
Au décès de votre conjoint ou ex-conjoint, une partie de sa retraite peut, sous certaines conditions, vous être versée sous forme de pension de réversion. Les règles d’attribution et de calcul varient selon les régimes de retraite, notamment entre la retraite de base et la retraite complémentaire.
Quelles sont les conditions à remplir et comment est calculée la pension de réversion ? Explications.

Au décès de votre conjoint, une partie de sa retraite peut vous être versée en tant qu’assuré marié survivant. C’est ce que l’on appelle la pension de réversion. Celle-ci est bien sûr variable et soumise à conditions. Explication et calcul de la réversion.
Quelles sont les conditions d'octroi de la pension de réversion ?
Le mariage : une condition indispensable pour bénéficier d’une pension de réversion
La pension de réversion peut être versée au conjoint survivant ou, sous certaines conditions, à un ex-conjoint divorcé. En revanche, le Pacs et le concubinage n’ouvrent pas droit à une pension de réversion.
Lorsque plusieurs conjoints ou ex-conjoints sont susceptibles d’en bénéficier, les règles de calcul et de partage dépendent du régime de retraite concerné et de la situation familiale du défunt.
Selon le régime, des conditions supplémentaires peuvent s’appliquer, notamment en matière d’âge, de ressources, de durée de mariage ou de situation matrimoniale après le décès. Par exemple, le remariage n’a pas les mêmes conséquences selon les régimes : dans le régime général, il ne supprime pas automatiquement le droit à réversion, tandis qu’à l’Agirc-Arrco, il entraîne la perte définitive du droit.
La pension de réversion est calculée soit sur la base de la pension que percevait le défunt, soit à partir des droits à retraite qu’il avait acquis à la date de son décès.
Dans le régime général, l’âge minimal pour bénéficier de la pension de réversion est de 55 ans. Pour les fonctionnaires, il n’existe pas de condition générale d’âge. Les règles de réversion restent toutefois différentes selon les régimes, notamment en matière d’âge, de ressources, de durée de mariage, de remariage et de calcul.
Des conditions de ressources
La pension de réversion du régime général est soumise à une condition de ressources. Selon les dernières données publiées par la DREES, 4,4 millions de personnes percevaient une pension de droit dérivé fin 2023, dont 87 % de femmes.
En 2026, les plafonds annuels de ressources applicables à la pension de réversion du régime général sont fixés à :
25 001,60 € pour une personne seule ;
40 002,56 € pour une personne vivant en couple.
La pension de réversion du régime général est égale à 54 % de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir le conjoint ou ex-conjoint décédé, sous réserve notamment des conditions de ressources.
Son montant minimal est fixé à 334,92 € par mois en 2026, soit 4 019,13 € par an, lorsque le défunt justifiait d’au moins 60 trimestres d’assurance au régime général. S’il justifiait de moins de 60 trimestres, ce minimum est réduit proportionnellement.
Bon à savoir
La pension de réversion des fonctionnaires n’est soumise ni à une condition d’âge ni à une condition de ressources.
Dans le cas d’un fonctionnaire décédé, le conjoint ou ex-conjoint doit avoir été marié avec le défunt et remplir au moins l’une des conditions suivantes :
un ou plusieurs enfants sont issus du mariage ;
le mariage a duré au moins quatre ans ;
le mariage a été célébré au moins deux ans avant la mise à la retraite du fonctionnaire ;
lorsque le fonctionnaire bénéficiait ou aurait pu bénéficier d’une retraite pour invalidité, le mariage a été célébré avant l’événement ayant entraîné sa mise à la retraite pour invalidité ou son décès.
Lorsque le fonctionnaire a été marié plusieurs fois, la pension de réversion est répartie entre le conjoint survivant et les ex-conjoints ayant droit à la pension, proportionnellement à la durée de chaque mariage.
Les conséquences d’un remariage diffèrent de celles applicables au régime général. Pour la pension de réversion d’un fonctionnaire, le conjoint ou ex-conjoint qui se remarie, se pacse ou vit en concubinage perd son droit à la pension. Il peut toutefois demander le rétablissement de ce droit lorsque cette nouvelle union prend fin, sous les conditions prévues par le régime.
En cas de décès de l’un des bénéficiaires d’une pension de réversion de fonctionnaire, sa part n’est pas redistribuée aux autres conjoints ou ex-conjoints survivants. Des règles particulières peuvent en revanche s’appliquer au profit des enfants orphelins.
Quel montant pour la pension de la réversion ?
La pension de réversion n’est pas accordée automatiquement. Il faut en faire la demande.
La demande peut notamment être effectuée en ligne depuis le service « Demander ma réversion » proposé par Info Retraite. Une seule démarche permet alors de transmettre la demande aux différents régimes de retraite auxquels le conjoint ou ex-conjoint décédé a cotisé.
Il reste également possible de s’adresser directement aux caisses de retraite concernées.
Les conditions d’attribution et les modalités de calcul diffèrent selon le régime de retraite du défunt.
Pension de réversion des salariés du privé
| Régime | Taux | Âge minimum | Condition de ressources | Autres conditions |
|---|---|---|---|---|
| Régime de base | 54% | 55 ans | 25 001,60 €/an (seul) 40 002,56 €/an (couple) | — |
| Complémentaire Agirc-Arrco | 60% | 55 ans (exceptions) | Aucune | Non remariage |
Pension de réversion des fonctionnaires
| Fonctionnaires titulaires | Règles principales |
|---|---|
| Pension de réversion du régime principal | 50 % de la pension que percevait ou aurait pu percevoir le fonctionnaire |
| Conditions de mariage | Avoir été marié et remplir au moins une condition : enfant issu du mariage ; mariage d’au moins 4 ans ; mariage célébré au moins 2 ans avant la retraite ; ou mariage antérieur à l’événement ayant entraîné une retraite pour invalidité |
| Âge / ressources | Aucune condition générale d’âge ni de ressources |
| Nouvelle union | Remariage, Pacs ou concubinage entraînent la perte du droit ; celui-ci peut être rétabli à la fin de la nouvelle union sous conditions |
| Retraite additionnelle RAFP | Réversion égale à 50 % des droits acquis ; paiement suspendu en cas de remariage ou de concubinage, avec rétablissement possible à la cessation de la nouvelle union |
Pension de réversion des professions libérales
| Professions libérales | Règles principales |
|---|---|
| Régime de base CNAVPL | Réversion égale à 54 % de la retraite de base du défunt |
| Âge minimum | 55 ans en principe, avec certaines exceptions pour les décès anciens |
| Condition de ressources | 25 001,60 € par an pour une personne seule et 40 002,56 € pour une personne vivant en couple en 2026 |
| Condition de mariage | Avoir été marié avec l’assuré décédé ; le Pacs et le concubinage n’ouvrent pas droit à la réversion |
| Régimes complémentaires | Les règles varient selon la caisse professionnelle : taux de réversion, âge minimum, durée de mariage et conséquences d’un remariage peuvent différer selon le métier |
Pension de réversion des Commerçants et Artisans
Commerçants ou Artisans | ||
| Régime de base | 54% | |
| Condition d’âge | 55 ans au moins | |
| Condition de ressources | 2080 fois le SMIC horaire pour une personne seule | 25 001,60 € /an en 2026 |
| 3328 fois le SMIC horaire pour un couple | 40 002,56 € /an en 2026 | |
| Régime complémentaire | 60% | |
| Condition d’âge | 55 ans au moins | |
| Condition de ressources | < 96 120 € annuel | |
Pension de réversion des exploitants agricoles
| Exploitants agricoles | Règles principales |
|---|---|
| Régime de base | Réversion égale à 54 % de la retraite de base du défunt |
| Âge minimum | 55 ans en principe |
| Condition de ressources | 25 001,60 € par an pour une personne seule et 40 002,56 € pour une personne vivant en couple en 2026 |
| Condition de mariage | Avoir été marié avec l’assuré décédé ; le Pacs et le concubinage n’ouvrent pas droit à la réversion |
| Retraite complémentaire obligatoire (RCO) | Une pension de réversion peut également être versée sur les droits de retraite complémentaire obligatoire du défunt, selon les conditions propres au régime agricole |
Exemple de calcul de pension de réversion : cas d'un salarié du privé
Pour mieux comprendre comment se cumulent les deux volets de la pension de réversion, voici un exemple pédagogique construit à partir de valeurs hypothétiques et illustratives. Ces chiffres ne constituent en aucun cas une promesse de montant : chaque situation est personnelle et dépend de la carrière réelle du défunt, des ressources du conjoint survivant et des règles en vigueur au moment de la demande.
Profil type retenu pour l'exemple
Prenons le cas de Marie, 55 ans, dont le mari Jean, salarié du secteur privé toute sa carrière, est décédé. Jean percevait, au moment de son décès :
- une retraite de base (régime général, Cnav) de 1 400 € bruts par mois à titre d’exemple ;
- une retraite complémentaire Agirc-Arrco de 600 € bruts par mois à titre d’exemple.
Marie remplit les conditions d’éligibilité : elle était mariée avec Jean, ses ressources personnelles restent en dessous du plafond applicable, et elle n’est pas remariée.
Calcul du volet retraite de base (54 %)
La pension de réversion du régime général est égale à 54 % de la retraite de base du défunt, sous réserve que les ressources du conjoint survivant n’excèdent pas le plafond légal.
| Élément | Valeur illustrative |
|---|---|
| Retraite de base de Jean (hypothétique) | 1 400 € / mois |
| Taux de réversion régime de base | 54 % |
| Pension de réversion de base estimée | 756 € / mois |
Ce montant peut être réduit si les ressources prises en compte de Marie conduisent à dépasser le plafond applicable. Des majorations peuvent par ailleurs s’ajouter dans certaines situations, notamment en fonction de l’âge ou de la situation familiale.
Calcul du volet complémentaire Agirc-Arrco (60 %)
La pension de réversion Agirc-Arrco est en principe égale à 60 % des droits de retraite complémentaire du défunt.
Dans le cas de Marie, âgée de 55 ans, la pension de réversion peut être versée dès lors qu’elle remplit les conditions d’attribution, notamment la condition d’âge et l’absence de remariage.
| Élément | Valeur illustrative |
|---|---|
| Retraite complémentaire Agirc-Arrco de Jean (hypothétique) | 600 € / mois |
| Taux de réversion complémentaire | 60 % |
| Pension de réversion complémentaire estimée | 360 € / mois |
La pension de réversion Agirc-Arrco est calculée à partir des droits du défunt selon les règles du régime. Elle n’est pas soumise à une condition de ressources.
À noter : l’ancien coefficient temporaire de solidarité de 10 %, qui pouvait minorer certaines retraites complémentaires Agirc-Arrco, a été supprimé et ne s’applique plus en 2026.
Total estimé et synthèse
| Volet | Base de calcul (hypothétique) | Taux | Montant estimé / mois |
|---|---|---|---|
| Réversion régime de base (Cnav) | 1 400 € | 54 % | 756 € |
| Réversion complémentaire (Agirc-Arrco) | 600 € | 60 % | 360 € |
| Total pension de réversion | — | — | 1 116 € / mois |
Ces montants sont purement illustratifs et ne tiennent pas compte de l’éventuelle réduction liée au plafond de ressources, ni des actualisations annuelles des paramètres. Dans la réalité, la somme perçue peut être inférieure si les ressources de Marie dépassent le seuil autorisé pour le régime de base.
Pour obtenir une estimation personnalisée et fiable, il est fortement conseillé d’utiliser un simulateur dédié. Retraite.com met à disposition des outils de simulation qui permettent de prendre en compte votre situation réelle et d’anticiper le montant de votre pension de réversion tous régimes confondus.
La pension de réversion n’est pas versée automatiquement : elle doit être demandée.
Il n’est toutefois plus nécessaire de contacter séparément chacun des régimes auxquels le défunt a cotisé. Le service en ligne « Demander ma réversion », accessible notamment depuis Info Retraite, permet de déposer une seule demande, qui est ensuite transmise aux différents régimes de retraite concernés.
Il est conseillé d’effectuer cette démarche rapidement. Pour le régime général, lorsque la demande est déposée dans l’année suivant le décès, la date d’effet de la pension peut être fixée au plus tôt au premier jour du mois suivant le décès, sous réserve de remplir les conditions d’attribution.
Si la demande est déposée plus d’un an après le décès, la pension ne peut plus bénéficier de cette rétroactivité : sa date d’effet est alors fixée au plus tôt en fonction de la date de la demande et des conditions applicables.
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Qu'est-ce que la pension de réversion : retraite de base et complémentaire ?
La pension de réversion est une prestation qui permet au conjoint survivant ou, selon les régimes, à un ex-conjoint divorcé de percevoir une partie de la retraite que le défunt percevait ou aurait pu percevoir. Elle vise à compenser partiellement la baisse de revenus consécutive au décès.
Les conditions d’attribution, le taux de réversion et les modalités de calcul diffèrent selon les régimes de retraite de base et complémentaire.
La pension de réversion s’articule autour de deux grandes dimensions complémentaires :
La retraite de base : versée par le régime de retraite de base auquel était affilié le défunt, elle obéit à des règles qui varient selon le régime concerné. Des conditions d’âge, de ressources, de durée de mariage ou de situation familiale peuvent notamment s’appliquer.
La retraite complémentaire : versée par les organismes complémentaires rattachés à chaque statut professionnel (Agirc-Arrco pour les salariés du privé, Ircantec ou RAFP pour certains agents publics, caisses spécifiques pour les professions libérales, etc.), elle obéit à des règles propres, souvent distinctes de celles de la retraite de base.
Il est possible de cumuler une pension de réversion au titre de la retraite de base et une pension de réversion au titre de la retraite complémentaire, dès lors que le défunt avait acquis des droits dans ces régimes et que le bénéficiaire remplit les conditions applicables.
Le mécanisme de réversion est loin d’être uniforme : les règles varient significativement selon le régime de retraite auquel le défunt était affilié durant sa vie professionnelle. Salariés du secteur privé, fonctionnaires, travailleurs indépendants, exploitants agricoles ou encore professions libérales : chaque statut relève de règles spécifiques, avec des taux de réversion, des conditions d’âge, d’éventuelles conditions de ressources et des exigences particulières qui peuvent différer selon les régimes.
Il est donc important d’identifier les régimes auxquels le conjoint ou ex-conjoint décédé a cotisé afin de connaître l’ensemble des droits potentiels. En pratique, la demande de réversion peut être effectuée en une seule démarche en ligne via le service « Demander ma réversion » d’Info Retraite, qui la transmet aux différents régimes concernés.