Combien vais-je toucher à la retraite ? C’est la question que se posent des millions d’actifs, souvent sans savoir par où commencer. La réponse tient à trois paramètres : le niveau de vos revenus au cours de la carrière, le nombre de trimestres validés et votre âge de départ.
Ces trois variables s’appliquent différemment selon votre statut : salarié du privé, fonctionnaire ou indépendant. Cet article les explique profil par profil. Et si vous préférez une réponse personnalisée maintenant, notre simulateur gratuit de retraite vous donne une estimation en 3 minutes.
Les trois piliers du calcul de la retraite
Quel que soit votre statut, le montant de votre pension de base repose toujours sur les mêmes trois éléments.
| Paramètre | Rôle dans le calcul | Impact sur la pension |
| Revenu annuel moyen (SAM) | Base de calcul de la pension | Plus le SAM est élevé, plus la pension est haute |
| Trimestres validés | Détermine la durée d’assurance | Conditionne le taux et le coefficient de proratisation |
| Taux de liquidation | Appliqué au SAM | De 37,5 % (décote max) à 50 % (taux plein) |
Le salaire annuel moyen (SAM) : base du calcul
Le SAM est la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire brut, revalorisées selon l’inflation. Chaque salaire annuel est plafonné au PASS (48 060 € en 2026). Ce sont vos meilleures années qui comptent, pas forcément les dernières.
La LFSS 2026 introduit une exception pour les mères : SAM calculé sur 24 meilleures années pour un enfant, 23 pour deux enfants ou plus, pour les pensions liquidées à compter du 1er septembre 2026.
Attention ! Cette mesure concerne les mères nées à partir de 1970 et reste subordonnée à la publication d’un décret d’application.
Les trimestres validés : durée d’assurance et taux plein
Le nombre de trimestres requis pour le taux plein varie selon l’année de naissance : de 167 trimestres (nés en 1958-1960) à 172 trimestres (nés à partir de 1966).
Pour les générations 1964 à 1968, la LFSS 2026 a suspendu la réforme de 2023 : toutes ces générations peuvent partir 3 mois plus tôt que prévu sur l’âge légal.
En outre, le nombre de trimestres requis est réduit d’un trimestre pour les générations 1964 et 1965 uniquement (respectivement 170 et 171 trimestres au lieu de 171 et 172). Les générations 1966 à 1968 restent à 172 trimestres. Par ailleurs, à 67 ans, le taux plein est automatique quelle que soit la durée d’assurance.
Le taux de liquidation : de 37,5 % au taux plein de 50 %
Le taux plein est de 50 %. Si vous partez avant d’avoir tous vos trimestres, une décote de 0,625 % s’applique par trimestre manquant, jusqu’à 20 trimestres (soit 37,5 % au minimum).
À l’inverse, chaque trimestre travaillé au-delà du taux plein génère une surcote de 1,25 %.
Calcul de la retraite pour les salariés du secteur privé
La formule officielle de la retraite de base
La pension de base des salariés du régime général se calcule ainsi :
Pension annuelle = SAM x Taux x (Trimestres validés au régime général / Trimestres requis)
Exemple : Marc, né en 1966, part à 64 ans avec 172 trimestres et un SAM de 35 000 €. Pension = 35 000 x 50 % x (172 / 172) = 17 500 € par an, soit 1 458 € brut par mois.
Si Marc n’avait validé que 165 trimestres, il lui en manquerait 7. Sa décote serait de 8,75 % (7 × 1,25 %) et son taux tomberait à 45,625 %. Sa pension ressortirait à environ 1 276 € brut par mois.
| Statut | Base de calcul | Régimes | Spécificités |
| Salarié du privé | 25 meilleures années de salaire (SAM) | CNAV / CARSAT + Agirc-Arrco | Plafond PASS, trimestres en fonction du salaire |
| Fonctionnaire | Traitement indiciaire des 6 derniers mois | SRE ou CNRACL + RAFP | Taux max 75 %, hors primes |
| Indépendant (SSI) | 25 meilleures années de revenus professionnels | CNAV / CARSAT + RCI | Même règles que salariés depuis 2020 |
Comment valider ses trimestres en tant que salarié ?
Un trimestre est validé dès que le salarié a perçu au moins 150 fois le SMIC horaire dans l’année, soit 1 803 € brut en 2026. Quatre trimestres au maximum par année civile, quels que soient les revenus.
D’autres périodes ouvrent aussi des droits : chômage indemnisé, maladie, maternité, service militaire.
Retraite complémentaire Agirc-Arrco : ne pas l’oublier
La pension de base ne représente souvent que la moitié du revenu total à la retraite pour un salarié du privé.
L’Agirc-Arrco vient compléter : les cotisations versées tout au long de la carrière sont converties en points, multipliés par la valeur de service du point au moment du départ. En 2026, cette valeur est de 1,4386 € par point. Un salarié ayant cumulé 6 000 points percevrait ainsi environ 719 € par mois de complémentaire.
Calcul de la retraite pour les fonctionnaires
La base de calcul : le traitement indiciaire des 6 derniers mois
Les fonctionnaires ne calculent pas leur retraite sur les 25 meilleures années, mais sur le traitement indiciaire brut des 6 derniers mois.
Ce traitement correspond au grade et à l’échelon détenus depuis au moins 6 mois avant la date d’effet de la retraite. Les primes et indemnités en sont exclues : elles alimentent le RAFP (voir ci-dessous).
Le coefficient de proratisation et la durée de services
La formule est : Pension = Traitement indiciaire x Taux x Coefficient de proratisation
Le taux maximal est de 75 % (contre 50 % dans le régime général). Le coefficient de proratisation est le rapport entre le nombre de trimestres effectivement accomplis dans la fonction publique et la durée de référence (167 à 172 trimestres selon l’année de naissance).
Exemple : un fonctionnaire ayant effectué 35 ans sur 43 requis touchera 75 % x (140/172) = 61 % de son traitement.
Bonifications et majorations spécifiques aux fonctionnaires
Plusieurs bonifications peuvent relever le montant de la pension au-delà du taux de 75 % :
- Enfants : majoration de 10 % pour 3 enfants élevés, puis 5 % par enfant supplémentaire (dans la limite de 80 %)
- Catégorie active (policiers, infirmiers, pompiers) : bonification d’un cinquième des services actifs
- Invalidité : majoration forfaitaire selon le taux d’invalidité reconnu
La retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP)
Le RAFP est un régime en points, obligatoire pour tous les fonctionnaires depuis 2005. Il est alimenté par les primes et indemnités exclues du calcul de la pension principale.
Les cotisations sont versées à hauteur de 10 % (5 % salarié, 5 % employeur) sur les éléments de rémunération hors traitement indiciaire, dans la limite de 20 % du traitement brut annuel.
Calcul de la retraite pour les travailleurs indépendants
Artisans et commerçants : le régime SSI (ex-RSI)
Depuis 2020, les artisans et commerçants sont rattachés au régime général via la SSI. Leur retraite de base se calcule de la même façon que pour les salariés : revenu annuel moyen des 25 meilleures années, même taux, même durée de référence.
La différence tient au mode de validation des trimestres : c’est le montant de cotisations versées qui compte, et non directement le revenu déclaré.
Professions libérales : des régimes complémentaires variés (CNAVPL)
Les professions libérales réglementées ne dépendent pas de la SSI mais de la CNAVPL, qui regroupe 10 sections professionnelles (CARMF pour les médecins, CARPIMKO pour les paramédicaux, CIPAV pour les autres…).
Chaque section applique ses propres règles de cotisation et de calcul. La retraite de base est gérée en points, contrairement au régime général. Il est donc indispensable de se renseigner auprès de sa section pour connaître les paramètres exacts.
Auto-entrepreneurs : attention aux trimestres peu validés
C’est le point de vigilance numéro un pour les auto-entrepreneurs.
En 2026, le seuil de chiffre d’affaires pour valider un trimestre dépend du type d’activité :
- environ 2 700 € pour les activités BNC (libéraux non réglementés);
- 2 792 € pour les professions libérales réglementées (CIPAV);
- 3 564 € pour les prestations de services BIC;
- et 6 145 € pour les activités commerciales.
Avec de faibles revenus, il est courant de ne valider qu’un ou deux trimestres par an au lieu de quatre. Sur une carrière, cela représente alors une perte significative.
Pourquoi les indépendants doivent anticiper avec une épargne complémentaire ?
Les pensions des indépendants sont souvent plus faibles que celles des salariés, à revenus équivalents.
- Le PER (Plan d’Épargne Retraite) permet de compenser ce déficit en se constituant une épargne défiscalisée.
- Les SCPI offrent une alternative immobilière pour générer des revenus réguliers à la retraite.
Retraite.com propose un comparatif des meilleurs PER et un simulateur SCPI pour comparer les solutions adaptées à votre profil.
Comment estimer le montant de sa retraite ?
Consulter son relevé de carrière sur Mon espace retraite
Le portail info-retraite.fr centralise l’ensemble de vos droits, tous régimes confondus.
Connectez-vous via FranceConnect, accédez à « Voir ma carrière » et vérifiez que tous vos trimestres sont bien enregistrés. Des anomalies existent souvent pour les périodes de temps partiel, d’emploi saisonnier ou de travail à l’étranger. Mieux vaut les corriger plusieurs années avant le départ.
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Optimiser le montant de sa retraite : les leviers à activer
Racheter des trimestres manquants : quand est-ce rentable ?
Le rachat de trimestres est ouvert à tout assuré entre 20 et 67 ans n’ayant pas encore liquidé sa retraite. Il porte sur les années d’études supérieures (dans la limite de 12 trimestres) et les stages en entreprise (forfait à 481 € par trimestre en 2026, maximum 2 trimestres).
Pour les années d’études, le coût varie selon l’âge et les revenus : de 1 055 € à plus de 6 000 € par trimestre. Les sommes versées sont intégralement déductibles du revenu imposable.
Le point mort se situe généralement entre 7 et 13 ans après la retraite : opération rentable si vous avez une espérance de vie normale et êtes imposé à 30 % ou plus.
Partir plus tard : profiter de la surcote
Chaque trimestre travaillé au-delà de l’âge légal et du taux plein génère une surcote de 1,25 % sur la pension de base.
Quatre trimestres supplémentaires (un an de plus), c’est 5 % de pension en plus à vie. Sur une pension de 1 500 € brut par mois, cela représente 75 € de plus chaque mois, soit 900 € par an.
Cumuler emploi et retraite pour augmenter ses droits
Depuis la LFSS 2026, les règles du cumul emploi-retraite sont restructurées en trois situations, applicables aux retraites liquidées à partir du 1er janvier 2027 :
- Avant l’âge légal (départ anticipé pour carrière longue) : la pension est réduite euro pour euro du montant des revenus d’activité, dès le premier euro perçu.
- Entre l’âge légal et 67 ans : le cumul est possible, mais la pension est réduite de 50 % de la part des revenus d’activité dépassant un seuil annuel fixé par décret (estimé à environ 7 000 €).
- À partir de 67 ans : le cumul est intégral et sans plafond. Les revenus d’activité génèrent de nouveaux droits à la retraite, ouvrant droit à une seconde pension.
Pour les assurés ayant liquidé leur retraite avant le 1er janvier 2027, les anciennes règles continuent de s’appliquer.
Compléter sa retraite avec un PER ou une assurance vie
La pension versée par les régimes obligatoires couvre rarement plus de 50 à 70 % du dernier salaire.
- Le PER individuel permet de combler cet écart tout en réduisant l’impôt sur le revenu dès aujourd’hui : les versements sont déductibles dans la limite de 10 % des revenus professionnels nets (37 680 € maximum en 2026).
- L’assurance vie offre une fiscalité avantageuse et une grande souplesse de gestion sur le long terme.
FAQ
Quelle est la formule de calcul de la retraite ?
Pour les salariés du privé et les indépendants SSI : Pension = SAM x Taux x (Trimestres validés / Trimestres requis). Le SAM est la moyenne des 25 meilleures années de revenus, le taux plein est de 50 %, et les trimestres requis varient de 167 à 172 selon l’année de naissance.
Comment calculer sa retraite avec son numéro de sécurité sociale ?
Connectez-vous sur info-retraite.fr avec FranceConnect. Votre relevé de carrière recense tous vos trimestres et droits, régime par régime. Vous pouvez ensuite utiliser notre simulateur gratuit pour obtenir une estimation personnalisée en 3 minutes.
Calcul retraite : sur combien d'années ?
Pour les salariés du privé et les indépendants SSI, le calcul se fait sur les 25 meilleures années de revenus (24 pour les mères d’un enfant, 23 pour les mères de deux enfants ou plus, à partir du 1er septembre 2026). Pour les fonctionnaires, c’est le traitement indiciaire des 6 derniers mois qui sert de base.
Qu'est-ce que le taux plein à 50 % ?
C’est le taux maximal appliqué à la retraite de base dans le régime général. Il est atteint soit en validant le nombre de trimestres requis (167 à 172 selon la génération), soit automatiquement à 67 ans. En dessous, une décote de 0,625 % par trimestre manquant s’applique, jusqu’à 20 trimestres au maximum.
Sources : Service-Public.fr, lassuranceretraite.fr, info-retraite.fr, retraitesdeletat.gouv.fr, Previssima, LFSS 2026, circulaire CNAV n°2025-31.
