Proposition de retraite de Marine Le Pen de partir à 60 ans

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Proposition de retraite de Marine Le Pen de partir à 60 ans

La retraite à 60 ans financée par le plein emploi est-elle réalisable ?

Marine Le Pen a déclaré qu’elle reviendra sur la retraite à 60 ans, financé par le plein emploi si elle est élue. Découvrez l’analyse de Jacques Bichot, un économiste spécialisé dans les retraites.

Le 8 mars 2017, Marine Le Pen a encore réaffirmé sur les ondes de RTL Matin qu’elle compte revenir à un départ en retraite à 60 ans avec 160 trimestres cotisés pour bénéficier d’une pension à taux plein. Cette mesure va à l’encontre de toutes les réformes effectuées depuis 2010, prévoyant le recul de l’âge de départ afin de mieux répartir le poids du versement des retraites qui pèse sur la population active à cause de l’allongement de l’espérance de vie, mais aussi à cause du départ massif en retraite de la génération du Baby-boom.

Un zoom sur les détails pour bien comprendre ce programme portant sur les retraites

La candidate du Front National a déclaré qu’elle assume pleinement le retour à la retraite à 60 ans, une mesure qui ne couterait d’après ses calculs que 15 milliards d’euros par an. Il s’agit d’un dispositif facile à financer selon ses propos parce qu’elle prévoit de couvrir ces dépenses grâce au plein emploi. Elle envisage de recréer du travail pour sauver la retraite. Lorsque le chômage sera éradiqué, les retraites pourront être payées. Elle a rajouté que le travail est comparable à un médicament efficace pour traiter le problème des retraites.

Marine Le Pen a également dévoilé ses intentions en ce qui concerne les régimes spéciaux : certaines caisses seront supprimées si elle est élue. Elle n’envisage pas du tout à la fusion en créant une grande caisse universelle comme le feraient François Fillon et Emmanuel Macron. Ainsi, les régimes qui ne se justifient pas seront supprimés : elle a indiqué qu’elle n’a pas une vision idéologique sur ce sujet.

La retraite à 60 ans grâce au plein emploi relève de l’utopie

Une retraite à 60 ans avec une durée de cotisation de 40 annuités est-elle possible ? Jacques Bichot, économiste spécialisé dans les retraites et auteur de plusieurs livres sur le sujet a déclaré que cette équation n’est pas réaliste. Il a attiré l’attention sur un petit changement dans ce programme : 40 annuités, contre 37,5 annuités au départ. Mais malgré cela, ce retour en arrière n’apportera aucun bénéfice : l’expert a indiqué que le financement des retraites par le plein emploi (avec un taux de chômage à 5 %) est une utopie. Il faut savoir que le plein emploi ne reviendra pas en un claquement de doigts et jusqu’à ce qu’on y parvienne, les déficits des caisses de retraite seront ingérables.

L’économiste insiste également sur le fait qu’il n’y a aucun rapport entre l’âge de départ et le chômage. Par exemple, avec un taux de chômage inférieur à 5 %, 50 % des Suédois travaillent encore jusqu’à 70 ans. En conclusion, il indique que la promesse d’un retour à la retraite à 60 ans n’a aucun fondement économique. La candidate du Front National veut seulement attirer l’électorat populaire, tout comme le candidat du Front de Gauche.

Retraite à 60 ans : une violente opposition dès 1982

En 1981, François Mitterrand en avait fait une des mesures phares du programme de la gauche. Il s’agissait, à l’époque d’un changement faisable et appréciable parce que l’espérance de vie était de 74 ans, soit 6 années de moins qu’aujourd’hui et la pyramide des âges n’était pas aussi préoccupante qu’en ce moment : en 1982, les personnes âgées de 60 ans et plus ne représentaient que 18,5 % de la population, contre 25 % actuellement. Malgré tous ces facteurs, les députés de l’opposition avaient émis des critiques virulentes à l’encontre de cette mesure.

Les médias se souviennent notamment des propos de Philippe Seguin : « Prisonniers de vos mythes, vous êtes enfermés dans une terrible alternative : désespérer ceux qui ont cru en vous, ou ignorer la réalité économique. Vous n’avez plus le choix qu’entre l’irrationnel et une certaine forme d’imposture. Je ne suis que médiocrement rassuré de vous voir choisir la deuxième voie ». Devenu ministre des Affaires social et de l’Emploi, quatre ans plus tard, Philippe Seguin redoutait les effets de la disparition de la garantie des ressources dans le projet final de 1982 parce qu’il appréhendait une baisse des pensions pour assurer le financement de la retraite à 60 ans. Ses doutes se sont malheureusement confirmés pour certaines petites retraites, en particulier dans le secteur agricole.

Plus de débats à propos de l’âge ?

Il faut noter que Marine Le Pen ne s’engage pas sur l’évolution des pensions de retraite, bien qu’elle évoque l’augmentation du minimum vieillesse dans son programme pour les personnes de nationalité française ou pour les étrangers qui justifient de 20 ans de résidence en France.

35 ans après la réforme de 1982, l’âge de départ en retraite demeure toujours un sujet qui divise dans les discours politiques. Mais peut-être que cette situation ne va plus durer. En effet, Jacques Bichot assure qu’il s’agit d’une notion périmée dans le système de retraite par point appliqué en Allemagne et en Suède. Ce système sera intégré dans la réforme qui sera mise place par Emmanuel Macron et François Fillon si l’un d’entre eux est élu.

Ce modèle prévoit qu’en cotisant 1 euro, l’assuré a droit à 1 euro de pension. Il se distingue par une grande souplesse en ce qui concerne l’âge de départ, mais une décote est prévue en cas de départ prématuré. On parle alors d’âge pivot, et non d’âge légal de départ, à partir duquel le niveau de pension est calculé. Par exemple, si une personne touche 100 % de pension en partant à l’âge pivot, il percevra 95 % en partant un an avant, et 105 % en retardant son départ d’une année. Dans les pays comme la Suède, l’âge de départ n’est plus utilisé en politique pour attirer l’attention des électeurs parce que la gestion de l’âge pivot revient aux actuaires, les gestionnaires du système des retraites. Ils peuvent apporter des modifications en tenant compte de l’espérance de vie. Le système suédois est très estimé pour son équilibre qui dure depuis des années, mais aussi parce qu’il est considéré à l’unanimité comme le plus équitable.

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