Octobre 2020

La vieillesse “n’est qu’un mot”

La vieillesse “n’est qu’un mot”
En Partenariat avec Retraite.com, Véronique Cayado, Docteure en Psychologie, Membre de la Société Française de Gériatrie et Gérontologie (SFGG), Membre et Ingénieure de recherche de l’Institut du bien vieillir "Oui Care",  apporte sa vision du "bien vieillir" pour accompagner nos lecteurs à appréhender leur retraite dans un esprit positif et dynamique. 
 

Qu’est-ce qui fait de nous une vieille personne ? Étrange question que celle-ci, non pas parce que la réponse est évidente, mais parce qu’on la croit évidente. Mais dès lors que l’on essaie d’y répondre, l’explication semble se défiler aussi insaisissable que l’eau entre nos doigts.

L’âge apparaît a priori comme la réponse la plus juste.

Une personne âgée est une « personne plus âgée que la moyenne des autres personnes de la population dans laquelle elle vit » (Dictionnaire des personnes âgées, de la retraite et du vieillissement, 1984) [1]. Quand la statistique vient au secours du sens pour porter avec toute son objectivité la signification d’un mot, le moins que l’on puisse dire c’est que le mot pose problème !! Mais au final, sommes-nous plus avancés ?

L'objectivité n’est qu’apparence car, non seulement la formule reste imprécise, mais l’âge n’est finalement qu’un critère social comme un autre. Ainsi, le fait même de compter en années la trajectoire humaine est une manière de penser, non pas universelle, mais propre à une culture considérée. Comme le souligne l’anthropologue Bernadette Puijalon, “nos ancêtres ignoraient le nombre de leurs années et le découpage de la vie se faisait en fonction des événements et des changements qui jalonnaient le cours de l’existence” [2].

Il faut savoir que l’âge n’est devenu un instrument de mesure de l’évolution biologique que tardivement dans l’histoire des sociétés occidentales. En France, cela remonterait à l’obligation faite au clergé, par l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), d’enregistrer les baptêmes, mariages et décès [3]. Ainsi, parce que la société s’était dotée d’un calendrier spécifique et que les pouvoirs en place avaient décidé de tracer dans les grandes lignes leur population, il était devenu possible d’évaluer la durée de vie des individus en années. Mais avant cela, comme dans d’autres régions dans le monde, on ne cherchait pas à mesurer précisément la durée de vie, notamment parce que cela n’avait pas d’intérêt au regard du fonctionnement social.

Chaque culture, chaque société développe sa propre compréhension et interprétation de l’avancée en âge en cohérence avec son organisation socio-économique, sa démographie, ses modèles culturels, etc.

Mais alors qu’est-ce qui fait de nous une vieille personne ? Existe-t-il quand même des traits saillants ?

Selon Georges Minois [4], il existerait des marqueurs communs de la vieillesse qui se retrouvent dans la plupart des cultures et des époques considérées : il s’agit de

  • la fragilité physique,
  • de l’altération des traits,
  • et de l’accumulation des savoirs liés à l’expérience.
Néanmoins, si ces traits sont généralement associés à la vieillesse, chaque société va les considérer en fonction de ces modèles culturels dominants. Elles ne vont donc pas en avoir la même lecture, offrant aux plus vieux des statuts et des conditions de vie bien différents. Pour exemple, une société basée sur l’oral et la coutume laissera aux anciens une place plus enviable car les savoirs accumulés par eux les rendront plus précieux à la survie du groupe et leur fonction de dépositaires de la tradition leur octroiera un statut privilégié plus au centre des relations sociales et des liens entre générations.

Un autre paramètre semble majeur dans la définition de la vieillesse et des âges de la vie : il s’agit de la présence d'événements dans la trajectoire qui entraînent un changement de rôle social. On devient alors “officiellement” vieux aux yeux des autres. On pensera bien sûr au passage à la retraite comme le marqueur social par excellence dans notre société. On est loin du rite initiatique vécu avec tout le collectif, mais il en est ainsi dans les sociétés plus individualistes. Il n’y a pas à proprement parler un événement transitionnel, mais plutôt des petits événements souvent indépendants les uns des autres. Quoi qu’il en soit, et c’est certainement cela le plus important, être une vieille personne se vit pour beaucoup dans le regard des autres.

veronique cayado Véronique Cayado, Docteure en Psychologie, Membre de la Société Française de Gériatrie et Gérontologie (SFGG), Membre et Ingénieure de recherche de l’Institut "Oui Care", 

[1] Ce dictionnaire a été publié par la commission de terminologie mise en place en 1983 par le premier Secrétariat d’Etat en charge des personnes âgées : In Trincaz, J., Puijalon, B. & Humbert, C. (2011). “Dire la vieillesse et les vieux”. Gérontologie et société, 138(34) : 113-126.

[2] Puijalon, B. (2000). “Exposé introductif : l’alliance des âges”, p. 6. In Actes du colloque “L’hôpital de nos familles : un partage au-delà des âges”, 14 juin 2000, Fondation Hôpitaux de Paris Hôpitaux de France - https://www.fondationhopitaux.fr/wp-content/uploads/2015/12/colloque-l-hopital-de-nos-familles.pdf

[3] Peatrik, A.-M. (2003). L’océan des âges. L’Homme Revue française d’anthropologie.  

[4] Minois, G. (1987). Histoire de la vieillesse. Librairie Arthème Fayard.

Etude des Notaires de France : Les Français et la protection

Etude des Notaires de France : Les Français et la protection

A l’occasion de leur 116e Congrès (8 – 10 octobre 2020), les Notaires de France dévoilent ce jour les résultats d’une étude inédite sur les Français et la protection réalisée par Harris Interactive du 21 au 27 septembre 2020 auprès d’un échantillon national représentatif de 1592 personnes.

Une Etude pour évaluer l'intrêt de protéger ses proches 

Cette étude menée par Harris Interactive pour le compte des Notaires de France met en avant de nombreuses tendances  sur le besoin des Français de protéger leur proches et eux même dans un environnement juridique par toujours évident à comprendre. L'accompagnement d'un Notaire pour conforter sa protection et celle de ses proches apparait alors comme un pré-requis necessaire. 

Principaux points de l'étude sur un fort besoin de protection exprimé par les français que ce soit pour eux-mêmes ou leurs proches :

  • Une loi qui ne protège pas assez selon les Français malgré un besoin de protection qui s’est accru avec la Covid-19
  • Une majorité des Français bien informés des singularités du PACS en matière de protection mais qui méconnaissent le dispositif « mandat de protection future »
  • Pour les Français, les Notaires bénéficient d’un « capital confiance » élevé en matière de protection
  • Un fort besoin de protection exprimé par les Français pour eux-mêmes ou leurs proches

Ce besoin de protection est plus important s’agissant du premier cercle familial (les enfants : 83%, le conjoint : 76%). Il concerne également une majorité de Français pour la protection des petits enfants (71% des concernés) et de leurs parents (62% des concernés).

A 53%, le besoin de protéger d’autres membres de la famille potentiellement vulnérables reste à un niveau élevé même s’il est moins répandu. Les Français en position « d’aidants » se montrent particulièrement sensibles à la question de la protection de leurs proches, notamment de leurs parents (75 % ressentent le besoin de les protéger).

De la même manière, les ¾ des Français manifestent globalement un fort besoin de protection de leur patrimoine (74%), de leur logement (78%) et de leur retraite (75%).

Le besoin de protéger sa retraite est particulièrement élevé au sein des 35-49 ans (82%), une frange de la population qui s’inquiète sans doute plus que les autres de la pérennité du régime actuel/ et/ou de la réforme en cours. Enfin, 78% des personnes interrogées peuvent vouloir , le cas échéant, protéger leur entreprise/activité professionnelle.

Une loi qui ne protège pas assez selon les Français, un besoin de protection accru avec la Covid-19

Quel que soit le sujet, les Français ont la perception d’être insuffisamment protégés par la loi. Ils sont seulement 46 % à estimer qu’elle n’est pas assez protectrice pour le logement (vs 45% « Oui »), mais également pour leur entreprise / activité professionnelle (49% « Non » vs 40% « Oui »). L’écart est encore plus important pour la retraite (54% « Non » vs 38% « Oui ») et leur patrimoine (48% « Non » vs 39% « Oui »).
 
Ce sentiment a pu s’accentuer depuis les derniers mois dans le contexte de crise sanitaire. Il a accru le besoin de protection des Français. Une large majorité d’entre eux (62%) déclarent réfléchir à davantage se protéger ou protéger leurs proches dans le contexte de la Covid-19. Ce ressenti d’une plus grande protection impacte particulièrement les plus jeunes (76% des moins de 35 ans), les aidants (74%), ceux détenant un faible patrimoine (73%) et les femmes (69%).
 
Dans ce cadre, 21% des Français déclarent avoir déjà entrepris des démarches pour souscrire à des dispositifs de protection que ce soit pour eux même ou leurs proches et 34% expriment l’intention de le faire. Les initiatives entreprises ou susceptibles de l’être décroissent avec l’âge, les Français les plus âgés ont sans doute davantage pris des mesures pour se protéger.
 
66 % des parents ont déjà entrepris des démarches ou envisagent de le faire afin de protéger leurs enfants. Suivent ensuite leur retraite (pour 49% des concernés et 55% des 35-49 ans), leur patrimoine (48%), le chiffre atteint 85% dès lors que le patrimoine devient conséquent, (supérieur à 500.000 €) et enfin leur logement (45% dont 55% des Franciliens).
 
Si les Français pensent davantage à se protéger, ils ont peu à l’esprit le mandat de protection future. Seuls 24% des Français indiquent connaître ce dispositif méconnu malgré une réelle utilité. On note d’ailleurs que 45% des répondants en position d’aidants connaissent son existence.

La majorité des Français est bien informée des singularités du PACS en matière de protection.

Plus de 20 ans après sa création, les caractéristiques du PACS en matière de protection sont bien assimilées par la grande majorité des Français. 74% des répondants déjà pacsé(e)s ou qui envisagent de le faire indiquent savoir que, en cas de décès d’un des conjoints et sans testament préalable, l’héritage ne reviendrait pas de plein droit au partenaire mais à la famille. Le pourcentage atteint 82% au sein des couples déjà pacsés versus ceux qui envisagent de le faire (63%).

Les Notaires bénéficient d’un « capital confiance » élevé en matière de protection

Pour 70% des personnes interrogées, les Notaires sont les interlocuteurs qui bénéficient du capital confiance le plus élevé pour assurer leur protection personnelle et celles de leurs proches (20% leur font « tout à fait confiance »). Viennent ensuite les avocats (68%), puis les experts comptables (63%).

Le niveau de confiance à l’endroit des notaires est plus élevé auprès des publics les plus âgés et des plus hauts revenus, des propriétaires et de ceux disposant d’un patrimoine. C’est moins le cas parmi les plus jeunes qui leur préfèrent les avocats.

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