, plusieurs leviers permettent d’augmenter ses cotisations en vue d’une pension future plus élevée : le choix d’une classe de cotisation supérieure pour la retraite complémentaire, le rachat de trimestres pour la retraite de base, ou le rachat de points Agirc-Arrco pour la partie complémentaire. Ces choix doivent être évalués en fonction de la situation personnelle et de l’horizon restant avant le départ à la retraite.