Le cumul emploi-retraite permet à un retraité de reprendre ou de poursuivre une activité professionnelle tout en percevant, sous certaines conditions, les revenus de cette activité et ses pensions de retraite.
Le régime applicable aux salariés du privé
Un retraité du secteur privé peut reprendre une activité salariée tout en percevant sa retraite. Les règles applicables dépendent toutefois de sa situation.
En cas de cumul emploi-retraite intégral, la reprise d’une activité peut être immédiate. Depuis la réforme de 2023, cette activité peut permettre d’acquérir de nouveaux droits à retraite, sous certaines conditions. Toutefois, lorsque la première retraite a pris effet à compter du 1er novembre 2023 et que l’activité est reprise auprès du dernier employeur, un délai de six mois doit être respecté pour acquérir ces nouveaux droits. À défaut, les cotisations versées pendant cette période n’ouvrent pas de nouveaux droits à retraite.
En cas de cumul emploi-retraite plafonné, la reprise d’une activité chez un nouvel employeur peut être immédiate. En revanche, le retraité doit attendre six mois après le point de départ de sa retraite pour reprendre une activité auprès de son dernier employeur. À défaut, le versement de sa pension de retraite est suspendu jusqu’à la cessation de cette activité ou, au plus tard, jusqu’au septième mois suivant le point de départ de la retraite.
Le cumul des pensions et des nouveaux revenus d’activité est par ailleurs soumis à un plafond.
Le cumul emploi-retraite des travailleurs indépendants
Les travailleurs indépendants retraités peuvent poursuivre ou reprendre une activité professionnelle tout en percevant leur pension de retraite. Selon leur situation, ce cumul peut être intégral ou soumis à un plafond de revenus.
Depuis la réforme des retraites de 2023, l’exercice d’une activité professionnelle dans le cadre d’un cumul emploi-retraite intégral peut permettre d’acquérir de nouveaux droits à la retraite. Les périodes cotisées depuis le 1er janvier 2023 peuvent ainsi donner lieu, sous certaines conditions, au versement d’une seconde pension de retraite de base.
Des droits peuvent également être acquis au titre de la retraite complémentaire des indépendants (RCI). Pour cette retraite complémentaire, les périodes cotisées sont prises en compte à compter du 1er janvier 2025.
Les démarches liées à la reprise d’activité et au cumul emploi-retraite doivent être effectuées auprès de l’Assurance retraite, qui gère la retraite de base et la retraite complémentaire des travailleurs indépendants.
Le cumul emploi-retraite dans la fonction publique
Les fonctionnaires retraités peuvent, sous certaines conditions, reprendre une activité professionnelle tout en continuant à percevoir leur pension. Selon leur situation, le cumul peut être intégral ou soumis à un plafond de revenus.
Le cumul intégral est notamment possible lorsque le retraité a atteint l’âge légal de départ à la retraite, justifie de la durée d’assurance nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein et a liquidé l’ensemble des pensions auxquelles il peut prétendre. D’autres situations particulières peuvent également permettre un cumul intégral.
À défaut, le cumul peut être plafonné. Pour les pensionnés civils de l’État concernés, les revenus professionnels ne doivent pas dépasser un plafond correspondant, en 2026, à 8 198,04 € augmentés du tiers du montant brut annuel de la pension. En cas de dépassement, l’excédent est déduit de la pension.
Depuis la réforme des retraites de 2023, une reprise d’activité dans le cadre d’un cumul intégral peut également permettre d’acquérir de nouveaux droits à la retraite, sous certaines conditions. Pour les pensions prenant effet avant le 1er janvier 2027, un délai de six mois doit notamment être respecté lorsque l’activité est reprise auprès du dernier employeur, sauf exceptions prévues par les textes.
Les règles d’acquisition de nouveaux droits dépendent toutefois du régime auquel le retraité est affilié au titre de sa nouvelle activité. En particulier, les cotisations versées dans le cadre d’un cumul emploi-retraite n’ouvrent pas droit à une seconde pension CNRACL.
Enfin, lorsqu’un fonctionnaire retraité est de nouveau titularisé dans un emploi conduisant à pension de l’État ou de la CNRACL, des règles particulières s’appliquent : sa première pension peut notamment être annulée afin qu’une pension unique tenant compte de l’ensemble de ses services soit liquidée à la cessation de sa nouvelle activité.
Le chômage compte-t-il pour la retraite ? Impact sur vos droits
Une période de chômage peut avoir des conséquences sur vos droits à la retraite. Sa prise en compte dépend notamment de votre situation : chômage indemnisé ou non indemnisé.
Les règles diffèrent également selon qu’il s’agit de la retraite de base ou de la retraite complémentaire. Dans le régime général, certaines périodes de chômage permettent de valider des trimestres, même en l’absence de cotisations. Pour les salariés du secteur privé, les périodes de chômage indemnisé peuvent également permettre d’acquérir des points de retraite complémentaire Agirc-Arrco, sous certaines conditions.
Chômage indemnisé (ARE) : des trimestres et des points de retraite peuvent être acquis
Les périodes de chômage indemnisé au titre de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) peuvent être prises en compte pour la retraite de base et la retraite complémentaire.
- Retraite de base : un trimestre assimilé est validé pour chaque période de 50 jours de chômage indemnisé, délai de carence compris, dans la limite de quatre trimestres par année civile. Ces périodes sont prises en compte dans la durée d’assurance, mais aucun salaire n’est reporté sur le relevé de carrière au titre du chômage.
- Retraite complémentaire : les salariés du secteur privé peuvent également acquérir des points Agirc-Arrco pendant les périodes de chômage indemnisé, sous certaines conditions, notamment lorsque l’indemnisation fait suite à un emploi relevant de l’Agirc-Arrco. Les points sont attribués pour chaque jour indemnisé par France Travail. En revanche, les périodes de carence et de différé d’indemnisation ne permettent pas d’acquérir de points.
Chômage non indemnisé : quels droits à la retraite ?
Une période de chômage non indemnisé peut également être prise en compte pour la retraite de base, mais dans des conditions plus restrictives que le chômage indemnisé.
Si vous n’avez jamais perçu d’allocation chômage, une première période de chômage non indemnisé peut notamment permettre de valider des trimestres assimilés, dans certaines limites. Une période de chômage non indemnisé faisant suite à une période indemnisée peut également être retenue pendant une durée limitée, qui peut être prolongée sous certaines conditions.
En revanche, le chômage non indemnisé ne permet pas, en principe, d’acquérir de points de retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Il est conseillé de conserver les attestations de France Travail permettant de justifier les périodes d’inscription comme demandeur d’emploi, notamment en cas d’anomalie sur le relevé de carrière.
Chômage et retraite : des règles différentes selon le régime
| Situation | Retraite de base (régime général) | Retraite complémentaire Agirc-Arrco |
|---|---|---|
| Chômage indemnisé | Validation de trimestres assimilés : 1 trimestre pour 50 jours de chômage indemnisé, dans la limite de 4 par an | Attribution de points sous certaines conditions pendant les périodes indemnisées |
| Chômage non indemnisé | Certaines périodes peuvent permettre de valider des trimestres, sous conditions et dans des limites de durée | Pas d’attribution de points en principe |
| Activité partielle | Validation d’1 trimestre pour 220 heures indemnisées, dans la limite de 4 par an | Des points peuvent être attribués lorsque l’activité partielle est indemnisée et dépasse 60 heures dans l’année civile |
La prise en compte des périodes de chômage diffère donc selon le régime concerné et la situation de l’assuré. Ces périodes peuvent permettre de conserver certains droits à la retraite, sans pour autant avoir les mêmes effets qu’une période d’activité professionnelle sur le montant final de la pension.
Pour bénéficier du cumul emploi-retraite intégral, vous devez :
- avoir obtenu l’ensemble de vos retraites de base et complémentaires, françaises et étrangères, auxquelles vous pouvez prétendre ;
- avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite et disposer de la durée d’assurance requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein, ou avoir atteint l’âge du taux plein automatique, soit 67 ans pour les personnes nées à partir de 1955.
Les droits à la retraite de base pendant le chômage
Certaines périodes de chômage peuvent être prises en compte pour la retraite de base, même en l’absence de cotisations. Elles permettent alors de valider des trimestres assimilés.
Les conditions de validation diffèrent selon que le chômage est indemnisé ou non indemnisé.
Combien de trimestres peut-on valider pendant une période de chômage ?
Les périodes de chômage indemnisé permettent de valider des trimestres assimilés pour la retraite de base. Un trimestre est validé pour 50 jours de chômage indemnisé, consécutifs ou non, dans la limite de 4 trimestres par année civile.
Ces trimestres sont pris en compte dans la durée d’assurance nécessaire pour déterminer les droits à la retraite. En revanche, aucun salaire n’est reporté sur le relevé de carrière au titre de ces périodes, puisqu’elles ne donnent pas lieu à des cotisations vieillesse.
Certaines périodes de chômage indemnisé peuvent également être retenues pour la retraite anticipée pour carrière longue, dans la limite prévue par la réglementation.
France Travail transmet en principe automatiquement les périodes de chômage à l’Assurance retraite.
Chômage sans indemnisation : quelles conséquences pour la retraite de base ?
Les périodes de chômage non indemnisé peuvent, sous certaines conditions, permettre de valider des trimestres pour la retraite de base.
Si vous n’avez jamais été indemnisé, une première période de chômage non indemnisé peut être prise en compte dans la limite de 6 trimestres lorsqu’elle se situe à partir de 2011.
Lorsque le chômage non indemnisé fait suite à une période indemnisée, il peut être retenu dans la limite d’un an. Cette durée peut être portée à cinq ans si vous avez au moins 55 ans à la date de cessation de l’indemnisation et avez cotisé pendant au moins 20 ans.
Un trimestre est validé tous les 50 jours de chômage, dans la limite de quatre trimestres par année civile.
Ces périodes permettent d’augmenter la durée d’assurance, mais aucun salaire n’est reporté sur le relevé de carrière au titre du chômage. Elles n’alimentent donc pas le revenu annuel moyen servant au calcul de la retraite de base.
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