Depuis plusieurs années, la validation des trimestres de retraite ne dépend pas du nombre d’heures travaillées, mais du montant du salaire soumis à cotisations. Un salarié à temps partiel peut donc valider jusqu’à 4 trimestres par an, à condition d’avoir perçu une rémunération suffisante.
En 2026, il faut avoir cotisé sur un revenu d’au moins 1 803 € brut pour valider 1 trimestre, soit 3 606 € pour 2 trimestres, 5 409 € pour 3 trimestres et 7 212 € pour 4 trimestres. Ces seuils correspondent à 150 fois le Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier 2026 par trimestre.
Le fait de travailler à temps partiel n’empêche donc pas, en soi, de valider 4 trimestres dans l’année. Tout dépend du niveau de rémunération perçu. En revanche, il n’est pas possible de valider plus de 4 trimestres au titre d’une même année civile.
Quel montant minimum de retraite si vous avez travaillé à temps partiel ?
Le minimum contributif (Mico) : conditions et montants 2026
Le minimum contributif (Mico) permet de relever le montant de la retraite de base des assurés dont la pension est faible, notamment après une carrière rémunérée à temps partiel. Il n’est toutefois pas réservé aux salariés à temps partiel et son attribution dépend de plusieurs conditions.
Pour en bénéficier, il faut notamment :
- percevoir une retraite de base calculée à taux plein ;
- avoir demandé l’ensemble de ses pensions de retraite ;
- respecter le plafond applicable au montant total des retraites personnelles.
En 2026, le minimum contributif comporte deux niveaux :
| Niveau du Mico | Condition | Montant brut mensuel 2026 |
|---|---|---|
| Minimum contributif de base | Retraite à taux plein | 756,29 € |
| Minimum contributif majoré | Retraite à taux plein et au moins 120 trimestres cotisés tous régimes de base confondus | Jusqu’à 903,93 € |
Ces montants correspondent aux montants maximaux applicables. Le minimum contributif peut être proratisé lorsque la durée d’assurance retenue au régime général est inférieure à la durée de référence. De même, avec au moins 120 trimestres cotisés, la majoration n’est pas nécessairement versée intégralement : elle dépend du nombre de trimestres cotisés par rapport à la durée requise.
Carrière incomplète à temps partiel : le Mico est-il accessible ?
Travailler à temps partiel n’empêche pas de bénéficier du minimum contributif. Ce qui compte avant tout, c’est que la retraite de base soit liquidée à taux plein.
- Carrière complète à temps partiel : si l’assuré a validé le nombre de trimestres requis pour sa génération et bénéficie du taux plein, le minimum contributif peut s’appliquer si le montant de sa pension reste faible.
- Carrière incomplète mais départ à taux plein : une carrière incomplète n’exclut pas automatiquement du minimum contributif. Par exemple, à l’âge du taux plein automatique, la retraite peut être calculée au taux de 50 % même si tous les trimestres requis ne sont pas réunis. Dans ce cas, le Mico peut s’appliquer, mais son montant peut être proratisé en fonction de la durée d’assurance retenue au régime général.
- Départ avec décote : si l’assuré liquide sa retraite avant d’avoir droit au taux plein et qu’une décote s’applique, il ne peut pas bénéficier du minimum contributif.
Ainsi, la condition déterminante n’est pas d’avoir travaillé à temps plein ou à temps partiel, ni même d’avoir nécessairement une carrière complète : il faut avant tout que la pension soit liquidée à taux plein. Le nombre de trimestres validés et cotisés intervient ensuite dans le calcul du montant du Mico.
Si les ressources du retraité restent faibles, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) peut également être envisagée sous conditions. Il s’agit toutefois d’un dispositif distinct du minimum contributif, soumis notamment à des conditions d’âge, de résidence et de ressources.
Estimez votre retraite après une carrière à temps partiel
Le montant de votre future pension dépend de plusieurs éléments : votre année de naissance, le nombre de trimestres validés, vos revenus au cours de la carrière et votre âge de départ.
Un simulateur de retraite peut notamment vous aider à estimer :
- l’âge auquel vous pourrez partir à la retraite ;
- le montant prévisionnel de votre pension ;
- l’impact d’une carrière à temps partiel sur vos droits ;
- l’écart éventuel entre vos futurs revenus à la retraite et vos revenus actuels.
Pour une estimation basée sur l’ensemble de vos droits enregistrés, vous pouvez également utiliser le service officiel Mon estimation retraite proposé par Info-Retraite.
Le calcul de la retraite complémentaire des travailleurs à temps partiel
Les salariés à temps partiel cotisent à la retraite complémentaire Agirc-Arrco comme les salariés à temps plein. Le nombre de points acquis dépend principalement du montant de la rémunération soumise à cotisations et des taux applicables. Il n’existe plus, depuis 2019, de points Arrco et Agirc distincts : ils ont été fusionnés dans le régime unique Agirc-Arrco.
Les cotisations sont calculées sur deux tranches de rémunération. En 2026, le taux de calcul des points est de 6,20 % sur la tranche 1 et de 17 % sur la tranche 2. Le nombre de points acquis est ensuite obtenu à partir du montant des cotisations prises en compte pour l’acquisition de points et de la valeur d’achat du point, fixée à 20,1877 € en 2026.
Un salarié travaillant à temps partiel acquiert donc généralement moins de points qu’un salarié rémunéré à temps plein, si son salaire est inférieur. Toutefois, l’employeur peut, avec l’accord du salarié et dans les conditions prévues, permettre de cotiser à l’Agirc-Arrco sur la base d’un salaire correspondant à un temps plein. Le salarié acquiert alors les points correspondant à cette assiette plus élevée.
Au moment de la retraite, la pension complémentaire annuelle est calculée selon la formule suivante :
Retraite complémentaire annuelle = nombre de points Agirc-Arrco × valeur de service du point
En 2026, la valeur de service du point Agirc-Arrco est de 1,4386 €.
Le travail à temps partiel peut donc réduire le montant de la retraite complémentaire lorsqu’il entraîne une rémunération plus faible et, par conséquent, l’acquisition de moins de points. Le montant exact dépend toutefois de l’ensemble des points accumulés au cours de la carrière.
Quelques conseils pour améliorer le niveau de la retraite des travailleurs à temps partiel
Plusieurs dispositifs peuvent permettre de limiter l’impact d’une activité à temps partiel sur le montant de la future pension. Leur intérêt dépend toutefois de la situation de chaque assuré.
- Surcotiser sur la base d’un temps plein : un salarié à temps partiel peut, avec l’accord de son employeur, cotiser pour la retraite sur la base du salaire correspondant à un temps plein. Cette option permet d’acquérir davantage de droits à retraite malgré une activité réduite. Elle entraîne en contrepartie des cotisations salariales et patronales plus élevées.
- Racheter des trimestres pour certaines années incomplètes : le versement pour la retraite permet notamment de racheter des trimestres correspondant à des années civiles au cours desquelles moins de quatre trimestres ont été validés. Le nombre total de trimestres pouvant être rachetés au titre des années d’études supérieures et des années incomplètes est limité à 12.
Le rachat peut servir soit à améliorer le taux de calcul de la retraite, soit, selon l’option choisie, à agir également sur la durée d’assurance retenue pour le calcul de la pension. Son coût dépend notamment de l’âge de l’assuré, de ses revenus et de l’option choisie. Avant de racheter des trimestres, il est donc recommandé de réaliser une simulation afin d’évaluer le coût de l’opération et son effet réel sur la future pension.
- Envisager la retraite progressive : depuis le 1er septembre 2025, les salariés peuvent demander une retraite progressive dès 60 ans, sous réserve notamment de justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance et d’exercer une activité comprise, en principe, entre 40 % et 80 % d’un temps complet. Le dispositif permet de percevoir une partie de sa retraite tout en poursuivant une activité professionnelle à temps partiel et en continuant à acquérir des droits pour la retraite définitive.
La retraite progressive nécessite toutefois l’intervention de l’employeur. Celui-ci peut refuser la demande dans les conditions prévues par la réglementation et doit désormais motiver davantage son refus, notamment au regard des conséquences de la réduction du temps de travail sur la continuité de l’activité ou le fonctionnement de l’entreprise.
Avant de choisir entre surcotisation, rachat de trimestres ou retraite progressive, il est donc préférable de comparer leur coût et leur effet sur le montant futur de la pension à partir de son relevé de carrière et d’une estimation personnalisée.
Les démarches pour liquider ses droits à la retraite dans les meilleures conditions
Le départ à la retraite se prépare plusieurs mois, voire plusieurs années à l’avance. La première étape consiste à consulter régulièrement son relevé de carrière afin de vérifier que l’ensemble des périodes d’activité et des droits acquis ont bien été enregistrés.
À partir de 55 ans, il est possible de signaler les anomalies constatées sur son relevé de carrière et d’en demander la correction : emploi manquant, revenus erronés, périodes non prises en compte, etc.
Il est préférable d’effectuer ces vérifications avant de demander sa retraite afin de limiter les erreurs lors du calcul de la pension. Une pension déjà attribuée peut toutefois faire l’objet de démarches ou de recours en cas d’erreur : il ne faut donc pas écrire qu’« une fois la liquidation engagée, le calcul ne peut plus être refait ».
À partir de 45 ans, tout assuré ayant acquis des droits dans un régime de retraite français obligatoire peut également demander gratuitement un entretien information retraite. Cet entretien permet de faire le point sur sa carrière, ses droits et les différentes possibilités de départ, et d’obtenir des simulations du montant de sa future retraite.
Enfin, la retraite n’est pas attribuée automatiquement. L’Assurance retraite recommande de déposer sa demande 5 mois avant la date de départ souhaitée. Une demande effectuée en ligne peut être transmise simultanément aux différents régimes de retraite concernés.
Pour un salarié ayant travaillé à temps partiel, il est utile de vérifier le nombre de trimestres validés, les revenus enregistrés et l’impact du temps partiel sur la pension avant de fixer sa date de départ. Si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte, attendre l’âge du taux plein automatique peut permettre d’éviter la décote, sans pour autant supprimer l’éventuelle proratisation de la pension.
En savoir plus sur le calcul de votre retraite
Il faut noter que les assurés ne peuvent pas valider plus de 4 trimestres par année d’activité, conformément à la réglementation actuelle.
Temps partiel : quel impact sur les trimestres et le calcul de la retraite ?
Le travail à temps partiel peut avoir un impact sur la retraite lorsque la rémunération perçue ne permet pas de valider 4 trimestres au cours de l’année. En effet, la validation des trimestres dépend du montant du salaire soumis à cotisations et non du nombre d’heures travaillées. Un salarié à temps partiel suffisamment rémunéré peut donc valider 4 trimestres par an.
Pour bénéficier d’une retraite à taux plein avant 67 ans, il faut avoir atteint l’âge légal de départ applicable à sa génération et disposer du nombre de trimestres requis. Ces paramètres ont été modifiés en 2026 avec la suspension d’une partie du calendrier de la réforme des retraites.
| Date de naissance | Âge légal de départ | Trimestres requis pour le taux plein |
|---|---|---|
| Du 1er janvier au 31 août 1961 | 62 ans | 168 |
| Du 1er septembre au 31 décembre 1961 | 62 ans et 3 mois | 169 |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 |
| Du 1er janvier 1963 au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| Du 1er avril au 31 décembre 1965 | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| À partir de 1969 | 64 ans | 172 |
À 67 ans, la retraite de base est calculée à taux plein même si l’assuré n’a pas réuni le nombre de trimestres requis. La pension peut toutefois rester proratisée en fonction de la durée d’assurance réellement accomplie.
Pour les salariés du privé, la retraite de base est calculée selon la formule suivante :
Retraite annuelle = revenu annuel moyen × taux de liquidation × (durée d’assurance au régime général / durée de référence)
Le revenu annuel moyen est calculé, en principe, à partir des 25 meilleures années de revenus revalorisés. Lorsque l’assuré a cotisé au régime général pendant moins de 25 années, seules les années effectivement prises en compte dans ce régime servent au calcul.
Le taux maximal est fixé à 50 %. Si l’assuré part avant 67 ans sans disposer du nombre de trimestres requis pour sa génération, une décote peut s’appliquer. Le temps partiel peut donc réduire le montant de la retraite de deux façons : par des revenus plus faibles entrant dans le calcul du revenu annuel moyen et, lorsque les seuils de validation ne sont pas atteints, par l’acquisition d’un nombre moins élevé de trimestres.

