
Le PER (Plan d’Épargne Retraite) est un produit d’épargne de long terme destiné à se constituer un complément de revenus pour la retraite. Accessible aux salariés, indépendants, fonctionnaires et chefs d’entreprise, il permet d’épargner pendant sa vie active, avec une sortie possible en capital, en rente viagère ou en combinant les deux.
Pour un chef d’entreprise, le PER peut notamment permettre de compléter une pension de retraite parfois moins élevée que les revenus perçus pendant la vie active, tout en bénéficiant, sous conditions, d’un avantage fiscal sur les versements.
Comment fonctionne le PER retraite ?
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) permet d’épargner pendant sa vie active afin de disposer d’un capital ou d’une rente au moment de la retraite. Créé par la loi PACTE de 2019, il a notamment simplifié les anciens dispositifs d’épargne retraite en les regroupant au sein d’un cadre commun.
Il existe aujourd’hui trois formes de PER :
- le PER individuel (PERIN), souscrit à titre personnel et accessible à toute personne majeure ;
- le PER d’entreprise collectif (PERECO), proposé par une entreprise à ses salariés et destiné à remplacer progressivement le PERCO ;
- le PER d’entreprise obligatoire (PERO), mis en place par l’employeur pour tout ou partie des salariés et qui succède notamment aux anciens contrats « article 83 ».
Le PER peut être alimenté de différentes manières selon sa forme : versements volontaires de l’épargnant, sommes issues de l’épargne salariale ou encore cotisations obligatoires versées par l’entreprise et/ou le salarié. Les versements volontaires peuvent, sous certaines conditions et dans certaines limites, être déduits du revenu imposable.
En principe, l’épargne reste investie jusqu’à la retraite. La loi prévoit toutefois plusieurs cas de déblocage anticipé, notamment en cas d’accident de la vie ou pour l’acquisition de la résidence principale, avec des règles qui varient selon l’origine des sommes versées.
Au moment de la retraite, les sommes issues des versements volontaires et de l’épargne salariale peuvent généralement être récupérées en capital, en rente viagère ou en combinant les deux. Les sommes provenant de cotisations obligatoires sont, quant à elles, en principe versées sous forme de rente.
Le PER individuel (PERin) : ouvert à tous
Le PER individuel, couramment désigné par le sigle PERin, est le seul des trois types de PER que toute personne majeure peut ouvrir de sa propre initiative, quel que soit son statut professionnel. Salarié du secteur privé, travailleur non salarié (artisan, commerçant, profession libérale), fonctionnaire, demandeur d’emploi ou personne sans activité : chacun peut souscrire un PER individuel auprès d’un organisme habilité.
Il prend la suite du PERP et du contrat Madelin, fermés à la commercialisation depuis le 1er octobre 2020. Les titulaires de ces anciens contrats peuvent transférer leur épargne vers un PER individuel afin de bénéficier du cadre instauré par la loi PACTE.
Le PERin repose sur des versements volontaires librement choisis par le titulaire. Ces versements sont, par défaut, déductibles du revenu imposable dans la limite des plafonds légaux annuels. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont toutefois plus déductibles. Il est également possible, pour les titulaires ne souhaitant pas bénéficier de cette déduction à l’entrée, d’opter pour la non-déduction des versements, ce qui modifie leur fiscalité à la sortie.
- Alimentation : versements volontaires libres ou programmés
- Gestion : gestion pilotée à horizon par défaut, avec possibilité d’opter pour une autre modalité de gestion proposée par le contrat
- Sortie : en capital, en rente viagère ou en combinant les deux, selon les sommes concernées
- Portabilité : le PERin peut recevoir des transferts provenant notamment d’autres PER ou d’anciens produits d’épargne retraite
Le PER collectif (PERCOL) : l'épargne retraite d'entreprise facultative
Le PER collectif (PERCOL) est un dispositif mis en place à l’initiative de l’employeur et ouvert aux salariés de l’entreprise. Dans les entreprises employant au moins un salarié et moins de 250 salariés, certains chefs d’entreprise et dirigeants peuvent également en bénéficier. Son adhésion est volontaire. Chaque salarié est libre d’y participer ou non, même si l’entreprise peut prévoir une adhésion automatique avec possibilité de renonciation.
Il prend la suite du PERCO, dont il reprend la logique collective tout en l’intégrant dans le cadre harmonisé issu de la loi PACTE. Les PERCO existants peuvent continuer à fonctionner. L’entreprise peut également décider de transformer un PERCO en PERCOL, tandis qu’un salarié peut transférer l’épargne détenue sur son PERCO vers un PER.
Le PERCOL se distingue par la diversité de ses modes d’alimentation :
- Versements volontaires du salarié, avec possibilité de déduction fiscale dans les mêmes conditions que le PER individuel ;
- Participation et intéressement : les sommes issues de ces dispositifs peuvent être versées sur le PERCOL et bénéficier, sous certaines conditions, d’une exonération d’impôt sur le revenu ;
- Abondement de l’employeur : l’entreprise peut compléter les versements du salarié dans les limites fixées par la loi ;
- Jours de congés non pris : sous certaines conditions, des jours de repos peuvent être affectés au plan.
À la retraite, les sommes issues des versements volontaires et de l’épargne salariale peuvent être récupérées en capital, en rente viagère ou en combinant les deux. Le PERCOL offre ainsi un cadre collectif avantageux, notamment grâce à la possibilité pour l’employeur de compléter l’épargne par un abondement.
Le PER d'entreprise obligatoire (PERO) : un dispositif collectif à adhésion obligatoire
Le PER obligatoire (PERO) est le troisième type de PER. Il ne peut pas être souscrit individuellement : il est mis en place au niveau de l’entreprise et peut bénéficier à l’ensemble des salariés ou à une ou plusieurs catégories objectives de salariés, définies selon les critères prévus par la réglementation.
Il succède notamment aux anciens contrats dits « article 83 » et s’intègre dans l’architecture harmonisée de l’épargne retraite instaurée par la loi PACTE.
Sa principale caractéristique est son caractère obligatoire pour les salariés concernés par le dispositif, sous réserve des cas de dispense prévus par la réglementation. Son alimentation peut notamment comprendre :
- Cotisations obligatoires de l’employeur : l’entreprise verse des cotisations selon les modalités prévues lors de la mise en place du plan.
- Cotisations salariales obligatoires : elles peuvent également être prévues selon les modalités fixées par l’accord ou l’acte de mise en place.
- Déductibilité des cotisations : les cotisations obligatoires bénéficient d’un régime fiscal et social spécifique, dans les limites prévues par la réglementation.
Le PERO peut également recevoir d’autres catégories de versements autorisées par la réglementation, notamment des versements volontaires du salarié.
À la retraite, les sommes correspondant aux versements obligatoires du salarié et de l’employeur sont versées sous forme de rente viagère. Les autres compartiments du PER peuvent obéir à des règles de sortie différentes. Des cas de déblocage anticipé sont également prévus par la loi.
En cas de départ de l’entreprise, le salarié conserve les droits acquis sur son PER et peut, sous certaines conditions, transférer son épargne vers un autre PER.
Le PERO constitue ainsi un dispositif d’épargne retraite supplémentaire d’entreprise, permettant à l’employeur de compléter les droits à la retraite des salariés concernés.
Comment choisir son PER retraite ?
Ouvrir un Plan d’Épargne Retraite est une décision patrimoniale engageante sur le long terme. Deux questions se posent systématiquement : sur quels critères objectifs comparer les contrats disponibles sur le marché, et quel type de PER privilégier selon son statut professionnel ? La réponse varie notamment selon l’âge auquel on commence à épargner, le niveau de revenus et le statut professionnel de l’épargnant.
Les critères essentiels pour comparer les PER
Tous les PER ne se valent pas. Avant de souscrire, il est indispensable d’examiner plusieurs critères structurants qui influencent directement la performance nette de votre épargne sur la durée :
- Les frais : les frais sur versements (prélevés à chaque dépôt), les frais de gestion annuels sur les unités de compte et, lorsqu’il est proposé, le fonds en euros, ainsi que les éventuels frais d’arbitrage entre supports sont les principaux postes à comparer. Un écart de quelques dixièmes de point par an peut représenter une différence significative sur un horizon de vingt ou trente ans.
- La qualité et la diversité des supports d’investissement : selon le type de PER, différents supports peuvent être proposés : fonds en euros pour certains PER assurantiels, unités de compte, ETF, fonds actions, supports immobiliers ou obligataires. La gamme disponible doit permettre d’adapter l’allocation au profil de risque et à l’horizon de placement de l’épargnant.
- La gestion pilotée à horizon : c’est le mode de gestion proposé par défaut du PER. Il consiste à orienter l’épargne vers des supports plus dynamiques lorsque la retraite est encore éloignée, puis à sécuriser progressivement l’allocation à mesure que l’échéance approche. La qualité de la gestion pilotée proposée — notamment les profils disponibles et la trajectoire de sécurisation — constitue donc un critère de comparaison pour les épargnants qui ne souhaitent pas gérer activement leur contrat.
- L’opérateur et la qualité du service : assureur, banque, courtier en ligne ou autre intermédiaire : il est utile de comparer la qualité du service client, les outils de gestion proposés, l’accompagnement et l’accessibilité du contrat sur la durée.
- Les options à la sortie : certains contrats offrent davantage de flexibilité dans les modalités de sortie, par exemple pour le fractionnement du capital ou les différentes options de rente. Ces éléments comptent d’autant plus que l’échéance de la retraite se rapproche.
- L’adéquation avec votre horizon de placement : plus la retraite est éloignée, plus l’épargnant peut généralement envisager une exposition importante à des actifs présentant un risque de perte en capital. À mesure que l’échéance approche, il peut être pertinent de réduire progressivement ce niveau de risque, en fonction de sa situation et de son profil.
En pratique, il est recommandé de consulter les documents d’information et les conditions du contrat avant toute souscription afin de comparer notamment les frais, les risques, les supports et les modalités de gestion.
PER individuel ou PER d'entreprise : lequel privilégier selon votre situation ?
Le choix entre un PER individuel (PERin) et un PER d’entreprise (PERCOL ou PERO) dépend avant tout du statut du chef d’entreprise et des dispositifs auxquels il peut accéder. Ces différentes solutions peuvent d’ailleurs se compléter.
| Critère | PER individuel (PERin) | PER d’entreprise (PERCOL / PERO) |
|---|---|---|
| Accès | Accessible à titre individuel à toute personne majeure, quel que soit son statut professionnel | Accessible aux bénéficiaires du dispositif mis en place par l’entreprise ; certains dirigeants peuvent également bénéficier d’un PERCOL |
| Abondement de l’entreprise | Non | Possible dans le cadre du PERCOL |
| Épargne salariale | Principalement alimenté par des versements volontaires, avec possibilité de recevoir des sommes transférées depuis d’autres dispositifs | Le PERCOL peut notamment recevoir la participation, l’intéressement et certains droits issus d’un CET. Le PERO peut également recevoir la participation et l’intéressement lorsqu’il bénéficie à l’ensemble des salariés |
| Déduction des versements volontaires | Oui, dans la limite du plafond applicable et sous réserve des règles de déductibilité | Oui pour les versements volontaires, dans les mêmes conditions de principe |
| Choix du contrat | Le titulaire choisit son PER | Le dispositif est choisi et mis en place au niveau de l’entreprise |
| Transfert | Transférable vers un autre PER dans les conditions prévues par la réglementation | Transférable vers un autre PER dans les conditions prévues par la réglementation |
Pour un chef d’entreprise, le choix dépend avant tout de son statut et des dispositifs mis en place dans son entreprise.
Le PER individuel reste accessible indépendamment de l’existence d’un dispositif d’épargne retraite dans l’entreprise. Il peut notamment être utilisé par les travailleurs indépendants pour effectuer des versements volontaires et bénéficier, sous conditions, de leur déduction fiscale.
Le PER d’entreprise n’est, quant à lui, accessible au dirigeant que dans certaines situations. Le PERCOL est d’abord destiné aux salariés, mais certains chefs d’entreprise et dirigeants peuvent également en bénéficier, notamment dans les entreprises de moins de 250 salariés lorsque les conditions prévues sont remplies. Le PER obligatoire (PERO) concerne pour sa part les catégories de bénéficiaires définies lors de sa mise en place.
Lorsqu’un chef d’entreprise est éligible à un PER d’entreprise, il peut donc être pertinent de comparer ce dispositif avec un PER individuel, notamment en fonction de l’abondement éventuellement proposé par l’entreprise, des frais, des supports disponibles et de ses objectifs d’épargne retraite.
Tout savoir sur le PER retraite : vos questions fréquentes
Quelle est la différence entre PER retraite et assurance-vie ?
Le PER et l’assurance-vie sont deux solutions d’épargne de long terme, mais ils répondent à des objectifs et à des logiques fiscales différents.
| Critère | PER (Plan d’Épargne Retraite) | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Objectif principal | Préparer spécifiquement sa retraite | Épargner pour différents projets, préparer sa retraite ou organiser la transmission de son patrimoine |
| Disponibilité des fonds | Épargne en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas légaux de déblocage anticipé | Rachat possible à tout moment, selon les conditions du contrat |
| Avantage fiscal à l’entrée | Versements volontaires déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond applicable et sous conditions | Pas de déduction fiscale des versements |
| Fiscalité à la sortie | Dépend notamment de l’origine des sommes et de la déduction ou non des versements à l’entrée | Seule la part correspondant aux gains est imposée lors d’un rachat. La fiscalité dépend notamment de l’ancienneté du contrat et de la date des versements ; après huit ans, un abattement annuel sur les gains peut notamment s’appliquer |
| Transmission au décès | Règles différentes selon qu’il s’agit d’un PER assurantiel ou d’un PER d’investissement | Possibilité de désigner un ou plusieurs bénéficiaires, avec un régime fiscal spécifique |
| Modes de sortie | Capital, rente viagère ou combinaison des deux selon l’origine des sommes | Rachats partiels ou total et possibilité, selon le contrat, d’une sortie en rente viagère |
En résumé, le PER est particulièrement adapté à la préparation de la retraite et peut présenter un intérêt fiscal pour les contribuables qui choisissent de déduire leurs versements dans les limites prévues. L’assurance-vie offre davantage de disponibilité et peut répondre à des objectifs plus variés, notamment le financement de projets, la préparation de la retraite ou la transmission du patrimoine.
Les deux enveloppes ne sont donc pas nécessairement concurrentes : elles peuvent être utilisées conjointement en fonction des objectifs, de l’horizon de placement et de la situation fiscale de l’épargnant.
Quel est l'intérêt d'avoir un PER retraite en tant que TNS ou chef d'entreprise ?
Pour un TNS ou un chef d’entreprise, le PER permet de préparer sa retraite tout en bénéficiant, sous conditions, d’une déduction fiscale sur les versements volontaires. Les travailleurs indépendants disposent de règles de déduction spécifiques, qui peuvent être particulièrement intéressantes lorsque les revenus professionnels sont élevés.
Le PER individuel offre aussi une certaine souplesse : les versements peuvent être adaptés au niveau de revenus et l’épargne peut, à la retraite, être récupérée en capital ou en rente selon les sommes concernées. Il a ainsi progressivement remplacé les anciens contrats Madelin.
Peut-on transférer un ancien contrat retraite vers un PER ?
Oui. Les anciens produits d’épargne retraite comme le PERP, le contrat Madelin, le PERCO, certains contrats « article 83 » ou encore la Préfon peuvent être transférés vers un PER.
Le transfert permet notamment de regrouper son épargne retraite et de bénéficier des règles plus souples du PER, en particulier concernant les possibilités de sortie en capital. Des frais peuvent toutefois être appliqués selon l’ancien contrat et sa durée de détention.
Avant de transférer, il est utile de comparer les frais, les supports d’investissement et les éventuelles garanties de l’ancien contrat avec ceux du PER envisagé.
Quels sont les 3 types de PER retraite existants ?
Le Plan d’Épargne Retraite se décline en trois formes aux logiques d’accès et d’alimentation distinctes. Selon votre statut professionnel et les dispositifs éventuellement mis en place dans votre entreprise, les conditions d’accès diffèrent : le tableau ci-dessous permet d’identifier rapidement les principales caractéristiques de chaque dispositif.
| Type de PER | Ancien produit remplacé | Qui peut en bénéficier ? | Mode de souscription |
|---|---|---|---|
| PER individuel (PERin) | PERP, contrat Madelin | Toute personne majeure, quel que soit son statut professionnel | Souscription individuelle auprès d’un organisme habilité |
| PER collectif (PERCOL) | PERCO | Salariés de l’entreprise proposant le dispositif et, sous certaines conditions, certains chefs d’entreprise et dirigeants | Mise en place au niveau de l’entreprise, adhésion en principe facultative |
| PER obligatoire (PERO) | Notamment contrats « article 83 » | Ensemble des salariés ou une ou plusieurs catégories objectives de salariés définies lors de sa mise en place | Mise en place au niveau de l’entreprise, adhésion obligatoire pour les salariés concernés, sous réserve des cas de dispense prévus |
Comment débloquer et sortir son PER à la retraite ?
Savoir comment récupérer son épargne au moment du départ constitue un enjeu central dans la gestion d’un PER retraite. La loi PACTE a assoupli les conditions de sortie en élargissant la possibilité de récupérer l’épargne en capital, alors que les anciens dispositifs étaient souvent plus contraignants.
À la retraite, les sommes issues des versements volontaires et de l’épargne salariale peuvent être récupérées sous forme de capital, versé en une ou plusieurs fois, de rente viagère ou d’une combinaison des deux. Les sommes provenant de cotisations obligatoires sont, quant à elles, en principe versées sous forme de rente.
Les sections suivantes détaillent les différentes options de sortie et leurs implications fiscales.
Sortie en capital : récupérer son épargne en une fois ou de façon fractionnée
La sortie en capital permet de récupérer tout ou partie de l’épargne accumulée sur le PER sous forme de versements en numéraire. Elle est possible, au plus tôt, à compter de la liquidation des droits à la retraite dans un régime obligatoire ou de l’atteinte de l’âge légal de départ.
- Capital unique : le titulaire demande le versement de l’intégralité des sommes disponibles en capital en une seule fois. Cette option offre une liquidité immédiate mais peut concentrer l’imposition sur une seule année fiscale, notamment lorsque les versements ont été déduits à l’entrée.
- Capital fractionné : l’épargne est récupérée en plusieurs versements successifs. Les modalités et la fréquence du fractionnement dépendent notamment des conditions prévues par le gestionnaire du PER. Cette solution peut permettre d’étaler dans le temps la perception du capital et sa fiscalité.
- Sortie mixte : il est également possible de combiner une sortie partielle en capital et une rente viagère pour le solde, pour les sommes pouvant être liquidées selon ces deux modalités.
Sur le plan fiscal, le traitement à la sortie en capital dépend notamment de l’origine des sommes et, pour les versements volontaires, du choix effectué à l’entrée entre déduction et non-déduction. Les règles applicables au capital et aux gains sont détaillées dans la section consacrée à la fiscalité de la sortie en capital.
Sortie en rente viagère : recevoir un revenu régulier jusqu'à la fin de sa vie
La rente viagère consiste à convertir tout ou partie de l’épargne accumulée en revenus réguliers versés jusqu’au décès du bénéficiaire. Elle permet ainsi de se prémunir contre le risque d’épuiser son épargne en cas de longévité importante.
Selon les options prévues par le contrat, différentes formes de rente peuvent être proposées :
- Rente simple : versée au titulaire jusqu’à son décès. À capital et conditions comparables, elle offre généralement une rente initiale plus élevée que les formules comportant des garanties supplémentaires.
- Rente avec réversion : au décès du titulaire, tout ou partie de la rente continue d’être versée au bénéficiaire désigné selon les conditions prévues au contrat. Cette protection entraîne généralement une diminution du montant de la rente initiale.
- Rente par paliers ou évolutive : certains contrats permettent de prévoir une évolution du montant de la rente au cours du temps selon les modalités définies au moment de sa liquidation.
- Rente avec annuités garanties : lorsqu’elle est proposée, cette option garantit le versement de la rente pendant une durée déterminée. En cas de décès avant le terme prévu, les versements restant dus sont versés au bénéficiaire désigné selon les conditions du contrat.
La fiscalité de la rente dépend notamment de l’origine des sommes et, pour les versements volontaires, de leur déduction ou non à l’entrée. Les règles détaillées, notamment l’application du régime des pensions et retraites ou de celui des rentes viagères à titre onéreux selon les cas, sont présentées dans la section dédiée à la fiscalité de la sortie en rente viagère.
Déblocage anticipé du PER avant la retraite : les cas autorisés
En dehors de l’échéance retraite, le PER est en principe un placement bloqué jusqu’à la liquidation des droits. La loi prévoit toutefois plusieurs cas de déblocage anticipé permettant de récupérer tout ou partie de l’épargne avant cet horizon.
- Acquisition de la résidence principale : les sommes épargnées peuvent être débloquées pour financer l’achat de la résidence principale. Ce motif ne permet toutefois pas de débloquer les droits issus des cotisations obligatoires versées dans un PER d’entreprise obligatoire. La fiscalité dépend notamment de l’origine des sommes et de leur éventuelle déduction à l’entrée.
- Invalidité : l’invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de PACS, correspondant aux 2e ou 3e catégories prévues par le Code de la sécurité sociale, permet un déblocage anticipé.
- Affection grave, handicap ou accident grave d’un enfant à charge : depuis juin 2026, la loi permet également un déblocage en cas d’affection grave, de handicap ou d’accident d’une particulière gravité touchant un enfant à la charge du titulaire.
- Décès du conjoint ou du partenaire de PACS : le décès du conjoint ou du partenaire lié par un PACS ouvre droit au déblocage anticipé du PER.
- Surendettement : une situation de surendettement du titulaire, au sens du Code de la consommation, peut permettre le déblocage anticipé de l’épargne.
- Expiration des droits à l’assurance chômage : l’expiration des droits à l’assurance chômage du titulaire constitue également un cas de déblocage anticipé. Une disposition spécifique existe par ailleurs pour certains anciens dirigeants ou mandataires sociaux sans contrat de travail ni mandat social depuis au moins deux ans.
- Cessation d’activité non salariée : le déblocage peut intervenir à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire. Il peut également être autorisé dans certaines situations liées à une procédure de conciliation devant le tribunal de commerce.
- Titulaire âgé de moins de 18 ans : le titulaire d’un PER âgé de moins de 18 ans à la date de sa demande peut demander le déblocage anticipé de ses droits.
Dans ces situations, le titulaire doit fournir les justificatifs nécessaires au gestionnaire du PER. La fiscalité applicable varie selon le motif du déblocage et l’origine des sommes.
Quels sont les avantages et inconvénients du PER retraite ?
Produit de référence de l’épargne retraite depuis la loi PACTE, le PER retraite présente des atouts réels mais aussi des contraintes qu’il convient d’évaluer avant de s’engager. Cette analyse est particulièrement utile pour les chefs d’entreprise qui souhaitent anticiper une éventuelle baisse de revenus au moment de la retraite. Vous trouverez ci-dessous un tour complet des avantages et des inconvénients du PER, pour vous aider à décider si ce placement correspond à votre situation.
Les principaux avantages du PER
- Déductibilité fiscale des versements : les versements volontaires effectués sur un PER peuvent, sous conditions, être déduits du revenu imposable dans la limite des plafonds applicables. Les travailleurs non salariés (TNS) bénéficient de règles de déduction spécifiques : en 2026, le plafond peut atteindre jusqu’à 88 911 € dans certaines situations. Cet avantage fiscal peut être particulièrement intéressant pour les contribuables soumis aux tranches élevées du barème de l’impôt sur le revenu.
- Flexibilité à la sortie : le PER a assoupli les possibilités de sortie par rapport à plusieurs anciens produits d’épargne retraite. Selon l’origine des sommes, il permet notamment de choisir entre une sortie en capital, une rente viagère ou une combinaison des deux.
- Portabilité entre produits : le PER permet de regrouper une partie ou la totalité de son épargne retraite en transférant notamment d’anciens contrats ou dispositifs, comme le PERP, le contrat Madelin, certains contrats « article 83 » ou le PERCO, vers un PER. Cette portabilité peut faciliter la gestion de l’épargne retraite.
- Cas de déblocage anticipé : la loi prévoit plusieurs situations permettant de récupérer les fonds avant l’échéance de la retraite, notamment certains accidents de la vie et l’acquisition de la résidence principale, sous réserve des règles applicables à chaque compartiment.
- Transmission en cas de décès : les modalités de transmission dépendent de la forme du PER. Dans le cas d’un PER assurantiel, l’épargne peut être versée au(x) bénéficiaire(s) désigné(s) selon les règles applicables. Dans le cas d’un PER d’investissement sous forme de compte-titres, les sommes intègrent la succession.
- Gestion pilotée à horizon par défaut : sauf choix contraire du titulaire, le PER prévoit une gestion pilotée à horizon. Celle-ci vise à réduire progressivement l’exposition aux actifs les plus risqués à mesure que l’échéance de la retraite approche. Elle peut convenir aux épargnants qui ne souhaitent pas gérer eux-mêmes l’allocation de leur épargne.
Les inconvénients et limites du PER à connaître
- Indisponibilité des fonds jusqu’à la retraite : hors cas de déblocage anticipé prévus par la loi, l’épargne reste en principe immobilisée jusqu’à la liquidation des droits à la retraite ou jusqu’à l’âge légal de départ. Cette contrainte de liquidité doit être prise en compte avant toute souscription.
- Fiscalité à la sortie : lorsque les versements volontaires ont été déduits du revenu imposable à l’entrée, leur montant est imposé à la sortie selon les règles applicables au mode de liquidation choisi. En cas de sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est notamment soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, tandis que les gains suivent leur propre régime fiscal et social. L’intérêt de la déduction à l’entrée dépend donc notamment de la situation fiscale de l’épargnant au moment des versements et à la retraite.
- Complexité des régimes fiscaux selon les compartiments : le PER distingue les versements volontaires, l’épargne salariale et les cotisations obligatoires. Les modalités de sortie et leur fiscalité varient selon l’origine des sommes et, pour les versements volontaires, selon qu’ils ont été déduits ou non à l’entrée.
- Des frais variables selon les contrats : frais sur versements, frais de gestion, frais liés aux supports ou encore frais d’arbitrage peuvent varier sensiblement d’un contrat à l’autre. Sur une longue durée, ces coûts peuvent réduire la performance nette de l’épargne constituée.
- Contraintes liées à la rente viagère : lorsqu’une sortie en rente est choisie, le capital est converti en revenu versé jusqu’au décès. Les possibilités de transmission dépendent alors des options prévues par le contrat, comme la réversion ou les annuités garanties, lorsqu’elles sont proposées. Ces garanties peuvent en contrepartie réduire le montant initial de la rente.
- Risque de perte en capital sur certains supports : les unités de compte présentent un risque de perte en capital, leur valeur pouvant évoluer à la hausse comme à la baisse. Dans les PER assurantiels qui en proposent, le fonds en euros bénéficie d’une garantie en capital selon les conditions du contrat, qui peut notamment s’entendre hors frais de gestion.