
La retraite du gérant de SAS, plus précisément du président de SAS, obéit aux règles applicables aux assimilés salariés lorsqu’il est rémunéré au titre de son mandat. Il cotise alors à la retraite de base du régime général de la Sécurité sociale ainsi qu’à la retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Le montant de sa future pension dépend notamment de sa rémunération, de sa durée d’assurance et des droits acquis tout au long de sa carrière. Voyons plus précisément comment fonctionne la retraite d’un dirigeant de SAS.
Statut du gérant de SAS : assimilé salarié et régime de retraite applicable
Dans une SAS, le représentant légal est le président. Lorsqu’il perçoit une rémunération au titre de son mandat, il bénéficie du statut d’assimilé salarié pour sa protection sociale.
À ce titre, le président de SAS relève du régime général de la Sécurité sociale pour sa retraite de base et de l’Agirc-Arrco pour sa retraite complémentaire. Ses cotisations sont calculées sur sa rémunération selon des règles proches de celles applicables aux salariés.
Il ne faut toutefois pas confondre assimilé salarié et salarié au sens du droit du travail : le mandat social ne donne pas, à lui seul, droit à l’assurance chômage ni aux protections attachées à un contrat de travail.
Cette situation distingue notamment le président de SAS de certains dirigeants relevant du statut de travailleur non salarié (TNS), comme le gérant majoritaire de SARL. Ces derniers sont soumis à des règles de cotisations sociales et de retraite différentes.
Le calcul de la retraite de base des dirigeants
Lorsqu’il est rémunéré au titre de son mandat, le président de SAS cotise à l’assurance vieillesse du régime général sur sa rémunération.
Sa retraite de base est calculée selon les mêmes grands principes que celle d’un salarié du secteur privé. Son montant dépend notamment :
- du revenu annuel moyen, calculé à partir des 25 meilleures années de revenus retenues pour la retraite ;
- du taux de liquidation, qui peut atteindre 50 % lorsque les conditions du taux plein sont réunies ;
- de la durée d’assurance, c’est-à-dire du nombre de trimestres validés au cours de la carrière.
En 2026, le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) est fixé à 48 060 €. Les cotisations d’assurance vieillesse comprennent une part calculée dans la limite de ce plafond et une part déplafonnée appliquée à l’ensemble de la rémunération.
L’âge légal de départ à la retraite dépend de l’année de naissance. Il augmente progressivement jusqu’à 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968. Le nombre de trimestres nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein peut atteindre 172 trimestres. À 67 ans, la retraite de base est attribuée sans décote, même si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte.
Retraite complémentaire Agirc-Arrco du gérant de SAS : fonctionnement et droits
Lorsqu’il est rémunéré au titre de son mandat, le président de SAS bénéficie, en plus de sa retraite de base, d’une retraite complémentaire obligatoire Agirc-Arrco.
Les cotisations sont calculées sur sa rémunération et permettent d’acquérir des points Agirc-Arrco tout au long de sa carrière. Au moment du départ à la retraite, le nombre total de points acquis est utilisé pour déterminer le montant de sa pension complémentaire.
Le niveau des droits obtenus dépend donc directement de la rémunération soumise à cotisations et du nombre de points accumulés.
Retraite gérant SAS vs gérant SARL : comparatif et impact sur la pension
Le choix entre SAS et SARL influence directement le régime social du dirigeant et, par conséquent, ses cotisations et ses droits à la retraite.
Le président de SAS rémunéré relève du régime des assimilés salariés. Il cotise au régime général pour sa retraite de base et à l’Agirc-Arrco pour sa retraite complémentaire.
Le gérant majoritaire de SARL relève quant à lui du statut de travailleur non salarié (TNS) et des régimes de retraite applicables aux travailleurs indépendants.
| Critère | Président de SAS | Gérant majoritaire de SARL |
|---|---|---|
| Statut social | Assimilé salarié | Travailleur non salarié (TNS) |
| Retraite de base | Régime général de la Sécurité sociale | Régime de retraite de base des travailleurs indépendants |
| Assiette des cotisations | Rémunération soumise à cotisations sociales | Revenu professionnel selon les règles applicables aux indépendants |
| Retraite complémentaire | Agirc-Arrco | Régime complémentaire des indépendants (RCI) |
| Niveau de cotisations sociales | Généralement plus élevé | Généralement plus faible |
| Dividendes | En principe exclus de l’assiette des cotisations sociales du mandat | Une fraction peut être soumise aux cotisations sociales lorsqu’elle dépasse le seuil prévu par la réglementation |
Le président de SAS bénéficie ainsi d’une protection sociale proche de celle des salariés, tandis que le gérant majoritaire de SARL relève du régime des indépendants. Le niveau de pension obtenu dépend toutefois avant tout de la rémunération ou du revenu soumis à cotisations, de la durée de carrière et des droits acquis dans chaque régime.
Assiette et taux de cotisation retraite du gérant de SAS : calcul concret des charges mensuelles
Pour le président de SAS rémunéré, assimilé salarié, les cotisations retraite sont calculées sur sa rémunération soumise à cotisations sociales. Il relève du régime général pour sa retraite de base et de l’Agirc-Arrco pour sa retraite complémentaire.
En 2026, le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) est fixé à 48 060 €, soit 4 005 € par mois. Certaines cotisations vieillesse sont calculées dans la limite de ce plafond, tandis qu’une cotisation vieillesse déplafonnée s’applique sur l’ensemble de la rémunération.
Les dividendes perçus par le président de SAS n’entrent pas, en principe, dans l’assiette de ses cotisations sociales au titre de son mandat. Ils ne permettent donc pas d’acquérir de droits supplémentaires à la retraite.
La situation est différente pour le gérant majoritaire de SARL, qui relève du statut de travailleur non salarié. Une fraction de ses dividendes peut être intégrée à l’assiette de ses cotisations sociales lorsqu’elle dépasse le seuil prévu par la réglementation.
Les cotisations sociales d’un président de SAS sont généralement plus élevées que celles d’un dirigeant TNS. Cette différence ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer quelle structure procurera la meilleure pension : le montant des droits dépend avant tout de la rémunération ou du revenu effectivement soumis à cotisations et de la durée de la carrière.
Votre diagnostic retraite gérant SAS : avantages et limites du statut assimilé salarié
Le statut d’assimilé salarié du président de SAS lui permet, lorsqu’il est rémunéré, de cotiser au régime général pour sa retraite de base et à l’Agirc-Arrco pour sa retraite complémentaire.
Ce statut présente toutefois plusieurs limites :
- Des cotisations sociales généralement plus élevées que celles supportées par un travailleur non salarié, ce qui peut peser davantage sur le coût de la rémunération pour la société.
- Aucun droit à retraite acquis sur les dividendes : seules les sommes soumises à cotisations permettent de constituer des droits.
- Une forte dépendance au niveau de rémunération : un président de SAS non rémunéré n’acquiert pas de droits à la retraite au titre de son mandat.
À l’inverse, le gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs indépendants et acquiert ses droits selon des règles différentes, notamment au titre du Régime complémentaire des indépendants (RCI).
Il n’existe donc pas de statut systématiquement plus avantageux pour la retraite. Le résultat dépend notamment du niveau de rémunération ou de revenu soumis à cotisations, de la durée de carrière et de la stratégie de rémunération du dirigeant.
Quelle retraite pour un gérant non salarié ?
Le gérant majoritaire de SARL relève du régime de retraite des travailleurs indépendants. Il cotise pour sa retraite de base ainsi qu’au Régime complémentaire des indépendants (RCI), et non à l’Agirc-Arrco.
Le montant de sa pension dépend des revenus soumis à cotisations et des droits acquis tout au long de sa carrière.
Est-il possible de cumuler emploi et retraite pour un président de SAS ?
Oui. Un président de SAS peut, sous conditions, continuer à exercer son mandat tout en percevant ses pensions de retraite.
Selon sa situation, le cumul entre ses revenus d’activité et ses pensions peut être intégral ou plafonné. Une reprise d’activité peut également, dans certains cas, permettre d’acquérir de nouveaux droits à retraite.
Quelles sont les conditions de la retraite progressive pour un dirigeant de SAS ?
Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible à partir de 60 ans, sous réserve notamment de justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance et de respecter les conditions d’activité prévues par le dispositif.
Les dirigeants et mandataires sociaux assimilés salariés peuvent être concernés sous certaines conditions. Il est donc nécessaire de vérifier son éligibilité auprès de l’Assurance retraite avant d’effectuer une demande.
Comment optimiser sa retraite lorsqu’on est président de SAS ?
Pour un président de SAS, le niveau de retraite dépend en grande partie de la rémunération soumise à cotisations. Une stratégie reposant principalement sur les dividendes peut réduire les cotisations sociales à court terme, mais elle limite aussi l’acquisition de droits à la retraite.
Plusieurs leviers peuvent être envisagés pour mieux préparer son départ :
- Maintenir une rémunération suffisante. Une rémunération régulière permet d’acquérir des droits au régime général et des points Agirc-Arrco. À l’inverse, les dividendes ne génèrent pas de droits à la retraite.
- Vérifier régulièrement son relevé de carrière. Cette démarche permet de repérer d’éventuelles périodes manquantes ou erreurs et d’anticiper le nombre de trimestres restant à acquérir.
- Compléter les régimes obligatoires par une épargne personnelle. Le Plan d’épargne retraite (PER), l’assurance-vie ou d’autres placements peuvent permettre de constituer progressivement un capital destiné à compléter les pensions obligatoires.
- Anticiper la fin de carrière. Selon sa situation, poursuivre son activité au-delà de l’âge légal ou recourir à des dispositifs comme la retraite progressive peut permettre d’améliorer ou de compléter ses droits.
- Préparer suffisamment tôt la cession de l’entreprise. Pour un dirigeant qui envisage de vendre ses titres au moment de son départ, la fiscalité de la cession et l’organisation de la transmission doivent être anticipées plusieurs années à l’avance.
L’objectif n’est donc pas uniquement de réduire les cotisations sociales pendant la période d’activité. Le président de SAS doit trouver un équilibre entre rémunération immédiate, protection sociale, constitution de droits à la retraite et épargne de long terme.
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